‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 7 sur 72 · DEUXIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIS

Quand je considère les termes dont s'est servie l'Écriture en parlant de la pénitence qui suit la rechute dans le péché , je ne m'étonne pas. Chrétiens, qu'il y ait eu autrefois des hérétiques qui, sur ce point , se soient portés à une rigueur extrême , et n'aient gardé nulle mesure dans la sévérité de leur morale. Peut-être n'y eut-il jamais d'erreur mieux fondée en apparence (je dis en apparence) sur l'an* torité de la parole de Dieu, que celle des novatiens, qui, après le baptême, exduoient absolument et généralement tous les pécheurs de la grâce de la pénitence. Et quand Tertullien« raisonnant selon ses préjugés, n'acoordoit cette grâce de la pénitence que pour une fois seulement el sans espérance de retour, il prétendoit parler si conformément aux dirins oracles, qu'il ne comprenoit pas qu'il y eût des fidèles dans un sentiment contraire. En effet, que peut-on dire, ce semble, de plus exprès que ce qu'a dit saint Paul dans l'Ëpitre aux Hébreux? U est impossible, mes Frères (ce sont ses paroles, que vous avez cent fois entendues, mais dont j'entreprends aujourd'hui de vous donner une intelligence exacte) , il est impossible , disoit ce grand apàtre , que ceux qui ont été éclairés des lun^ères du salut , è|ui ont goûté le don de Dieu, qui ont eu la participation du Saint-Esprit, qui se sont 6. 3. Si

G6 8im LA RECSIUTE DANS LE PÉOHfi.

nourris des vérités célestes et de l'espérance des grandeurs du siècle f atnr, et qui sont après cela tombés , se renouvellent par la pénitence, parceque , autant qu'il est en eux , ils crucifient de nouveau le Fils de Dieu et l'exposent à l'ignominie. C'est ainsi , dis-<je , que s'expliquoit saint Paul : Imposribite eit eo$ qui semel $unt illumnati et pndapsi tunt, renovari ad pcenitentiam; rursùtn erueifigentei FiBum Dei, et ostentut habentes {Hebr. , 6). En falloit-il davantage poqr servir de prétexte à ces )iéréliques dans le dessein qu'ils avoient d'abolir l'exercice et le ministère de la pénitence ? L'Église les a condamnés » et nous les condamnons avec elle. Saint Jérôme et saint Augustin ont interprété ce passage de l'impossibilité de revenir jamais à la grâce baptismale quand op en est une fois déchu, parceque le baptême, que Ton nommoit alors la première pénitence, est un sacrement qui ne se peut réitérer; et cette explication, que j'estime la plus littérale, corrige , si j'ose parler ainsi, toute la dureté de l'expression de l'Apôtre. Saint Thomas et Hugues de Saint- Victor l'ont pris plus simplement et l'ont entendu de la pénitence ordinaire , que nous appelons le sacrement de réconciliation; tâchant d'ailleurs d'accorder la possibilité de la conversion pour les pécheurs même relaps avec cette parole redoutable: Impossibile est renovari ad pœnitentiam.

Quoi qu'il en soit , Chrétiens , notre grande règle est de nous cou tenir sur cela dans les bornes que TÉglise s'est prescrites , en réprou* vant le pernicieux dogme de Novatus. Or, par la censure qu'elle en a faite , nous savons et il est de la foi qu'après la rechute dans le péché Dieu veut encore la vie du pécheur, et non pas sa mort ; qu'il l'invite encore à la pénitence, ou plutôt qu'il la lui commande et l'y oblige; et par conséquent que, maigre toutes les rechutes, la pénitence est encore possible , et la grâce encore prête pour l'accomplir. Voilà ce que rÉgiise a décidé ,* mais elle en est demeurée là , ayant laissé du reste aux paroles de saint Paul toute l'étendue et toute la force qu'elles peuvent avoir. Et parceque ce terme d'impossible ^ dans le langage commun des hommes , convient même aux choses qui se peuvent absolument, mais dont l'exécution est difficile et accompagnée de grands obstacles, de là vient qu'elle a toujours autorisé la pensée des Pères, qui, surtout en certains pécheurs sujets à des rechutes plus criminelles , ainsi que je vous ferai voir , reconnoissent une espèce 4'im possibilité morale, c'est-à-dire une difficulté extrême^ de renoncer à leur péché et de se convertir à Dieu. Si nous raisonnions en chrétiens , cette vérité toute seule ne devroit-elle pas nous suffire pour marcher avec crainte et tremblement dans les voies du salut éternel?

Mais attachons-nous à la bien pénétrer, et, pour en tirer tout le fruit qu'elle est capable de produire, que chacun de nous s'en fesse l'application particulière. Vous me demandez pourquoi la rechute dans le péché nous rend la pénitence si difficile ; et moi je vous réponds, avec saint Bernard, que c'est parcequ'eile éloigne Dieude nous.

pnroeiiifeHefertifie rinclintk»! qoê nous afonaaii mal, ptroeqa'die afioiblit en nous tovte la Teria de la graee, et paroeqv'elle a de sana* tare une esaentMIe opfx>gitioii à celle qui nous rëooadKe avec Dieu. Qoatre artidea dont chacan séparément peut nom teair Uea de dé» flMnstnitioiK Ou , mes tbets anditears, le premier malfaenr qoe nous attire la rediole, c*est d'éloigner Dien de nous, et d'épuiser en quel* qne sorte sa miséricorde , qui , tout infime <|a'elle est en elie-mftnei ae laisse pas d^étre bornée par rapport à noés, et à la distrttNBlion qn'elle fittt de ces grâces spéciales et de ces secours estraordinaîres dent notre ooirvenÂOB dépend. Stiper irilmi seeleribui Ikmaici, a tm^ pet ftcaMor non eomerîam etim (Amos, 1). Ponr les trois premiers cr^ mes de I>amas, disoit Dien par nn de ses prophètes» je les ai sonfw fens , et j'ai bien vonia les oublia ; mais pour le qnatrième, je laiS'* aorai agir ma justice et ma colère : comment cria? en m'éUngnant de ces impies qai m'ont irrité par lew^ infidélités. Or, du moment, Ghré» tiens, qne Dien s'éloigne die nous , il ne faut plus s'étonner si la pénitence devient difficile , et si cette difficulté croît à proportion de cet éloîgnement : pourquoi ? parcequ'il n*y a que Dieu , remplissant notre cœur de sa présence, et y répandant l'onction de son esprit, qni puisse nous fodliter la pénitence et nous la iiire aimer. En pouvonsnous voir, une plus bdle figure que dans cet homme si fiuneux "de l'anden Testament» l'invincible Samson? Une passion l'avoit aveuglé; mais l'aveuglement où il évoit tombé n'étoit pas aUé d'abord jusqu'à lui dter les forces dont Dieu l'avoit singulièrement et miraculeusement pourvu. L'étrangère à qui il s'étoit attaché, par une perfidie insigne, l'avoit déjà lié plusieurs fois pour le livrer aux Plnlistins^ ses plus déclarés ennemis ; mais il avoit toujours trouvé moyen dé rompre ses liens et de se mettre en fiberié. De là il se flattoit que » quoi qu'efie fit dans la suite, il sauroit toujours bien se dégager; et il se disoit à lui-même : Egrediar aient ante (Judk.y 16). Enfin cette femme artificieuse emploie si adroitement ses ruses ; qu'elle le séduit^ qu'elle le dompte , qu'elle lui coupe cette chevelure fsttale ou , par un secret mystère , sa vertu étoit renfermée. La nouvelle en est bientfit portée aux Philistins. Ils le surprennent, 3s se jettent en foule sur lui : il veut se relever comme autrefois ; mais il ne sayoit pas , ajoute le texte sacré , que Dieu s'étoit retiré de lui : Netciens quod rectm$^ tetabeo Doimntcf (Ibid.). Vmlà, mon cher auditeur, le tableau de votre ame dams Tétat malheureux où je la conçois , qui est celui de la rechute dans le péché. Yous dites, en vous réveillant quelquefois du profond sommeil où vons êtes endormi , et faisant sur votre misère quelque réflexion : Je sortirai de cet état comme j'en suis déjà sorti , Egrediar rient anti. Je briserai mes fers, je ferai un effort sur moimême, et je me délivrerai de cette passion qui me tient captif, Egrediar et exeutiam. Mais vous ne considérez pas que Dieu s*éloigne; qu'à mesure qu'il vous quitte , vous êtes privé de son secours ; que la

m SUR LA RECHUTE PANS LE FÊGHÉ.

pëaitam toos ^tevient dès-là an (àrdeaa pesant et an joag insoppoib table ; et qa'aa lieu qœ toos y trooiriez auparavant des ocmsolatioas, Tons ne l'eni^sagez plus qa'avec horrear, parceqœ vos firéqaoïtes reehates voas ont séparé de Diea, et ont mis entre IHea et 'voas ^MDiDe an chaos presque insannontable : Neteiau qwtd reeemttet ab eo Damnu». Combien de fois , Chrétiens , aTe«-vous éprouvé œ que

^* Cependant la volont^se penrertit toujours , et la même rechute qui raffo^ pour le bien lui donne de nouvdles forces pour le mal. Vous en aave* le progrès , et en T«n m'arréterois-je à vous le démre, DoisQUe tfestpar vous et par les tristes épreuves que vousen «ute» SneTeà sais instruit. Après le premier pèche commence 1 habitude; r habitude venant à se former, die jette peu à peu dans laveurfement et dans l'endurcissement. De là le vice s'enracme,et passe Ximme dans une seconde nature. Cette seconde nature est ce que

péché rechute

runt mmlicitke {Ephes., 4) ; et il s'est servi de l exemple d de la cfcair et de l'amour impur, parceque c est celui où 14 onêre plus infiùlliblement et plus ordinairement ces d^estables effets ly abord l'ame chrétienne abhorroit comme un monstre le péché* parceque sa raison n'étoit pas encore aveuglée, ni sa volonté conwnpuT; mais, à force de rechutes, ce péché, par ordre et par deprés prend un entier ascendant; on s y accoutume, on se femili^ ivec lui , on le commet sans scrupule , on s'y porte avec passion on en devient esdave, on désespère de le pouvoir vaincre, on s'v abandonne absolument : Detparmtet, senutiptot tr^uBderynt mtpiiciiiœ. Mais encore, reprend saint Chrysostome, de qm déses- ÎSe-t-on? est-ce de Dieu? estn» de soi-même? De Dieu et de soimême reprend ce saint docteur. De Dieu , parceque c est un Dieu de sainteté <^ ne peut approuver le mal; et ^e «^:'°^«'£«*ïï «» est un sujet d'iniquité qui ne peut plus aimer le bien : de Dieu, parce au»on a si souvMt abusé de sa miséricorde et de sa patience; et de soi-même, parcequ'on a feittant d'épreuves de son inconstonce et de son inadéUté : de Dieu et de sonnême tout ensembe.jparcequou voit entre Dieu et soi des oppositions infinies ; car voilà U» source de ces désespoirs. Ces désespoirs s6nt41s raisonnables? Non , Chrétiens, puisaue .bien loin de l'éire, ce sont de nouveaux cnmes devant Dieu, S'émt ilunais permis à un pécheur, tandis qu'il esten cette vie, de désespérer de Dieu et de sa bonté, qui est sans mesure. Mawcesdésest)oirs, tout déraisonnables qu'ils sont, ne laissent pas d être les Dremiers effets de la rechute dans le péché : pourquoi? parceque 1 esïérance, qui est le fondement essentiel de la pénitence, se trouvant ébranlée par-là, il feut que, contre l'intentioo de Dieu même, tout

SUR LA RECHUTE DANS LE PÉGBÉ. i»

ïéàUke de la pénitence le soit aussi, et que cette verta, qui devroit 4ire la ressource de l'homme péchew, par mi .défaut de confiance et de foi , lui devienne une pierre de scandale contre laquelle wa désespoir le fiait heurter : Daperùntet, $emetipiOi iradidenmi tmpiuiictiiar.

Ajoutez à cela , mes chers auditeurs , que par de fréquentes rechutes nous nous raidons inutiles les renièdes les plus puissants et les plus efficaces, et quf la parole de saint Paul semble parfaitement s'ao» oomplir en nous, quand il dit que lorsque nous pédions volontairement après avoir reçu la connoissance de la vérité (remarqoez bien cette circonstance), il n'y a plus désormais d'hostie pour l'exinaiion de notre péché, et qu'il ne nous reste plus autre chose qu'une affireuse attente du jugeihent et de la yengeance de Dieu : VoltMarièpecean^ Itbtts , iam non re&nqtdtur pro peccaiU hosHa : terriHIis autem qua> dam expectufto jucfidi (Hebr.^ 10). En effet, Chrétiens, que direzvous à un homme de ce caractère qui cent fois s'est lavé dans les eaux de la pénitence, et cent fuis s'est replongé dans ses premières abomioaticms? que lui direz-votis, et , avec toute l'ardeur du zèle dont vous vous sentirez pressés pour lui , par où le toucherez-vous? Il n'y a rien qu'on ne lui ait représenté , point de vérité qu'il n'ait considérée, point d'exemple qu'on ne lui ait mis devant les yeux. Il a été persuadé de tout , ila entendu toutes les remontrances qu'on pouvoit lui foire, il a presque épuisé toute la vertu des sacrements; et par ses continuelles rechutes il s'est ncm seulement accoutumé, mais endurci à tout cela ; si bien que Dieu lui peut dire ce qu'il disoit à son peuple : immiaMIis fractura tua, pesnma plaga tua, curaHommi nûâ-' tôt non est ftU (Jxrem., 30). Ah I pécheur, qu'as-tu fsit , et à quelle extrémité t'es-tu réduit? A force d'ouvrir tes plaies, tu les as rendues incurables ; et les remèdes de ma grâce , qui font des miracles pour h conversion des autres, n'ont plus de quoi te guérir.

Mais allons à la source, et disons, Chrétiens, que cette difficulté extrême de la pénitence , après la rechute dans le péché , vient de la nature même de la rechute, qui d'elle-même est singulièrement opposée à la grâce de notre conversion ; car la rechute ajoute à la malice du péché l'ingratitude et le mépris : l'injBfratiiude du bienfait ou du premier pardon d^a obtenu , et le mépris de la majesté de Dieu of • fei»ée ; deux obstacles à une seconde réconciliation. Ingratitude du bienfait , qui consiste , dit Tertullien , non seulement en ce que nous oublions les miséricordes de Dieu passées , mais en ce que nous les tournons contre lui-même, jusqu'à nous en servir pour pécher plus hardiment et {dus impunément. Et en effet , si nous étions sûrs que la rémission de ce péché qui vient de nous être accordée est la dernière de toutes les grâces que nous avons à espérer, et qu'après cela la porte de la miséricorde nous sera fermée pour jamais ; si nous le savions, quelque emportés que nolis soyons, ce seroit assez pour nous retenir

et pour nous préserver de I9 rechute. Nous nous faisons donc du re-

yO SmiK RECHUTE DANS LE PÉCHÉ.

mède même de la pënitence un attrait à notre lS>ertinage; et , comme parle Tertullien , Texcès de la démence d'un Dieu sert à fomenter et à entretenir la témérité de l'homme : Et abundantia ctenuniiœ coelestis làbidinem facit kumanœ temeritaûs (Tbrt.) ; c'est-à-dire que nous sommes miéchants parceqne Dieu est bon , et qu'au préjudice de tous •es intérêts, le moyen unique qu'il nous a laissé pour retourner à lui et pour rentrer dans la voie du del nous est ccgmne une ouverture aux éparements de nos passions et à la cofruption de nos moeurs : Quasi pateret via ad deUnqttendumf qtm poM ad pmàmndum (Idem.). Or Dieu* Chrétiens, étant ce qu'il est, peut^il, pour l'honneur même de sa grâce et pour la justification de sa provideuce, n'avoir pas une (^position spéciale à se récondiier avec nous dans cet état? Mépris de la miyesté et de la souveraineté de Dieu. Car, pour suivre toujours la pensée de Tertullien, qu'avoit fait le pécheur en se convertissant la première fds et en eniibrassant la pénitence? il avoit détruit Tem* pire du démon dans son cœur, pour y faire r^er Dieu. Et que ftit-* il en retombant dans son désordre? il bannit Dieu de son cœur, pour y établir l'empire du démon. I^'homme, dans cette alternative de pé* nitence et de rechute ; semble vouloir feire companùson de l'un et dé l'autre; et , après avoir essayé de fun et de rautre» H conclut contre Dieu en s'attachant à son ennemi et le choisissant par préférence à Dieu i de sorte (tout ced est encore de Tertullien), de sorte îque eomme par la pénitence son intention avoit été de satisfaire à Dieu , mainte* nant, par tine pénitence toute contraire, et qui est en qudqve maniée la pénitence de sa pénitence même , aux dépens df Dieu il apaise le dé* mon et lui satisfait. Or si qudcfue chose peut pons rendre Dieu irré-^ conciliable , n'est-ce pas par un tel outrage? Toute rechute peut nous engager dans ce malheur, mais particulièrement edle qui va jusqu'à quitter absolument Dieu , jusqu'à nous dégoûter de son service, jns-^ qu'à secouer le joug de sa loi ; je veux dire celle par où nous ne retombons pas ëeulenient dans le péché, mais dans l'attachement au péché ; car une semblable rechute est une espèce d'apostasie dont le savant Estius, après plusieurs Pères, a prétendu expliquer le passage de saint Paul , bnposrièite est renovari ad pœnitentiam : ne voulant pas que cette impossibiité , même morale , de revenir à la pénitence , fiât l'effet des simples rechutes , qui arrivent par surprise, par fbiblesse , par fragilité; mais s^mtenant, et avec raison , que, dans le sentiment de F Apôtre, c'étoit la suite de ces rechutes éclatantes , de eeS.rechutes méditées et dâibérées , de ces rechutes qui portent conséquence pour l'état de vie, et qui r 9^èi des conversioiis édifiantes et publiques, déshonorent le euite de Dieu et scandalisent la piété. Vous le savez. Chrétiens ; et lasse le del que votre expérience ne vous ait jamais fait sentir combien ces inootstanœs criminelles rendent dif* ficile et comme imposs&le le retour à Dieu! Finissons, et de tout ce discours tirohs une double eondusîon.'

SUR UËTERNITÊ UALHEUREUSE* 71

L'une regarde oeu qui » depuis leur pénitence » se fiont maialemis beareasement et constamment dans Tëlal de la grâce : et lautre s'a« dresse à ces pëchenrs qni^ par de funestes rechutes, se srat renga« gës dans les Tcnès de riniqnité d'où la pénitence les avoît retires. Don* nons aux premiers Timportantavis que le docteur desGentils donnoit aux chrétiens de Gorinthe c Qui $e existimat stare, videat ne codai (4. Cor., iO). Prenez garde» mes Frères, et que le malheur de tant d'ames que la rechute a perdues et qu'elle peiîl tons les jours, vou^ serve de leçon et de motif poar exciter votre vigilance. Mais en quoi cette vigilance doit-elle consister? à vous bien connottre, et à bien conooitre les dangers qui vous environnent. A vous bien connottre vottSHSiémes» vos foiblesses, vos indinalions, vos passions, afin de ne point compter sur vos forces et de vous en défier; car c*est une salutaire défiance de vousrméi^^ qui doit faire votre assurance. A bien connot* tre les dangers qui vous environnent, afin de les éviter, de foir Tocca^ sion, de vous éloigner de telle compagnie ; car ce qui peut mieux vous garantir, avec la grâce divine, c'est ki fuite. Relevons l'espérance des seconds , et après les avoir justement intimidés, ne les renvoyons pas dans le découragement. C'est pour cela que je les exhorte à feire de plus grands efforts que jamais. Leur conversion est difficile , mais elle n'est pas «neore absolument impossible; ou , si elle est impossible à l'homme , elle ne l'est pas à Dieu ni à sa grâce. Parcequ'elle n'est paa impossible et qu'elle est d'ailleurs nécessaire, il faut l'entrepr^idre; et parcequ'elle est difficile , il faut l'entreprendre avec une résolution forte et généreuse. Ce que je leur conseille surtout aux uns et aux autres, c'est de chercher un guide fidèle, un directeur éclairé et dés« intéressé; de lui exposer leur état et de prendre ses conseik, de ne point craindre qu'il les connoisse , mais de craindre plutôt qu'il ne les connoisse pas assez. Ainsi ils se maintiendront dans les voies de la pé-* nitence , s'ils y sont rentrés ; ou ils y rentreront , s'ils ne s'y sont pas mmntenus. La pénitence les conduira daos le chemin du salut, et lea fera enfin arriver au port de la béatitude éternelle , que je vous soii^ kûte, etc.

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