‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 104 sur 119 · LE MERCREDI DE LA CINQUIÈME SEMAINE · texte numérisé non relu

LE MERCREDI DE LA CINQUIÈME SEMAINE

SUR l'État do pbchb bt l'état db la gbace*

Sujet. Si vous ne voulez pas me croire, croyez à mes œuvres, afin que vous connoissiez et que vous croyiez que mon Père est en moi, et que je suis dans mon Père.

Il falloit que Jésus-Christ, pour être saint, fût dans Dieu, et que Dieu fût en lui' Sans cela il n'eût pu dire, comme il le dit aujourd'hui, que toutes ses œuvres rendoîent témoignage en sa faveur, et qu'elles étoient devant Dieu d'un prix infini. Ainsi voulons-nous connoitre la valeur de nos actions et le fruit que nous en pouvons espérer ; jugeons-en par le principe d'où elles partent, et voybus si elles sont faites dans l'état du péché ou dans l'état de la grâce. Deux états dont j'ai à vous entretenir dans ce discours, par rapport au mérite de nos œuvres.

Division. Rien n'est plus important pour nous que de nous enrichir pour le ciel. D'où je forme ces deux propositions. Etat du péché, état souverainement malheureux, parcequ'alors, quoi que fa^se le pécheur, son péché eu détruit devant Dieu tout le mérite ; première partie. État de la grâce, état souverainement heureux, parcequ'alors, pour peu que fasse le Juste, la grâce qui le sanctifie en relève devant Dieu témérité ; deuxième partie. * •

Premiers partie. État du péché, état souverainement malheureux, parceqa'alors,quoi que fasse le pécheur, son péché en détroit devant Dieu tout le mérite. Je ne dis pas que nos actions bonnes d'elle»-mémes, en coaséquence du péché ou dans l'état du péché, deviennent mauvaises et criminelles. Erreur condamnée dans le concile de Constance. Je ne dis pas non plus que l'état du péché les rende absolument inutiles pour le salut, puisqu'alors elles disposent le pécheur à sa conversion, et qu'elles loi servent de moyens pour retourner à Dieu. Mais je dis que nos actions même vertueuses et surnaturelles, faites dans l'état du péché, ne méritent rien pour le ciel; et ce qu'il y a de plus déplorable, qu'elles ne recouvrent jamais ce mérite qu'elles ont une fois perdu, âiur quoi j'avoue d*abord que je ne puis assez admirer la profondeur et la sévérité des jugements de Dieu. Car enfin Je ne suis pas surpris que les actions les' plus éclatantes selon le monde soient souvent les plus indignes des récompenses de Dieu , parcequ'elles sont souvent les plus vicieuses dans leur fond. Je ne suis pas surpris que certaines vertus morales ne soient comptées pour rien devant Dieu, parceque ce sont des vertus purement humaines. Je conçois même comment des actions chrétiennes, au moins en apparence, sont cependant rejetées de Dieu, parcequ'elles se trouvent corrompues dans l'intention et dans le motif. Mais que des actions vraiment religieuses et saintes dans toutes leurs circonstances, hors qu'elles n'ont pas été faites dans l'état de la grâce, soient éternellement et absolument perdues, c'est ce qui me fait trembler, et ce qui m'ap^ prend combien le péché est un mal à craindre.

Or l'arrêt néanmoins en est porté dans l'Écriture, et l'Apôtro lui-même Ta prononcé, en disant aux Corinthiens : Quoique je fasse, et quoi que mon zèle m'inspire, si je ne suis pas en gu^ avec Dieu et si je n'ai pas la charité, c'est en vain que je travaille. D'où saint Chrysostome conclut que Dieu donc a bien en horreur le ppchc, puisque, tout bon qu'il est, il n'a, pour un seul péché, nui égard à ce quMl y a d'ail-

par le plus aimable de ses attribats, qai est sa miséricorde ; 5» c'est TÔidoir que sa fidélité le rende, toat Diea qu'il e^tTlPi^àricatétir et faateur de notre iniquité.

1 . C'est Tooloir que Dieu, soit fidèle à celni qui le méprise. Car n'est-ce pas le mépriser que de résister actuellement à sa grâce? Mais malheur à vous qui méprisez, dit le Seigneur, parceqne vous serez méprisé! Nous voulons nous convertir quand noas serons rebutés du monde, ou que le monde sera rebuté de nous. Nous voulons nous convertir quand la nécessité et une crainte servile nous y forcera. Est-ce traiter Dieu en Dieu, et se contentera-t-il que noat lui donnions les restes du monde, et un cœur infecté do vices et de passions? Non, sans doute ; et, pour l'honneur de sa graœ dont il estialonx, il saura bien punir nos mépris. Il nous rejettera ; il nous d'ra, comme à ces Juifs dont il est parlé au premier chapitre d'I^sfe : Retirez-vous; je ne vous connois plus, et vos sacrifices me sont à charge.

2. C'est combattre Dieu par ses propres armes, et se servir du plus aimable de ses attributs, qui est sa miséricorde, contre lui-même. Car si le pécheur ne comptoit pas sur la miséricorde de Dieu, s'il lavoitque Dieu fût un maître aussi prompt que terrible dans ses vengeances, il ne tarderoit pas à se convertir. D'où vient donc qu'il remet? c'est qu'il se repose sur l'idée d'un Dieu patient, et toujours prêt à donner sa grâce. Ah 1 Seigneur, s'écrie là-dessus saint Ambroise, que n'éclatez-vous, et que ne prenez-vous votre cause en main? Vous seriez alors servi comme vous devez l'être. Mais que dis-je ? ajoute le même Père ; je parle en homme. Seigneur, et vous agissez en Dieu. Selon mes pensées, il vous seroit plus avantageui de perdre des rebelles; mais selon les vôtres, U vous est plus glorieux de suspendre vos coups, et d'arrêter votre justice. Vous cependant, pécheur, conclnoit ce saint évéqne, n'êtes- vous pas bien coupable de vooloûr moins faire pour un Dieu bon qoe pour un Dieu infleiible ?

5. C'est vouloir rendre Dieu prévaricateur et fauteur de notre iniquité. Car \\ le seroit évidemment s'il snpportoit les pécheura avec cette patience qui Uent de l'insensibilité, et si, malgré leur rébellion, sa grac^eur étoit toujours promise. Et voilà sur quoi Tertullien se fondoit pour appuyer ses sentiments, quelque erronés, touchant la pénitence. Or tout cela ne doit-il pas engager Dieu à refuser S9 grâce au pécheur, qui d'une année à l'autre use toujours de nouveaux délais pour retarder sa conversion?

Tboisièhe paît». Témérité du pécheur qui difière sa conversion, parceqn'il se répond de sa volonté. De toutes les choses du monde, celle dont nous pouvons le moins nous Répondre, c'est notre volonté propre. S'il falloit risquer le saint, disoit saint Bernard) je croirois bien moins hasai*der du côté de la grâce de Dieu, qui ne dépend pas de moi, que du côté de ma volonté, qni en dépend. Mais si ma volonté dépend de moi, n'eu pnis-je pas disposer ? Oui, reprend saint Bernard; et c'est justement pour cela même que je dois craindre : car si Dieu m'avoit ôté ce pouvoir, et qu'il se fût absolument rendu maître de ma velouté, je serois en assurance ; mais comme il a voulu que cette volonté dépendit de moi, qui suis la fragilité et l'inconstance même, voilà ce qni me fait trembler.

Le pécheur se flatte qu'après quelques années il aura assez d'empire sur son cœur pour le dégager de l'esclavage du péché, et il reconnolt que dès maintenant il lui est presque impossible d'en sortir : contradiction évidente. Si vous êtes trop foible mainteoant pour rompre vos eogagements criminels, comment les romprez- vous quand vous vous serez toujours affoibli davantage ?

Ce qui nous donne encore plus lieu de nous défier de cette pénitence de l'avenir, c'est que ces pécheurs qui diffèrent remettent communément leur conversion jusqu'à la fin de la vie, et souvent jusqu'au jour même de la mort. Or est-on en état ttlors de faire une bonne péniteoce? A-t on assez de présence d'esprit pour y bien penser? Eston assez maître de soi-même pour changer tont-à-coup de sentiments, et pour devenir* ce qu'on n'a jamais été ?

Attachons- nous plutôt au salutaire conseil de l'Apôtre, et au commandement qu'il nous fait de ne pss recevoir en vain le don de Dieu, qui nous est aujourd'hui présenté. Le temps est favorable, la grâce abondante, la disposition même de nos esprits et de nos cœurs avantageuse. Allons donc, et ménageons des moments n prédeui. Disons à Dieu comme David : Diri, nune ccepi. C'est, Seigneur, un dessein fermé;

je yeax être à tous, et sans retardement je Tais me mettre en devoir d'exécuter la sainte résolotion qne tous m'inspirez.

LE TENDKEDI SAINT.

SI]R Lk PASSION DB jiSUS-CBtlST.

Sdjbt. Les Juifs âimanâent des miracles, et les Grecs cherchentla sagesse» Pour nous» nous prêchons Jésus-Christ cntci/îj ; qui est im sujet de scandale aux Juifs» et fui paroi une folie aux Gentils ; mais qui est la force de Pieu et la sagesse de Dieu à ceux qui sont appelés» soit d'entre les GentiZ^, soit d*entre Us Juifs.

Si jamais les prédicateurs ponyoient avec quelque sujet apparent rougir de leur ministère, ne seroit-ce pas en ce jour où ils prêchent la passion et la mortdu Dieu qu'ils annoncent? Cependant l'Apôtre mettoit toute sa gloire dans la croix de Jésos- Ghrist, pascequ'il regardoit le mystère d'un Dieu crucifié conome le mirsde tout ensemble et de la force de Dieu et de la sagesse de Dieu. C'est aussi sous cette idée que je yeux tous le représenter. ^

Division. Il ne s'agit point ici de pleurer la mort de Jésus-Christ ; nmis il s'agit d'y reconnottre le dessein de Dieu, ou plutôt l'ouvrage de Dieu. £n deux mots, tous n'ayez peut-être jusques à présent considéré la mort du Sau?eiir que comme le mystère -de son humilité et de sa foiblesse; et moi je Tais tous montrer que c'est dans ce mystère qu'il a foit paroitre toute l'étendue de sa puissance : première partie. Le monde jnsqnes à présent n'a regardé ce mystère que comme une folie ; et moi je Tais tous faire Toir que c'est dans ce mystère que Dieu a fait éclater plus hautement sa sagesse : seconde partie.

PasHiiii PAHTii. C'est dans le mystère de sa croix que Jésus-Christ a fait paroitre toute la puissance d'on Dieu. Qu'an Dieu fasse des prodiges dans l'univers, il n'y a rien en cela de surprenant : mais qu'un Dieu soufl^e et qu'il meure, voilà ce qui nous doit saisir d'étonnement. Cette mort néanmoins, bien loin d'ébranler notre foi, la doit conflrmer; car si Jésus-Christ est mort, il est mort en Dieu. !<> Un homme qui meurt après aToir prédit lui-même clairement et expressément toutes les circonstances de sa mort; 29 un homme qui meurt en faisant actuellement des miracles, pour montrer qu'il n'y a rien que de surhumain et de divin dans sa mort; 5° un homme dont la mort b«en considérée est elle-même le plus grand de tonales miracles; 4^ un homme qui, par l'infamie de sa mort, parvient A la plus hante gloire, et qui, expirant sur la croix, triomphe par sa croix même de l'infidélité du monde : n'est-ce pas un honune qui meurt en Diea, on, si vous voulez, en -Homme-Dieu? Or c'est ainsi que Jésus- Christ est mort.

1. Jésus-Christ est mort après avoir prédit toutes les circonstances de sa mort. A reotendre parler de sa passion long-temps aTant sa passiou même,' on diroit qu'il en parle comme d'un éTénement déjà arrivé, tant il est exact à en marquer jusqu'aux moindres particularités. Nous allons à Jérusalem, disoit-il à ses apô^és ;et c'est là que le Fils de l'Homme sera livré aux Geotils, qu'il sera outragé, insulté, fouetté» crucifié; qu'on lui crachera au visage, et qu'il mourra dans l'opprobre. D y avoit déjà des siècles entiers que les prophètes avoient prédit cette mort et tontes ses.ciroonstances, afin, dit saint Chrysostome, quels prophétie, témoignage invincible. de la divinité, rendittoutes les ignominies de la croix non seulement vénérables, mais adorables. Cependant fa preuve étoit encore bien pins sensible tt plus convaincante dans la prédiction immédiate qu'en faisoit Jésus -Christ lui-même. Aussi tout ce qifil avoit marqué des livres de MoTse et des prophètes, comme se rapportant à lui, s'eiécutat-il bientôt après et à la lettre dans la sanglante catastrophe de sa passion et de sa mort. Argument si solide et si fort qu'il n'en falldt pas davantage pour la conversion dQ ce iîBiueux eunuque, trésorier de la reine d'Ethiopie. En serions-nous moins touchés?

2. Jésus-Christ est mort en faisant de^ miracles. Il fait trembler la terre, il ouvre les sépulcres, il ressuscite les morts^ il déchire le voile du temple, il obscurcit le soleil. Miracles confirmés par le témoignage des apôtres. Quel intérêt anroient-ils eu à rapporter de faux miracles, puisqu'il ne leur en rerenoit point d'autre fruit que les

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plas craelles pertéçnlion^? De pliu, le style seul dopt les évangélittei iHil ifodi l'hitloire de Jetas Christ fait bien Toir qu'ils ne parloient pas en hommes passionnés. D'ailleors^ si ces mirades eussent été supposés, les Juifs ne se seroient-ils pas inscrits contre ? Je conyiens que les pharisiens, malgré ces mirades, ne laissèrent pas de persister dans leur incrédnliié z/malsles soldats se oonTertirent^et c'est en cela même, reprend saint Chrysostome, qa« ptroll la tootB-pnimnte Tertu de ce Diea mourant Car mourir en sauyaqt le9 uns et en réprouvant les autres, en conTertiasonl ceai4à par miséricorde, et en Isissgqt périr ceux-ci par justice, n'est-ce p^s faire éclater jus- ^e danf sa mort 1^ plus essentiels attributs de Dieu ? Il n'y eut qu'un «eiU mirade que Jésos-Chrlst ne yoqlut pas faire dans sa passion : c'étoit 4e se sauver loi-méme. Mais pourquoi ne le fit il pas? Parceqne ce seul mirade eût déhruit tons les autres, et arrêté le grand ouyrage qu'il ayoit entrepris. Quand même il i'anrpit fait ^ mirade, ses ennemis n*y anroieot pas plus déféré qu'à celui de la résurrection de Lpsare. Je dis plus ; et Jésus-Christ, dans la conjoncture où je le considère, pouvant, comow Il est iadubilable, se sauver lui-même et ne le voulant pas, n'a-H^ Pas fait quelqop chose de plus grand et plus an-dessus de l'homme que s'il Veut en effet voulo? £nfîji, cette douceur envers ses ennemis, cette charité héroïque, cette paix et cette tranquillité qu'il Qt paroitre d^ns m passion; tous ces mirades de p^tienc^, dans on hooinie d'aiOeurs d'une conduite irréprochable et pleine de lagesse, n'étoieqt-îJs pas plot miraculeux que s'il eût pensé à se tirer des mains de ses bourreaux ^ qu'il se fût détachéde la croix?

S.La mprt de Jésus-Christ a été elle-même le pins grand de tQUs les aiirafdês,par»S99'aa lieu que les autres hommes meurent par foiblesse, il est mort par uo effet de son absolue p9i3sance. Comment cela ? 1*" C'est qu'étapt exempt de toi|t péd)é eiméme absoiument impeccable, il étoit naturellement immortel ; 2° c'est qu'en vertu de sonsafierdoce, étant par excellence le souverain pontife de la loi noQveUe, il A'y ^voit que \ui qui pût ni qui dût offrir à Dieu le sacrifice de la rédemption du monde, e^ immoler la victime qui y étoit destinée. Ce fat donc lui-même qui se saçriHa ; et c'e$t en œ seas qu'il disait : Nemo toUit animam meam à me» sedego pono eg^m 4 nie ipso. Aussi mon* rut-il en poussant un grand cri vers .le cid : ce qui montre qu'if ne mpnroit pas par défaillance de nature, et ce qui Gt conclure ap ceotcoier qu'il étoit pieu. Il est vrai que ce Dieu mourant a eu ses langueurs et ses foibjesses ; vf\sAB ses foitjlesses méa^et 809 langueurs étoient autant de miracles. S'il sue dans le jardin, c'e^t d'une an^r de sang ; fi quelques piomentsiiprès sa mort on lui perce le côté, il ep sort dû saog et de l'fau.

4. Jésus-Christ, par l'infamie de sa mort, est parvenu à la plus l^mte gloire; et expirant sur la croix, il a triomphé par sa.crpixmém^ de l'inûdélité du monde. An seul nom de Jésus crucifié tout fléchit le genou, comme Dieu l'avoit révj^lë à aaint Paul ^qs un temps où tout sembloit s'opposer à un dfet si mervelUeux. Noua ayons tu dos pripces et les premiers de nos princes s'humilier devant çji croi^.. Elle a p^ftié da lico infâme des supplices sur le front des mouarques et des empereur^ ; elle a Tainco 11dplâtrie et détruit le cnlte des faux dieux. Tout cela, selon la prédicUoq qu'en avoit faite le SanveA* lui-même ;. et ne sont-ce pas là les plus sensibles ^marqii(Bs delà diii* ipité? Nops avons peine à comprendre l'obstination et l'aveugle ment des pharisieos après tant de miracles qu'Us avoient vus : nous en voyons actuellement un encprp plu graod^ je veux dire le triomphe delà croix; et notre foi, malgré ce miracle, est toujours langpissante et chancelante. Pour bien profiter de ce mystère, tremblons et pleurons dans l'esprit d'une salutaire compopction, au lieu de trembler et de pleurer par le sentiment d'une dévotion passagère et superficielle. Il faut qujB Jésus-Christ mourant fasse un miracle en nous, et c'est le miracle de notre conversion» Pécbeun, cTest pour vous que son sang coule, et voilà ce qui vous doit remplir de confiance. Il a converti ses bourreaux: ppurquoi ne vous convertira-t-il pas? Approchez du trône ie j^a grâce, qui est sa croix; maïs approchez-en avec des cceur^ contriii et hun^iliés. Donnerez-voùs pour cela. Seigneur, à ma parole assez de béaédic^op; et pois-je espérer qu^entre ceux qui m'écoutent il y en aiira d'aussi touchés que le oentenier ?

Deuxième partii^ C'est dans le mystère de la croix qpe Dieu a failédater plos bantçipent s9 sagesse, fee? pensée^ dç ^'bpifpf» et d9||^ ^e f^ &flf^ ^m^ Oj^osôei

AffALYSeS DBS SBRHGHS. fOf

4il'^« leMnl ém^ ^ Pé^» a oe init ptt t'étoimer qve Fimnsia «tt MUftiit traprv de mnww les QWTrei du Mgiiear. Ce qui doit plni noiu lufireodrt» €*eit qofl rhoii|iQ9 10 9ott ac«fld9lifié contre Dieu des Moifiiits mèmei de DIen. he oiyitère d'up Dieu oni6i04 perott eu mondeia aœ fotte; et moi je dii aveo TApéâpe» qae ifeit par excellence le mystère de la sagesse de Dieo. Il feUoit deux cluiei 3 1* pelUMpe Diea offensé; 2<* réformer l'hoauiie pwverti et eorrompu. Or, pour parvenir à ces deox fins, point de moyen plus efAcace et plus infaillible qae la croix du Sauveur.

f . Point de moyen pku elBcsee et plus inffsiniUe que la croix de Jésus-Christ pour satisiliire Dieu offensé. Dieu ne pouTolt être saUsfait que par ne Qnmme-Dieiii et qiTa-t-il ftiit cet Homme-Dieu, ou plutôt que n'a-t-il point fait? En quoi consistoit l'offense de Dioa P en œ que Thonme ivoit afieoté d'être semblable à Dieu, Eritis sici^ dM f et mm, dit rHeame-Diei, pour setisTaire mon Mre, je m'abaisserai aa-^ ilesspns do teps les hommes, JS^e mitsm sm» vermû, et non honte. L'hooune s'éteit révolté eoBtreDieat et moi, dUrHoamM-Dien, je me ferai obéissant josqnes à la mort, 0t ivaqnes à la mort de la emlx : Faehu ùbedims usque ad mortem» morfnn aufem çriçifi. i/hamm$, par «œ iiitempéffanee erimlBelle, avoit oiangédu (Mt défendu ; et moi, dit l'Homme-Dien, je me ferai un homme de douleurs, Virum dolorum, PoniFOUMious t»acey<^ vue réparatioo pins anthentiquef

Ce »'est pas aisei. Car j'aieute q«e ee Saufeor des hommes nous a fait parfeffoneot eompTMdre trois ehoaas auqnelles se doit rapporter tonte la sagesse de l'tKtMime, et dmtlalaoaBoisBaoee éloit ponr veus et pour mal essentiellement attachée ao mystère de Jésus-Christ mourant sur la erofx ; savoir, ee que c'est qne Dieu, ee que e'est q«e le péohé, oeqi» cTest qa^ le salot. Qu'est-ce qne Dienf Un'étre pomr la gloire docpw^ Il a fiiUn qn'il y eût nn Homme-lMeu hnesilléet anéanti jnsqnes à la croix. Voilà l'idée qneieoi'en forme, et qui passe tootce qœ J'en pourroisd'ailleors imaginer. Q«*flBt-<M qne le péché r m mti pour rexpiatlon dnquelil a faHu qa'un Homme-lNen se iU authème, et dethit qn sujet de malédiction. Voilà ce que le mystère de la croix mB prôebe. Qn'est<ce qne le salut de l'homme? Un bien qui seul a coûté la'vie d'un Dien. Voilà la grande leçon qne me feit ce divin mirttre expirant sar la croix. Or un mystère qoi me donne de si hautes idées de Dien, qui m'inspire nne horreur infinie pOQr le pdabé, et 91I me feil priser mon saint préférablement à tous les autres biens, ne éoH4\ pas éhremi mystère de sagesse?

2. Point de moyn pins effieace et plus iofaillible qne la erofx de Jésni-Cbrist pour réformer Phomme perverti et eorrompu par le péché, n y a trois sources du péché, aekMieaint Jeaa : la ooncaplscence des yeux, la concupiscence de la diair, et l'orgneU éB la vie. Trois eoacnpiseenoes dont voici les remèdes, qne le Fils de Dien nous a apportée da del, et qoi'fl nous présente dans sa passion He dépouinement de tontes chosee et la nudité oà il meurt, <^ntre l'amour des richesses, qui est la concupiscence des yeux s ses bnmiliations, eoetre l'ambition, qui est rorgvell de la vie; ses souffrances, contre la sensualité, qui est la concupiscence de la chair.Qae seroit-ce qne le monde, et quel ordre y varrolt-oo, reprend le savant Pic de la Mfrande, si les hommes viyoievt selflii les exemptes que Jésus-Christ leur a donnés et les leçons qu'il leui* a faites daof sa passion?

Mais pourquoi feHoU-il que Jésus-Christ, sans être sujet à nos maux, en é^prouvât lea resnèdes dans m personne? D lefelloit ponr nous le$ adoucir, et pour nous en persuader ruttge.SMl eût choisi pour nous sauver les douceurs de la vie, quel avantage notre amQur*propre, senrce de toute corruption, n'auroit-il pas tiré de là, et jusqneu à quel point ne s'en seroit-il pas prévain P

Ifaia ponrqaoi oerriger des excès par d'autres excès, les excès de l'homme parlas eioèi d*fin Dien? Et mbi je dis ; Quelle sagesse d'avoir corrigé des excès de malice par des eieès de perfection, des excès d'iniquité par des excès de sainteté, des excès d'ingratitoda par des excès d'amour!

En voilà trop ponr confondre un Jour noire raison dans le jugement de Dieai et n'eet-il point déjà commencé pour nous, ce jagement? Car dès aujourd'hui co Sauveur ■sonraot s'est nds en {ïossession de juger le nionde : JSunc judicUim est mundu Sa eroii sara produite contre nons à la fin des siècles : Time pnreiit signun^ PUii Hom^ aie. Pansée terrible ponr un mondain : c'est la croii de Jdsas-Cbrist qui me jugera!

Tout ce qni ne s*y iroatera pas conforme portera le caractère et le sceau de la réprobation. An contraire» pensée consolante pour une ame fidèle et juste : C'est ]a croix de Jésufr-Ghrist qni décidera de mon sort; cette croix en qui j'ai mis ma confiance, cette croix dont je Tais adorer l'image devant cet autel, et dont je Tais être moi-mènK une image TîTaote.

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