‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 106 sur 119 · DB LÀ PAIX CHBBTIBNNE · texte numérisé non relu

DB LÀ PAIX CHBBTIBNNE

SujBT. // leur dit une seconde fois : La paix sqît avec vous.

Voilà le prédenx trésor que Jésna-Christ laisse à ses apôtres. Mais d'où vient qu'il ne se contente pas de leur donner une fois la paix, et ^u'il leur dit deux fois ': Que la paix soit avec vons? c'est ce que je Tais vous apprendre, et d'où je tire le sujet de ce discoun.

Division. Paix de l'esprit et paix du cœnr, donble paix que le Sauyeur donne à ses apôtres; et Toilà pourquoi il leur dit deux fois dans la même apparition : Que la paix soit avec vons. Mais par où arriye-t-on à l'une et à l'autre? par la sounfission à la foi, et par Tobéissanœ à la loi. En deux mots', il faut que la foi gouverne notre esprit, si nons voolonsquil soit dans le calme : première partie. D fant que la loi de Dieu rè^ne

dans notre oœnr.rinoat tooIoiu qu'il jouisse d'un bootaeor solide sdenxièmeparlie. PsBMiiss PAKTiB. Paix de l'esprit dans la soomissioa à la foi. Hors de cette soumission â la foi, il est impossible que notre esprit troure jamais le repos. Car donnez-moi UQ bomme déterminé à ne croire que ce qu'il lui platt , sans déférer ft la foi , sur quoi a^appuiera-t-il? Ou il vivra dans l'indifférenee touchant la religrion, où il se fera une religion psrticnlière selon ses Tues. S'il fit dans une indifférence entière touchant la religion.9 «fest-à-dire sans se mettre en peine s'il y a un Dieu et une antre vie , vous Toyei asses le mslhenr de cet état. Quelle paix pent-ll goûter , ne sachant ni ce qu'il •est ni oe qu'il deviendra^ et abandonnant au hasard son iHMaheur et son malheur éterueU^'il se Ait une religion de sa talson, je venx dire selon ses vnes nalui*elles, il n'y trouvera pas plus de tranquillité : pourquoi? paroequ'un homme ssge, pour peu qu'il «e connoisse lui-même» doit être convaincu de trois choses touchant sa raison ; savoir» -qu'elle est sujette à l'erreur» qu'elle est naturellement oorieuse , et que la plupart de «es connoissances ne sont 'tout au plus que dés opinions qui la laissent toujours dans riucertitude, en lui proposant même la vérité.Or ces trois choses sont absolument incompatibles avec le repos de l'esprit.

Si je suis sage» je ne puis établir ma religion sur ma raison; pourquoi? paroeque je sais que ma raison est sujette à mille erreurs , surtout en ce qui concerne la religion, fixemple des païens» d«s Egyptiens» des Romains» peuples d'ailleurs si poUs, qui sont tombés dans les plus prodigieux égarements sur ce qui regardé te culte de la Divinité. Exemple de tant d'hérétiques : point d'hérésie si extravagante qui n'ait trouvé des seotateurs. De plus , qui ne sait pas que le caractère de noire esprit , dans hi plupart des jugements qu'il forme , est un caractère d'incertitude , d'inconstance , d'irrésolution ? antre qualité directement contraire au repos qu'il cherche. Voyez ces prétendus esprits forts du monde» qui , pour avoir peu de religion » rsisonnent éiernéllement sur la religion. Us raisonnent» mais sans savoir ce quils croient et ce qu'ils ne croient pas; incet tains de tout, et détruisant aujourd'hui ce qu'ils avolent hier avancé. D'où est ^enue cette conAÉion qui a paru de tout temps dans le progrès des héré&ies? de l'orgueil de la raison humaine. Chacun s'érigeoit en maître» 'et dogmatisoit à sa mode. Quand il n'y auroit qne la curiosité de savoir, avec cette insatiable avidité d'acquérir sans cesse de nouvelles connoissances» pourrions-nous espérer de procurer la paix à noire esprit?

Il faut donc» pour mettre notre esprit en posaesiion de cette bienheureuse paix où il aspire » quelque chose de stable » qui arrête et qui borne sa curiosité ; quelque chose de certain, qui remédie à ses inconstances; quelque chose d'infaiHible» qui corrige ses erreurs. Or ce sont les trois caraetèrâs de la foi : car la foi borne notre raison, en réduisant tous ses discours à ce seul principe» C'est Dieu qui l'a dît; la foi remédie à ses inconstances, en nous mettant dans cette sainte disposition d'esprit où nous renoncerions plutôt à tontes les lumières de la nature et à toutes les connoissances des sens, que de ne pas croire ce que nous croyons; enfin la foi assure la raison de l'homnie contre le menaonge et l'erreur» parceqn'étant fondée sur la révélation divine , elle est aussi infaillible que Dieu même.

Du reste , notre foi n'est ni une Ibi ignorante » ni une foi imprudente » ni une foi aveugle en toutes nàaniëres. Ce n'est point une foi ignorante » puisque avant que de croire il nous est permis de nous éclaircir si la chose est révélée de Dieu» ou si elle ne l'est pas. Ce n'est p<^nt nue fol imprudente, puisqu'elle est fondée sur des motifs qui ont convaiocu les premiers hommes du monde. Ce n'est point une foi aveugle en toutes manières» pnisqu'à l'obscurité des mystères qu'elle nous révèle elle joint une espèce d'évidence, et c'est l'évidence de la révélation de Dieu. YoUà ce qui achève de calmer mon esprit. ' '

Au oontraire» si je sors des voies de la foi» je tombe dans un labyrinthe » où je ne fais qne tourner» sans trouver jamais d'issue. Il fiiut, pour y renoncer à cette foi» que je me porte aux plus grandes extrémités : à ne plus reconnoitre de Dieu» à ne plus reconnoitre de Siinveur Homme-Dieu » etc. Or pour en venir là et pour y demeurer» quels oombats n'y a-t<il pas à soutenir» et de quels flots dé pensées un esprit ne doit-il pas élre agité?

Dans cette contrariété de sentiments qui est entre voos et moi, dirois-je encore à

QB libeKio, q«i d« oow deax o^Die aivMlagei 61 4iMé«mf 4m^

£a croyant oe que je croif^ tout oe qui fievt m'arrtrer ds pXwt ItefeMlK, (feëtdi» me

priver inuttlement et mu fruit, peadant ta vie, ée eertite flilifri défeddnii pvt là

loi que je profesie, et défendaf ném par tandeon^ feaib vont» il ae Qite tbut M

croyei pat ne laiwe pae d'être irai» tom Toot ttaUdfe dadiladingor d'Mte dânmaâmi

étemelte.

Gondaonf. Henraoi ceua qui croient et qii n'oat point tat notre cfmdtâkm en edi peut être môme plus heureoee qneaeUe det apôtreii imt ils «volent m le* JÉMdéè dé Jéf BS^Ibritt, et noua croyone saaf lei avoir vm*

Dicxiiui PàiTiB. Paix dn eœor dans robéinanae à ta ioli f • Oâ ne tient rérister I Bien et avoir ta paix I y il ett antri aanutte impwiibta da n'atW pti jâ |^ gtatiid on ett fournit à Dieu.

1 . On ne peut rétister à Dieu et avoir ta paix. Qià$ rtitillt Ht Hpûètm haXmUl hiàa, dit taint Anguttin, étant ta tonverain bien de l'ImÉdie et la lift dernière, te cœur de riumime ne peut être en paix qn'aintaÉt qu'il cet «ai *I>ltfD. O^an'estniii à Dieu dans cette vie que par un assnjetlitsement taioEfttIre à ta loi âé Dlea. Le pécheur veut vivre daot i'iDdépendaaeei et dèi4à il te prédlpHe dane un aBtme de malheurs; dès'ta sa raison devient son ennemiei sa fol lecoattamnèy sa rcifgioii Téffï^e, sa conscience te déchire. Cette seule pensée» Jeiais l'aiiiet dé ta halfM dé Dieu, je snii aclneUemeot exposé aux coups de 0ieu> n'cat-eUe pat capaHa de taife dÉnt J'amé da pécheur nae espèce d'enfer t Aussi» disoit ta Stle eh parlant à Dlmi) KM» n'atex, Seigneur» pour punir les pécheurs, qu'à tas abandonnor à anÉ»<nl«B%HMttaHiei wntre eux tas créatures.

Consultons rexpértance. Yoyons-nont q«e tes péohenn dn alMe (editkeni d'une véritable paix ? Qu'ett-ce qae leur vie ? un esctavége oà taors paisiolis M leurs vices les dominent ; une dépendance perpétuelte dn menda et de ses toit; ni iisoiettUsement servile k ta créature. Qu'etl-oe que tenr vie ? une suite de déèoMrei qni tes rendent crindneb et nkalheureux* paraeqne c'est» psr exempta» one amMtliiii ffells ttè péintiA satisfaire, une avarice qni ne dit jamais': C'est asses» éte.

Mais ces pécheurs ont souvent ce qui tait les hommes faetiranx dtito cette vta; ih sont riches, puissants, élevés. Je pitondtor moi, que ae n'est pohit tant oete c^ fitàt te bonheur de l'homme : car ne voyons-nous pas tous les jours des hommék aontelits sans tout cela, et des hommes maiiieiiipenx avec tout osta ? Mais ils pttséht ptmr hcareux dans r^^pinion dn uMMide. Ce qui fait le malheur fkl ta baniRMir, ee n'nst (msTopinioB et l'idée d'anlivi , mais noira propre idée» noin pngpi^ optetéa» ffètrto ptopre sentiment. Mais ils disent qu'ils ont la piix. fis ta diw^ J'en oOâVlMIi nmiSi landh qu'ils le disent de bouche, tadr cœnr les démant»

2. Il est comme impossible de n'atoir phs ta paix qdadd OÉ attaMUll à SMÉLPsit inébranlabtadu cêté de Dieu, pata inébraidahta dn cMéftt ptttiaAMi pêââ iMbraidi» ble de notre part même.

YoiU ta bienhenreux état de» Justes. Tel Itet l'état dMiT stiat Pàii]» et (M Idlit de martyrs ; tel est celai de tant de chrétiens fidèles à ta loi. Lé dl^fli-}e, mofi IMCn f id est l'état où je me suis qilelqaeiins troiivémoi«méBie, et oh je nie tf^ve eftodM quinl je me tourne vers vous.

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