‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 58 sur 72 · LA VIERGE · texte numérisé non relu

LA VIERGE

Pottquam impleti suni dies purgationU ejus seeundùm tegem ÈioyHt tulerunt Ulum in JerMtùi0m, «l sUUrenê «iim Domino, Le temps de 1» purlfioatkm de Marie étant aix^mpU selon la loi de lloi8e> Os portfreiit Tf i|-

fant à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur. Saint Luc» chap. ii.

SlREy

Ce sont les dent mystères que eélèbre FÉglise , et qui pamgent', pour ainsi dire, cette auguste solennité, la purificatiori de Marie et h présentation de Jésus-Christ ; mystères vénérables . où tùus découvrons ce qu'il y a dans noire religloD, non seulement de pitis sublitnè et de plus divin, mais de pltrs édifiant et dé plus toftcKànt. Un Hotatttè- Dieu offert à Dieu, le Saint des saints consacré au Seigneur, le souverain Prêtre de la nouvelle alKance dans un état de victime, le Rédecf^ teur du monde racheté lui-même , titte Vier'ge purifiée et une méré enfin immolant son Hls, qilets pfodigés dans l'oi^dfé delàgràcë! Voilà ee que le propbète avoit prédit, ou jilutôt vdlà ce qâe le iMeu

mai SUA hk PURlFICATlCtN DE iA VIERGE.

d'braêl» par la bouobe de son prophète, a^oU promis aux Juifii, lors-

3a*il leur disoit : J'enverrai (levant moi mon ambassadeur ( c'ëtoit ean-BapUste» le précurseur de Jésus-Christ ) ; il me préparera la voiOtilvoasamioncerama venue : et aussitôt le Messie que vous attendez, cet Ange du nouveau Tesuiment, et ce Sauveur que vous demandez depuis si long-temps et avec tant d'instance, entrera dans son temple, et y sera présenté comme le prix et le gage de votre rédemption : Et ttaiim remet in tempium sunm Dominator quem vo$ quœritiSf et Au' geUa Testamenti quem vo$ vultu ( Malach., 3 ). Il y entre en effet , Chrétiens, il y est aujourd'hui porté, il y est sacrifié; et c'est à nous à profiter de son exemple pour notre instruction et pour la réformation de nos mœurs. Car ce n'est point seulement à la lettre que nous devons nous en tenir, comme les Juifs, mais il faut passer jusqu'à l'esprit ; ce n'est point inutilement, ni dans une vide spéculation que nous devons considérer ces grands mystères, mais en chrétiens, et avec tous les fruits de sainteté qu'ils peuvent produire dans nos cœurs. Implorons pour cela le secours du ciel par l'intercession de Marie. Ave Maria.

Ce n'est pas sans sujet, Chrétiens, que le saint pontife Siméon^ (Tenant aujourd'hui le Sauveur entre ses bras, l'appelle la lumière du monde, et l'adore comme le Messie destiné à éclairer toutes les nationsdela terre: Xurneno^fr^ve/ationem grenltum (Luc, 2). Car je puis dire qu'ui^e des grâces particulières du mystère de ce jour est de répandre la lumière dansnos esprits, et de nous donner deux conuoissances qui font Tune et l'autre toute la science des Saints. Je m'explique, et je prétends que, dans la présentation de Jésus<]lhrist, nous apprenons tout à la fois et à connoitre Dieu, et à nous connoitre nousmêmes : deux choses souverainement nécessaires, deux choses dans l'ignorance desquelles le monde avoit toujours vécu , deux choses d'où dépendoit la perfection , le salut et Je bonheur des hommes ; mais deux choses que l'Homme-Dieu pou voit seul parfaitement nous enseigner. Que je me'connoisse, Seigneur, disoit saint Augustin , et que je vous connoisse ; qtie je'vous connoisse pour vous aimer, et que je me connoisse pour me haïr : avec cela je renonce à toute autre connoissance, et, sans rien savoir de plus, je crois tout savoir : Domine^ noverim te, noverim me (Au6.)« Or il me semble. Chrétiens, que c'est surtout au mystère que nous célébrons qu'étoient attachées ces deux oonnoissances. Car, pour , vous expliquer mon dessein, je vais vous montrer, dans les deux parties de ce discours, que nul autre mystère n'est plus propre à nous faire comprendre tout à la fois et ce que c'est que Dieu, et ce que c'est que rhonune; ce que c'est que Dieu, et ce qui lui est dû; ce que c'est que l'bomoe, et ce qu'il se doit à luimême. Cet enfant que Marie offre iddnsle temple, et dont Siméon fait l'élogè^ nous apprend également l'un et l'autre; et s'il est exposé à la

wd de tous les peuples, Ante fademomnium populorum (Luc^i 3)» ce n'est que pour instruire tous les peuples de ces deux points esseun liels, et sur quoi roule toute la religion. Tâfthons à les bien concevoir; et» fortifiés des lumières abondantes dont le bienheureux Siméon se trouva comme investi, quand il vit l'auteur et le réparateur de son salut, remplissons-nous de la science de Dieu et de la sdence de nousmêmes. Jésus-Christ, dévoué et consacré au Seigneur, nous donnera la science de Dieu : ce sera la première partie. Jésus-Christ, offert et immolé pour nous, nous donnera la science de nous-mêmes; et ce sera la seconde partie. Vous voyez l'importance du sujet, commençons.

Page 1