SUR L OBSERVATION DES RÈGLES
cbàiiment. Elle ose se plaindre que Dieu rabandonne, qu'elle n'enre^ çoii rien, qu'elle neseni riéD, que tout lui devient insipide, et qnerien ne lui adoucit le fardeau. Ab ! vous vous en étonnez , ame nëgligeqte et infidèle ; mais en devez-vous. être surprise ? car dites-moi , poar cpii est la paix de Dieu ? Pour ceux qui aiment Dieu ; et c'est à proportion de leur amour, que Dieu leur fait goûter ses douceurs célestes : P(ir muUa diligenlUm legem iuam (P«, 118). Or comment raimez-voiM? Si vous n'avez pas encore perdu ce fonds d'amour «bsolumeiit nécessaire pour vous préserver de sa baine et vous maintenir en graœ avec lui , du reste avez-vons cet amour vigilant qui étudie tentés s» volontés, cet amour agissant qui se porte à tout ce qui lui peut plaire; cet amour préveaaqt qui n'attend pas même ses ordres, et qui les exécuté, pour ainsi parler, avant, que de les avoir reçus? Aves-voi» cet amour généreux à qui rien ne coûte, dès qu'il y va de sa gloire; cet amour libéral qui ne ménage rien, àès qu'il est question de sesin* téréts; cet amour prompt, fierveQt, constant, que rien* n'arrête et qoe rien ne lasse, dès qu'il Âmt» et dans les grandes occasions et dans les plus petites choses, Ipi obéir? L'ayez-voos, dis-je, cet amour parfait, ou travaillez-vous à Tavoir ? Si cela étoir, n*auriez-vons pas toute âne autre exactitude dans la pratique de la règle, où Dieu vousdéclareee qu'il veut de vous, et de quelle manière il veut être servi? Sachant qu'il en est Tauteur et qu'elle vient de lui, ne la respecteriez-vons pas, et oseriez-vous en Omettre un point? Est-il donc. étonnant, lorsque vous la violez avec tant de liberté, qu'il vous traite comme vous le traitez lui-même, et'qu'ii laisse son amour se ralentir ponr vovS) comme à son égard vous avez laissé ralentir le vôtre? OrW état est ce que j'appelle une espèce de guerre entre lui et vous ; et c'est alors que doit s'accomplir dans votre personhe cette parole de l'Écriture, que quiconque résiste h Dieu, ne peut être en paix avec Dieu : Qw restilit ei^ el pacem habuit (Joa, 7) f
Mais, dites-vous, detransgresiser ma règle, ce n'est pas même une offense de Dieu vénielle. Je le veux : car je ne prétends point, mes chères Sœurs , vous rendre le joug plus pesant qu'il n'est, et en tontes choses je fais profession de m'en tenir à lapins exacte vérité. Il est donc certain, et je le reconnois, que#] yôtre règle , ni la mienne, ne sont point en soi des sujets de péché, et pas m^e du moindre péché; mais en même temps que je le dis comme vous, voici ce que j'ajoute, ' et de quoi vous devez convenir avec moi : c'est que l'infractioD delà règle peut n'être pas péché prise en elle-même, et l'être par rapport aux circonstances qui l'accompagnent. Ainsi, qnejggjpe soit point précisément un péché de parler, de s'entretenir, de converser à une heure et dans un lieu où la règle ordonne de setaire , j'y consens : mais le scandale qne vous causez alors est un péché; mais le mépris (fo^ vous faites alors de votre règle est un péché ; mais rimmortification, la dissipation» la curiosité, peut-être la passion, l'animo^lé, l'esprit de