‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 75 sur 99 · SUR L'OBSERVATION DES RÈGLES · texte numérisé non relu

SUR L'OBSERVATION DES RÈGLES

humilie et qui nous mortifie, uous nous révoltons » non pa& toujours d'effet et d'action, mais'de cœur, mais de paroles; quoique ce soit une cbarité toute paternelle qui Tanioie» nous nous mettons dans l'esprit que c'est une mauvaise volonté, et cette persuasion dont nous ne pouvons revenir , combien fait-elle naître de dépits , d'animosités , de desseins même et d'intrigues secrètes? Autrefois nous agissions sim* plement avec ce supérieur, et nous lui marquions de la confiance; mais maintenant ce n'est plus pour lui^ de notre part, qu'indifférence et que froideur; autrefois nous nous comportions avec lui comme avec un père, mais maintenant nous ne l'envisageons pbis que comme un censeur incomraîode; nous nous retirons de lui, nous nous en défions ; et si nous gardons quelques mesures pour ne le pas offenser ouvertement, ce ne sont que des dehofs affectés et de trompeuses apparences. Lui cependant, témoin de notre conduite, lie peut plus se confier en nous; et c'est, de part et d'autre ; une défiance mutuelle : or , daps cet état ,. est-il possible qu'il7 ait entre lui et nous de l'intelligence et de la concorde?

Quel remède? Vous le savez, mes chères Sœurs : l'esprit de régularité. Soyons fidèles à nos règles, nous serons soumis à qos supérieurs ; et nos supérieurs^ touùhés de notre soumission, s'uniromt à nous et ne penseront qu'à nous contenter: voilà le nœud qui nous-rapprochera d'eux et qui les rapprochera de nous; toute autre liaison que nous aurions ensemble ne pourroit être que l'effet d'une politique humaine et de la prudence de U chair. Entions dans leur cœur par la voie de la sainteté : quand ils nous verront aussi zélés pour la règle qu'ils le sont eux-mêmes, ils nous estimeront et ils honoreront notre vertu. Nous ne devons rechercher m cette estime, ni ces éloges ; mais, sans que nous les recherchions , ce sera nécessairement le fruit de notre assiduité et de notre vigiliance. Je'dis nécessairement : car , prenez-y garde, à peine verrez-vous jamais une. fille régulière. être mal avec sa supérieure ; et à peine voit-on jamais une supérieure être bien avec une fille qui se dérange, et qui ne vit pas selon la règle : vous voyez néanmoins de quelle conséquence cela nous doit être devant Dieu. Pour moi, disoit un saint religieux de notre compagnie (c'est lé bienheureux Louis de Gonzague),j'aimerois mieux encourir la disgrâce de tous les hommes ,.et m'entretenir dans un parfait accord avec inon supérieur, que de m'en séparer, et de m'attacher par-là tout ce qu'il y a d'hommes au monde : pourquoi? parcequ'un supérieur et Dieu, ajoutoit-il, ne sont à moa égard qu'une même chose : or, pourvu que je sois bien avec Dieu, que m'importe to^t le reste? Ainsi en jugeoit , dès la fleur de son âge , et ainsi parloit ce jeune serviteur de Dieu, encore plus illustre par sa rare piété que par la noblesse de son sang et l'éclat de sa naissance.

Mais moi, mes ^chères Sœurs, je vais même plus lom, et je soutiens que sans l'observation â<fs règles^ outre qu'on ne peut^ avoir la

SUR L'OBSERVATION DES RÈGLES. èH

avec sei supérieurs^ on ne peut non plus la foire subsister' entre les pariicalîprs et les divers membres qui composent une maison religieuse. Écoutez-en la preuve : car il n'est rien, dit saint Bernard ; de plus efficace et de plus puissant, pour lier les hoaunes ensemble, que la pratique d'une même règlei Aussi voyons-ndTO dans l'état religieux tant de personnes qui' ne se connoissoient point , dès qu'elles ont embrassé le même institut et les mêmes observances, s'affectionner comme frères ou comme sœurs, et contracter une alliance spirituelle, phis forte que toutes lés alliances de la nature. Qui fait cela? demande saint Bernard. C'est rengagement au même genre de vie et aux méihes exercices. Nous combattons sous les mêmes étendards, et nous avons tons les mêmes intérêts. Chaque règle a son esprit propre, . et cet esprit de là règle est le même dans tous les sujets qu'elle dirige et qu'elle conduit. Tel est le principe de notre union. Mais que ce fondement soit renversé , que ce lien soit ronipu par Tinfraction de la rè^le; comme les contraires doivent avoir des conséquences tontes contraires, ce qui s'ensuit infailliblement alors, c'est que les cœurs se divisent, et que le trouble bannit la tranquillité*

En effet, supposons une communauté semblable à la vôtre, mes très chères Sœurs ; je veut dire une communauté où la règle se soit conservée jusqu'à présent dans toute sa force et dans toute son intégrité : est-il rien de plus paisible? n'est-ce pas une Jérusalem , n'estce pas sur la terre un paradis et un jardin de délices?^ Mais si c'étoit une maison où il Q'y eût ni ordre, ni règle, permettez-moi de le dire, ne seroit-ce pas bientôt une Babylone? ne seroit-ce pais un lieu de confusion, pfus exposé que le monde même aux schisnaes et aux partialités? Car ce que saint Ghrysostome a remarqué de l'homme en général, nous peut bien être appliqué en particulier. Rien de plus sociable que l'homme, dit ce saint docteur , quand il usé de sa raison ; mais dès qu'IH'oublie, rien de plus opposé à la paix, ni de plus sujet aux dissensions et aux discordes. Il en est de même des personnes reiigienses, et nous ne devons .point craindre de le reconnoître ici pour notre instruction. Point de liaison plus étroite ni plus constante que celle qui les attache les unes aux autres , ':tant qu*elles persévèrent dans la règle : mais qu'elles viennent à en sortir, rien de plus irréconciliable, de plus opiniâtre , de plus scandaleux que les factions qui se forment entre elles, et que produit la diversité des partis. Vérité qui n'est que trop connue ; et plQt au ciel que dans TËglise du Dieu de ia paix on n'en eût pas eu des témoignages si fréquents et si éclatants !

Ah ! mes chères Sœurs, souvenons-nous de ce que nous sommes, souvenons-nous que nous avons succédé à ces premiers chrétiens dont on nous, raconte t^nt de merveilles, et que nous représentons daiîs lare'igion Tétat florissant de FÉglise naissante, à quoi reconnoissoit'On ces fidftles des premiers siècles? à la charité. Ils n'avoient entre eux qu'une cœur et qu'une VimeilUuliiiudiniÊ credmttum èratcw

&m SbR 1^ lUBBiOUVÈLLEtfËNr lis» VCBKX.

unum^ et anima um { Âcu 4 ). Et sur quoi ëtoit fondée leur charitét Sur ce qu'ils observaient une même règle de vie. Car du moment qu'ils se relâchèrent ià-dessus , on vit croître parmi ce bon graia la ziz^ie; quels dé^rdressuivireatlairiste désunion qui sefitdescœars! C'est par yotre1|ift|iie mi^ricorde, ô mon Dieu, que la paix jusqu'à oe jour, depuis son établissement, a régné dans cette sainte maisoD, parceque 1^ règle a' y a jamais reçu nulle atteinte. Soutenez, Seigaew, CQ que vous av^ si beupeusement commemcé; souteaei-le wv* mômes, mes chères Soeurs» et ne laissa pas dépérir entre vos mal» l'œuvre de Dieu., Secondez les pieuses intentîops» et marchez sur la traces de tant de fervei^es religic^us^s qui vous on< précédée», etdoM on VOU& propos les exemi^s. Que k)ue*t-oA ^ eUes? la fidélité h la règle. Par où se sput^eli^s s^^n^ifiées? p^ racc^a^Ussemeiitdeki i*^fil^ QueUe si^ét^dè^ce monde leivr récompeiye? la ptîx avec^Dies^ \^ I^i;i aycjc elle^-m^iqes, la paix avec le prodiaia, fruita m^mKSk dç la règle- JEt qu'oot-elles, enfin trouvé apràa la anertî cette paii f^tetnelle, oj» nous QO^dttis^ 9tc.

EXHORTATION

àVR LE REIfOUVEltEMENT 0E9 VOEUX I^È LA RELTGION;.

kfinovamini spifitu mentfs vestrœ* RenouTelez-von&en esprit* Aux Éphésiens, chap. r?.

Ce i^'est pas moi qui vous le dis, mes chèresi Sqeura, c'e^ Jésia* Christ lui-même^ , c'est votre Dieu cyje je vous présente, et qui se présente à vous pC)ur hopoprer en personne la saînla et édifiante eéréoM^ nie du renôi^vçliément de vos vœui^. C'est lui qjui , speciatenr aw bîçn que juge et réi)(^unérateur fidèle de ractipn que vous allez iiaire^ vous dit à toutes en général et à chacune en particuli^: RenouvelP' vous en esprit et de cœur. Ne vous contentez pas d'accomplir *> apparencece qui vous est ordonné, et ce que vous avez coutume iftfit^ tiquer dans ce saint jour : accomplissez-la en effet ; et p^r VimpKi^ sion de ferveur que ce renouvellemient produira en vous, rendex-le aussi, solide içt aussi complet qu il. la doit être : BenovQsnm ipiM mentis vestroR. C'est, dis-je, Jé&us^Christ qui vous parle ; c'est le Oiei que vous adorez , c'est l'unique ép^ux à qni , en qualité de vierges» vous éie^ dévouées. Écoutez-le non seuleontl^t avec respect et coouDe ses humbles. servantes, prêtes à lui obéir , «iai& avec un zèle afto tueux, et coQime ses chastes* époi^es, toucbéeadu désir de loi plaire.

Car il s!agit de sa gloire, au^i biêp<]ue du ptuâ essentiel de vos iat^rets ; et prenez garde à quatre pensées» oii je réduis tout l^fond <k

< Le Père Boardalooe , selon la coatnme de la communauté où il parlolt» prononça ^ fKlio«t9lioQ lie««into8iiorenient à ia rnaiol

^ft \£ BSNOyVELU£tt|£ilt ht& VOEUX. S^

oette courte ex))ortatioQ. Je vous ferai voir couuneut et con^eii le ffuouvellement de vos vœux honore Dieu ; comment il vous sanctifife vou^-méme&y et à guel degré de perfection il ypqçelève; çpmment fé&\u^ Christ, présent à vos yeux, a spécialement droit dan§ cet état deTexfger de vqus, et cominent enfin vpus n>vez jamais été miei|X disjXJisé^ à le faire d'une mdnière digne de lui. Pansée^. in^niipeiU; propres à vo|^9 inspirer aujourd'hui une 4^VQtpn fius$i jFervente que solide. M^ diiez-les; elles açhèv^rc»)t de vous mettra d^n^ toute la prép^tJyfHH nécessaire pour l'io^portâpt devoir dont vpus ^v^ à vou$ acquitter.

I. N'en doute:( point, nfes chèr^ Sœi|f^, ce renouYelIement dB }W vœux honore Dieu : commeii^t peja ? parpeqM'en renouvelant vos vœmi» V0U3 allez raitifier le s^cri^ce que vqu^ s^y^z fajt à Oieu de vos p^^rson^ n^s, en entrant dan$ la feligion. Vous allez lui témoigne^ que vous ^e >oi($ repente? point de vous être 49pnée^ & lui, q^e vous ne vous la^- ;sezppint d§ le servir; au ppntraire, que plus vou$ éprouvez son joug, tplus il voD$ pj^oit aimable ; qpe vous uq |e trpuvez ni dur, ni pesant ; ^que la suitp des années ne spr|; qu'à you$ l'^floucir et ^ yous 1^ tai^ porter avec plu& de joie ; qiie, bie^i loin de vouloir le rejeter, vpus seriez encorp disppsées^ le prenfjretoutdenouveaq, e| k, V:pu§ en charger ; que bien toin de vpps en i^ain^re , vpus le regardez en ce^e v^ «oaitne votre hoph^ur ; que toute vptr^ glpire e^fio, d^ns le ^int éU|t tque vous avez embraçaé^ est de ppuvoir dire coiomç le gr^ind Apôtre : Ègo yincm in Domino {f^phe^.y 4) : Je suis dans les liens, mais j'y ;suisen Jésus-Christ» poijr Jésus-Clurist, avec Jésus-Gbri$t. Car voilà ce qui e^) renfermé d^ois cette protes^tion publique et ^ol^nelle , que iroiis venez ici renouveler en sa p9*ésenpe« D'où il vpiis est aisé de coa< fcliire coipbien elle lui doit être glorieuse.

£q effet, c'est par-là que vpus justifiiez pleifieq^ent cequ^ila dH dai|s son llvangile, que son joug est doux, et que spn f^de^u est légec, Jugum imûm suave ts$^ et ohu9 meum Uve{^K^T^.y |1); p^r^làque vous lui servez dans le monde d'ufie preuve fensible, qi{e g'çst ihi Dieu jÇJlge et infaillible dans toutes ses papoues , pui^qi^e la parole de son Kvangile la plus incroyable, selon les apparences» se véyrifie parfaitement en vous : Jugum me^i iuaue w. C^r il n'y a point de ^rviiude qui ne devienne, du mpios avec le temps, onéreuse et fatigante : ^1 n'y a que celle de Jésus-Christ q^i soii toujours également agréair Lie, où Ton trauve toujours le même goût , dont on ressente toujoui» la ckwieeur ; et n'est-ce pas ce que vous donnez hauteoient à entendrci, en vous y engageant. plus que janpiais, et serrant encore, ppur ainsi ai^f les nœuds qui vous y attachent?

C'est p^r^-là que vous Saites çonnottre combien Dieu 9it UU boa malire, et qu'il est même de tous les mattr^s le meilleur et le plus digne d'élre servi. Or est-il rien pour lui de plus glorieux qi^e . d'être reoranu td? £st41 rien pour lui de plus honorable que de voir des i^maa qui renonçât «ans cesse à elles-mêoiesi aiio de s? oon^aorer tout ea«

Ui %m LE RENOUVELLEMENT DES VOEUX.

tiêres à lui '; qui se fassent une béatitude d'être à lui et de n'être cfÙ lui, de ne vivre que pour lui, de ne dépend? e que de lui? On sait assez combien à l'égard des hommes il est naturel de haïr la dépendance et de la fuir. Quels nioyens n*imagine-t-on pas pour cela? de quelles Violences n'use-t-on pas ? à quelles révoltes et à quels excès n'en vienton pas? Hais cette dépendance , si odieuse et si peu supportable par rapport aux> hommes, vous est plus chère, à Tégard de votre Dieu» que toute la liberté où vous étiez nées , et dont vous auriez pu jouir dans le monde. Vous ne croyez pas devoir être jamais plus libres que lorsque vous serez plus étroitement liées à ses ordres , et plus constamment dévouées à son souverain empire.

Cest par-là que vous reconnoissez combien il est fidèle dans ses promesses et magnifique dans ses récompenses; que ce centuple qu'il a promis à ceux qui le suivent, n'est point un bien imaginaire, puis- -que déjà vous le possédez ; que ce n'est point un bien de peu de valenr et incapable de vous contenter, puisque dès maintenant vous y trouvez vdtre félicité; que dans l'attente des biens éternels où vous aspirez, et qu'il vous destine, vous vous estimez dès à présent heureuses, et abondamment dédommagées de tout ce que vous avez quitté, et que vous ne voyez rien à quoi vous ne préfériez le saint engagement que vous avez contracté avec lui. Engagement qui vous tient iiéade foutes choses, et que vous mettez en ce ipoude au-dessus de tontes choses. Engagement qui vous détache de touteis les grandeurs, de tons les établissements, de toutes les fortunes du siècle. Engagement au prix duquel vous né considérez, aussi bien que le mattre de^ Gentils, 'et selon son expression, tous les tré^rs de la terre que comme d» la boue, et en vertu duquel vou^ n'enviez rien aux mondains de tontes leurs prospérités ni de tous leurs plaisirs* Engagement donc qui , dès cette vie, est pour vous le vrai centuple, et où vous fixez toutes vos prétentions. Or quel honneur doit revenir à Dieu de cette préférence que vous lui marquez, et du temps même où vous la lui marquez?

Je tlis du temps où vous la lui marquez , et observez bien ceci, mes

chères Sœurs. Quand, pour la preanère fois, vous fîtes la profession

de vos vœux, vous n'étiez pas encore en état de rendre à bien de si

glorieux témoignages, parceque vous n'aviez presque nulle expe'rience

de la vie religieuse. Vous suiviez la voix de Dieu qui vous appeloit:

vous vous abandonniez à lui avec une foi pleine-démérite, avecuoecon-

fiance généreuse , avec un amour ardent; mais après tout, vous ne

pouviez encore, ni vous répondre à vous-mêmes, ni servir aux autres

de témoins des avantages inestimables de la religion, et des miséricoh

des infinies du Seigneur qui vous y appeloit. On vous en faisoitdes

peintures qui vous touchbient ; on vous en disoit dés choses'dont vons

^tiez édifiées, dont vous étiez pénétrées, dont vous étiez cbarmë^'s.

Tout cela étoit vrai, et vous vous en laissiez aisément persuader :£/<'-

rioia dicta sunt de te^civitas Dei {Psalm, 86). Mais àpjourd'bui qne

SUR LE RJîNOVyËLlElieKir.WîS V(£|[fX< m

¥Oii»reno«vetez la cérémonie de votre preO)ièreooii0écriitioK,wiif«'K êtes (^lus attirées par ce qu'on vous dit, mais par oeqiie vf^mm^&9h parx% que vous avez connu, par ceque-vous.avez v0ttSHSito6«ifé|H?OT# et semi: jyunc cagnevt {Gme»., 22 ). Àh l Seigneur, eenx^ «ui wus parloient en votre nom ne nous ont point trofl^pées, et voai»iie bm# avea point trompées vous-méoie. On ne nous a rien, âût ^m^mt^m nom n'ayons Irouvé^ et i'effet répond plçinementà notre.atteiM^.Ôiil^ moa Dieu, le plus doux repos d'une ame est en vous ; mnL' bepli^ÎM* h plus $diide est de s'attacher à. vous« Or, i{ £uiipour v«tre gltf i«,.qw le monde en soit instruit ; et o'est pour cela qu'à la vujs .du mÀm^ nous venons ici le pul^lier. On^peut bien nous an eroire, Seigu^mv puisque nous ne nous en expliquons qu'ai^ec la plus parfaite coonojis*» sauce; et notre témoignage aura d'autant pkis d'efficace, qu'il e«t fondé sur une expérience: personnelle. Puissions^'BOUs engager ^}né le knonde à vous |>énir confine, nous, et piiisse-t-il apprendre d^ voua à VOUS counoltre et à vous glorifier ! ^ ,

IJ. Ce D'est pa8<là,.|nes chères Sœurs, le. seul avantage du reaoup v^llemen^t 4e vos vœux ; et s'il honoce Dieu, il n'est pas^moins propce ni ne cwtribi^e pas moins à vous sanctifier. En voici la preuve : c'esâ que par- ce renouvellement, dé la manière que vous lepratiqiexy vqa» entretenez dans vous te .salutaire. et préci^x souvôûr. de vos obUgSp ûoDs: Au lieu que les.cfarétiens du siècle,\Ussipé8 et en^H>rtés par le torrent du monde , vivept dans un profoôil oubli de ce qu'ils doivpni à Dieu cogime chrétiens; au lieu qu'ils n'y pensent quetrès^raremei^ et que très-superficiellement, votr« occupation conttfiueUe, surtout aux approches de ce saiut jour, est de rappeler dai^/vos.esprits oe que vou&devez à votre Dieu' comme religieuses, de le repasser, de l'é^ tudier, de le considérer, de vous en rafraîchir la mémoire , afin d'èa rempÛr vos*eoeurs et de les y affectionuer. Ainsi, .dans le renoiivelle-ment dct vos vœux, vous garder à la lettre ce que Dieu , dans FaucieDiie loi ,^ recoounandoit si expressément aux I^^r^élites , loi^u'après^ ks avoir fait passer à la -terre de promissions il.Ieur disoit, parla.beuSQbo de Jttoïse : Mementa, Israël ^ «i ne obliviscarU ( Dcv/., 9 ) ; iSoju venez* vous-en., ô Iwaël, et ne l'oubliez jamais. Souvenez-vous que je vous ai choisi, parceque je veux être vo^re Dieu, et parceque je veux que vous soyez mon peuple, et mon peuple particulier. Or c'est vous» mes chères Sœurs, qui accomplissez aujourd'hui celte figuse, et qui allez dire h Diea : Oui,. Seigneur, je m'^n souviens , et malheur à moi si« dans le cours de ma vie,* je yep^is à l'oublier ! Car j'ai encore plus d'intérêt que David, et plus de sujet de m'écrier.: Si oblitus fuero tuî, oblivioni deturdexlera mea;.adhœreat Ungud meu faucibtts tiiêis\ $% non menlinero tuî {Psalm. 136) : Si je vous oublit' jainais, ô mon Dieu , que ma main droite s'oublie elle-môme; que ma langue demeui^e attachée à mon p.alHisj si je ne me souviens pas toujours du choix que vous avez fait de moi, et du choix que j'ai fait de vous. Klais tandis, Seigneur, B. 4. 55

m iSOR U RBttOtrVBLLfiMENT DSS fOEUI;

4iiè]« rèdMfilleMi cetmcrMee de la professioà é» meê fdsêwt^iémtm g»AtieMdMi,«t \% m l'Mblié^ai pat, poiiqwc'en est poar fnol conitM M'ItRNiiifiMttt «ettliblé et peft>é^

Or Cè sôittéDiT) moi ehéreft Soràrg, ccwt^rvé dé ta sorte, et reuoit» <lMév Mt^ ptuft etooliait moyent le plos putetaoi et le ple« sAripotaf Hft pàê tJMiber dinè le désordre et le relâcbeuent^'oiie Hê tiède H IMUfufMimtè. SMveâeft*^¥oiM, diooîi le Se{{e> de votre d(^nière hewrei et veM ne pMheree plos. liafai moi» Je me dît àmOHMétne» enerf biei

S:& tôtte f SMyeeeite^îiètift det proniesies que fious àyow Mtm i éii, ëtneiie loi eerooi ëtemeHerreeiit iidèl€e« SotiteiiofiÉ-iiMs^ett dM cèCKes ne» acMotn, ei (entes nos intittom séroét perfiiitee. SeUTenotti' iioee«eii dans les oeeesienê Importaiites oit H ji'a(»it de rempûr iee d» ¥011111 les plus pëeiUes de iHHre eut, et jiooa M feiiiplifmie^iis peiue^ •otivekiabs^iioiiO'eii dans lésëprettTes où Dieo de temps eo temps nous %xpbse, et ces épreovçs ne serviront qûk tiotté retadre eacore fim fervents. Car avec un tel souvenir, eommont ponrr iottSoiKHis Une fott nous relâcher dan^l'obeervance de nos réglée^ da'aa l^tnottr de (a pauvreté, dans le^détadietnent de noiiS'-mémes, dans l'esprit de mortiflcstlon, dans la pratique de la plus soumise et ^e la plus liveugle ohâl^ aancé? f*eti appelle à vou^mêmes , mes ehèf^es Sœurs , et à vos con» Itoîtfsancrs particuMères. (^e soùvetiif , retraeé et fortement imprime dans vos âmes par lé renoavellemeiit de vos vosux/tie vous ëh-iI pas eent fois relevée!! apffes certaines chutes presque iifévitablés? et ne vous Vt*il pas Mt, $i je pah parler aiàsi , redoubler le paa^pour vous avancer dans les voies de la saintcAé ?

* Vont n'avez donc qûli profiter d'ao sduvetth* Si utile, et de la reli« «[leuse eërémonîe qui tous Tinspire, pour être assurées de conserver resprft de régularité etde piéfé. Ces deux paroles , J'ai ehoisi le Sei^ gaeut' et le Seigneur m*a choisie, vous soutieudront et tous fortifie^ f^ont. Avec cela» il n'y aura point de difficulté que vous ne siirmon^ li(z , poii^t de tentation à quoi votis ne résistiez , poitit de chagrins ai iAè dégoms au-dessus desquels vous ae vôàs éievie^.* J*ai eholai le Sei* gneur;et le Seigneur, en acceptant mes voeot» à miette 9(!eaa aà dioit que f ai l^it de lui ; le Seigneur m'a choisie, et^ par un l%re eoieente^ ment , y A agréé Iç choix qu'il 9 fait de moi i voilà , dis^je , ee qui vous fera goûter tout le bonheur de votre état , et travaHier avec une cmh jàtance infatigable à en aôquérir toute la perfection. *

Oui , mes chères Sœurs , par le renouvelteosient de vol voeux, vous vous affermirez de plus en plus dans la volonté de satisfeire à tout ce qu^ilsvousîn^posent, et cjoe vous vous'étes Imposé vous-mêmes; c'est-àdire dans là volonté et Tinvrokible résolution de vous dépôoiller dé tout ce, qui pourroit avoir quelque apparence àe propriété ; de cmcH f^er votre chair, qui he peut être sans cela l'hostie viyaiite dn Seigneur; d'être sans exception et sans réserve. obéissantes* jusqu'à la mort, et jasdu'à la mort de la croix : Vêque admortem^ mortem mitrm

suit L£ RËNOIfVllLLKliEMÏ DS» VQilVX. H1

HrmAi j[ Philip. , 2). Par le renouyellemeiit de tos ToeiilLi.ydus toui mAiiltieadrez dans la;dispos9tioa là plus sainte où puissent é(re sor la tarredea créatures mortelles, puisque, sans veus comparer avec l'ApAtne , vcMs poon^z dire comme loi : Qui Bqus s^palera de la obarité de Jéaas-Ghristf ee ae sont ni le» Hcfaess^a du siècle ^ u ses plaisirs l i^tt»ei ÊeparrMt « eWitafa ChriHi {U^nn^^ 8 )• I^r le reÉouveUeoMtti de Tos tonixv TÔvs tous ftrea dans la religioB Une heUreuee babil«de de persrfvëranoe I vous donnerez chacpie foiaà ces vten néines hé d^ré nouveeu de stabitité ; tous tous attadierez totijoors.«plus ëtroî* eemsMà Dieu parce triple. Uendout il est dit : FumhàwJriplBxé^fih eMrûmptUir (E(c/*y 4). Par le reoGuyelleHiént de vos voeux, ?oûe réprendiwdes forcés poar fournir toute la carrièi*e ùk voua laareiMfti et ce sera à totre éprd cemnele renbuvelleitieot de Tàif le» qui i a^ km le teite sàorë , semble renakre et rajeunir. Quel reâoiibleqM»t de fer?eur> quel féu> quelle ëtnuiation ya-i-on apei devoir dans toute eelia conuminautë I quelle ëdifioatioii pour le pub|ic! C'est la g^ce tiSiUd que Meo dans tous les temps , éq^ots votre institutian^ a rëpaildun sur Tordre de Sainte-Marie^ et qu*il ne cessem point d'y rëpandre ) Bxikmmbihur itt aqfdtœ jwfmtm u^f (Pmfo, 40S ). Par le renouvelle* nient de vos vœiia , vous m^parerez avee ftyauiage jusqu'aux ohm»* drés brèches que reiinemi peut avoir fahesdansvos cœurs. Si le soin des ooflomodilës de la vie.anyit donné qvelqile atteinte à l'esprit du pauvreté; si le plus iëger attachement à des objets c#ëës avoil tenii tant soit peu Tëelut ^t le lustre d'ime entière puretë; si l'abondauee du propre sens» ou l'ennui de le dépendance; avoit reftdu le joug M peu plus iilcommode; et porté à quelques sentimetits contre l^b(ia« sanoeet son aveii^ simplièitë» voiis.Àlira tout rë({ler et tout rîéfor« mer» en refermant rintërieur de vos âmes > (elletinent que vous €oiv lirez dé te mût iièu eomme des créatures toutes nouvefles eu iësus-Christ: In Chri9té,mVé év^ëàmra^^ Cot.i 5). Enin par le ré^ nouvellement de voi yàèWL , vous imlicrez rÉglise dans l'usage qu'elle obaerve de cëtëbrer cbisque ànttëe la dëdlcaoe des temples consacres i^ Dieu : car tous* éM, mes <Mrés ^uM.les vrais temples du Saitl^ Esprit ; et la selennilë de ce joér i^t la Aâte partietolièl*e de la dédicacé ou de la consécration de vos pei^onnes. Of voiis tdyez combien totti cela doit contribuer à voire sanctification.

IIL Ce renouvellement , il est Vrai > mes dièreS Stents, votts cèâ^ tera : mais Dieu » dans Tëtat où je vous le présente , n'a-i-il pas droil d'exiger et d'attendre tout de vous? Le voilà sacrifié pont vous; le voilà , noù pas en figure , mais véritablement et rcêUement immolé pour vous: lé voilà sous tes adoiables espèces , qui renouvelle actUel^ lemènt tout ce qu'il a fait pour vous sur iâ croiV. Que vous demandel-il? Sacrifice pour sacrifice, wnoirvelletnent pour renouvellement; c'est-àMlire qu'il tous invite à renouveler pour lui le sacrifice*de vos vœux , comtne il renouvelle ici pour vous le sacrifice dé son humanité

it48 SUR LE RENOUV ËLLElffiMT DES VŒlOX.

sainte, lafmais vous deinanda*t-il riett de pias juste, et peot-il Jamais vous rien demander qui lui soit de votre part plps légiiimeoientdù?

Pour faireeii esphteten vérilëcerepouvelieinent, il vous fàl)<nt un grand exemple qui vous animât; le void : c'est JésusHChrist, Faateuret le oonsommateur dQ votre foi; c'est Jésus-Christ, répoux de vos âmes et Votre Sauveur. H aJés yeux actuellement attachés sv vous , et il est témoin des plus secrets sentiments de vos cœprs. Disons plutAt qu'il se présente lui-même à vos yeux, et qu il veut que je vous le montre dans l'état de victime où il s'est réduit sur son autd ; dans cet ^at où il s'est joffert , et où je viens moi-même de l'offrur en votre nom. Que vous dii-il, et qu'avez-vous à lui dire? Car il voos parie , mes chèr^ Sœurs ; et, sans lès accents de la voisf:» par sa seule présence il se foit entendre. Il vous témoigne, daos lé secret de la conseîencê« combien vptre sacrifice lui est agréable; mais en même senps il vous'domie à juger s'il ne le mérite pas bien de nous. Vous lui dévoilez vos personnes ; et lui, il Be livre tout entier à vous. Ce qu'il reçoit de vous lui appartenoit déjà par un drait inaliénable comme au souverain Être : et ce que vous recevez de lui, son corps, son sang , son ame , sa divinité, connus dans cette hostie ,• ce sont de p«rs dons de son amour. Vous consentez pour lui, et vou» vous çngâ« gez à demeurer jusqu'à la 'mort, cachées dans la retraite et sonfi le voile; et lui pour vous ils'engage à &e tenir, jusqu'à la consommation des siècles, renfermé dans son. tabernacle, et enseveli danslaplas sombre obscurité. Vous votas faites pour lui, pauvres et soumis^, et loi, pour vous, il se dépouille en quelque sorte de toutréclat de sa ml|esté , il se revêt des plus Viles apparences , H se soumet, si je l'ose dire; à ses minisires, à des hommes qu'il a formée de sa main. £n quittant pour lui le monde, vous avez voulu vivre avec lui daos sa sainte AiJiison , et aupr^ de lui ; vous je voulez encore : et lui , sortant à cette heure même de son sanctuaire,, il vient à vous, non-seulement pour vivre avec vous, mais d^ns vous. Ah ! mes chères Sœurs, jfi vous laissé 4)orter vous-mêmes cette comparaison aussi loin qoe vous .pouvez retendre î.qi'M^ P^Pserez-vous ^ur cela , et en quels termes voas expliquerez- v^î^is? Gompieiiez-vous. pour beaucoup ce que vous rendez y voyant ce qiip vous avez tant de Ibis reçu et ce que vous allez recevoir? Je ne vous ai sài^ritié qi»'un monde, .Seigneur, lui direz-vous chacime .en particulier ; et de ce monde je ne vous ai sacrilié qu'une fpible partie, où toutes mes espérances étoient bornées. Mais que nai-je, ô mon Dieu, tous les irésors et toutes les grandeurs du iponde! que n'ui-je mille mondes en mon pouvoir, non point pour m'y aitacher, mais afin d'y renoncer, et de vous faire, par ce renon* cément, un sacrifice plus digne de vous! Que dis-je? Seigneur, 'quoi que je fasse« je ne vous ferai jamais ua sacrifice tel que vqus le méritez ; mais ce seroit au mpijas un sacriiice tel que je le potuTois f^ire et que je le voudrois faire. Car, dans le fonj, mon Dieu, je ne désire

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