DEUXIÈME PARTIE
Je le dis , Chrétiens » et il est vrai que cette impuissance qu'allèguent les hommes du siècle pour se dispenser de restituer le bien d'autrui, est presque toujours chimérique, vaine, mal fondée, et qu'elle ne subsiste que dans les idées de Tamour-propre et' du propre intérêt. £n voulez-vous être convaincus? Appliquez-vous. Car il n'y a pour cela qu'à examiner les prétendues raisons que j'ai déjà marquées , et les excuses que l'esprit du monde ne manque pas de suggérer à ses partisans, pour les entretenir dans une erreur aussi grossière que l'est celle dont j'entreprends de vous détromper, raisons qui se détruisent d'elles-mêmes, et qu'il suffit d'exposer dans une simple vue, pour vous en faire d'abord comprendre le peu de Solidité.
Car qae dit l'un? que s'il restitue il ruine sa femille : voilà le premier prétexte et le plus apparent. Mais ne vaut-il pas mieux ruiner ses enfants que de les* damner? C'est la réponse de saint Chrysostome,qui dans un mot devroit fermer la bouche à l'iniquité du siède. Je vais plus avant, et je soutiens que, bien loin de ruiner ses enfants en restituant un biei» mal acquis, on les ruine tout àr la fois et on les damne en ne restituant pas : ce qui revient au même principe. Et en effet , reprend éloquemment saint Chrysostome, cet héritage d'autrui que vous possédez , et qu'une tendresse malheureuse vous fait réserver pour vos enfants , changera-t-il de nature entre leurs maios? Gessera-t-il d'être à autrui , parceque vous les en aurez injustement pourvus? L'obligation de le rendre s'éteindra-t-elle dans votre personne? Ne passera-t-elle pas de vous à eux , et n'en seront-ils pas les héritiers, aussi bien et encore plus que de la chose même que vous leur voulez Qonserver ? De là jugez lequel des deux doit être leur ruine : de leur ôter ce bien , ou de le leur laisser. Car si vos enfants se trouvent plus Consciencieux et plus chrétiens que vous , s'ils ont assez de courage pour faire ce que vous n'avez pas' fait , et pour restituer ce que vous vous serez opiniâtre à retenir, quêteur laissez-vous? la peine d'une restitution onéreuse , jointe au danger d'une affreuse tentation. Et s'ils sont assez durs et assez aveugles pour vouloir suivre votre exemple , en ne restituant pas ce que votre amUtion ou votre avarice a usurpé sur le prochain , que feites-Vous? vous les rendez complices de votre péché , et par l'amour le plus cruel vous les enveloppez avec vous dans le malheur de votre étemelle réprobation. Quoi donc, ajoute saint ChrysostomOi espçre^vous que votre mauvaise foi leur
SUR LA RESTITUTION. Hl
servira de eauiion auprès de Dîea ? Yondriez-voiis qae Dieu , qui est la sainteté et Téquitë même , fit prospérer dans vos enfants l'impie qu'il a eu en horreur et qu'il a détesté dans vous? Et si par des ressorts secrets de sa providence il permettoit qu'une succession aussi mal établie que celle-là fût suivie de quelque prospérité ; n'est-ce pas cette prospérité même qui devroit vous £ûre trembler, et vous tenir lieu de la plus funeste de toutes les malédictions? Par conséquent rien de plus frivole que la crainte d'une prétendue ruine de vos enfisuits. Ce n'est point proprement les ruiner que de les réduire à Tétat où ils doivent être. Mais avançons.
Un autre dit : Je suis obligé de maintenir mon état : et du moins dans ma condition puis-je garder ce qui m'est nécessaire pour une honnête médipcrité. Et moi je réponds que le premier .devofir^'un chrétien est de restituer, et non p^s de maintenir son état ; et qtle si l'état a quelque chose d'incompatible avec la restitution , non seulement vous n'êtes plus obligé de le maintenir, mais que la loi de Dieu indispensable est que vous y renonciez. Et qu'est- il nécessaire, mon cher auditeur, que vous mainteniez ainsi votre état dans le monde? Il est nécessaire que Dieu soit obéi , et que chacun ait le sien : mais il est indiffiéreDt que vous occupiez telle place, et que vous soyez plus ou moins élevé. Vous ne pouvez satisfaire à telles dettes en soutenant la dépoise de votre maison : Eh bien ! retranchez cette dépense , diminuez ce nombre de domestiques, réglez votre table, soyez plus modeste dans vos habits , passez-vous de cet équipage dont tant de personnes plus qualifiées que vous ont. su en effet se passer. Vivez dans la simplicité et la retraite , et faites tout cela dans cet esprit de justice qui est l'ame du christianisme. Voilà en quoi consiste la vraie piété ; et hors de là , tout ce que vous faites pour Dieu n'est qu'hypocrisie , toutes vos dévotions sont autant d'abus. U vous est impossible de réparer le tort que vous avez fait , si vous ne prenez la résolution de vous cacher dormais et de vous ensevelir dans les ténèbres. Ce parti vous coûtera , j'en conviens ; mais il n'y a point de théologien qui ne vous y condamne : et en vous y condamnant vous-même , vous ne ferez rien de pur conseil ni de sùrérogation. Descendez d'un rang où le péché vous a fait monter, et bornez-vous à celui où fa "Providence vous a fait naître. U «n'est rien de plus raisonnable, ni de plus conforme à toutes les règles de la probité naturelle et chrétienne. Je n'en veux que votre propre témoignage, et jugez-en par vous-même. Car dites-moi quel sentiment vous auriez d'un homme qui , tenant en ses mains votre bien , refuseroit de le remettre dans les vôtres , parcequ'il le croiroit nécessaire à l'entretien de sa condition ? Ne lui diriezvous pas qu ila bonne grâce de vouloir s'entretenir dans sa condition ârvos dépens , et , de quelque manière qu'il pût l'entendre , ne lui représenteriez ««vous pas que voire bien est votre bien , et qu'il ne vous a pas été donné pour servir de ressource à sa mauvaise fortune? Or
I4i SilR Ut kESTJTtJtlOI».
àppiiqùesS'Vons èettô réponse , et tous reconn6fti*eS qiië lé prétexté de YOtre état n'est donc pas un titre solide que vous puissiez opposer au précepte étroit et rigoureux de restituer le bien aautrui.
Hais s'il faut que je restitue, je n'aurai pas même te nécessaire â là vie. C'est la difficulté que se propose saint Augustin dans Texplicatîon du Psaume cent vingt-huitième. Observez, je vous prie , la décision de ce Père, qui fut par excellence le casuite , ou pour mieux dire Toracle de son temps , et qui qiérite bien d'être encore celui de notre siècle. Audet aliquis dieere^ Non habeo altud undè vivam (Âuo.) : Quelqu'un me dira : Il ne me reste pour vivre que ce seul secours , et je n'en ai point d'autre. Abus, reprend le saint docteur ; car un voleur puhlicLf t un enchanteur pourroîent tenir le même langage quand on les presse de renoncer h leurs infâmes pratiques, puisque l'un et Tautre est en possession de ne subsister que par le larcin ou par les maléfices. Hocetmihi latrOy hoc efmate/icusdtceree (Idem.). Mais on leur peut répondre que, s'il est vrai qu'As en soient venus à cette extrémité , il y a une Providence en qui ils sont obligés de se confier; et que ce n'est point dans ces commerces d'iniquité, mais dans la piété des fidèles, qu'ils doivent chercher le soulagement de leur misère.'Je dis le même à tout chrétien chargé d'une restitution. Ce n'est point sur le bien d'autrui , surpris par artifice et retenu par violence , qu'il doit compter pour avoir de quoi fournir à ses besoins : mais c'est sur le bon usage des talents de l'esprit , qu'il a reçus de Dieu ; c'est sur la santé dont il jouit, utilement employée; c'est, au dé&ut de tous les deux,. sur la charité publique, qui ne lui manquera jamais. Qu'il ait recours à ces moyens , j'y consens et je l'y exhorte. Il peut s'en faire un mérite et une vertu ; mais il ne peut sans crime retenir un bien qui n'est point à lui.
L'honneur a quelque chose en cette matière de plus délicat , et il y en a qui se croient dans l'impuissance de restituer, parcequ'ils se persuadent ne le pouvoir faire sans se déshonorer. Combien sont assez préoccupés de l'amour d'eux-mêmes pour prétendre que le moindre degré de ce qu'ils appellent leur réputation doit l'emporter alors sur les plus notables et les plus essentiels intérêts du prochain? Or il faut être ou bien peu éclairé, ou bien malintentionné, disoit le chancelier Gerson, pour entrer dans ce sentiment. Bien' peu éclairé, si l'on ignore par combien de voies secrètes on peut faire une restitution sans hasarder sa réputation. Bien malintentionné , si, les connoissant , on n'est pas en disposition de les prendre.
Mais enfin, dit-on, de quelque diligence que je puisse user, où trouverai-je toutes les personnes à qui je sois redevable? et, quelque disposé que je sois à' restituer, comment satisferai-je à tant de particuliers que j'ai trompés? Comment dédommagerai-je toute une ville, toute une province dont la dépouillé m'a enrichi? Je conviens, mon cher auditeur, que la restitution est plus où moins difficile Selon les
SUR htk RESTirUTION. I4S
ooiijôiittures el là sitnatioii diffëraste des choBes. le centleiis cpf il y a des afiîdres tellement embarrassées que Ion n'y peot presque rien démêler. De vouloir là-dessus m^engager dans une discussion exacte , c'est un détail qui ne peut être propre de la chaire , parceqp'il est infini , et qu'il va bien au-delà des bornes d*un discours. Il me suffira de vous tracer quelques règles générales, et il ne tiendra qu à vous de vous les af^iquer. La première est d'exciter en vous et de concevoir un vrai désir de réparer, autant qu'il dépendra de vos soins, tous les dommages que vous avez causés. Dès que vous le voudrez bien, que vous en aurez bien compris la nécessité, et que vous serez dans une ferme résolution de ne rien épargner pour cela, il tous viendra dans Fesprit assez de manières et assez d'expédients que je ne puis vous sagf^érer, et qu'une bonne volonté vous fera bientôt imaginer. La se« conde est de les chercher, . ces expédients et ces moyens : de les chercher, dis*je , de bonne foi^ et d*y donner tonte Tattention que demande l'importance du sujet. Bien des embarras dès-lors , et bien des obscurités où vous ne pensiez pas pouvoir pénétrer commenceront à s'édaircir, et peut-être verrez-vous s'évanouir tout-à-^up tons les obstacles qui vous arréloient. La troisième est de poser pour principe et de vous bien convaincre que l'obligation de restituer n'est point indivisible ; que ce que vous ne pouvez accomplir dans toute son étendue, il le fout au moins foire en partie et selon les focultés présentes; que ce qui ne se peut dans un temps se peut dans l'autre, et qu'il y a plus d'une foçon de £ompensOT le tort qu'a reçu le prochain. La quatrième, c'est de s'adresser à un homme intelligent, sage et droit; de lui donner une juste connoissance de votre état, de lui etposer les foits simplement et fidèlement , de ne point chercher à le prévenir ni à le gagner en votre foveur, mais de lui laisser une liberté entière, pour prononcer selon les vues d'une prudence éclairée^ et selon les lois de Féquité chrétienne. Avec de telles dispositions et dételles mesures, je prétends que ce qui ne vous semUoit pas auparavant priiticabie vous le deviendra, vous le parottra; et que, vous jugeanut vous-même dans la justice, vous souscrirez sans résistance à l'arrêt de voire condamnation. Mais parceque la cupidité nousdoiliine, et que, malgré tes plus belles démonstratioas d'un désir véritable de restituer, on ne le vent que de I)onch6 et qu'en apparence , sans le vouloir réellement et de cœur, qu'arrive-t-i!? On se contente d'un examen SHpjerfiçiel , et la moindre difficulté qui naît, on la prend pour une impuissance absolue. On étouffe mille retours de la conscience , on écarte inille çéfiexions qu'elle présente', et ouïes traite de scrupules. Dès qu'on ne peut satisfaire à tout , on conclut de ne satisfoire à rien. On n'en veut croire nul autre que soi-même ; ou si l'on veut bien s*en rapporter à quelqu'un , ce n'est que dans la pensée d'en tirer une décision fovorable , et que pour se confirmer dans l'idée de cette impossibilité imaginaire dont on se fiartte. D'où il s'ensuit que voulant tou*
jours restiiuer,4)ii disant toujoars qu'on est dans le dessdn de le faire aussitôt qu'on le pourra , on ne le fait jamais , parcequ'on ne pense jamais le pouvoir.
Cependant , mon cher auditeur, point, de salut sans la restitution, et c'est la dernière vérité par où je finis. Car, de tontes les obliga- '^ lions à quoi le salut est attaché, il n'en est point de plus étroite que celle-ci, ni qui souffre moins d'adoucissement, de tempérament, d'accommodement. Obligation rigoureuse , dit T Ange de l'école , soit à l'égard des hommes ministres de Dieu, soit à l'égard de Dieu môme. A l'égard des hommes ministres de Dieu , parcequ^ls n'en peuvent jamais dispenser ; à l'égard de Dieu, parceque , s'il le peut, il ne le veut pas. Remarquez, s'il vous plsdt, ce que je dis. Dieu a donné aux homnies qui sont ses ministres sur la terre une puissance presque sans bornes. Us peuvent , en vertu de la juridiction qu'ils exercent, considérée dans sa plénitude » dispenser des lois de l'Église les plus saintes, absoudre des censures les plus foudroyantes, relever des serments les plus authentiques, faire cesser l'engagement des vœux les plus solennels , effocer les crimes les plus énormes, remettre les peines et les satisfactions les plus Intimement imposées : ils ont, dis*je, tous ces pouvoirs en mille rencontres. Hais s'a^t-il de restituer? chose étonnante , Chrétiens ! ces hommes, que l'Ecriture a{$pelle des dieux et qu'elle traite de tout puissants, ne peuvent plus rien. Ces* clefs données à saint Pierse n'ont pas la vertu d'ouvrir le ciel à quelque usurpateur que ce soit , tant qu'il se trouve volontairement chargé du bien de son prochain ; et l'Eglise, à qui il appartiéit de lier et de délier en. tout le reste, nous fait entendre que làdessus elle a les mains liées elle-même. Ce n'est pas assez ; mais, selon de très savants théologiens , après le Docteur angéiique , Dieu même, à notre égard et à proprement parler, ne peut user sur cela de dispense. II peut bien , disent-ils , comme seigneur absolu de toutes choses , transporter la propriété et le domaine de mon bien à celui qui me l'a ravi , parceque je n'ai rien dont Dieu ne soit le maître plus que moi-même. Mais s'il ne fait pas ce transport, et tandis que ce bien est à moi , Dieu, tout Dieu qu'il est^ ne peut dégager quiconque me l'a enlevé de l'obligation de me le rendre ; pourquoi? parceque cette obligation est nécessairement enfprmée dans la loi éternelle et invariable de la souveraine justice. Je sais que d'autres théologiens raisonnent plus simplement, et prétendent que ce pouvoir, qui est en Dieu , de transporter le domaine d'un bien mal acquis , est le même en effet que le pt>uvoir de dispenser en matière de restitution. Quoi qu'il en soit ,. je soutiens que Dieu , quand il auroit ce double pouvoir, ne veut se servir en notre faveur et au préjudice de l'équité ni de l'un ni de l'autre; qu'il ne l'a jamais voulu, étque jamaisll ne le voudra : car c'est l'oracle du Saint-Esprit, et un arrêt prononté par le grand Apôtre, que l'injustice n'entrera point dans le royaume ce-
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leite : JVafiieYiiret, neque avari, neque rapacetf regnum Dei poMûletum(i. Cor.» 6).
Arrêt fondé sor les principes les plus incontestables , et toi tellemot nécessaire q«e, sans cela, le monde ne seroit plus » selon Texpression de rÉvangUe, qu'une retraite de voleurs. Car si l'on pouidt, sans nulle restitution ni nulle volonté d'en fiiire, après avoir usorpé le bien d'antrui, rentrer en grâce avec Dieu et prétendre à la posiçasioii de son royaume, ne seroit-ce pas une des plus fortes tentMioBS pour oett mêmes à qui fl reste quelque fends de religionf QaeUe sûreté j auroit-U parmi les hommes? et dans la pensée que chacmi ponnroit impunément garder ce qu'il auroit , quoique injustement enlevé > y a-t-il vexations et iniquités oik Ton ne se portât? Et certes, si dans le système présent et dans Fimpos^bilité actuelle o& se trouve tout chrétien de se sauver sms restituer ou sans le vouloir, le christianisme est néanmoins encore rempli de fraydes , de conçus* siens, d'osnresv de chicanes ; si , nsalgré ce frein de la restitation et de sa nécessité irrémissible, il y a toutefois tant de négoces crimineb, tant.de profits illégitimes, tant de conventions simomaques , tant de jugemenu vendus , tant de mystères abominables et de stratagèmes pour s'enrichir aux dépens du prochain, que seroit'ce si Ton se voyait affranchi de ce dev<Mr, et qu'on eût, sans y avoir satisftit, quelque espérance d*étre fiivorablement reçu de Dieu et mis an nombre de ste prédestinés?
Je n'ignore pas ce que quelques uns , moins éclairés , auront i me répondi^é : qu'indépendamment de toute injure faite à l'homme, la oontriiion seule , et i plus forte raison jointe avec le sacrement de pénitence, suffît pour se réconcilier pleinement avec Dieu. Oui , mon cher auditeur, c'est assex pour cda d'un cœur contrit. Hais comment contrit? non point seulement en paroles ni en apparence, mais tonché d'une contrition sihcère , d'une contrition solide et chrétienne. Or je prétends , et c'est un point universellement reconnu, qu'une véritable contrition renferme comme une partie essentielle II v<(ft>até ef^ ficace de restituer, puisqu'elle renferme essentiellement la volonté efficace et le propos de rétablir toutes choses, soit à l'égaiHi de Dieu> soit à l'égard du prochain , dans le même eut qu'elles étoient avant le péché. Supposons donc , tant qu'il nous jdaira , un homme qui se frappe devant Dieu la poitrine, qui gémisse aux pieds d'un ministre de lésus-Christ , qui se refuse toutes les douceurs de la vie, et qui châtie son corps par toutes les austérités de la mortification , qui s'expose aux tourments les plus rigoureux et au plus cruel* martyre : si cependant , injuste possesseur d'un bien à quoi il n'a nid droit et qu'il sait appartenir à un autre, il n'est pas actuellement et volontairement déterminé à s'en défaire, je dis que sous ces dehors, et sous le beau masque de pénitence dont il se cQUvre , il n'est rien moins que pénitent , ou que ce n Q$t qu'un faux pénitent, ie dis que dans une telle B. S. iO
m^ SUR LA RESTITUTIOIV.
diBpoliiion t s'il approche du saoremeiH de l'aotel , ifi^i nv Siicrft^ et un profanaieur. Je dis que si la mort vient à le eurpuendrl^y M meurt en impie I ^ que o-est un pqlrevyé»
Voilà, Chrétiens, ce que noos easeigM sur cette: natièM la sttiMè i(^ que nous professons , et voilà les pensées avec les^iieifes jd ^Uè renvoie. S'il y a dans cette assemblée quelque auditeur euv qui eeê vérités n'aient poînl fait eneere une aases forte nii|Miiirit>il , Je ii'itf pins rioi à lui dire que ce que disob saint ârégavre à ad tomnwr dit monde: Ah! mon eber Frère^ hif écrivoitoe gnndpape» cmsidé^ Tes, je vous prie, queeee rieheaseb que vous avea^aumâMioe par ées voiee cïiminelies vous abapdonnerosf un jonri moid qi0 iei èrimes que vous avez cenunis en lea attmssant ne vous âbandonnemit jamais. SoHvenez-voMS que c'e$i une extrême foïe dm bisser aprè» vous des biei^ dont vau» n'aures été suiHie que quelques mbmistits , et d'em« porter av^ voqisdes iigustîeeaqni vo«a towmeiieerontéiemeilettie&c. Ne soy^t pas ai inseqaé que de transmettre à dde bfritiera tout le fruit <k votre pfiché^ pour vons chanfer de toute la peine qui lui est due ,' 0, ne voua fwcf^^gest paa dans l'afib^ehs malhewr 4e brûler vous-même en l'autre, vie» pour avoir élevées cette-oî des étfaUgers et des in« ^ata* Mm parlât ce saint.doeienr ç et j'ajoute avec saint Augustin i BfiMe pecimain., ff$rde pecuniam, ne perdâi aiàmjom^ Rendez, mon Frère ^ rende» cet argent qui ne vous appariièni pas ; perdez inéme , s'il est nécessaire , celui qui vous appartient : pourquoi? afin de ne IKasperdre voure atte» qui appartient à Dieu et cpii'.a coâtë tout le sang d'un Dieu. Car il n'y a pomt de tempérament à prendre , ni de 4&iiien ; il &ut perdre Tun ou l'aittre : votre ame, fit vous voulez coneerver:Oet argeut ; ou eet argent , si vous voulei sanver votre ameè Or entre l'un et l'autre y a*t-*il à balaneer? et si vous délibérez un nMmettt, en £»udra^l-il davantage pour voue eondamuer au jugement de Dieu?
C'est ce que l'apôtre saint Jacques nous a représenté dans une belle 6t vive AaagH , lorsque , s'adressant à ces riches engiraffssés de la substance du prochain , et les supposant entre les maibs de Dieu comme de malheuiwses victimes que œ souverain juge immole à sa justice, il leur fail. (ses reproches si amers et si désolants : Agite nunc , ditntes; florate uMmt^fiiin mUmi» imtris (Jacob., 8). Allez maintenant , ri- 'Ches-avarea; pleurez, pouasezde hauts cris, et reconnoissez raffreuse tmisàre oti vous êtes tombé» par votre insatiaUe convoitise. Que sont devenais ces trésorardont- vous étiez si avides, et qui étoient les fruits ide vôtres iniquité? Vous oraigaiez tant de les laisser échapper ; et mat fpé. toutes les remontrances qu'on vous feisoit, malgré tous les reœoids de votre conscience qui vous remettoit devant les yeux vos injustices, vous ne pouviez vous résoudre à les réparer. Aveugles , vous «e pensiez pas que la mort vous les enlèverott , ces biens si injuste- Ittent possédés : mais vous voyez en quelle pauvreté elle vous a ré«
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doits t BhUœ vMrœ fmtrefmue àmt; '«imm et ërgmiiian ifuMm 4eniftftavîi(JA€0»i, S). Encore s'il ne vo«s étoit point armé d'antre malbenr qne de les perdre. Mais la perte même qoè toas en aveK faite ei qne vdos m povriez étiier, pni8i(uei5*ëloient des btens péris* • sables» et qae d'aiUeiars «ons étiei tons-aséales mertisls» cesloeqni »nd contre tons le pis» eonvaioeaiic et jle pins seonbie<iéni(M0nàge. Gar 4'afoir aaoriië votre aaM^oetseane ôamorteUe» à^desbiens poasaifers et snr quoi il y avoit tipen à«iltt|^ter9 voilà te dernier é^ gpidef at^ngienient^ et îepins grand de mus tes désordres : Et tamgé eorum in usùnuMium vMê mf (Ibid.). Qn*ave»^tt8 donciilit en. aocumnlant revenus sur revenus , profits sur profits , en prenant de toïAëâ psLTiB et à toates mains » et ne tous dessaisissant lanmis de ^iétt¥ Vous réprouvez à présent , et vous le ftellti^ez pendant toute Téternité : Thesaurixastis vobis tram innovimmis diebus (Ibid.). Vous vous êtes fait un trésor de oolère fionr le jour redoutable des vengeances divines; vous avez suscité contre vous autant d'accusateurs qu'il y a ea de malheureux que vous avez tenus dans Toppression» et dont ta ruine vous a enrichis. N'entendest-vous pas leurs cris qui s'élèvent M trône du Seigneur? Du moins il les entend, et c'est assez. Oui, il entend les cris de ces domestiques dont vous exigiez &i rigoureusement les services, et à qui vous en refusiez si impitoyablement la récompense; les cris de ces marchands qui vous revétoient , qui vous nourrissoienty qui vous entretenoient de leur bien, et qui n'en ont jamais touché te juste prix; les Cris de ces ouvriers qui s^épuisoient pour vous de travail, et qui n^ont jamais eu de vous leur salaire; les cris de ces créanciet's qde vous avez fatigués par vos délais, arrêtés par votre crédit . prives de leurs plus légitimes prétentions par voÀ artifices et vos détours ; les cris de ces orphelins , de ces pupilles , de ces familles entières :1e Seigneur, encore une fois^ le Dieu d'Israël les entend, ces cris ; et qui vous défendra des coups de sa justice irritée, et des foudres dont ,son bras est armé pour vous accabler? Ecce nierces operariorum qui messuerunt ^egiones vestras, quasfraudata est^ à vobis f clamât; et clamor eorum in' aures Domini sabaoth int^oivit
(Ibid.). . • :'
Il n^y a, mes Frères, qu'une restitution prompte et parfaite qiii. puisse vous préserver de ces foudroyante anaihèaies que Dieu , vengeur des intérêts du prochain, est prêt à lancer sur vos tétés^ Je dis une restitution prompte : car je vous l'ai déjà fait entendre « et je ne puis trop vous le redire, dès le moment que vous ppuyez satisfaire,, il ne vous est pas permis de différer ; et c'est non seulement un abiis , mais un péché de remettre , comme quelques uns, à lu mort ce qu'on peut accomplir pendant la vie. Je dis une restitution jparfaile> sans réduire les gens à des compositions forcées et à des accommodements auxquels ils ne consentent que par contrainte, et parcequ'ils craignent d'être frustrés de toute la dette. Renouvelez , mon Dieu ,
parmi votre peuple, cet esprit de droiture et d'équité , cet ' esprit de désintéressement qui est le vrai caractère du christianisme où vous nous avez appelés. Ne souffrez pas que des biens aussi vils et aussi méprisables que le sont tous les biens||de la terre nous fassent oublier les biens de la gloire et de la béatitude céleste que vous nous prëpa*rez. Que nous serviroit de gi^^ner tout le moiide^ si nous venicmsi vous perdre et à nous perdre nous-mêmes? Mais au contraire» quand nous serious dépouillés de tout en cette vie , ne seroitH» pas toujours la souveraine félicité pour nous de mériter ainsi votre grâce, et de vous posséder dans la vie éternelle , où nous conduise , etc.