‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 69 sur 72 · partie · texte numérisé non relu

partie

PacijiiiÈBB PARTIE. Dcsir de Ui communion. 1® Motifs de ce désir; 2" avantages de t' désir ; 5© règles de ce désir.

, f . Motifs de ee désir. Ils se réduisent tous à un moiif général où ils sont ^^ savoir : qne toute ame chrétienne doit désirer souverainement etpar-densostoiiiS .choses d'être unie à Jésus-Christ, puisque c'est en Jésus-Christ qu'elle trouretoB Jesbieos. Or c'est la communion qui nofis unit réellement et substantiellem^^|,j|j sus-Christ. Mais ce désir de la çomn^unlon peut-il convenir à un pécheur wfn]^ actuel de son péché ? Oui : car teut eiclu qu'il est de la saifite table par son P^' ^il peut néabmoins désirer d'y être rétablii non point avec son pédié» mais ^Pf^^^! .lavé et purifié de cette tache. Plus même un homme est pécheur» plus ildoitd»!^ la commuoion, de la manière que je le viens d'expliquer; parcequeplnsile>tpéctic * .plus ilest malade et foibl^ et qu'à doit par conséquent plus désirer ce qui P guérir et le fortifier.

2. Avantages de ce désir, i° C'est la première disposition à la commaoloD, qoûf' ce ne soit pas une disposilion suffisante. Le sacrement de Jésus Christ est nne fi^o'''' et une viande ne profite jamais mieux que lorsqu'on la mange avec appétit, i^^' ■Christ se tient, honoré de ce desir^ puisque c'est une marque de Testime qn^ ^^ faisons d^ ce saint ^liment qu'il nous offre. 2<» C'est te principe et comme le o^ de toutes ies autres dispositions. Car. voulant communier et ne voulant pasd'aiU^ , communier indignement. Je me trouye'engagé par-là à ne rien négliger ^^^[^^^ me peut disposer à une bonne communion. Abus de notre siècle : au Ùea d'excii^^

ANALYSES DES SEàMONS. 67l

désir dans les Amei» oa travaille à l'y éteindre, et de ià,¥ieQt qoe l'uiage de la coin* ' muniOD est si négligé piar la plupart des chréUens. «

S. Règles de ce désir. Il fout que ce soit on desir humble, ao désir éclairé ou demandant i l'être, un desvc prudent et sage, dodle et soumis, en un mot no desir chrétien , et non point un desir prèsomptueoi, aTcvgle, précipité, volage, opiniâtre et entélé. Dès que ce desir aura les qualités oonvenableB, conservons-le, quoiqu'on puisae nous dire pour l'amortir en nous et nous le faire perdre.

Deuxiève partie. Dégoût de la ooaamnnion. Il y a un dégoût 4e la communion qu) vient de Dieu, et il y en a un qui vient de nous-mêmes et de notre fonds. L^un n'esl qu*une épreuve de Dieu, ou qu'un châtiment passager de Dieu, etcen'eii point de quoi il s'agit id; mais l'autrp procède d'une maovaise disposition de notre cœw, et c'est dé celte sorte de dégoût qu'il est question* Voyooa-en io le principe, S^lei suites funestes, S"" les remèdes»

i . Principe de ce dégoût* C'est le rèlàchemepl <le la vie. On quitte ces exercices dé piété, on ne veut plus tant se faire de violence^ ni tant veiller sur soi; on s'accoutume à ttoe vie sensuelle et délicate, à une vie dissipée el mondaine : on l'aime, et tout ce (lui est capable de la troubler de?ient insoppertable. De là donc l'on conçc^de l'éloignement ponrlaioommuoioa, parcequ'elle d^andè^une autre vie qoe celle-ià. Pour-; quoi tant de communions P dit-on. On «e re^re de k sainte table, et l'on se met ainsi plus au large. On parloit et l'on agisaoit toot autrement k ces temps d'une ferveur chrétienne, où l'on éloit animé de l'esprit de Dien.

2. Suites de ce dégoût. Gomme le relâchement de la vie porte au dégpût de la cosfi^ mooioD, le dégoût de la communion, par le jvUnr le plna natprel, mais le plus funeste, porte à un noQveau relâchement de vie. Car ce dégoût éloigne de la conmiunion ; et moins on communie, moins on a de graoeSi moiaa on a de forces» moins on a de vigilance, d'attention sur soi-même, d^ lèle pour son afanceDpenta.et pfir conséquent plus on se relâche. Voilà coo^fpeat on a vu des personnes dans Içs plus saintes sodétà se dérégler , et comment on a vn les aeoiélés ellet-s^êmei tout en^ei se ^é? mentir, et devenir le scandale de là neligi^Hi»

5. Remèdes de ce dégoût. ï» S'appliquer à bien comprendre lepripeipe et les suites malheureuses du dégoût oi^ l'on est tombé, et se faire là^dessos à aoi-ipême d'utile^ reproches ; 2o ne point suivre le dégoût ou l'on se trouvci et agir mêipe eonlre cc^ dé»* goût ; 5° se confier à un- directeur dont la condoiie soit à couvert de.towi spupçon, et prendre ses avis; 4<> avoir recours à Dieu même, et lui demander instamment qnll Oécbiase notre cœur et l'attire à lui.

LE VII^GT-QUATIUÈME DIMANCHE APRÈS L^. PENTECOTE.

sva ta xocKikBNt ni nicv. '

SiJjaT. IW verront le fils de l'Homme ioenir sur If g niie« avec tme qra»de ^umarucé

et dans une ^wnde nujieetè^ ••; - . ,i

' Xi'Église commence et finit son année évaogélique par la peiniui'e clu jugement (\e. h\en, parcequ'il n'y a point de pensée qui puisse plus utilcjnent uons occuper.

Division. La vérité infaillible du jugement de £ieu opposée à nos erreprs et à nos Aypooriâies, première partie. L'équité inûeiible du jugement de Dieu opposée, â nos foibleaaes et à nos relâchements, deuxième partie.

PBBHiàas PAiTiB. La vérité infaillible du jog^aeotde Dieu opposée à nos erreurs et à DOS hypocrisies. Nous nous trompons nous-ipêmes et ne voulons point nous connoitre, voilà nos erreurs. Nona tronapons le publie et ne walons point en être connus , voilà nos hypocrisies. Mais Dieu, avec les lumièrets de sa vérité, nous détrompera de nos erreurs, el dévoilera nos hypocrisies.

I. Il nous détrompera de nos ernurs. et il nous fera çonnoltre nous-mêmes à nousmêmes. CennoissanGe qui noua sera insupportable, et qui nous consternera. Venons au détail. Nous avons deux sortes d'erreurs en ce qui regarde Dieu et Je salut : enreai*s de /ait et erreurs de droit. Erreurs de fait qui nous ôteotla c^noissance de nos propres actions; mais Dieu nous les remettra toutes devant les )euz. Combien de pé*

«héf qui «oui font prëtenteineiit inoonnui, toit que nous ne l6f tymit iamiit ramarqoéff loit qne nous lei ayoni oobliésr Si nous let oomiofssoni, combien y a-t-il, daoi €etiiiéiiiefpécliéi,«de droonitaiioes* de dépendanoef, de oooféqiienoet, d'eflèti, à qiUHnonsDelUtoiitDnUeattaotion? Or rien de toatoelan'écliappeàl>ieo;eic'eil ce qn'il nous retracera arec des caraptèrei si teotibles, qœ nous le Tcrroot malgré nooi dans tonte ton étendue et dans tonte sa difformité. Erreurs de droit qoi noos ftmtignorernos plus essentielles obligations : mais qne fora Dien? Ilrenversem toos les tenz principes qne nons anrona snltls; et ces oonsdenoes qne nons nous lUsions» dont noDS nous teoiona assurés et snr lesqpielles nons nons reposions, il nons les fiera parottre pleines dlnjnstice, de préoccupation, de manvaise foL Qndle aem notre mrprise, et qn'anrons-nous à dire ponr notre jnstificationr

2. Il dé? oilera nos hypocrisies, et nons fera connoltre an monde que nous avions trompé par de spédenx dehors. C'est Peipresse menace qnil nous ait par son prophète : Je découvrirai à iouU In ferre ton opprobre, c^est-A-dire tes aHillees, tes fraudes, tes impostures, tes cabales, tes abominations. Tel se croiroit perdu sans ressonroe, et seroit accablé de honte et de conftasion, si ce qu'il cache aTcc tant de soin Tcnolt A être su, non pas du public, raab seulement de cette personne en partleolier, on de cette antre : qne sera-ce lorsqu'il fendra être connn du monde entier, et donné enspectadeAtout l'onlTcrs? Soyons présentement de bonne foi arec nous-mêmes, ponr traTdller à nous bien connottre ; et soyons-^leatec les antres, ponr Tonknr ansd shiobrement nous fsire connottre à qui nons le deyons, jereux dire aux mimstres de la pénitence. Voilà le meilleur préserratiT et lerembde le plus certain dont nous puiidoos user.

DioxiÈn pAtni. L'inflenble éqnHé du jugement de Dien opposée A nos MUesses et A nos relâchements. Ttrois reMchements lors même qne nous aenibUins nons condaomer. Car nous nous condamnons, mais en même temps nonsnoostUsonsgraee, et nons tonlons qu'on nous ménage jusque dans le tribunal de la pénitence. Itoos nom reconncnsfons pécheurs derant IHen, mais en même temps nous considérons ce qne nous sommes selon le ihionde, et nons prétendons qu'on ait égard à la qualité de nos personnes. Nons nous ayonons coupables et punissables, mais en même temps noos exigeons qn'onaltponr notre finlblesse, ou plutêt pour notre dâicatesse, de la condescendance et de la douceur. Or Dieu nons jugera sans nons fiiire grâce, Û nous jugera sans distingœr nos quaUtésj et les employant même ccmtre nous, fl nous jugera ssns consulter noire déËeatesse, et il en fera même le sujet prînâpal de son jugement ' I. n nons jugera sans nooa foire grâce : pourquoi ? parœqne ce sera sa seule justice alors qui agira ; et qne nous ser riront devant lut tontes ces grâces prétendues, qae nons aurons extorquées des ministres de Jésus-Christ?

^. Il nous jugera sans distinguer nos qualités, car il n'a acception de personne. Qne dis-jé ? il distinguera les conditipns, mais ponr juger et pour punir les grands avec plus de sérérité que les antres. Ainsi nous le fait-il entendre dans l'Écriture.

S. Il nons jugera sans consnlter notre délicatesse; on plntêt c'est sur n€>tre déllcstesse même qu'il nons jugera, en nons reprochant, ce qui n'est qtae trop réel et qne trop vrai, qne c'était une délicatesse affectée, une délicatesse outrée, et par conséqneiit une délicatesse criminelle. Aimons-nous nous-mêmes : mais aimons-nous d'un amour solide, nous trsit'ant avec toute la séTérité évangélique, afin d'expier nos pédiés. Voilà* par où nous obtiendrons miséricorde, et comment nous engagerons Dien A nous traiter avec toute sa bonté paternelle.

son Ii'KVAJIGUB PB l'ai BIJfll.t-IU,

SojiT rr^Difisidif. Jésus, passant, vit un homme ^ui étoit aveugle depuis sa

naissance,

Jésns-Ghrist guérit oetayeugle ; mais les pharisiens, intéressés A rabaisser les oeofret du Fils de Dieu, contestent la Térité de miracle. L'aveugle néanmopna d'aillenrs la sohtient, et en rend hautement témoignage. De lA nons comprendrons d'abord en quel

ayenglonent l'intérêt propre est capable de nous plonger et nom pkmge tons toijoim comme les pharisiens, première partie : et nous apprendrons ensuite, da témoignage de l'aTengle, à dissiper par les lumières de la foi les ténèbres de l'errenr, et à confondre le mensonge par une sainte confession de la vérité, deoxième partie.

PiiMiiRB PARTIE. En quel ayeuglement Tiatérèt propre est capable de nons plonger et nous plonge tous les jours comme les pharisiens? Cette passion de l'intérêt propre aveogla les pharisiens, 1° sur hi personne de Jésus-Christ, 2° sur ses miracles.

f . Sur la personne de Jésus-Christ. Gomme il étoit opposé aux pharisiens et que soD crédit leur donnott de l'ombrage, c'étoit assez pour le décrier dans leur estime. Os le traitent de pécheur, et quoi qu*on puisse leur dire, Us le croient tel et le yenlent croire : Nos scimus quia hic homo peccator est. Eicellente idée de la malignité de l'esprit du monde. Qu'est-ce qui nous ayeugle pour Turdioaire dans nos opinions et daos oos préjugés contre le prochain ? l'intérêt qui nous domine. Que ne peut point l'aliénation des esprits et des cœurs, pour nons prévenir des erreurs les plus visiblea au désarantage d'un ennemi? Pouvons-nous conserver des sentiments équitables à l'égard de ceux qui prétendent aux mêmes rangs que nous? Qu'un honune soit dans notre parti, son dévouement à nos intérêts lui tient lien auprès de nous de tout mérite; mais qn'il soit dans nn parti contraire, c'est dès-lors, selon nous, le dernier des hommes. Plus donc d'équité, quand une fois l'intérêt prévaut; et c'est pour cela même que dans une cause nous avons droit de récuser un juge ou un témoin, s'ils sont convaincus d'y avoir quelque Intérêt particulier.

2. Snr les miracles de Jésus-Christ. Quelque éclatant que soit le miracle de cette guérison opérée dans la personne de l'aveugle-né, les pharisiens ne le veulent pat reoonnoltre; et, obligés enfin d'en convenir, ils nient au moins que Jésus-Christ en soit l'auteur. Ils le nient, dis-je, sans raison et contre toute apparence de raison, parceqn'ils ont intérêt à le nier. Cet esprit intéressé ne produit-il pas encore aujourd'hui les mêmes effets ou les mêmes erreurs , non plus sur ce qui regarde simplement les miracles du Fils de Dieu, mais généralement, 1<* Sur les points les plus essentiels et les plus incontestables de la religion. Un libertin ne veut rien croire, paroequ'il trouve, à ne rien croire, de quoi s'affermir dans sa vie déréglée et corrompue. 2» Sur les devoirs de la conscience les plus naturels et les mieux établis. Un homme raisonnera très juste snr une question que vous lui proposerez, tant qu'il n'y sera point personnellement engagé; il vous donnera même une décision très sévère. Mais qu'il vienne à yentrevoir quelque intérêt pour lui, il rabattra bien de cette sévérité, et trouvera des raisons pour douter de ce qui lui sembloit auparavant indubitable. 5** Sur les ikitt les plus évidents qui ont rapport et à la justice et à la charilé envers le prochain. Pourquoi nous entêtons-nous de mille fausses suppositions, que nous voulons soutenir pour vraies, et pourquoi appuyons-nous sur une infinité de jugements vains et téméraires? c'est qu'il y a dans nous des intérêts qui, occupant toute la capacité de notre cœur, ne laissent à notre esprit nul exercice de réflexion et de raison.

DBUXiàHB PARTIE. Commeut le témoignage de l'aveugle guéri nous apprend à dissiper par les lumières de la foi les ténèbres de l'erreur, et à cou fondre le mensonge par une sainte confession de la vérité. Son témoignage en faveur de Jésus-Christ eut quatre qualités. Il'fut sincère, pour confondre tons les artifices de la duplicité des pharisiens; généreux, pour confondre l'orgueil de leur prétendue autorité ; convaincant, pour confondre la foiblesse de leur vaine science ; et constant, pour confondre la du« reté de leur obstination.

f . Témoignage sincère. La sincérité de l'aveugle alla jusqu'à la nal?eté, connue on le volt par la seule lecture de l'Evangile, et c'est ce qui déconcertoit les pharisiens. Ils eurent beau le questionner et l'interroger : parceque la vérité ne se dément jamais et qu'elle est toujours la même, ils ne purent l'embarrasser, ni le faire tomber en aaoane contradiction. Que pouvoient-ils donc dire, et que pouvoient-ils faire pour éluder la force d'un témoignage si simple et si fidèle? Voilà ce qui confond encore aujourd'hui l'aveuglement des libertins du siècle; voilà ce qui les désespère : le récit de certains miracles qni même humainement doivent être cms, et que la prudence la plus rafSnée et la moins crédule est forcée de reconnottre. 2. Témoignage généreux. En vain les pharisiens usent de menaces envers ce pt^o- B. 3. 43

tre« Xb peurent {ntfmider ses parents; mais ponr lai« il ne craint rieii; et oontîniie toujours à tenir le même langage. Générosité qui bomilioit ces esprits 8operl)es« mais qui condamne encore bien daTantage la foiblesse d'un million de chrétiens, perseadés de la .Térité, et néanmoins lâcbes et timides quand il s'agit de la défendre et de l'appayer.

5. Témoignage conyalncant. C'est une chose digne d'admiration qu'un paovieiaBi étnde et sans connoissance raisonnât contre des doctenrsd'une manière àleur fermer la boncbe. Les plus sayants théologiens n'auroiept pas fait de réponses plus solides qaH en fit à tont ce qu'on lui objecta. Telle est la victoire de la fol, et c'est ainsi qu'elles triomphé et qu'elle triomphe de toute la sagesse du monde.

4. Témoignage constant. Il persiste toujours à glorifier son bienfaiteiir« et à pnblier le bienfait qu'il en a reçu. Les pharisiens le chassent enfin avec ignominie de la synagogue; mais il n'en est que plus attaché à Jésus-Gbrist. Il l'adore comine son Dieu, et embrasse sa loi.S'il n'eût pas été plus ferme que nous, il eût bientôt déiaenl^ par nne honteuse et criminelle inconstance^ ce qu'il Tenoit d'affirmer par une juste confession. Nous cédons aux moindres diflicultés, et nous laissons noire foi se trookbler. La nouveauté nous entrsilne, et nous séduit par le vain éclat dont elle se père. Tenons-nous-en à la foi de Jésus-Christ « tenons-nous-en à son ÉgUse» puisque lai» de Jésus-Christ n'est nulle part ailleurs que dans son Église.

sua Lk RiTITlTS DE JÉSUS-CHRIST.

SujTf. Foici la marque à guoi vous connotlrez le Sauveur qui vous est né ; c'est que vous trouverez un enfant emmaillolté et couché dans une crèche.

Quel signe pour connottre un Dieu Sauveur! une étable, nne crëche, de pauvret langes ! c'est néanmoins le signe le plus convenable» comme on le verre dans ce dis* cours : Et hoc vobis signum.

Division. Signe le plus convenable, parceque c'est le signe le plus naturel et le plus efficace. Le plus naturel, puisque nous marque parfaitement que le Sauveur est né, et pourquoi il est né; première partie. Le plus efficace* puisqu'il commenoe déjà ft produire dans les esprits et dans les cœurs les merveilleux effets ponr lesquels le Sauveur est né; deuxième partie.

pBEMiÈBE PARTIE. Siguc Ic pIus uaturd, puisqu'il nous marque parfaitement que le Sauveur est né, et pourquoi il est né. Ce Dieu Sauveur devoit faire deu choses : |o expier le péché, 2° réformer l'homme pécheur. Or, pour nous marquer qu'il venoit accomplir l'un et l'autre, il ne pouvoit choisir un signe plus propre que la paayreté et l'obscurité de sa naissance.

1. Il devoit expier le péché et satisfaire à la justice de son Père. Voilà ce qa'U fait dans la crèche, et à quoi lui servent les misères et les humiliations de la crèche. Que nous apprend donc autre chose cet état pauvre, cet état humble, cet état souffrant oè il naît, sinon qu'il vient faire pénitence ponr nous, etnous apprendre à la faire? Mystère adorable, et capable d'exciter dans nos cœurs les sentiments de la plus vive trition. Cet enfànt-Dieu pleure dans sa crèche ; et ses larmes, dit saint Bernard, causent tout à la fois et de la douleur, et de la honte : de la honte, quand je considère que le Fils unique de Dieu a pleuré mes péchés, et que je ne les pleure pas moimême ; de la douleur, quand je pense qu'après avoir fait pleurer Jésus-Christs je Im en donne tous les jours de nouveaux sujets.

2. 11 devoit réformer l'homme pécheur. Ce qui perdoU l'honome et ce (pu le péri encore, c'est l'attachement aux honneurs, aux richesses et aux plaisirs du siède. Mais que fait Jésus-Christ? Il vient au monde avec le signe de l'humilité, pour ropposer à notre ambition; avec le signe de la pauvreté, pour l'opposera notre avare coovculise; avec le signe de la mortification, ponr l'opposer à notre sensualité. Pouvoit^il mien nous faire entendre qu'il est ce Sauveur par excellence qui doit délivrer son peapk de la servitude du péché, et guérir toutes les blessures de notre ame ? Eaisoonons tant qu'il nous plaira» ce signe de l'humilité d'un Dieu confondra toajonn l'orgoeQ 4ii monde; ce signe de la pauvreté d'un Dieu confondra toujours l'aveDgle ooplditt

Al mentog oe signe de la mortlfioatton d'an Dien eçnfendra tonjoim la mollenç du monde.

DBDxiiHB PÂRTiB. Signe le plus efficace, pnisqa'il commence déjà à produire dans lei esprits et dans les eœors les merTeillenx effets pour lesquels le Sauyear est né. C'est oe qui parottj |o dans les pasteurs qui forent appelés à la crèche de Jésus-Chrisl;; S» danslês mages qui tinrent adorer Jésus-Christ.

1. l^ansles pasteurs. C'étoienI des simples et des Ignorants, c*étoient de3 pauyref, o*étoiettt des hommes méprisables selon le monde par îeur condition : mais tont-à-conp. à la Tua de oe signe de la crèche» ces ignorants sont éclairés et remplis dîe la science de Dieu; ees panyres commencent à connoitre le prix de lepr paiiTreté, et à Taimeri ces hommes, si vils et si méprisables selon le monde, deviennent les premiers apôtres de JésaS'Ghrfait, et Pannoncent de tontes parts. C'est ce même signe qui, dans la suite des temps, a encore Ibrmé an milieu de TÉgUse tant de Saints pauvres; et voilà 09 q«i doit consoler les petits et faire trembler les grands.

2. Dans les mages. Car si l'exemple des pasteurs doit faire trembler les grands, f exemple des mages les doit rassurer. C'étoient des grands du monde , des sages du monde, des riches du monde : mais, par la vertu de ce signe, ces grands s'abaissent ^vant Jésns-Christ; ces sages se soumettent è la simplicité de la foi; ces riches sç détachent de leurs ridiesses, et se font an moins pauvres de cœur. Changement d'autant plus miraculeux, que la grandeur du siècle est plus opposée à Fhnmilité chrétienne, la sagesse du siècle à la docilité chrétienne, et les richesses du siècle à la pauvreté chrétienne. Voilà oequ'a pu opérer le signe de la crèche, et ce qu'il doit encore opérer dans ehaenn dînons, si nous voulons que ce soit pour nous un signe de saint.

Compliment an roi.

SOB LA GIBCONCISION DB JB0US-CflBi8r.

SiijBT. Lùrsque le huitième jour fut arrive où Venfant devoii être circoncis, on ft nomma Jésus» ainsi que Vange Vavoit marqué avant qu'il eût été conçu dans le sein de Marie, sa mtre.

Pourquoi attend-on qoe Kmdhnt soit dreoneis pour lui donner le nom de Jésus, c^estè-dire de Sauveur f et quel rapport le nom de Sauveur pent-il avoir avee la circonei» ■ion du Fils de Dien? Importante question qui servira de fond à ce discours.

Division. 11 fislloii que Jésus-Christ, pour être parfaitement Sauveur, non senle- ' ment en fit lui-même la fonction, mais qn'il nous apprit quelle devoit être , pour l'aocompHssement de ce grand ouvrage, notre coopération. Or dans ce mystère il s'e^C ' admirablement acquitté de ces deux devoirs. It a commencé à nous sauver par Tohéi^sance qu'il a rendue à la loi de l'anctenne circoncision, qui étoit la circoncision de la chair, première partie ; et il nous a donné uQ moyen sûr pour nons aider nousmêmes à nons sauver, par la loi quMl a établie de la circoncision nouvelle, qui est la circoncision du cœnr, deuxième partie. •

PBBHifcBB piRTiB. Jésus-Christ a commcncé à nons sauver par l'obéissance quHI a rendue à la loi de Tancienne circoncision : car au moment qn'il fut circoncis, i« il se trouva dans la disposition prochaine et nécessaire pour pouvoir être la victime du péché ; 2° il offrit à Dieu les prémices de sou sang adorable, qui devoit être le remède du péché ; 5*^ il s'engagea k répandre ce môme sang plus abonjamo^ent sar la croix, pour la réparation entière du péché.

1. Au moment qu'il fat circoncis, il se tronva dans la disposi^op prochaine et nécessaire pour pouvoir être la victime du péché, et par conséquent pour être parfaitement Sauveur : car ponr sauver des pécheurs et des coupables, il falloit un Juste ; métis on Juste, dit saint Angostin, qui pût satisfaii*e à Dieu dans toute la rigneur de sa iustice, ci pour cela même un Juste sur qui p^t tomber la malédiction çme traîne api^^is soi le péché, et le châtiment qui lui est dû. Ce Juste, c'étoit Jésus-Cku*if»t II ne devoit pas être pécheur : comme pécheur, il eût été rejeté de Dieu. Il ne suffispM pas qu'il fût Juste : comme Juste, il n'auroU pu être l'objet des vengeances de Dieu. Mais eç Qualité de médiateur, il devoit, quoique exempt du péché et impeccable même, tenir

nue eipèee demiltea entre rinnooenoe et le péefaë; et œ milieu entre rinnooeDeeeile péché» ajoute laiot Angiutin , c'étoit qu'il eût la marque du péché. Or o& a-tô piii la marque du péché ? dans sa drooncision.

2. Au moment qu'il fiit droonds, il offrit à Dieu les prémices de «m MDg adonUe, qm deroit être le remède du péché. La moindre action du Fils de Dlenpooroitnt flre pour nous racheter : mais dans Tordre des décrets divins» et de cette rigide NÉbction à laquelle il s'étolt soumis» il faUoit qu'il lui en coûtât du Baog,et c'est nqotvd'hui qu'il commence à accomplir cette condition. Bien différent des prMretdeBal, qui» pour honorer leur dieu, se faisoient de douloureuses indsioni, joiqa'à ceqiHi fussent tout couverts de sang» c'est pour sauver son penple que» tout Diea^'ila^ 11 endure une sanglante opération.

5. Au moment qu'il fut circoncis» il. s'engagea à répandre son sang ploi almlD' ment sur la croii» pour la réparation entière du péché. Car» selon saint Paul, M homme qui se fiiisoit drconcire sechargeoit d'accomplir tonte la loi. Or l'seoosilifsement de la loi» dit saint Jérôme, par rapport à Jésnt-Cbrist» c'étoit la mort de Jte- Christ même; puisqu'il étoit la fin de la loi, et qu'il n'en deroit être la fia qoepsli consommation du sacrifice de son humanité sainte.

Ce n'est donc pas sans raison que le nom de Jésus lui est donné dans oemyitère:^ le sang qu'il yerse pour nous sauver nons fait bien TOir de quel prix ot notre nkit, et quelle estime nous en devons faire.

BbuxiIeke pabtie. Jésus-Christ nons a donné un moyen sûr pour noos aider noomêmes à nous sauter» par la loi qu'il a établie de la drcondsion nouvelle. C^flW- Telle drcondsion est la circoncision du cœur : f * il nous en fait nne ]xÀtfi^vo»i^ explique le précepte» 5^ il nous en facilite l'usage.

f . Il nous propote la chrconcision du cœur» et il nous en firit une loi : car iiiiî>^ l'ancienne drcondsion» ou plutôt l'andenne circoncision ne finit enlai»qaepiNBqii'il établit la nouTelle. Gircondsîon du cœur» c'est-à-dire retranchement de \m^^ sirs criminels et de toutes les passions déréglées. Ctrcondsion néocMairepoorlealiit puisque la source de tous nos péchés, ce sont nos désirs et nos passioDS. CinoDàsH entière, qui s'étend à tout et qui n'excepte rien : il ne faut qu'une pasaion ponriuw damner.

2. Il nous explique le précepte de cette drcondsion nouTelle ; coaunent? pv0 exemple : car dans sa drcondsion nous trouTons les quatre pasfionileaplos<ia>'^ nantes et les plus difficiles à vaincre, par£iitemeot sanctifiées et soumiseï àDiea:8ili de la liberté» par l'obéissance qu'il rend à une loi qui ne l'obligeoit point; ét^ l'intérêt, par le dépouillement et le dénuement où il veatparoltre; celle de l'booi"' par ce caractère ignominieux du péché» dont il consent à snbir toute la bonté; etc# du plaisir» par cette opération douloureuse qu'il souffre. Voilà surtout les quatre p» siens que nous deyons nous-mêmes déraciner de notre cœar.

5. Il nousfadlite l'usage de cette nouTelle drcondsion» par où? par lavertaDt* du sang qu'il commence à répandre. Ce sang diyin porte avec soi une double grs» grâce intérieure» qui est celle du Sauveur ; grâce extérieure» qui est celle de l'eseof Profitons-en» et entrons ainsi dans cette année» qui sera peut-être la deraiiïî < notre vie.

Sun l'épiphànie.

Sujet. Jésus étant né dans heiliUem de Juda, au temps que régnoii Hèroie, ^^ ges vinrent d'Orient à Jérusalem, et ils demandaient : Où est le roi des h\M est nouvellement né ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sùmtnes rc^ r adorer, lie roi Hérode ayant appris cela, en fut troublé, et toute la vilU dti(^ salem avec luU

Deux conduites Inen différentes des mages et d'Hérode à l'égard de Jésos P]^ Les mages le viennent chercher» mais Hérode conspire contre Ini. Tirons * " grandes instructions» qui feront la matière de ce discours.

BiYisioif. Modèle de la solide sagesse des élus et des vrais chrétiens, dans la des mages qui dierchent le Fils de Dieu , première partie. Idée de l'aveagle «ig^

deirëpMNiféfeldeii]ii|iiei»daoik ooodoited'HétNleqiiipenëoafteleFUtifeDien»

PBBHiÈaB PÀRTu. Modèle de la solide ngesse des élus et des frais ehrétieDs» dans la condiiite des mages qoi oherohent le Fils de Diea. Examinons tons les eara»tères de leur tci, !• dans son oommenoement, 2^ dansson progrès, 5^ dansM peifeotion.

i. Dans son oommenoement. Promptitadè à soiyre la Tocation du eiel; ee fatle premier effet de la foi des mages , et le premier trait de cette haute sagesse qui les mit en état de tromrer Jésus-Christ. Dès qu'ils Tirent son étoile^ ils partirent pour ' aller à lui. Ainsi, ehereher Dieu de la manière efficaee et solide dont le cherche une ame fidèle, ce n'est plus raisonner ni délibérer, c^est exécuter et agir : point de retardement. De plus, courage à surmonter tontes les diCBcnltés : les mages quittèrent leur pays, leurs maisons, leurs ihmilies, leurs états ; autre démarche de leur foi naissante, et nouTelle preure de leuréminente sagesse. Si nous youIous tronyer comme eux Jéans-Ghrist, il lànt Tainore oomme enx tons les obstacles qui étonnent notre lâdieté et qui nonsarrètent

2» Dans son progrès. Constance qu'ils témoignent lorsque l'étoile Tient à diaparotire : leur foi n'en est pohit troublée ni déconeeitée; ils marchent et ils agissent toujours. C'est en quoi parott le don de sagesse dont ils sont remplis, et c'est à de pareilles épreuves que Dieu nous met quelquefois après nue couTcrsion. Il retire certaines grâces sensibles, et il nous abandonne en quelque sorte à nous-mêmes, afin de nous donner lien d^ lui marquer notre coastance. Cependant, que font les mages ponr suppléer au défont de l'étoile ?ila s'informent, ils ont recours aux prêtres et aux docteurs de la loi : et nous, pour nous éclairer et nous sontenir, en quelque délaissement que nons semblions être, nous ayons aussi bien qu'eux, dans l'Église de Dieu, des préb^ et des docteurs à qui nous defons nous adresser. Les mages nous apprennent quelque chose encore de plus ; et quoi ? à chercher Dieu ayec un généreux mépris de tous les respects humains. An miBen de Jérusalem, et en présence même d'Hérode, Us demandent où est le nonyean roi des Juifs.

0. Dans sa perfection. Perfection de leur foi : arrivés à Bethléem, ils trouyent Jésus-Christ dans une étable et dans une crèche ; et, malgré l'état misérable où 11 est, ils le reconnoissent pour. leur sooyeram. Perfection de leur foi : non contents de l'honorer comme le souyerain monarque du monde , ik l'adorent comme leur Dieu. Perfection de leur foi : ils lui font des offrandes mystérieuses qui expriment sa divinité, son humanité, sa souyeraineté; car yoilà ce que signifient rencens, la myrrhe et l'or qu'ils lui présentent. C'est ainsi que des étrangers vinrent chercher Jésus- Christ dans la Judée, tandis que les JuiliB, au milieu de qui il étoit né, le renouçoient : et qui sait si Dien ne nons enlèvera pas à nona-mêmes le talent de la foi, dont sons ne profitons pas, ponr le transporter à des infidèles ?

DBuxiàuE PABTiB. Idée deTaveugle sagesse des réprouvés et des imj^es, dans la conduite d'Hérode qui persécute Jésus-Christ. Cette fausse sagesse !• est ennemie de Dieu , voilà son désordre; et 2^ Dieu est son ennemi , .voilà son malheur. Nous voyons l'un et l'autre daos Hérode.

1 . Sagesse ennemie de Dieu, qui l'attaque et qui s'élève contre lui. Que ne fit point Hérode pour perdre Jésus-Christ? Or tout ce qu'il fit, ce fut une fausse politique qui le lui inspira : et combien y a-t-il encore de ces sages mondains aussi impies qu'Hérode, aussi opposés à Jésus-Christ, aussi intéressés et aussi hypocrites?

2. Sagesse dont Dieu est ennemi, et qu'il réprouve. Que fiiit de sa part Jésna- Christ naissant, pour confondre la politique d'Hérode? 1o n la trouble : Hérode est oombattu de mille soupçons et de mille frayeurs; et rien , ajoute saint Chrysostome, n'est plus capsbie de troubler la paix d'un mondain que la pensée d'un Dieu pauvre et humble. 2» Il la rend odieuse : Hérode, en voulant satisraire son ambition, est deTenu rhorrenr du genre humain : et qu*y a-t-il encore maintenant de plus odieux qu'un mondain qui sacrifie tout à sa fortune et à son intérêt? 5* B la rend vame et inutile : Hérode a beau fiiire massacrer tous les enflnts qui sont aux environs de Bethléem; Jésus-Christ échappe à sa fureur; et le moadaUi, avec m prétendue sa« gefise, a beau vontoir se rendre hettrenx»l| ne l'jQ^t jamais* 4<'ni«f«(iiite0ffirTir

«n ASUdJÏSES 1)E8 SERMON.

Burigréélta âni éèméÊU de INm : fiëroda rent èteindfe le nom dti nèorean rd d'Israël qui Tleot de naître ; et par les mesares qnll prend , il contribue , an cootrain, à le Irire «ooMllre da? anfage. Combien de fois rimpie a-t-il m de la sorte , par une aeirtto tfifpotttlon de la ProTidence, retooAer sur lui soii impiété même? fMÉ émuB pmt Janiit à la tag eeie du monde , qui est mie sa^sse réprooTée, et i YOns la sainte sagesse de l'Évangile , pour aller à Dieu et pour le trouTer.

t^ SUR LA PASSION Dt JÉ5US-CHai8T.

Surnié OrUHoHmAvid'wiêgrûnâe muU^Miê âe petêplë, etdefimmesqv^stfn^ fraient tofMiUrlKe et qui plêm'&ienitéEt lisM se Unimantwrs elles, il ktar ûxUï'àt ûe JénmUem , ne pleures point sfur mùi; mais pleures mf wns-'mêmei ei m m

AU Ues de pleurer JdsM<airist,plem'OBaceq«i«Mtpl0orer Jéias-GlirM ainsi qne nous sanctifierons aujourd'hui nos larmes, et que nous nOHSlei readron

Dinama. Pasiion de Jësus-Ghriat nausée par le pMië , prMtière psKis; mmlée par le péché» deoilème partie; reaRlne inutile par le pédié» troMème partie. y etià ce i|Bi DBérlte toutes nos larmes.

PaBnftBB naviB. Passion de Jésns-Ghrist causée par le péohé : ttir odtts panioii (sf la pénitenoe publique du péohé, et nous datons tel eonsldérar lésas-Gbritt connue m Dieu pénileut. Or la pénllenoe renferme deui eboses^ la oontritioa et la nlMff. Ainsi nous allons voir, t* Jésus-Christ dans le jardin, oontrit fA rettentart tonte l'ameHume du péohé ; 2p Jésns-Qbrift an GidTairei etpifaitl el portant lor m nn>i toute la psirn du péohé*

f . lésns-Ghrist dans le jardin , contrit et ressentant toute l'anertome do p^' C'est là qum iTattriste, qu'tt est saisi de frayeur, qn'fl est aecsMé d'ennui, qaTil pleore: pourquoi? pour les péchés de tous les hommes y dont son Père fa chargé, selon 1> parole du prophète. Est-ee ainsi que nous pleurons nous-mêmes nos pécbéi? dou Ifts enYisageohs av«edes seaUments tout contraires; ou, si uoqs eu coticsTOMqne!<ii>^ doideur, ce uTest qu'une coutritton languissante, une contrition saperficieile,iiM contrition iangi&sire, qui nous rend encore plus conpaMes défaut Dieo.

8. lésus-Chrlst a» Calfvire , expirant et portant sur son corps tont* la peine Ai péché. Gela nous étonne; mais notre erreur est de coUflidérer Jésas-Gbriflt, parceqn'tl est CD sol infiniment saint et le Saint des saints : et nous ne prenons pas garde qu'il ne paml au CaWaire que comme la yictlme éA péché, et qu'en cet état ilo] àfroit peint de suppiiee qni se Kii Mt dâ. Aussi est-ce dans ceftè Yue qne le Père ér nel prononce contre lui un arrêt de mort. Car, dit saint Pierre , Cest par um exprès de Dieu qu'il a été Hvré, et les Jutft n'ont été qne les exécntenrs de la seoteoa portée dms le ciel. Dieu ne se contenté pas de le frapper; il semWe voiiloirlcr«; ppourer en fe délaissant. Ce délaissement est en quelque sorte la peine du dam^r falloit que Jésos-Gbrist éprouvât pour nous tous, comme dit saint Paul. Voila «^ ^■e le péché a coûté à nu Dieu ; mafis n'est-ce pas le plus déplorable reavenemeot. qne nous, pécheurs, mus nous épargnions, tandis que le Jaste fttit une si sévère p^ ■itenee?

Dsuxiiaa rAtTia. Passion de Jésm-ChrlstrenouTclée par le péfché. Que ^oy«B- BOUS dans cette passion ? fo un Dieu trahi et abandonné par de lâches disciples; * ^ Dieu mortellement persécuté par des pontifes et des prêtres hypocrites; 5" un m raâlé tot moqué dans le palais d'Hérode par des courtisane impies; 4» nn Dicnœsj' pnraiièle avec Bdrabbas, et à qni Barebbas est préféré par un peuple aveugle»'" eonstant; 5» un Dieu exposé aux insultes , et traité de roi chimérique par noe W de t»xa adorateurs; 6» un Dieu crucifié par d'inapitoyables bourreaux. Orvoi" qui se renonreHe Ions les jonrs dans le christisnisme. . ...

f . Un Dieu trahi et abandonné par de lâches disciples. Clômbien dé cbrétieot bandonmmtdelasorte? , i^.

2;Uaf Diett amtettemcat pcisécuté par der ponltifca et des prélrci im^H»^'

ANALYSES I)ES SËIu.

yoÀirCn pas encore de manvais prêtres qai le perséeutent par w emKinis de Jésas-Glffist encore phis dangereai> lonqu'fls se coat*. l'hypocrisie. 679

5. Un Bien raille et mocjné dans le palais d*Hérode par des courtisans in^iov.^!:, nent est-il traite dans les cours des princes^ et même des princes chrétiens? 'cola-^. ment sa doctrine, ses maiimes et la vertu y sont-elles regardées t

4. Un Dieu mis en parallèle avec Barabbas , et à quî Barabbas est préféré par on peuple aTCugle et inconstant. Combien de fois lui aTons-nons préféifé nous-rmèame^ nne passion honteuse et nn plaisir criminel?

5. Un Dieu exposé aux insultes et traité de roi chimérique par une troc^iàde faux adorateurs. N'alloos-nous pas rinsulter jusqu'à ses autels , en présence de mn facre^ ment et dans la célébration des divins mystères ?

6. l/n Dieu crucifié par d'impitoyables bourreaux. Ne le cmcifions-nous pas, par nos péchés?

TaoïsiteB PÀBTiB. Passion de Jésus-Christ rendue inutile par le péché. Cesl, seion la pensée d'Arnould de Chartres, de quoi il se plaignit sur la croix, en disant à son Père : Afon Dieu » pourquoi m'avez-^ous délaissée H fut touché de la plus rive doo* leur h la Tue de tant de réprouvés pour qui ses souffrances ne seroient de nul effet.

Encore si le péché nous rendoit sa passion seulement inutile 1 mais au momeni qn'elle nous devient inntile, elle nous est préjudiciable; car c'est un titre de condam* nation contre nous. Que faisons- nous donc quand nous consentons à un péché contre lequel notre conscience rédame ? Sans y penser et sans le youloir expressément^ nooa prononçons contre nous le même arrêt de mort que les JuiCs prononcèrent contre eux-mêmes devant Pilate , lorsqu'ils lui dirent : Que son sang retomJde sur notisl Entrons dans le sentim^ent de saint Bernard : /n me > no» super me ; Ah I Seigneur» qne TDtre sang tombe dans moi pour me sanctifler» et non sur moi pour me réprouTcrl ^

n° SCl LA FISSION DB JBSUS-CHBIST.

SoJBT. C'est mgmirfrhtii le ju^emtnt du monde ; c^est maintenant que le prince dts wèùnde va être chassé; et quand on m'^aura élevé de la ferre, /attirerai fout & moi. O Qu'il dtsott pour fnarquer de quel genre de mort if devoit motirir.

Le jugement da monde , dans la passion de Jésna-Christ, c'est le mystère que noua «TOUS k considérer.

Division, Jésus-Ckuritt jagé par le monde : première partie. Le monde jugé par Jésus-Christ : deuxième partie.

PRBHiàiB PÀBTB* Jésus-Ghrist jugé par le monde : !• an tribunal de Gafphe , qui fat le tribunal de la passion ; 2*^ au hribonal d'Hérode « qni fût le tribunal du libertinage; 5» an tribunal de Pilate» qui fotle tribunal de hi politique.

I . An tribunal' de Calphe » qui fut le tribunal de la passion : pourquoi f f « pMroeqn^ ce fut la pasiion seule qui présida à ce premier jugement , ear ee furent les ennemie de Jésus-Christ, les pontifes, les scribes , les pharisiens , qui , contre toutes les iol^ de l'équité, se déclarèrent alors ses juges; 2° parceque, dans ce premier jugement. on n'observa point d'autres procédures que celles que la passion suggéra; savoir : la violence, l'imposture, la calomnie; 5* parceque la passion seule exécuta ee jngement ai inique. A peine le grand-prètre a-t-il prononcé que Jésua-Cbrist est digne de mort, que ses juges mêmes se mettent à l'insulter et à l'outrager. Ils font pins : ils persuadent au peuple de demander à Pilate qu'il délivre Barabbas, plutôt que Jésus-Christ. Tel est encore tons les jours le jugement du monde , Jugement de paisic^n.

â. Au tribunal d'Hérode , qui fût le tribunal du libertinage; osl* ce fut là que lésus- Christ fut méprisé, comme il Test encore présentement de tant dimpies. Quatre earaetères de l'impiété. i«» Curiosité : Hérode , homme sans religion , ayant entendu parler des miracles de Jésus-Christ, voulut lui en tolr faire quelqc^an. 2° Ignorance i Jésoa-Ghrist, sans Ikire anonn des miracles qu'Hérode attendolt, en fait d'autres qui sont des mûraeles d'bnmUité, de patienee , de doueetiF) mais Hérode ne le» eonnolt lioiut. 5« Mépris des choses de Dien : Hérode ne trouvant point dans Jésus-Christ de qoDî oontonter en enriMté , U le méprife. J^ Bq^ nlMeiir i H<ro9e i par dérision ,

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