‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 40 sur 72 · SERMON POUR LE LUNDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

SERMON POUR LE LUNDI DE PAQUES

SUH LA RiSURRECTIOlf BE JÉSITS»CHRI9r.

Et faetum est, dùm fabularentur et seeum guœrerent,tt ipse Jésus appropinguanê, ibat eum Utis) octUi autem iUorum teiiebantur ne eum agnoseerent.

TaoditqHlIt s'oitreleiioienttitqii'ilB nisoimolent ememUe, Jémis se Joignit ft ein, et mardia avec eux ; mais ils aTOientun voile am les yeux posr ne le pas connotire. Sàuvt Luc, cb. xxit.

Quand je considère , Chrétiens, la disposition où se troavoient ces deux disciples dont nous parle notre évangile, il me semble que le Sauveur du monde eut deux grandes maladies à guérir dans leurs personnes, et qu'il fut nécessaire qu'il employât pour cela les remèdes les plus puissants, et toute la force de sa grâce. Car premièrement, ib n'avoient pas la foi qu'ils dévoient avoir en lui ; et de plus, quoiqu'ils eussent été jusqu'alors du nombre de ses disciples, ils commençoient à se détacher de lui. Us étoient incrédules, et ils étoient froids et languissants : ils ne croyoient pas de lui ce qu'ils dévoient croire, et ils n'aimoient pas dans lui ce qu'ils dévoient aimer. Ils ne croyoient pas de lui ce qu'ils dévoient croire; car il étoit Dieu, et ils n'en parloient que comme d'un homme, abaissant leur foi à des idées communes et populaires, traitant Jésus-Christ de prophète, avouant qu'il avoit été puissant en œuvres et en paroles, mais ne lui donnant rien de plus, et n'y reconnoissant que ce que les Juifs grossiers et charneb y avoient eux-ndémes reconnu : De Jesu Nazareno qui fuit vir propheta (Lug., 24). Voilà leur incrédulité. Ils étoient froids et languissants dans soa amour ; car c'est pour cela qu'ils sorioient de Jérusalem , n'osant pas se déclarer ses disciples , abandonnant son parti et ses intérêts, n'espérant plus en lui , et n'attendant plus de lui cette rédemption d'Isi^êl sur laquelle ils avaient compté : Nos autem sperabamuB^ quia ipse esset redempturus Israël (ILid.). Tout cela. Chrétiens, parcequ'ils n'étoient pas persuadés de sa résurrection : car le seul doute qu'ils avoient si Jésus-Chribt étoit ressuscité, et s'il devoit même ressusciter, corrompoit leur foi et ralentissoit leur zèle. Que fait donc Jésus-Christ ? II les convainc par une expérience sensible qu'il est vraiment ressuscité; et dans cette apparition il éclaire leurs esprits et il embrase leurs cœurs»

ZSà SUR LA RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST.

Il édaire leurs esprits , en leur expliquant ce que Moïse et les prophètes ont dit de lui , et leur donnant de la vénération pour ce Christ et ce Messie qu'il leur propose comme un Dieu de gloire ; jusqu'à ce qu'enfin il leur ouvre tout-à-foitles yeux, en leur découvrant que c'est lui-même qui leur parle , et les obligeant de confesser qu'il est leur Dieu et leur Seigneur. Et il échauffe leurs cœurs, leur inspirant peu à peu par ses discours des sentiments d'amour pour sa personne; d'où vient qu'ils se disoient l'un à l'autre : N'est-il pas vrai que notre cœur étoit tout enflammé et tout ardent lorsqu'il nous parloit dans le chemin, et qu'il nous expliquoit les Écritures? Voilà, mes chers auditeurs, le sujet de l'instruction que j'ai à vous faire. Ce qu'étoient ces deux disciples d'Emmaiîs à l'égard du Fils de Dieu , c'est ce que sont encore aujourd'hui je ne sais combien de chrétiens, lâches, infidèles , remph's de l'amour du monde, et que l'on peut dire avoir en quelque sorte renoncé à Jésus-Christ, quoiqu'ils fassent encore extérieurement profession d*étre ses disciples. Ils en ont le caractère et le nom ; mais à peine ont-ils la foi , ou à peine sont-ils touchés d'aucun sentiment d'amour pour cet Homme-Dieu. Ils ne croient que foiblement , et ils n'aiment presque point du tout, parceque la vraie charité ne peut avoir d'autre fondement que celui de la foi.

Je veux donc dans ce discours travailler à relever ce fondement', et à corriger ces deux désordres, dont le premier est notre infidélité; et le second , notre insensibilité. Je prétends que Jésus-Christ ressuscité doit parfaitement établir et dans nos esprits la foi de sa divinité, et dans nos cœurs l'amour de sa sainte humanité. Je m'explique. Qu'estce que Jésus-Christ? Un composé de deux natures, l'une divine, l'autre humaine. La divinité demande surtout notre foi, et l'humanité notre amour. Car, dit saint Jean, c'est la foi de la divinité de Jésus- Christ qui nous sanctifie, et c'est l'humanité de Jésus-Christ qui nous a sauvés. Or, pour avoir cette foi divine et ce saint amour, nous n'avons qu'à nous attacher au mystère de la résurrection. Dans ce mystère nous apprenons à connoître Jésus-Christ et à l'aimer; à le connoître comme Dieu, et à l'aimer comme Dieu-Homme et Sauveur. Résurrection de Jésus-Christ, motif puissant pour croire sa divinité; c'est la première partie : résurrection de Jésus-Christ , engagement indispensable à aimer sa sainte humanité ; c'est la seconde : et voilà tout le sujet de votre attention.

. {La première partie de ce sermon est la même que celle du sermon

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