‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 107 sur 119 · LE PREMIER. DIMANCHE APRÈS L'EPIPHAIIIE · texte numérisé non relu

LE PREMIER. DIMANCHE APRÈS L'EPIPHAIIIE

sua LB DBVOm DEfT P&aES PAJl SkàPPOET k LA VOGÀTIOII 02 LaUBS EXtwàmra»

Sujet. La nière de Jésus-Chrïst lui dit : Mim ps , pourquQÎ en acez-vous ^jusé de Is sorle avec nousl Voire père et mai, n€us vous clUrchions avec beaucovp d'induittitde. Il leur fépondit : Pourquoi me chefchiez-vousl ne sàvez-vàus pas qu'il faut que je m'emploie aux choses qui regardent inon Ptre ? Et ils ne comprtfent pas et qu'il leur dit.

Le Sauveur du monde, dans cette réponse qu'il fit à Maria, apprend atfi pèfM cl aux mères comment ils doivent se conduire à l'égard de leurs enfants^ kt#i<mi m f« qui concerne le choix de l'état ou Dieu les appelta<

AliALYSB» DBS SfiRMOHS. 71»

DiTisioii. Il n'appartient pas aux pères de disposer de leurs enfants en ce qui regarde leur YOcatiôd «I li éOcAx qn'Bà ôtft à ftlire d*M éiài : pr^tiére parlie. Les pères néanmoins sont responsables à Dieu du choix que font leurs enfants et de l'état qu'ils embrassent : deuxième partie.

PMwàftKPÀATiB. Il n'appartient paa aux pères de disposer de ledrt enftnts en eé qui regarde leur Tocation et le choix qu'ils ont à faire) d'un étart. Un p^re qui veut se rendre maître de la yocation de ses enfants commet deux injustices, l'une enyen I)iel^ l'autre euTers jes entents.

I • injustice envers Dieu, paroequ'il n'appartient qu'à Dieu de dédder de latôcatloa des hommes : pourquoi ? deux raisons : c'est qu'il est le premier père de (eus tes hommes, et c'est qu'il n'y a que sa profvidence qui puisse bien s'aoquHter d'une Hmmtion aussi importante que celle de marquer aux hommes leur Tocation* Il est le pre-> mier père, et c'est la qualité qu'il prend dans l'Ëeritnre* U est méme^ remarque saint Grégoire, le seul père que nous reconnoissions selon l'esprit, e| par conséquent le sent qui ait droit d'exercer sur les esprits et les volontés deâ hoounes cette supériorité de conduite qui fait l'engagement de la vocation. Aussi tous les maîtres de la morale chré« tienne ont-ils toujours regardé oomme une offense griève d'eratanasser un état sans la vocation de Dieo, et c'est â cette vocation que sa graoe est attachée. De phis^ll n'y a

Sue Dieu qui puisse bien appliquer les hommes à un emploi et leur aeilgner la eau* ition qui leur convient, parcequ'il n'y a que lui qui puisse coonoitre les voies de tenr* salut et de leur prédestination éternelle, G'eetdonomie témérité insontenable dans ton p^e de disposer d'un éo&nt, soit pour l'Eglise, soit pour le monde; et il ne le peut mira sans blesser les droits de Dieu.N'est-ce pas néanmoins ce qu'on ftittousIeajeureV â. Iiûusiice envers ]fi$ enfants» parcequ'il «est du droH naturel et du droit dHtn fo» cehd-là choisisse InihBiéme son état^ qui en doit porier les charges et accomplir lea obligations. Là où il s^agit de vocation^ il s'agit de sainte Or, dès qu'il s'agit du skhit»pohit d'autorité du père sur le fUs, parceque tout y est personnel. Un père, oomme o» lo dira dans la siiitej peut bien redreiser la choix d'un enftmt par de sages atis et même par k lotroe de l'autorité pdtemelle, si cet enftint diaislt mal ; mais dn reste,* û ne peot disposer absolument da sa personne. Quels reproches Kcevront nn jour làdessus de la part deteura enfanta tant de pères et de mères !

DsaxibapAaTiK. Lespèresaontresponsablesà Dieu du choix que font leurs enfants^ et de l'état qu'ils embrassant. Car ils doivent intervenu à ce choix oomme direct enra •taôamasurvaiilanta^lpuiaqneDienlenra donné ce droit de direetienet de surveiltence. Ainsi» un enfisnt ne plut contracter un eogagement, un mariage, sans l'aveu et la 'par- Uégtitàaa de m pèn i et si le fils vent prendre nn parti qui, selon Dieu, lui soit per^ ■loieuxi le père est non seulement en poèf oir, mais dans rohllgatlon de s'y oppoafer.

Afin de mieui entendre ce pohit, il faut remarquer que le choix d'un état peut êtr<^ mauvais en trois maoidres : on par lui-même, on par rincapaeité du sujet qui s'y engage, ou par les voies qu'il prend pour y entrer.

f • Choix d'nn état manvaia par hii-mUae, paroèqué l'état est contraire an saint, ou dn OMiins très dangereux pour le sainte It est évident qu'un père doit faire tous ses ef* fvrU pour an détooracr un enfant ; et si par des vues d'intérêt il est le premier à l*y porter, U sa rend Coupable devant Dieu, et il répondra à Dieu de la perte de son fils. a« Choix mauf ais par l'moapadté du sujet, parcequ'il n'a pas les qualités requises pour l'étal qu'il emtxrassei Un père qni oonnolt cette indignité est criminel de mettre ion fils dans une phnedont U ne pourra remplir les devoirs. Toutefois rien n'est plus Cfrdhiaira aux pèree qoa d'établir ainsi leurs enfants, et de là tant de désordres.

5. Choix mauvais par rapport aux moyens d'entrer dans un état, et aux voies qu'on •prend penf celé. Il 7 a des moyens injustes ^ et ne son(*ce pas souvent ceux dont un père té aert pour avancer on fils qu'il aime ? Abus quioa ne peut trop condamner, et qui fera tont ensemble la réprobation des pères et des enfants.

Ce n'est pas qu'il ne soit permis aox pères et aux mères die procurer à leurs enfants des am^la conttnaMes. Hafs leur premier soin doit être de les perfectionner et de les fendre digne» des empHots qu'ils leur prooarent. Cette éducation des enfants leur aeiàtai Maailai soiM et Men des pehies ; mais ce sera aussi pour eux un grand fonds démérites anpria d0 Dieu.

LE SECOND DIMANCHE APRES LlPIPHANIEi

SCB LETÀT DU MABIÀGB.

SujBT. il y eut des noces à Cana en GàlUée, et la mère de Jésus s'y irotwa» ^ Jésus /îif aussi invité aux noees avec ses disciples.

Il D'y a rien dans Tétat du mariage que de profane, ai on n'y appelle Diea» et ai ce n'ert Diett qui y appelle.

DifUiON. li y a dans Tétat du mariage des devoirs deconsdenee et des obligationa à remplir, des peines très difficiles et très fâcheases à supporter, et des dangers ex> trames par rapport an salut, à éviter. Or, sans la grâce et la vocation divine, on ne peut, ni satisfaire à ces obligations, première partie ; ni supporter ces peines» deuxième partie; ni se préserver de ces dangers, troisième partie.

PiiMiÉsB PÀBTiB. Il y a dans l'état da mariage des devoirs de conscience et des obltgatiODS ind^ispensables à remplir; et l'on ne peut y satisfaire sans la' grâce et la vocation: divine. Noos devons ooosidérer le mariage, dit saint Augustin, comme sacrement» oomme lien d'une société matueUe,et par rapport à l'éducation des enfonts, dont il est une légitime propagation. Or, sous ces trois qualités, il a des obligations très étroites et tontes difiéipentes.

f . Obligations du mariage considéré comme sacrement. Dès qoe c'est mi sâcrementr il n'est permis de s'y engager qu'avec une intenlion pure et sainte; il n'est permis delà, recevoir qu'avec une conscience nette et exempte de péché ; il n'est permis d'en user que dans la vue de Dieu et pour une fin digne de Dieu* Mais ^ui pense à ees obligations ? qui en est instruit? On a quelque égard à la sainteté des antres sacrements ; mais on traite celni-ci comme une afïsire temporelle, oomme une négociation, ooDune un Ira tic mercenaire.

. 2. Obligations du mariage considéré comme Hen.d'une]sociét4 mutuelle. Il demande un amour respectueux, un amoor fidèle, nn amout* ofÂcieax et condescendant, un amour constant et durable, un amour cbréiien. Mais, par nn renversement bien déplorable, cette société que devroient conserver entre eux le mari et la femme, ooomie un des biens les pins estimables de leur état, est tous les jours exposée aux ruptures, aux aversions, aux éclats et aux divorces les pins scandaleux. . 5. Obligations du mariage considéré par rapport à l'éducation desedfonts, dont ii est une propagation légitime. Il faut les nourrir, ces enfants, il faut les pourvoir et les établir ; surtoat il faut les instruire et les élever dans le christianisme. On pense communément assez à leur subsistance et à leur établissement salon le monde, mais on ne s'applique gaère à leur éducation selon Dieu. Voilà pourquoi dans cet état du mariage l'on a tant besoin de la grâce, et pourquoi l'on n'y doit point entrer sans vocation. ^

DEoxièHB PÀBTJE..I1 y B daus rétat du mariage des peines à supporter, et l'on ne peut bien supporter ces peines sans l'assistance du ciel et le secours dé la grâce. Pour les oonnoitre, nous n'avons qu'à regarder le mariage sous les mêmes rapports.

1 . Peines du mariage considéré comme sacrement. Cette qualité de sacrement le rend indissoluble, et cet engagement perpétuel en fait une espèce de servitude. Dans le sacerdoce on est engagé pour toujours, mais r<fn n'est engagé qu'à Dieu et à soimême : au lieu que dans le mariage on est encore engagé à un autre que Dieu et qoe soi-même. Dans l'état religieux il y a un noviciat et un temps d'épreuve; mala il n'y en a point dans le mariage.

2. Peines du mariage considéré comme lien d'une société mntaelle. Qu^e «sroîx quand deux personnes obligées de vivre ensemble viennent à ne se pas accorder ! Et pour bien s'accorder, que ne doit-on pas souffrir l'un de l'autre, et quelles condescendances ne faut -il pas a\oir?

5. Peines du mariage considéré par rapport à j'éducalion desen&ots, dont ilest une propagation légitime. Souvent on n'est pas en pouvoir de Ic^ entretenu*, ni de lei avancer, quelque bien nés qu'ils soient; et plus souvent encore, quelque pouvoir qu'on ait de les établir et de les pousser» joe sont des enfants, pu iucapal^iei. et sana gy&nie.

ANALYSES DES SERMONS. 1l1

oa indociles etdéféglës. Si l'on avoit reeoon à Biea, il dé1in«rOit de oei peines, on iliesadouciroit.

Tboisièhb piRTiB. n y a dans Tétat da mariage des dangers à éyiteri et c'est nn dernier motif ponr ne pas s'ékigager dans cet état sans y être appelé de Dieu. Trois dangers par rapport à la conscience. Car il faat accorder ensemble trois choses les plus difRciles à concilier* saToir : la licence conjugale ayeè la continence et la chasteté; une Téritable ^t intime amitié pour la créature, arec une fidélité inviolable poar le créateur; un soin exact etTigilaot des affaires temporelles, atec un détachement d'esprit et un dégagement intériem^^ biens de la terre. Tout cela fondé sur les mêmes qualités du mariage. 9

1. Danger du mariage considéré comme sacrement, l'incontinence : d'autant plus criminelle, quele sacrement est plus saint. Car il y a une chasteté propre du mariage, et la dignité du sacrement donne aux fautes qu'on y commet une malice particn" lière. Or combien est-t-il à craindre qu'on ne se laisse emporter à la passion sans égard aux règles qui lui sont prescrites?

2. Danger du mariage considéré comme lien d'une société mutuelle'. Cette soddté demande Tunion des cœurs, mais sanS préjudice de ce qu'on doit à Dieu et au prochain. Or combien de fois arriye-t-il qu'une femme oublie ce qu'elle doit à Dieu et ce qu'elle doit au prochain, poiur entrer dans les sentiments d*nn mari qu'elle aime, pour seconder ses vengeancei, pour se conformer à tous ses désirs?

5. Danger du mariage considéré par rapport à l'éducation des enfiiots. Dans l'obligation de les pourvoir, il faut s'employer à la conduite des affaires et à l'administration des biens ; il faut ménager, cons^ver, amasser. Or est-il aisé de garder en cela le juste tempérament et le détachement du cœur qui nous sont ordonnés? Il est donc d'une extrême importance de n'entrer dans le mariage que par le choix de Dieu, et d'y attirer sur soi les lumières et les bénédictions de Dieu.

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