SERMON POUR LE VINGT- TROISIÈME DIMANCHE APRÈS
LA PENTECOTE.
SUR LE DESIR ET LE BÉGOIIT DE LA GOMIHmiOH.
Dieebat enim intra se : Si tetigero iantùm vestimentum ejus, salva ero. BUe disoJlten elle-même : Si Je pnlssenlement Umcher m robe Je serai gnérie. Sknn Ukm. cluip.ix.
Cest le juste raisonnement de cette femme , affligée d'une longue infirmité qui Tavoit réduite dans une extrême langueur, et dont eUe souhaitoit d'être guérie. Témoin des miracles qu'opéroit le Sauveur du monde , elle conclut qu'il ne seroit pas moins puissant pour elle que pour les autres , et qu'elle n'en devoît pas moins attendre de secours. Elle porta encore sa confiance plus loin , et ne crut pas même nécessaire d'exposer à cet Homme-Dieu sa peine , de lui adresser sa prière ; ni qu'il prononçât en sa faveur une seule parole; car, ditelle, le voyant au milieu d'une foule de peuple qui Tenvironnoit de toutes paris : Si je puis seulement pénétrer jusqu'à lui , et si j'ai le bonlieiir de toucher le bord de sa robe, c'est assez: j'éprouverai bientôt les effets de cette divine vertu dont il donne tous les jours de si éclatants témoignages : Si tetigero tantùm vestimentum ejtu, salva ero (DIâtth., 9). Eile ne se trompa pais, Chrétiens : ses espérances furent remptiek , le Fils de Dieu répondit à son attente , et vous savez combien, en lui rendant la santé du corps, il loua hautement et releva le mérité de sa foi : ConfidCy filia; fides tua te sabam fecit (Ibid.). Or si les seuls vêtements de Jésus-Christ eurent une telle efficace, que ne peut point pour la sanctification de nos âmes cet adorable sacrement où nous recevons Jésus-Christ même présent en personne; où sa chair sacrée ,ison sang précieux , nous servent de nourriture et de breuvage^ o\i , par l'union lapins rëelle et la plus intime, il demeure en nous , et nous communique en quelque manière tout son être et toute sa divinité! N'est-il donc pas bien surprenant, mes Frères, qu'au lieu de le chercher avec plus d'empressement encore et plus d'ardeur que ue le chercha cette malade de notre évangile, nous nous tenions
si long-temps éloignes de loi ; qu'étant sujets à tant de foibiesses , et ne pouvant ignorer nos infirmités spiritnelles et nos besoins, nous ayons si peu recours au remède le plus prompt et le plus puissant ; que la participation du corps de notre Dieu qui nous est permise e ik nous sommes invités , que l'usage de la communion nous devienne si rare , et que nous imaginions autant de prétextes pbur nous en retirer, que nous devrions marquer de zèle pour en approcher? C'est l'abus que je voudrois corriger dans le christianisme , et que j'entreprends aujourd'hui de comlMiUre , après que nous aurons demandé tes lumières du Saint-Esprit , et que nous aurons salué Marie , en loi disant : Ave.
Entre les différentes dispositions où. nous sommes à l'égard du sacrement de Jésus-Christ et de l'usage que nous en devons ftdre , il y en a deux auxqudtes je m'attache dans ce discours, et dont j'ai dessein de vous entretenir : l'une est le désir de la conununion, et l'autre le d^At de la ocnnmunion. Désir de la communion , directement «ontraire à ce mortel dégoût où tombent tant d'ames mondaines, et qui leur Adt négliger l'aiment le plus salutaire, et ce pain de vié^ descendu du del , pour être sur la terre notre soutien dans les «voies de Dieu. Dégoût de la communion , non moins formellement opposé^à ce ssmt désir dont les âmes chrétiennes et pieuses sont animées, et qui en fat toujours le vrai caractère. Prenez garde , mes chers auditeors : oe n'est pomt précisément de la fréquente communion que je viens vous parier. Je vous en ai déjà fttit voir les avantages ^ et bien d'autres avant moi vous les ont représentés. Mais ce que je viens examiner avec vous, ce sont les deux principes à quoi nous pouvons oonununéotient attribuer , ou la piété des uns que nous voyons communier souvent , ou la négligence des autres qui commuaient si rarement* Parceque ceux-là sont touchés d'un certain goût pour la oommumon, parœqu'ils s'y sentent portés d'un désir secret qui les y attire , ils ne manquent nulle occasion de se présenter à la table du Seigneur, et se feroient une des plus sensibles peines d'en ôtre privés. Et comme ceux-ci, ou par la dissipation du monde qui leur dessèche le coeur, ou par une passion particulière qui tes possède, ont perdu tout seotimem de piété, et que cette viande céleste dont ils devroient se nourrir leur est devenue insipide » ils passent les années entières sans y prendre part, et voudroient même autoriser leur conduite par des excuses aussi frivoles qu'elles sont apparûtes et spécieuses. Or ces deux sortes de chrétiens ont besoin d'instruction : les premiers sur le désir de la communion qu'ils font paroltre , et où l'on ne peut trop les confirmer ; oe sera le sujet de la première partie : les seconds sur le dégoût de la communion , où ils vivent et qui leur fait abandonner cette source de. grâces; ce sçra le sqjet de la seconde partie. Matière qu'oAue vous ^ peniréitr^ jamais biciu développée, et qui n'est givère
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coQuwine dans la chaire évangéliqQe. Dooiiez^y , je vous prie, toufa votre attention*