‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 70 sur 72 · DES SERMONS · texte numérisé non relu

DES SERMONS

^ ^e robe blanche , et le renvoie oonuoe an foa. Idée pv-

(J80 .j» PUate , qd ftit le tribnnal de la politique. V Politi<|ae timide el

Mt ooOtF''^^^^^^ ^® ^^ * P^l^ doYoit uaer d'autorité pour mainteoir letioi

1^ jékus-Gbrist; mais il n'ose le dire. 2^ Politique zélée ponr les iotérétidi

^ : dès qu'il entend parler de César et du rapport que cette cause poaToitayoir

^«Hb la personne de ce prince, il témoigne de l'empressement et de rardeDr.5opo>

Utlqne subtile et artificieuse ponr accorder les intérêts de Dieu ayec ceux da monde:

il condamne Jésus-Christ à une sanglante flagelhition , espérant par-là d'une pvtla

•auTer la vie , et d'autre part satisfaire les Juifs. 4o Politique détermiaée à tout pour

aon intér^ propre : pressé par les Juifii qui le menacent de l'empereur, il coosenli

toat ee qu'ils demandent, et leur abandonne Jésus-Christ. Peinture abrégée,]»

bien naturelle, de la politique dn siècle.

DsosifcHB pABTiB. Lo moode jugé par Jésus-Christ. Les mêmes signes qmparoitmi an jugement dernier, parurent à hi mort de Jésus-Christ. Le ciel s'édipsa, Ii lot trembla, les morts ressuscitèrent, ponr marquer que le Fils de Diea, d^ oeni»ment-là même, commençoit à juger le monde. C'est aussi pour cela qu'il fatprodané roi sur la croix , Jésus Nazarenus rex , connue il est qualifié de roi dans la descriih tlon dn jugement uni?ersel. Et dans ce jugement universel, que fera4-il autre cbw que ce qu'il faisoit en publiant au monde son Eyangile, et en prononçant cootrela mondains ces ftimenx anathèmes I Vœ vobis î Malheur è tous ! Or c'est lorla imii, reprend saint Jérôme , qu'il les a fulminés solennellement et authentiquemeot, un par ses paroles, mais par son exemple : Malheur à vous, riches! mdkewèmp éherches votre consolation en ce monde! etc.

Trois circonstances essentielles serrent de prenye à cette vérité. !<> ADJogaDeili dernier, le signe de la croix paroifra dans le ciel. Or tout ce qu'elle aora alors de plus terrible et de plus oonyaincant contre les pécheurs, neTa-t-elle pas dèi aiqoordliui? 2** Selon le témoignage de saint Jean, le désespoir des damnés sera de voir le Dieu qu'Us auront outragé et crucifié. Or, dès ce jour, les réprouvés dn siècle et 1» mondains n'ont-ils pas à soBtenû* cette vue, et les remords qu'elle exdtedaDs Ion cœurs? 5® Les prophètes nous apprennent que le jour dn jugement dd^étreôfl^ rement, et par excellence , le jour des Tengeanoes du Seigneur. Or il est d'ailleon évident que jamais Dien n'a bien commencé à se venger que dans la passion de V» Christ, et par la passion de Jésus-Christ. D'où il s'ensuit , selon la parole d'Iiaîe,f le jour de la rédemption est le jour de hi vengeance , et par conséquent celai do f gemeot du monde.

Yonles^vons quelques effets partlcidiers de ce jugement? Les vdoi. Jésof^ menrt en réprouvant les uns, et en sauvant les autres; en réprouvant Jadai,l0 Jnifs, un criminel cruciflé à ses côtés , jugement de rigueur; et , en sanrant miaolR criminel pénitent , en convertissant des Gentils et plusieurs même de ceox ^ l'ont crnciflé, jugement de iàveur. Tâchons à mériter nous-mêmes un jugeoeDtiivorable. .

in* SUB LÀ PASSION DE JKSU8-CHRIST.

SojBT. C'est kâ qui a porté nos péchés en son corps sur la croix, afin ^'f^^

morts pour le péché» nous vivions pour la justice.

IX s'agit de concevoir aujourd'hui comblea Dien a en horreur le péché, et (x^ nous devons le hahr nous-mêmes.

Division. Le péefaé a ftiit monrir Jésos-Christ : pr«D9ière partie; et JéÊOtrQ^* tait mourir le péché : deuxième partie.

PBBMifcBB PABTIB. Lc péché 8 folt mourir JésuaChrist. Six sortes de péebéi ''f

contribné à cette mort : l'qn qui a conspiré hi mort dn Fils de Dien , l'autre qoi <

trahi et vendu, un autre qui l'a accusé , un antro qui l'a abandonné , on autre qm >*

condamné , enfin un dernier qui a exécuté Varrét porté contra Ini. f. Le péché qui a conspiré la mort de Jésos-Christ, c'est l'envie des soribei et d»

pharisiciis, £atie, lo formée «n çaM«; 2" aoip^ d'on^ nMfigoe éBwtatioo;3'«>'

lorëe do préteite de la plélé ; 4« Tlolente et emportée josqa'à la ftarenr. Teli sont les oractères ordinaires et les désordres de l'envie , sortent à la conr.

2. Le péché qui a trahi et yendn Jésos-Ghrist, c'est l'ayarioe de Jndas. Avarice, fl« la pins infâme dans son entreprise; 2® la pins ayengle dans son eommerce; 5» la pins endurcie dans sa résolution ; 4» la pins désespérée dans mm issne. Voilà les effets que produit tous les jours dans nous une insatiable oonYoitise. GombieB de gens disent comme Jndas et dans le même sens que Jndas : Que voulez-vous me donner}

5. Le péché qui a accusé Jésus-Christ, c'est la calomnie des témoins qui déposèrent conhre lui. Calomnie, l« hardie à ayancer les plus grossières impostures; 2» foible pour les soutenir; 5*^ srtiflcieuse pour séduire et corrompre les esprits. Koos ne vondrioDS pas communément élre les auteurs de la calomnie , mais nous autorisons les. calomniateurs en les faisant parler, en les excitant , en les écoutant avec plaisir, en leur applaudissant; péché très commun aux grands. Du reste, conduite admirable de Jésus-Chri&t, qui ne répond rien et qui se tait.

4. Le péché qui a abandonné Jésus-Christ, c*est Finconstanoa et la légèreté du peuple juif. Inconstance, |o la plus subite dans son changement; 2° la plus outrée dans les extrémités à quoi elle se porte. Les JuUs , six jours après kyoir proclamé le Fils de Dieu roi d'israél , poursuivent sa mort jusqu'à lui préférer un insigne voleur. Voilà le monde, voilà ses légèretés et ies perfidies; voilà nos inoonsiances criminelles dans le service de Dieu.

5. Le péché qni a condamné Jésus-Christ, c'est la politique de Pflate. Il livre le Fils de Dieu aux Juifs : pourquoi ? parcequ'il craint César, dont il est menacé. Rendons aux maîtres qui nous gouvernent tous les honunages qui leur sont dus; mais que ce ne soit jamais aux dépens de Dieu ni de notre conscience.

6* Le péché qui a exécuté Tarrèt porté contre Jésus-Christ, c'est la cruauté de ses bourreaux. Ils le déchirent de coups par une sanglante flagellation, ils le comblent d'opprobres, ilslni mettent sur la tète une couronne d'épines. Examinons bien notre conduite , et nous trouverons que nous avons mille fois ainsi traité ce roi de gloire.

DEuxiàna pàitib. Jésus-Christ a fait mourir le péché, \^ dans le corps de l'homme; 2** dans l'esprit de l'homme; S» dans la volonté de l'homme; 4^ dans les passions de l'hooune.

f . Dans le corps de l'homme, en nous inspirant , par son exemple , la morliflcafion oootre la seA&nalité et la mollesse. U n'y a qu'à présenter à un sensuel ce Dieu péaitent dans l'éUt où Pilate le fit voir aux Juife, en leur disant : VoUà l'hommie. A la vue de ce corps meurtri et ensanglanté, qui ne se confondra pas de ses déHcatesset?

2. Dans l'esprit de l'honome» en nous inspirant, par son exemple, l'humilité contre l'orgueil. 11 veut être rassasié, comme dit le prophète, d'outrages et d'ailronts. Après œlai, un chrétien pent-il chercher à s'élever?

3. Dans la volonté de l'homme , en nous insinrant, par son exemple, la soumission oontre l'amour de l'indépendance. C'est par obéissance à son Père qn'U meurt : car« dit saint Paul, il s'est fait obéissant jusqu'à la mort. D'où nous apprenons deux cbo^^es : ria nécessité de l'obéissance , puisque c'est par elle que s'accomplit aujourd'bui notre salut; 2*" la mesure de l'obéissance , qui doit s'étendi*e à tout , puisqu'un Dieu obéit jusqu'à donner sa vie et à mourir sur une croix.

4. Dans les passions de l'homme, surtout dans la plus violente de tontes, qui est la vengeance > en nous apprenant, par son exemple, à pardonner : il prie pour ses bour* reanx. N'a-t-U donc pas bien droit de nous £ùre celte loi ? Aimez vos ennemis.

Voilà le pédié détruit : mais, hélas ! combien de fois l'avons-nous ressuscité, et combien de fois l'allons-nous faire revivre? Le péché est l'ennemi dé Dieu, c'est mou propre ennemi; cela ne snfflt-il pas pour me le faûre détester?

683 ANALYSES DES SEBM0N8.

I* ma Lk aitouicnoii m tkmrCMÊUu

Sdjr. Vange dit aux femmes ; Ne craignez pohti ; vùus clierchei Jistu de ffdsitrftt, gui a été eneifii : U est ressuscité» il n'est plus ici; voici UlUuoitmh voit mis, '

fltinto fli iiMFTeiUtfQM féfun'êctlOD i ^1 ddit wrvir d0 fondentfnt à It fei 6t à l'a* pélrsBe6 diréli6iiii9.

Dmiioif. Le Fflt de Dira , dit taint An^iutin , nons présente tout à la f6b, daoïH rérarrectioD , et un grand miracle , et on grend exemple. Miracle de la résorrectin de Jéfnt-€hriit, prenye inconteatÀfe de sa divinité j c'est par-là qu'il confirme noire foi : première partie. Exemple de la résurrection de Jésns-Ctarist, gage imréàt» tre résnrrection fhtme; c'est par-ll qa'il anime notre espérance : deuxième pailie.

PBiviftHK PiBTiE. Mirede de la résnrrection de Jésus- Christ , prenye incontoiiiiii de sa divinité. Pourquoi la réyélaiion de Ta divinité de Jésus-Christ étoit-elle tnitoit attachée à sa résnrrection? I* parceque sa résurrection étoit la preuve que cetHoiDafi- Dieu deroit expressément donner aux Juifs pour leur faire oonnoUre sa diTiaitt; 2* parceque cette preuve étoit en effet la plus naturelle et la plus cooTsiocaote des divinité; 5* parceque, de tous les miracles de Jésus- Christ faits par la Terto de a divinité, il n'y en a point eu de si avéré que la résurrection de son corps; ^oparceqne c'est celai de tous qui a le plus servi à la propagation de la foi et à l'étabiifseoieBt lie rÉvangile, dont la substance et le capital est de croire en Jésns-Cbiist, etdecoofoser sa divinité.

f . La résurrection de Jésus-Christ étoit la preuve que cet Homme-Biea deroit eipressément donner aux Juifs pour leur faire connottre sa divinité. Gar,peDda&U vie, il leur avoit toujomrs donné cette preuve préférablement à toute autre iiunpe évidente, dit saint Chrysostome, que, dans le dessein de Dieu, la '^"^''^f^ Jésus-Ctu*ist avoit été ordonnée comme le signe de sa filiation divine. DeUdépeodiH la foi de tout le reste : qu'eussent dit les Juift et ses propres disciples i s'il ne fut (V ressuscité , après avoir prédit tant de fois qu'il ressusciteroit?

2. La résurrection de Jésus-Christ étoit en effet la preuve la plus nstareUe el h plus convaincante de sa divinité ; car quel miracle , que de se renasoiter loi-iiéoe.

5. La résurrecttoQ de Jésas«€brist est, de tons les miracles, le pios svéréJ^ Jnifii mêmes contribuèrent à le confirmer, en demandant à Pilate qo^ mit des gv" a«tour du sépulcre ; car on ne peut pas dire que ses diseiplei aient enlevé iod florfces gardes l'auroient-ils permis? De plus, à quel dessein ses disciples aaroieoi-ib^ levé son corps , et pourquoi se seroient-ils tant intéressés pour un homme dont » eussent reconnu l'imposture, si tout ce qu'il leur avoit dit de sa résnrrecUoo se H trouvé faux?

4. La résurrection de Jésus-Christ est, de tons les miraeles, celui qm a le ^^^ à la propagation de la foi et à l'établissement de l'Evangile, dont la sobstaDoeetJ capital est de croire en Jésns-Christ et de confesser sa divinité. Avec quel lèle lesi^ très ont-ils publié par toute la terre cette résurrection du File de Dieu, et qui œ^ pas quel a été le snoeès de leur prédication ? Disons donc à Jésns-Cbrist, cem'^^r Thomas ; Vous éUs mon Seigneur et mon Dieu. Servons-none de la foi de sa iw rection et de sa divhiité pour vaincre le monde : car, disoit saint Jean : QveltUttu^ gui triomphé du monde, sinon celui tpti croit que Jésus- Christ est Dieu?

DEuxfiHB piKTiE. Etemplc de la résurrection de Jésus-Christ, gage assuré denolK résurrection ftiture. T^ous trouvons tout à la fois dans cette résurrection , i' 1« P"^ dpe, 29 le motif, 8» le modèle de la nôtre.

i . Le principe par où Dieu peut nous ressusciter : car la résurrection mirscnM de Jésus-Christ est l'effet d'une force souveraine et toute puissante. Or s'ils pa.!* sa toute-puissance, se ressusciter lui-même, pourquoi ne pourra-t-il pas nooiresn^ citer ? Aiusi raisonnoient saint Paul et le saint homme Job.

2. Le motif qui engage Dieu iPbôus ressusciter : car il est naturel que les ib&^ soieat uni! au chef; et quand le chef le ressoscUe lui-même , n'est-ce pas uiM ibi"

ANALYSISS DES SEilMONS. 68»

qu'il doift reanittiter lei membres avec loi? Or notre chef, c'est JésosCUirist» et noai sommes tons les membres dfe JéséÊ^SÊM,

5. Le modèle sur lequel Dieu vent nous ressusciter. Car, selon le témoignage de saint Paul , quand Dieu ressuscitera nos corps, ce sera pour les conformer an divin eiemplaire qui nous est proposé dans la rénirrection de Jésus-Christ , en sorte que nous aurons, pour ainsi parler, la même Incorruptibilité, la itaème fanpassibiltté, la mémo immortalité , la même darté , etc.

Les grandes Térités i Malheur an libertin qui te les croit pas , malheur atr chrétten qui les croit, et qui vit comme s'il ne le croyoit pas ! mais heureux le fidèle qui , non content de les croirej en Hiit la règle de sa^ie, et en tire de puissants motilk pour animer sa ferreur !

Compliment au roi.

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