ET LES DEVOIRS DES PRÊTRES. S
réprouvé en convertissaiittoatl^ monde, ^insiarrive-t-il ^pensée bien humiliapte fmv nous, Messieifrs, et vérité d'autant plus capable de nous cônfoKdre<|u*élle est confirmée par d^^i^lus fréquents et de plus funestes ej^mplesil), ainsi arriive-t-il sauveflt que le^rétre, enrichissant les autri»iles4résors dN^Église, n'ea retienne rien pour lui; que le même sanjf avec leqnel if purifi^ le^utres , et leur fournit de quoi acquitter li^rs dettis, serve à augmenter les siennes; que ce qu'il présente aux autres ^mpe les saâlémenli et les moyens de leur salut lui soit une 'Oôôasion de ruine et une matière de damnation. Je ne m'explique pas davantage : fhursuivons^
Comment un homme pent;il entreprendre dejugei^de oiiidamner» d'absoudre , dans des dl^sitions toutes criminelles ? Car pour être ' juge 0( pour en faire l'office» il doit être exempt de toute passion» exempt de tout intérêt, exempt de tout respect humain, exempt de c tout reproche. Ce sont les quipés qu'exige denses ministres la justice des hommes : tirez la conséquéfte, et voyez ce qu'exige à plus forte raison la just^ de Dieu. Je vous le laisse à méditer, et je m'arf ête à la remarque de saint Augustin. Elle m'a frappé, et elle convient parfaitement à mon sujet. Ce Père examine pourquoi leFils de Dieu ne Vbulut pas porter un arrêt de condamnation contre cette femme adultère que les Juifs produirftM^ devant lui : Nemo te condemnavit , nec ego te condemnàbo (Joan., 8) : et après avoir exposé là-dessus les raisons ordinaires, il en ajoute une qui, pour n'être pas la plus naturelle, n'est pas la moins mystérieuse ni la moins instructive. C'est, dit ce saint docteur , parceque le Sauveur du monde étoit encore chargé de nos péchés, et que, portant sur sa personne innocente le caractère de pé* cheur, il n#«royoit pas devoir se constituer juge, mais se réservoit au temps où il auroit satisfait pour nos offenses. Belle leçon, mes Frè-* res, reprend saint Augustin : nous apprenons de là quels doivent être ces juges que Dieu a choisis pour exercer son autorité et sa jus« tice dans le tribunal de la conscience. Si ce ne sont pas des saints, c'està-dire si ce sont des hommes semblables au reste des hommes, des hommes foibles, des hommes passionnés, des hommes impatients et colères, des hommes sensuels et amateurs d'eux-mêmes, des hommes sujets aux intempérances, aux médisances, aux ressentiments et aux vengeances, à tous les vices, quelle confiance mériteront-ils , quelle créance s'attireront-ils, quels jugements donneront-ils?
Enfin, comment un homme peut-il répandre l'édification dans l'Église et y servir de modèle , avec une conduite peu régulière et même â)soIunient déréglée? Voici, Messîeurs/un des points les plus essentiels, et qui regarde un de vos devoirs les plus indispensables: ne le perdez pas. Quelles idées devons-nous concevoir des prêtres, selon 1 esprit et les figures de l'Évangile? Ce sont des flambeaux allumés pour éclairer rÉglise : Vos estts lux mundi (HAtTH., 5.) Ce sont des villes placées sur le sommet des montagnes , afin qu'on puisse de toutes parts
m SUR LA DIGNITÉ
les apemevoir : CitAtat gypra mon^nf pfliito (ôîàtth*, S). C'est le «1 da la terre, dont Ja vertu oommoniquée aux corps les {Nrësene de la cor< ruption : Vos estU soi terrœ (Ibid.). En un mot, ce soutins le christianiBDie dey*ègle9 sensibles et animées. Titres spéciaux , mais titres qui, bien loin de rehauaaer par leurufclat notre gloire, redoubbt.si nous ne les soutenons pas§ notre conrusi#n , et nous rabaissent Am restime commune autant qu'ils dévoient noas y élevfr. Prenez garde, je vous prie. Oui , tout honwe adaipté au s^cer^oce de Jésns-Christ doit se regarder comme un exemple public, et vivre cmnme si toute h terre avoit les yeux attachés sur lui, enëtoit témoin de ses actioos. Il lioît être persuadé qu'il n'y a rien de médiocre dan» les fautes qui loi échappent, parcequ'elles sont acoompagnées^de scandale; etqsesita injures faites à sa personne en deviennent plus grièves et sontd'&Be nature particulière, de même les péchés qu'il commet contracteBiune indignité personnelle par la sainteté 4a^n état. Il doit s'humilier de voîrdes laïques qui l'égalent en perfeftfôn, mais surtout il doit se confondre d'en voir qui le surpassent. Il doit bien se convaucre que mille choses peuvent être permises aux gens du monde, et lui être défendues; qu'elles peuvent être sans conséquence dans les gens du monde, etétn des crimes dans lui selon l'opinion même du monde. Car le monde, tout profane qu'il est, n'en juge point autrefuplïque nous, et souvent il en juge encore plus rigoureusement que nous : ou si le mondent nous condamne pas , ce n'est quci pour tirer de ngus une prétendue justification de ses désordres*
Ah ! combien de fois (je n'y puis penser qu'avec la plus vive donleur, et vous en éies louches comme moi, Heasieun»), combiea de fois les dérèglements des prêtres ont4ls autorisé les^ices, et servi de prétexte à la licence des mœurs? Le libertinage, qui n'osoit se mostrer» et se tenoit caché dans les ténèbres , a levé le masque depuis qa'il s'est vu introduit jusque dans le sanctuaire. L'impiété n'atteadoitquece eecours de la mauvaise, édification des prêirea pour se fortifier et pour s'étendre. Les simples ont cru qu'ils pou voient les imiter et les suivre, puisque ce sont leurs conducteurs; les libertins ont oonch qu'ils pouvoient pratiquer ce que les prêtres pratiquoient , poi^ ce sont les docteurs de Isi loi. Les premiers se sont émancipés à ii^ ce (]tt'ils avoient auparavant en horreur ; les autres se sont coaHrinés dans ce qu'ils feisûîent, et l'ont fait avec plus d'audace. Le scasd^'^^ été général : le sacerdoce est tombé dans le décri, les ecclésiastiqnes dans le mépris. L'Église en a gémi, et jan^ais Jérusalem, {rfearantses prêtres réduits dans une dure captivité , ne versa plus de larmes, m ne fut plus se^siblemâit affligée.
Mais si les .pr4t|es ont été ain^ exposés au mépris des peuples^ qui doit-on s'en prendre? est-ce aux peuples mêmes? Mais, répond «aint Ambroise , comment les peuples respecteroieut-ils un boiooe qui avilit sqn caraolére, et qui dans sa ooiaduîte se rend en tout se0'