SUR LA CHARITÉ ENVERS UN BÉMIMABS. SIIK
de ?illftg€s eit France ak Ton n'a prêsqoe nulle idée des unicle» ksplas essentiels de la Feligiofi? Quel bonheur pour moi «s je fiouvoiÀ' pendre ici par avance à Ûeu d'humbles actions de grâces; el Je béoif de ce que vous y allez pourvoir, et de ce que l'odeur de votre cbaunké pénétrera dans ces régions incultes et abài)donnëesI DeomLteût§Pt^ tias qui odorem noAtiœ suœ mmifeitai per w^ in om«i/oeo(2. Cor., S,)% Vous imiterez en cela le zèle dés prémi^s dit>éliçBS , dpnt irôiis detez professer la foi. Comme les apôiresétoient chargés de parcourir ié, mondeet d'instruire toutes les nations, les fidèles se croyoieiit dùiiigtÊ de penser a leurs besoins » tandis qu'ils travailloientàracoroisseBiettl de l'Église. Lisez les Épttres de saint Paul ; vous y verrez comment on recueilloit pour cela tous les jours les aumônes , et ayec queUe àr^* deur chacun s'intéressoit à l'établissevient du christiantsm^.
Voqb me direz : l'ai d(es pauvres dans mes terres, que j'assfiil». S est vrai, Mesdames , et à Dieu ne plaise que je blAoïe cette oharité ) elle est s(4idle, elle est nécessaire , et j'avQUe même que c'est pi^M^ que vous devez commencer : Op&emur èonum adomneê, maximi mt^ tem êddomeêiico^ fidei ( Gali^ 6 ) : Faisons du bien è tous , mais sn^ tout aw domestiques de- la foi, à ceux dont la conduite nous a été spé» cialenent eonfiée,etquinous appartîtonent de plus près. Riendeptus raisonnable ni rien de plus juste jque cette règle. Suivez*la, j''f co^iens^. mais suivez la tout entière , et ne vous contentez pas A^én poeadrei une partie et de laisser l'autre. Gar elle renferme deux points: ;, l-u« particulier , c'est de soulager d'abçrd les nécessités de ceux qui T»é lèvent de vous et qui vous sont soumis » Jtf oximé aidonusticos ) l'a»* tre général , et c'est d'être charitables et bienfaisants envers tout le monde, O'peremur bonum ad omnes. Si donc de ces deux devoirs vov^ vous en tenez au second; et vous abandonnez le premier , vous n'aôt Gomplissez qu'à demi la loi ; et pécher dans un article de la loi, o'est^ selon la parole du Saint-Esprit, violer la loi.
Et qui étes-vous, pour prescrire ainsi des bornes à laprpvidenea du Seigneur et à sa miséricorde ? Et qui esûs, vos qui teniaAs Domtiitim {Judith, 8)? Je dis à sa providence et à sa miséricorde, qui^doiveat être le modèle de notre charité, et qui, étant infinies, exigent d^ nœp une charité sans limites. Ce n'est pas que j'ignore qu'elfe peut étrji resserrée dans ses effets par la médiocrité de la fortune et des biens i mais hors de là, c'est-à-dire dans la disposition du cœur, elle doit être iaimense et embrasser tout. Gar c'est en ce sens que nous sommes catb6lique3, et il ne suffit pas d'en porter le nom, si noua n'en rem» passons la signification. Je m'explique , et observez cette pensée; U me suffit pas que ce nom de catholique convienne à notre foi , il* faut encore qu'il convienne à notre charité. Je veux dire que, comme notH foi est la foi de tous les temps, de tous les pays, détentes les dations dit monde, et que c'est pour cela qu'elle est appelée cathoKqne ou univepselle ; aussi notre charité , du moins dans le désir et la préparation éi
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l'ame , ne d<Ht aToir ni terme , ni àiesure. Or , Mesdames , quand oe deaîr est bien oilluiné et bien sincère , il passe à la praiique aataat qu'il le pêttt et, selon qu'il le peut ; . et en vérité , ne pouTez-vous pas, sans rien retrancher des aumônes que vous distribuez dans tous les lieux de vcftre dépendance^ 'trouver encore de quoi soutenir ce séminaire, et de quoi rétablir par*là tant d'églises désolées?
Pent«4tre ajouterez-vous qu'il y a d'autres sénûnaires dans toos ,les diocèses du royaume, x>u.presque dans tous, et je le sais; maisiidessus voici ce que j'ai à répondre. Car premièrement , c'est de là même que je tire la preuve de ce que j'ai î^yancé. Et en effet , d'oi sont venus tant de séminaires institués depuis quelques années à h gloire de Dieu et à l'avantage du public? n'est-ce pas sur le modèle de celui-ci qu'ils ont été formés, et celui-ci n'en a-t-il pas été IVigine? ne soût-ce pas les fruits qu'on en a retirés qui ont excité la vigilance etle zèle d^ prélats, pour procurer à leurs églises le même bien? k plupart ne s*en sont-ils pas expliqués de la. sorte ? ne Tont-ils pas reconnu, et ne le reconnoissent^ls pas? Vous voyez donc comment II bonne odeur de cette maison etde la piété de toutes les personnes qui se sont intéressées en ^ faveur s'est déjà fait sentir jusqu'aux extrémités de la France, et quelles'bénédictions dis y a portées: È damuf impteta est ex odore ( Jqan., 12 ). Mais, en second lien, jeson* tiens que les séminaires particuliers n^empécbent pas que celui-doe soit nécessaire^ et qu'ils ont besoin quecelui^^ci subsiste comme le seminaire universel : pourquoi? afiu d'entretenir l'uniformité d'esprit dans toutes lés Églises, en .y entrètenant l'uniformité dedocU'ine, de discipline , de cérémonies e*t de culte , d'observances et de lois. Car puisque ce séminaire est la règle des autres, etquil Ta été jusqu'à présent, le même esprit qui règne en celui-ci doit régner dans tous les autres , et voilà le sûr moyen de maintenir partout l'unité de la foi.
Si cette foi vous est chère. Mesdames, <M)mme elle le (bit être, vous IK) manquerez aucune occasion d'en étendre l'empire et de lui soumettre les cœurs. Tant d'ennemis en attaquent la pureté et en proâi' nent Ja sainteté ! verrez-vous d'un œil tranquille les atteintes mortelles qu'elle reçoit tous les jours , et la laisserez-yçnf.-en proie à l'erreur qui ia idétruit e^t au péché qui la corrom^pt? Il lôi:^Bft des défenseurs, des propagateurs, et c'est ce qu'elle vous demande* Prenez garde : elle ne vous demande pas que vous entrepreniez vous-mêmes de combattre; die se contente que vous y soyez disposées quand la nécessité le requiert. Elle ne demande pas que vous quittiez vos faspilles, el qu^ vous alliez travailler vous-mêmes à rétablir dans des.terreséloi^Héfls: elle a d*autres ministres que vous qu'elle y appelle ; mais ces niîniâtres ne peuvent rien sans vous. Quelle excuse vous jusiifiéroit un jour de* vaut Dieu , lorsque dans sop jugement il vous reprocheroit votre isdifférence pour Thonneup et le progrès d'une foi qui vous devoit èin plus précieuse que la vie; de cette foi que vous deviez défendre, ood
SUR LA GHAKITÉ ENVERS DN SÉfllUUI&Ë. «17
seulement au péril de tous vos biens » maip 9L^ prix de votre sapg ? Voas vous plai(|nez quelquefois qu'elle ''s*afFoiblit dans le christianisme , et cette» plainte n'est que trop juste et que trop vërîtaUe : mais qne ne sei^véz-vous donc, autant qu'il vous est possible et qu'on yùus en présente les moyens, à la réveiller et i la fortiBer? Voua vous plaigoez méine de temps en temps qu'elle e^t bien languissante 4ans Tos cœurs, et qu'il vous semble, à oâriains moments, qu'elle y est Biorte ; mais que ne travaillez-vous donc à là ressusciter dans voust mêmes, en contribuant à la ressusciter dans les autres? Car, selon que vous donnerez, on vous donnera ; c'est-à*dire que,* plus vous ççntri« buerez à répandre aude hors ce don de la foi, plus Dieu le fera croître en vous. Telle sera dès cette vie la récompense de votre zèle, jusqu'à 08 que vous receviez dans le séjour des bienheureux une gloire éternelle et la souveraine félicité, que je vous souhaite, etc.