LA FÊTE DE PAQUES
SDR LA BÉ8UH1ECTI0N DB IBSOS-CIUUST.
Se JBT. n a été livré pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre justificatiott.
Il semble que Jésus-Cbrist, ayant achevé sur la croix l'ouTrage dé notre rédemption» ne devoit plus penser qo'à sa propre grandem*, et qu'étant mort poor noos, B ne devoit ressusciter que pour loi-méoie. Mais «fest un Dieu , dit saint Bernard , qui T€|nt nous appartenir entièrement , et dont la gloire et la béatitude se rapportent à nous aussi bien que ses bumiliaiions et ses soufrranoes. Si donc il ressuscite, c'est pour notre sanctiûcallon, et pour nous apprendre à ressusciter spiritmllement stcc
lui.
D1TIS105. Jésus-Christ par le mérite de sa mort nous a justifiés. Mais, ootre ce mérite, il nous falloit un modèle sur qui nous pussions nous former, et que noos eussions sans cesse devant les yeux , pour travailler nous-mêmes à l'acoomplisaemeDt de ce grand ouvrage de notre justification, ou, si vous voulez , d^notre conversion, k laquelle, selon Tordre de Dien , nous devions coopérer. Or ce nnodèfe, c'est fa résurrection du Sauveur. Car comme Jésus-Christ est ressuscité, disoit l'Apôtre « nous devons entrer nous-mêmes dans une vie nouvelle. Cette vie nouvdie doit donc avoir les. deux caractères de la résurrection du Fils de Dien , que l'ÉvangUe noos a marqués. Le Seigneur est vraiment ressuscité , Surrexit Domintis verè : et i\ sTest fait voir à Pierre, et appaniit Simoni. Ainsi , être converti, premier caractère de notov résurrection spirituelle : première partie. Paroitre converti, second caractère de notre résurrection spirituelle : deuxième partie.
PBBMiàBB PÀBTiB. Êtroconvcrti comme Jésus-Christ est ressuscité. Jésus-Christ est vraiment ressuscité; et après sa résurrectioo il n'a plus vécu en homme mortel, nuit en homme tout céleste, ^e même il faut, 1° que nous soyons vraiment converiis; 2f> qu'après notre conversion nous ne vivions plus en hommes chamela et mondaiot, mais d'une vie toute spirituelle et toute sainte.
i. Jésus-Christ est vraiment ressuscité, principe incontestable, et dont le Sanvear du monde, avant toulet choses, prit soin de bien convaincre ses apôtres, youlaot que cette résurrection véritable nous servit d'exemple. Car c'est ainsi que nous devons être vraiment converiis. Or ne pourrois-je pas bien dire de notre résurrection spirituelle et de notre conversion, ce que saint Paul disoit^ê la résurrection future de nos corps : Mes Frères, voici un important secret que je vous déclare: nous ressuscitenms fov^, mais nous ne serons pas tous changés. En effet, dans cette solennité de Pâques et jusque dans le tribanal de la pénitence , nous mentons souvent an Saint-Esprit, nous imposons au monde , et nous nous trompons nous-mêmes par une fausse conversion. Ce n'est point par-là qu'on ressemble à Jésus-Christ ressusôté ; mais par nnc vraie conversion , c'est-à-dire par une conversion sincère et saus dégmseiiient , par nue conversion surnaturelle , et dont Dieu soit le principe , l'objet et la fio.
Conversion sincère et sans déguisement. Ce qui nous perd devant Dieu, et ce qni nous empêche de ressusciter en esprit , comme Jésus-Christ est ressusciié selon li chair, c'est communément un levain du péché que nous fomentons dans nons, et doot nous ne travaillons pas à nous défaire. C'est pourquoi saint Paul nous avertit que nous devons célébrer cette fête, non avec le vieux levain, avec un levain de dissimulatioo et de malice. Non in femiento veteri, neque in fermento malitiœ et nequitiœ ; mais dans un esprit de sincérité et de vérité , sed in azymis sinceritatis et veriîatis.
Conversion surnaturelle et dans la vue de Dieu. Autrement qu'est-ce devant Dieu
e notre conversion, si ce sont des motifs humains, la prudence de la chair, la «crainte monde, l'intérêt, qui l'animent? Jésus-Christ ressuscita par une verta toate divine, et c'est par un principe tout divin que nous devons ressusciter. JLoin de moi.
disoU l'Apôtre , cette fausse justice qae ie poorrois trooyer dans moi , et qui serolt de moi et non de Dieal Ainsi tons les vrais pénitents se sont-ils élevés aa-dessns d'euxmêmes et de la chair, et ont-ils envisagé Dieu dans leor pénitence.
2. Jésus-Christ après sa résurrection n'a plus vécu en homme mortel , mais en homme tout céleste. Il avoit un corps, et ce corps revêtu de gloire sembloit être de la nature et de la condition des esprits. Ce qui foisoit dire à TApôtre : QtcoiQU^ catpara vant nous ayons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nou^ ne le connoiS" sons plus de la mime sorte» ni selan cette même chair. Appliquons-nous ces paroles , et concluons que si nous sommes vraiment convertis , il faut qu'on ne nous connoisse plus selon la chair, ni selon les désirs de la chair, mais comme des hommes tout spirituels. C'est par-là que nos corps participent dès cette vie b la gloire de Jésus-Christ ressuscité. C'est par-là qu'ils deviennent incorruptibles, pleins de vertu, de forte, d'honneur. Mais souvenons-nous qu'ils ne sont rien de tout cela qu'autant que nous y coopérons par notre vigUance et par nos soins. Quelque affermis que nous soyons dans le bien, nous ne sommes pas inébranlables. Que £sut-il donc faire» et comment devonsnous vivre dans le monde? Saint Paul nous l'apprend iQuœ surshm suntsapite, T<i'ayes plus de goût que pour les choses du ciel; Qwb sursUm sunt quœriteyJ^o cherchez plus que les choses du ciel.
Dboxièhb pàbtu. Paroltro converti comme Jésus-Christ parolt ressuscité. Pourquoi Jésus-Christ demeure-t-il encore quarante jours sur la terre après sa résurrection? pour la faire, connottre à ses disciples et pour les en convaincre. C'est pour cela qu'il se fait voir à eux sous tant de figures différente». Belle leçon pour nous. Car comme ce n'est point assez de'paroitre convertis signons ne le sommes en efîet, aussi ne suffitil point de l'être et de ue le pas parôître. Être et paroître, ce sont deux obligations; et accomplir l'une sans se mettre en devoir de satisfaire à l'autre, ce n'est qu'une jnstice ioiparfaite. Si Jésus-Christ n'eût pas paru ressuscité, il eût laissé notre foi dans le trouble ; et si nous ne paroissoos pas convertis , nous ne faisons qu'à demi notre devoir et Tœuvre de Dieu. Je dis plus : être et paroitre converti, ce sont tellement deux obligations différentes , qu'elles sont néanmoins inséparables. Car paroihre converti , remarque saint Thomas, est une partie de la conversion même. Comment ceU? parcequ'ètre converti, c'est embrasser tous les devoirs de l'homme chrétien. Or un devoir de l'homme chrétien est de paroitre ce qu'il est ; et s'il a été pécheur et rdielle à Dieu, un de ses devoirs est de paroitre obéissant et soumis à Dieu. Ce devoir est fondé, f ° sur l'intérêt de Dieu; 2° sur l'intérêt du prochain ; 5<^ sur notre propre intérêt.
f . Obligation de paroitre converti , fondée sur l'intérêt de Dieu qu'on a oflénsé. Sans cela quelle réparation lui ferez-vous de tant de crimes, et comment lui rendrez- Toas la gloire que vous lui avez ravie en les commettant? Le Juste même, quoique jaste, dit saint Clurysoslome , est obligé de se déclarer pour Dieu : combien plus le pêcheur qui se convertit doit-il non seulement confesser le Dieu qu'il sert, mais faire justice au Dieu qu'il a déshonoré? Il faut donc, conclut le même Père , que la vie de oe pécheur, dans l'état de sa pénitence , aoit conune une amende honorable qu'il fait à son Dieu. Aussi quand saint Pierre, après la résurrection du Sauveur, paroissoit dans les synagogues et dans les places publiques, prêchant le nom de Jésus-Christ, d'où lui venoit surtout ce zèle ? du souvenir de son péché. Vous reconnoissez comme lui que vous avez outragé votre Dieu : n'est-il pas jmte que par une vie exemplaire Tons effaciez les impressions que votre impiété a pu donner contre sa loi ? Le Fik de iMeu voulut que ses apôb«s, qnl l'avoient abandonné dans sa passion, loi servissent ensuite de témoins : Eritis mihi testes. Voilà ce que Vi>us devez êlre an milieu du inonde , surtout à la cour. Bien loin que vos désoi dres passés affoiblissent votre témoignage, c'est au contraire ce qui le fortifiera et le rendra plus convaincant.
2. Obligation de paroitre converti , fondée sur l'intérêt du prochain que vous avez scandalisé. Car, devez-vous dire , il faut que je répare #par un remède proportionné, les scandales de ma vie : or ce qui a scandalisé mon frère , ce n'est point précisément mon péché, mais ce qui a pa/udempa péché. Pourquoi Jésus-Christ a-t-il paru ressuscité , ou plutôt à qui 8-t-il paru ressuscité ? aux uns, pour les consoler ; aux autres, pour les ramener de leur égarement; à ceux-là, pour vaincre leur incrédulité; à ceuxci , pour leur reprocher l'enduroissement de leur oœor. C'est ainsi que nous devons
Bftralirewmvertifl^poiirtaeoiiiolatkmdes JwtoB.ponf kcimHrtiondetpMiivf# ^r la eouTiction det IttiertîM. Poar la consolatloD des Jiulet : conMea d'anea «inkai Senroienl snr tous et étoient teofiUenieoft touchées de toire étal I Gonmie Totw pé- ^ les a affltgëef , il faut que Tolre pénitcnee les r^ooiiM sur la terre, «un bwn (fi» ka ancee daus le ciel. Pour la conversion des péchears : l'exemple de Tûtre conTerriod lera na attrait mille tois frtus puissant pour eux que celui des Joites qid sa sont toaiolvs ma'-»*""» iostes. Aussi Jésus-Cbrist choislt-fl saint Pierre péfûtant et «oatsrtl Dov ramener ses frères et pour les oonarmer j Et tu aliquanià t^vertus» c9^rmê û'oirêM tuos. Pour la oontidloo des Ubertins et des incrédules i saint Tbomaa eut une moe tfauUmt plus spéciale pour prêcher la foi , qu'a ai oU été plus infidèle. Ce qui touche les impies I c'est d'entendre un impie comme eui dire z Je siÀ persuadé. 0 OtillgatioD de paroltrecaiiTerti, fondée sur notre intérêt propre. On ne teatpm
im'tt narmsse qu'on ait changé de conduite) pourquoi? paroequ'on aetft bien que m ee dhauffemeot f enoit une foU è éclater, on seroH obligé de le souteoiri eique ITifliH mur mtee Tenant an seceurt du devoir, on ne pourroit plus dana la suite s eu ëé* ékm D'où ie conclus que nous devons regarder comme uii avantage de paroitre aonte^ , touisque , de notre propre aveu , le psroltre et lavoir paru est uns raison qto nous euRaffe à Tôtre toujours et à persévérer. Mais si je retombe en effet, V^l^"tX We>«ooa poiùt * cola , sinon alitant que cettepenséé n^ tMmriMms animer; et du reste, prenons confiance et agissons. GoinplilDentaareii
LE LUKDI DE PàQUES.
8CR LA PBBSÉVÉBlNCE CBRÉTIENKB.
Sujet tjorsûu'iîs furent proches du bourg o& Us alloient, itfei^iîi d« wmloir oto plu^ loin. Et ils le pressh-ent de demeurer avec eux. en lui éiiant : Demeurei auc nous,
r'#fct ainsi an'nné ame chrétienne ne se contente pas que Jésas*Oirist soit vena rh«i die * eu pintôt dans elle , par la cwnmuûion pascale; mais qtf eUe l'engage oh ^ r^Unrer aveé elle. Il faut que ce Sauveur demeure en nous par sa graeej et il
^amsl que nous dememions en lui par notre persévérance dans la grâce. Sainte «^.Mutedhtflttfle dont ic veux vous entretenir dans ce discours* ^^T^C^t Pir « P»"i09 et par sa mort que Jésos-Christ a vaincu le pédié ; nt ifëàt oar sa résurrection qu'il triomphe encore de notre inconstance. Le m^slère de Jéwis-Chiist «ssuscUé nous eogage fortement à la persévérance chrétienne ; prt- Mi^e oerKe* La persévérance chrétienne est le titre le phis fêgituneel le ga9B le SS^LrtahTiiearp!^ Jésus^CSiritt ressuwalé . denrième
*^S™to mtiB. Le mystère de Jésnt^Christ i»s«iscité notis «!g«««J^^^ iiersévéHiace cftrétieime. Je considôrc quatre choses dans hi résurrection dn San- 5^ MV(rfr rexempte de celte résurrection, la foi de cette résurrection, la glm S œtte rtiifii'eeilon [et le sacrement de cette résurrection. Or, i o rexem|de de la *éfcurrectleii de Jéius^tist est le vrai modèle de notre pern^érence dan la grâce: îo hi fol dé la résufreotton de Jésus-Chrlst est le solide fondement de notre penéfé- ^ce dans la grâce, 5* la gloire de la résuiredion ^^^ «««-ChrW «a» nn téotihUiifè motifedenotrepersévérancedan8lagra<»;4«lèsacr«meetde^^^^ tioii de Jésus-Gbrist , de la mairière que je l'expliquerai , est comme la sceau de noue
^T.lS^pte d^ 1* ^tt^llon de Jésns^Christ est le vrai modèle de »^«Pf^ téreiice daô* là grâce. Car •Jsus-Christ ressuscité ne meurt plus, dit ^ Aptee, et nous-mêmes nous ne devons plus fionrir. Pourquoi la résurrection du Sauvnr csiflle la seule que Dieu ait choisie pour n<Wis servir de modèle dans notre cont crston . Pourquoi ne mitts a^t-îl pas proposé la résurrection detol d'autres ,Par exem^^ de Ltesre? C'eit que la résurrection de Lazare n'étoit V^^^J^^^^JS^^Tl etqu« notre «mtersioa déit être anrable. « donc VùUi rotoiabea dana cet état de
ANALYSES DES SERMONS. iù
mati èft le pêâïé itm arOft réddt, Tofre t>^alt6nee ti'ést pôibt ce qu'elle floil être , par6eqiie vous n'êtes pas rfessascité cmniïie Jésus-Christ. Ah I Seigneur^ s'ëcrioit lé Prophèffe royal , c'est sûr le modèle de la résiirrectîon de îolre Fils que Vous m'ATez jugé, et que vous âtez «ainiûe Si ma conversîdû âtoit toutes les qualités d'uue résurrection parfaite : Prohastime, et côgnovisti me: tucognotisH sesslonem meam, et resUrrecHonemmeam, Et pat* où avez-YOUS connu qu'elle seroit telle qtie Vous la demandiez, o«i qu'elfe né le seroit pas? pat l'avenir, et par ma persévérance: /nteifea;wti cogitationes meai de tôn^èy et omnes vias mea^ prœtidisti, i 2. La foi dé la ré^trtrectiôn de Jésus-Christ est le solide fondement de notre perr s^évérance dans la grâce. Comment cela? C'est que la résurrection de Jésus-Chtist est lin dés priùcfpaux fondements de la fbf chrétienne. Or ce qui fait subsister notre foi fait silbsister notre conversion, parceque nôtre conversion, selon té concile de Trente, n*a point d'Sutfe fondement que notre fol. Avant la résurrection du Sauveur, rien de plus foible que lés apôtres i mais depuis cette résurrection ce furent des hommes intrépides et inébranlables. Quand saint Paul exhortoit lés Hébreux à la persévérance^ Toicl une dés l^âhdes i^sohs dont H se servoit : Christus lierî et hodié, jipse et %n sectila. Jésus-Christ n'est plus sujet à aucun changement; ilétolt hier, il est encore-aujourd'hui , et il sera le même dans tous les siècles. Rappelons un de ces moments où« touchés de Diéti , nous avons formé de si saintes résolutionjs , et demandons-nous à nous-mêmes : Lès prindpes de foi et les vérités sur quoi j'établîssôis ma Conversion ont-ils changé? Ce qui étoit vrai alors l'est encore maintenant, et le sera toijù^ups* Potirquoi donc cfaangero!s-je, moi, de conduite , et démentiroië-je les promesses .que j'ai faites à l)ieu? Excellente pratique pour apprendre à persévérer. Credidi, proptet qaod locutus sttin : J'ai cru , Seigneur, et c'est pour cela que je vous ai donné une parole que je ne rétracterai jamais.
8. La gloire de la résurrection de Jésos-Christ est un dés plus touchants motifis de notre persévérance dans la grâce. La raison est que cette résurrection du Sauveur nous met devant les yeux M gloire et l'Immortalité bienheureuse où nous aspirons , el qui doit être notre récompense éternelle. Aussi prenez garde que ce fut cette vue qui inspira au saint tioihme Job tant de constance dahs les plus rigoureuses épreuves: StAo quùd hedètnptnr meu^ tivit , et in novi^simo die À terra surreciurus siim..s« Repôsiid éSt hœd spes In&inu meô,
4. Le sacrement de I? i-ésnrrection de Jésus-Christ est comme le sceau de noire persévérailce dans là grnce. J'appelle le sacrement de sa résurrection le sacrement de son Cori)s,quen0n5 avohsreçu en célébrant sa résurrection glorieuse. Il prétend paf-lft servir d*allméttt à notre aiùe; et c'est pour cela que le prêtre, éû nous faisant part de cette divine nomTiture, nous a dit : Que le corps de notre Èeigneur Jèsm^ christ cons^iie votre dtne pout la vie étemelle. Ne pourrois-jé donc pas l^en , si TOtlS retourniez à ,vos {irémières habitudes, vous faire le même reproche que saint Paul faisoit àtix Gdates : 0 Inscnsaii Galatœ ! quis vos fascinaAt non ohedire veHtati? 0 insensés que vous étés ! qui vous a ensorcelés pour vous faire abandonner lâchement et honteusement le parti de la vérité ? Quelle folie d'avoir commencé par la pureté de l'esprit , et de finir par la corruption de la chair l
DEUxiànE PARTIE. La persévérance ebrétienne est le titre le plos légitime et le gage le plus certain pour participer un jour à la gloire de Jésus-Christ ressuscité : 1" la persévérance représente déjà dans rions l'étët de cette bienheureuse résurrection; 2» elle nous dispose et nous conduit à cette bienheureuse résurrection ; 5° elle nous fait mériter, autant qu'il est possible, la-gi^ace «pédale de eette bicidîeareusè résurrection.
I. La persévérance chrétienne représente déjà dans nous l'ëtët de eetta résorréOlion glorieuse , dont nous voyons les prémices dans la personne du Sauveur. En qimi consiste cet état des eorps glorifiés? en ce qu'ils ne sont plut sujet» à anettne vltiiSltude , en ce que leur gloire est immortelle. Or rien n'approche plus de œt état qne la persévéraoce du Juste , ou d'un pécheur converti. Car ail lieu que les mondains sont dans un changement perpétuel, le Juste, fortifié par la bonne haUtdde, est invioiablement ce qu'il doit être, et par-là anticipe l'heureux état de la résui'rectioif future. C'est ce que disoit saintCyprienà des vierges chrétiennes: Vos reswrrectionis
gloriam in hoc seculojam tenetis ; Yonf possèdes par avance dans cette vie la gloire que nons attendons daot l'antre. Or ce que saint Cypriea leur disoit, je pais bien tous rappliquer; et les plus libertins mêmes ne sont pas exdns de ce bonheur, puisque les pins liberlins sont capables d'une parfaite conversion comme les antres pécheurs. Mais si Tons ne soutenez pas ce que vous avez entrepris» il est bien à craindre que TOUS ne soyez pas du nombre de ceux qui, selon la parole du Prophète royal, doivent on jomr ressusciter dans l'assemblée des Justes. Celui, dit le Sauveur du monde , qm regarde derrière lui après avoir mis la main à la charrue, n'est pas propre aa royaume de Dieu. Et comment un homme inconstant et léger, reprend saint Gbrysostome > seroit-il propre au royaume de Bien , puisqu'il ne l'est pas même pour le mondle et pour les affaires du monde? Et d'ailleurs, conclut le même Père, si nous ne sommes pas propres au royaume de Dieu, que sert- il de l'être pour tout autre chose?
2. La persévérance chrétienne nous dispose et nous conduit à la résnrrcction-bienhenrènse. Car elle nous conduit à la persévérance finale, qui e^t la dernière disposition à la bienheureuse immortalité. Dans les prédestinés, dit saint Jérôme, on ne cherche pas le commencement, mais la fin. Par conséquent, c'est la persévérance qui met le comble à la prédestination des élus. Cela s'entend, me dU'ez-vous, de la persé- Térance finale; il est vrai : mais par où arrivc-t-on à la persévérance finale, sinon ^ la persévérance commencée, qui est celle de la vie? Ainsi nous ne nous disposons à ligner nn jour comme les Saints dans le ciel, qu'autant que nous nons accootumons à. persévérer comme eux sur la terre.
5. La persévérance chrétienne nous fait mériter, autant qu'il est possible, la grâce spéciale de la résurrection bienheureuse : pourquoi? parcequ'elle nous fait mériter, autant qn'U est possible, la grâce de la persévérance finale. Quand je dis mériter, je n'entends pas d'un mérite de justice, mais d'un mérite de convenance, et fondé sur la miséricorde et la libéralité de Dieu. C'est-à-dire que Dieu voyant 1 homme appliqué de sa part k se maintenir dans la grâce, il se sent réciproquement ému, en vne d'une telle constance, à le gratifier de ses plus singulières faveurs, et eu particulier du don de la persévérance finale. De là , quand nous voyons un Juste mourir aaintemeot , nous ne nons en étonnons point; mais nous reconnoissoos en cela une espèce de oon- Tenance, qui , sans blesser ep rien la justice de Dieu , l'a engagé à déployer tonte sa miséricorde et à l'exercer. Au contraire, quand on nous parie de certains Justes. qui se sont démentis à la mort , et se sont malheureusement perdus, nons en aommes effrayés , et nous jugeons qu'il y a eu dans cette disposition de Dieu quelque chose que nons ne comprenons pas. Quoi qu'il en puisse être, la surprise où nons jettent ces chutes inopinées et ces coups de réprobation , est npe preuve que ce n'est donc point ainsi que Dieu en use selon lés règles ordinaires.
Je finis par la touchante exhortation de saint Jérôme à un homine du monde « qui commençoit à chanceler dans le dessein qu'il avoit pris de chercher à Bethléem un asile contre les périls du siècle : Ohsecro te» Frater, et moneo îiarenii^ affecta • etc... Application des paroles de ce Père à un pécheur converti.