‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 85 sur 99 · SUR LA DIGNITÉ · texte numérisé non relu

SUR LA DIGNITÉ

(Màtth.» 6); car, en conséqiiynce de ce pouvoir absolu, on pentdire que tout ce qu'il y a ^e. plus saint et de plus sacré est en votre disposition. Les grâces s^it le^ch||i^ iapstinoabies que le Sauveur des hûfames noiirsi||i^^>^^ pa^son sang; œaiik vop enétasles dispensateurs : c'est vo«s qui conférez aux ames^leur-ip^emière iDUocence, vou^.qui la leur faites retrouver Itrscp'elles l'ont perflue, vous qui leur partagez le pain de vie pour hs nourrir, qui ^ dpgez dsms les voies de rëternifé» et qui 1^9 conduisez jusque <||ds le sein de Dien.

Après cela serons-nous surpris que les plus grands monarques dn monde aiei^ipi tant d'égards et témoigné tant 4^ révérence poor les prêtres ; qu un Constantin, revêtu de la pourpre royale, n'ait pas osé s'asseoir le premier en présence des Pères d'un^ncile; qu'une impératrice se soit fait un honneffr et un mérite (HPsemir à table no évêque, et que detout temps le respect des princes envers lesprétresait été la plus illustre marque de leur religion? Non, Messieurs, tout cela n'a rien que je ne comprenne aisément, puisque la foi leur découvroit dans les prêtres une puissance bien^u-dessus de leur grandeur. Mais ce qui m'étonne et ce qui me paroît mexcusable,« tt^ que ces préues, si distingués des autres hSriimes par leur maistère/n'aient pas lapareté des anges, ou nM'efforcent pas d*y parvenir i car dan^ utetes ces prééminences, j'«per(pis tant de motifs d^ûnteté, que je ne sais de quoi ils doivent être plus accablés, ou du p^s de leurs honneurs, oa du poids de leurs obligations;

Venons au détail. Gomment un homme peut-il s'entremettre d'une réconciliation aussi sainte que celle des p^^|eurs avec Dieu, s'il est lui-même ennemi de Dieu? G'étoit le raisoi^pnent de saint Grégoire, s'instruisant soi-même^t se considérant comme Fint^lcesseur et le patron de tout le peuprecbrétien : Quâ emm fiduciâ pro peccatis a&enis intercessor venio, apud qnem de propriis securm t^on mn! De quel front, disoit-il dans un sentiment d'humilité, et avec quelle assurance irai-je demander grâce pour les péchés de meâ frères , lorsque j'ai à trembler pour mes propres péchés? C'est pour cela que le Sage nous représente d'abord le prêtre uni à Dieu par la grâce, agréableà Dieu par la sainteté de ses vertus : Ecce sacerdos magnus^ qtii m ée' bus suis placuit Deo, et inventus e^t Justus (EccU.f 44) : et eosuiie qu'il nous le fait voir devant le trône de Dieu en qualité de pacificateur et de réconciliateur : Et in tempore iracundiœ factus est reconci' Uaiio, (Ibid.)

Comment un homme -peut-il s'ingérer dans l'administration des sacrements de Jésus-Christ, et verser sur les fidèles les mérites et le sang de ce Dieu Sauveur, avec des mains impures? Il est vrai, malgré i'iudignité du ministre, ce sang a toujours son prix, et l'efficace des sacrements est indépendante. Aussi ne veux-je rien conclure au préjudice du fidèle qui les reçoit, mais du prêtre dont il les reçoit : car comme le prédicateur, selon la terrible parole de l'Apôtre , peut devenir un

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