‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 11 sur 119 · SUR LA COMMUNION PASCALE · texte numérisé non relu

SUR LA COMMUNION PASCALE

rieure» mais encore plus * puissante et plus efficace^ renouveUe ce grand miracle de la résurrection de Lazare , en faisant revivre par la grâce de la pénitence des âmes mortes par lepécbé, et comme ense- Tçlies dans leurs habitudes criminelles. Après ce miracle» l'Église, que tous let( prophètes noos ont marquée sous la figure de Jérusalem, prépare à ce divin Sauveur une sainte et honorable entrée dans les cœurs des fidèles par la communion pascale; et, pour me conformer à son dMsein, c'est decette communion pascale que je dois vous entretenir. Saluons d'abord la Vierge, qui eitf avant nous le bonheur de recevoir ce Verbe fait chair, et de le porter dans son sein : Ave Maria.

Deux sortes de personnes reçoivent aujourd'hni le Fils de Dieu dans Jérusalem : d*une part ses disciples, qui faisoient profession de le suivre, et qui par un 'engagement particulier s*étoient attachés à son parti ; d'autre part les pharisiens, les prêtres, les docteurs de la Synagogue, qui, par un aveuglement extrême, rejetoient sa doctrine et s'étoient secrètement ligués contre lui. Ses disciples le reçoivent avec respect, avec ferveur, avec joie ; et vèiià pourquoi il vient à eux oommtf en triomphe^ et même, selon ia prophétie, en qualité de roi : Eece rextuus vefiit tiln mansuetus (Matth. ,21). Au contraire , les pharisiens le reçoivent avec des sentiments d';iigreur, et dans la réso* Intion de fiâre bientôt éclater leurs pçmicieux^ desseins, et de le perdre; c'est pour celacpi'il viait à'eux comme un ennemi, et que le Sauveur verse sur ces aveugles des larmes de compassion : Videm cwkatem, flevit super illam ( Luc, 19). Deux idées bien naturelles de ce qui se passe encore chaque année dans la communion pasc^e, et dont je vais laire le partage de ce discours. Car prenez garde , Chrétiens : dans le triomphe dont les disciples de JésuspChrist honorent ce divin maître, je trouve Tidée d'une sainte et parfaite communion ; oe sera la première partie : mais dans la manière donc ce même Pieu fut reçu des pharisiens, je trouve l'idée d'une communion indigne et sacrilège ; ce sera la seconde partie. Pour les Justes, qui sont les vrais fidèles, le Sauveur vient comme un roi débonnaire et biedfiiisant; mais pour les impies engagés et obstmés dans le crime, il vient comme un ennemi terrftleet redoutable. C'est tout le sujet de votre attention.

PRBMIÈRB PAATIE.

Voulez-vous savoir. Chrétiens, ce quç c'est , à proprement parler, qu'une communion fiite en état de grâce? Écoutez saint Chysostome ; il va vous l'apprendre. C'esr,dit ce Père, une réception solenndle que nous faisons à Jésus-Christ dans nous-mêmes, et une entrée triomphante que Jésus-Christ fait dans nous. Pouvoitils'en expliquer plus noblen^ent, et n'ai-je pas eu raison de m'attacher d'aborcl à sa pensée, pour vous dire que lé triomphe et l'entrée du Sauveur du inonde dans Jérusalem est la pliis juste idée d'une bonne communion ?

SUR LA. GOMlfUNION PASCALE. 118

Mais • afia de mienxcomprendre la choAe , exaoûnoBs » Chrétiens, toutes les circônslances particulières marquées dans l'Evangile , et voyez si le desseiii. de Dieu n'a pas été yisiblciaieût de nous proposer le modèle le plus partit de l'action la plus sainte du christianiaoie , qui est la commimion ? Car, premièrement, cçt Homme-Dieu est reçu avec honneur dans Jérusalem; mais pqr qui? par ^ses amis j parles sectateurs de sa doctrine , par ceux que l'on distioguoit dans la Judée pour étredtt nombre des siens; en un mot» par ses disciples, qui» malgré l'envie , ne laisspient pas de faire un parti considéiâble , puiiique saint Luc témoigne qu'ils accoururent en foule : Et €ceperunt omnes turbœ disdpukrum gaudaues laudare (Luc^ 19). En second lieu , ces fervents disciples , transportés de zèle pour la persqone de leur maître, n'attendent pas qu'il soit aux portes de la ville poui; se disposera lerecevoir : au premier bruit qu'Us entendent d€ sa venue, ils sortent de leurs maisons, et par respect ils viesp^t au-devant de lui : Et cum audmeta quia venit Jetiu^ process^rutU obviam (Joak,, 12). De plus, ils se présentent à lui ,. les uns portant des branches de palmiers : Acceperuni ramot pabnarûm (Ibid.) , et les autres avec des braiicbes d'oliviers , qu'ils coupoient sur la montagne, selon la remarque expresse de l'Évangile. Or la palme est le symbole de. la victoire, et Folive le signe de la pkix ; ce qui ne^fut pas sans mystère , comme je v;ds vous l'expliquer. Enfin, ils se dépouillent de leurs vêtements ; ils les mettent sous les^ieds de Jésus-Ghrist, enfles étendant le long du cfaemin par où il deveit passer : Plurima autem turbaitraveruta i^eaitmemasuam via (Matth., 21). Excellente idée de la communion des Justes, et des saintes dispositions qu'une ame chrétienne doit appor< ter à la participation du corps de Jésûs-Christ et de son adorable s%cremeau Mais ce n^est pas assez pour nous d'en avoir l'idée; Dieu veut que nous nous l'appliquions dans la pratique, et que d'une figure noua en fassions une vérité. Tâchez donc, mes chers auditeurs, à bi^ entrer dans les saintes leçons que j'ai à vous faire.

11 iisiut être disciple de Jésus-^Christ pour n)ériter dq le. receveur dans son sacrement, et c'est la première disposition : mais ne sommes-nous pas tous ses disciples en qualité de chrétiens? Il est vrai, mes Frères, et je le sais ; mais je disque pour participer au divin mystère il ne suffit pas d'être disciple du Sauveur par une profession extérieure, qui souvent ne fait ^qu'augmenter notre ânidignilé quand elle n'est pas soutenue du reste; et j'ajoute qu'il le fiiut être m esprit et par un sentiment de religion, puisque sans cçla , bien loia que Jésus-Christ nous avoue pour ses disciples, il nous regarde comaie ses enneoNS. Or il s'est lui-même déclaré qu'il ne vouloit faire la pâque qu'avec ses disciples. Mais il neparloit alors que de la pâque jucÉûque, qu'il alloit célébrer selon la loi : Ah ! j'en conviens , répond saint *Ghrysoslome; mais s'il parloit ainsi de I]ancienne pflque, que pensoit-il de la nouvelle, qui devoit être lé don des don» , et ta plins

«Iti^leiiM dé iMWs les iprsees? et sMi Mûit être son Asdfitè Jsour maiiger avec ii)i une piqae qui A'étoit que là' figure de sou cotps, qtie W fitut^l pofttC être pour manger eelle qui u'est rieii tuoinsque ja âtttetance même de sou corps t Eufin , n*est-H pas de la foi que tout te qui s'obsenroit dans la pàque des Juifs étoit une leçon pour nous, nais une leçon eiaote etpfcdsey de ce qui devoit être aocompli datas «éHedesebrâiettS? .

QuHI if>f ait donc personne U$$é2 téknérairé, concluoit ëloauenn tteÉFt saint Gfarysottome; pour prétendre à cette pâque, en recevant l'agnéâu véritable qui y est immolé, sans atoir ce earacfière particuitèr de disciple de Jésus-Christ; qu'il ne s'y présente point de Judas, poitif dé pharirfens, cV^t-à^liré point de traître, point d*bypocrite, pcrint de sf moniaque ni de profahateur des dhoses saintes : ce 'sont Jes paroles de oe Père : Nèfno accedut nUi amiais ^ nutha aparut, nidlns fienemiùr, rmllnt hàputUcuÊ (Cnarsos.). Car je vous avertis, sjoutoit 'Oe saim docteuir, ^ue cette divine tame n'est point t^our eux. t Nam ëi ueki k^ mensa nm susdpk i(I1lid)« S*il t U un aisciple Sdële et «ineère , quHl vienne , parceque c'est lui qui , par lé choix de Jé^us- Oirfet fivême , y déle être admis : Si quis est di$ciputu$^ adsît (Ibid). FotfT les mondains 9 pour leâ sensuels , pour les scandaleux et lés impies,, ils en sont exclus; et s'ils osoient y pardtre , nous qui spmineé les prêtres du Seigneur et les dispensateurs de ses mystères ,

-^hfoe le premier monarque do monde , SSve m/)erafar ^ nous lui fe- MbÉseaftendre les défenses et )es menacées du souverain mâttre dfont H Vteiidi<cnt profiiner ie Céleitè banquet. Cest ainsi que cet homme de IHen , s^aequhtânt du méane ministère que moi , préparoit te peuple d'Amiodie à la phfs importante action du diristianisme ; et tel est Tordre que le grand Âp^re avoit intimé à toutes les Églises par ces MUrles paroies , mais qui , «èlon le condie de Trente , comprenbent M'âbi^ toisLtm les Wspdsitions Requises pour avoir part au sacrermè^t du Fils de Vieu : Probei èniiem Edpsum hcâm (lyCor., 11) : QM l'homme denc s'éprouve lui-môme , e'est-à-dire qu'il se consulte Itii^mime, qull interri^e son cœur , él que, sans s^aveugfer, sans se 4ttter, ti examine deiçmt Bieu s'il est en effet de ceux (^ui appar- ^tiennem à Jésus-Christ, ^ que Jésus -Chcist reconnoît pour ses ^is disciples : car si nos consciences ne tttins rendent pas £ur ée plaint un témoignage favorable » et qu'avec humilité nous ne poissions 'ttous glorifier de ce beau nom » il ne nous est pofait permis de faire la piqipe, et neus n'y devons pas penser. Je me trompe , Chrétiens ; parteÉs ^us correctement, et dfsons que nous y devons penser, et y ^fMMer'émcaeement pour l'honneurtie Jésus-Christ méque; et si, pour ^^ avoir pas pensé , nous manquons i )ê recevoir dans cette pâque

Stm U tOttHUNtÛ» PASCALE. m

^olewene , bous coitimettons un nouyeda crime, el ii<ms déac^^âssons I ses ordres.' Quoi donc! Tordre de Jésus-Cbvist est-3 que nous lé reoevioos sans être du nonihre de ses disciples? A pieu ne plaise^ Chrétiens, puisque c'est ce qu'il a le plus eu horreur! mais it nous ordoaae de nous déclarer ses disciples ; et si nous n'avons ))as été jBsqu'i présent de ce nombre , il veut que nous commencions à eiy être , poi^r satisfaire à Tobligation indispensable où nous àommes diç prendre place p^rmi les conviés qq'il fait appeler. Voilà te préc^le non seulement ecclésiastique, mais divin, qui vous est aujourd'hui signifié par les pasteur^ de vos i^mes, ob le Sauveur des hommes, d^ quelque condition que vous soyez., veut célébrer la pâque av<c vous. Vous èies indigiles dé cette grâce , mais il veut que vous vous en rendiez idignes; vous êtes pécheurs , mais il veut {que vous deveniS justes ; vous âtes daiis les eogageinems crimipels d^ monde , uuus i} vent aue vous en sortiez^ et que vous vous mettiez^en • état (Tappro* dier de loi. Point d'e:icuse , ni de délai ; çon ord A presse , el il lui but obéir. Dans les autres temps de l'année, peut«étre auriez- vduji droit d'user de remise , et de vous prescrire un terme pour {brmér cette résolution ; mais aujourd'hui il n'est plus question de résoudra il est temps d'exécuter et di'accomplir. Le terme est échu ,^^t le mal* tre des maîtres vous envoie dire que c'est chez vous que celle pàque se doit fsûre : Magister dicit: Apud te fado poÈcka (HATtu.^ ^. Pour cela il faut que votre cœur , qui est comme le domicile «t Iç sanctuaire qu'il a. choisi, soit purifié par la pénitence; et le ménfe ooînmsndemept qui vous engage à Tttn vous oblige k l'antre. Par consécpieut il faut rompre vos liens , et par de généreux efforts vqm détacher une fois de la créature et de vous-mêmes. £t c'est en quoi le préceapte du Fils de l)ieu est admirable , je veux dire en ce qu'A vous met dans une si heureuse nécessité. Car il ne s'agit pas moin^ pour vous que d'éire , ou des sacrilèges , ou des excommuniés : dce sacrilèges , si vous recevez ce Dleit de saidieté sans vous y être dispo* ses par iine cozftrition siocère; des excommuniés , si, par votre impénitence p vous vous trouvez hors d'état de le recevoir.

Cependtant il ne ^uftit pas d*être disciples du Sauveur pour mériter qu'il vienne à nous ; il faut encore aller au-devant de lui et le {fréve« nir. Vous savez comment ces troupes sorties de Jérusalem s'avancèrent jusque ^ers la montagne des Olives , n'attendant pas que Jésus- Christ fût arrivé pour commencer les hoùneurs de Centrée qu'on devoit lui faire : Chm audissent quia venit^ processerunt obviam ci (JoAN., là). Ainsi , par un mouvement de ferveur, anticiper la venue de ce Dieu-Homme, c'est une seconde disposition nécessaire pour le recevoir selon les r^les et Tesprit de la vraie piété. Je m'explique. Car faire ce qui se pratique aujourd'hui, et ce que la lâcheté du siècle n'a rendu que trop commun ; se^réserver jusqu au jour de la ooauQuaion même pour y penser; différier à la solennité de Pâques les prépara.

96 SUR LA qCOUlUNION PASCALE.

tife que I9 religion demande ; croire s'être acquitté de sop devoir, parcequ*on a pris quelques moments pour se recueillir devant Dieu ; Tenir à la hâte et dans la foule s'accuser de ses désordres» et immédiatement après se présenter à la sainte table; confondre les exercices de la pénitence avec la communion , et iouvent communier sans avoir feit aucun exercice de pénitence : ah ! Chrétiens, c'est une indignité; et quiconque agit dé la sorte attire sur soi Tanathème de saint Paul, qui lui reproche de ne pas faire un juste discernement du corps du Sauveur, et qui le menace de manger, avec cette viande céleste, sa propre condamnation. Je parle à vous, mes chers auaiteurs , qui, dans la profession que vous foites d'une vie mondaine et dissif^ , approchez plus rarement de ces sacrés mystères, et qui vous contentez peut-être une fols dans le cours d'une année de manger ce pain établi par Jésus-Christ pour être le pain de tous les jours : c'est vous que ceci regarde. Car pour les âmes innocentes qui en font leur nourriture ordinaire, qu6iqi|(elles aient absolument sujet de craindre, elles ont encore plus droit d*espérer. Une communion les dispose à l'autre; la vie régulière qu'elles mènent, les bonnes œuvres qu'elles pratiquent , Ieu> assiduité à fréquenter les autels , tout cela, dans la doctrine des Pères, leur sert de préparation, et d'une préparation continuelie , an diviki àacrement.

Mais pour vous qui tenez une conduite directement opposée ; pour vous qui vops faites un devoir non seulement d'être du monde, mais de vivre selon les maximes du monde ; pour vous dont les liaisons, les habitudes, lés divertissements, les einplois ne sont qu'un enchaînement de péchés ajoutés sans cesse les uns aux autres ; pour vous qui n^avez aucun usage des choses de Dieu, et qui passez les années entières sanï faire peut-être un^ reflexion sérieuse sur Taffaife de votre salut ; pour vous 'dont le derm'er soin est de veiller sur votre cœur , et qni vous étant formé une conscience libre, disons mieux^ une conscience libertine, ne troiivez rien de |^us compode que de n'y rentrer jamais et d'ignorer toujours ce qui se passe ; pour vous enfin qui ne communiez que par je ne sais quelle bienséance, et quand le précepte vous y oblige ; attendre à vous y disposer que vous soyez au jour précis où tous devez satisfaire à cette obligation, c'est mépriser votre Dieu et faire outrage à son sacrement; c'est anéantir l'effet de sa venue, c'estvous exposer Vous-mêmes à un scandale presque inévitable. Car enfin , mon Frère, diroi^je à un de ces pécheurs, si vous vous adressez à moi dans ces jours de solennité, et que je ne vous trouve pas en état de r^M^voir cette grâce de réconciliation, sans laquelle il ne vous est pas permis de communier (or qu'y a-t-il déplus ordinaire à des hommes comme vous? ) , que feraî-je alors? Vous accorderai-je la grâce de l'absolution que vous me demandez? je trahirai donc tnon ministère. 'Ne vous Taccorderai-je pas? il faudra donc que vous âe mangiez point l'agneau avec le reste des fidèle^ , et que vous soyez absent de la table de Jésus-

SDR Là COimUNIf»! KASCAIiE^ W

Christ'Si j6T0«i y- admets» je sois préMricateiir, et- jd lae cbwme «vic tous : si je Toméa eidos, yous acandaliieg TÉgUse. Vpyez-Yons Tex** trémitë où vous nous jetez, pour n'avoir pas pris les mesures i|ue la loi, de Dîea et b prudence chrétienne vous prescrivoient ? Que par cpnsidératicNi pont votre personne j'intéresse rii(Himeur du sacrement qui n'a été oonfié, c'est à quoi il n'y n pas d'apparence que je medéter* ■une jamais. Je sais trop quelles sont les bornes de mon pouvoir, ék Fédat de yotre fortune et de' votre dignité ne m'éblouira. pas. Qu'arriveraH-il donc? oe.que jedis : qu'il n'y ai^ra ni.pâque» ni sacrement^ ■Icnlte dereii|pOD pour vous ^ çt qu'ensuite.ou vpi|s remarquera ; que oeUi qui se trouve chargé, comme pasteur, du soin. de votre ubm^ en sera çhois l'inquiétude et dans le trouble ; que. votre mauvais eiiemple se OMunuBÎqiièrai qii^e le libertinage prendra siyet de s'eu prévaloir^ et que vous aere^ responsable de , l'abus qu'il en fera : pourquoi ? j^r-* ceque voua n'ayez pas usé <i^ la diligence nécessaire pour vous prépa^. rer. Si dès Kmitrée de ce saint temps, convaincu comme, vous l'éti^ d^ désordre de votre conscience, vov9 eussiez eu recours au rem^ que rÉglise vous présentojt, et que, par une prévoyance chrétieni^e, voua fumiez venu dès-lors vous soumettre i son tribunal, on auroit mis ardre à tput. Vous n'étiez pas encore ^n état de participer au corps de, iésna-Christ, maïs on voua y auroit disposé; vous étiez trop foible pour manger ee pain de vie, mm^viffom auroit fortifié ; pn auroit guéri vos plaies, on: vous auroit CKcité à, sortir de vos habitudes, on vous au*, roît fait passer par toi épreuves de I# pénitence ; et, après les épfeuven de la pénitence, revêtu de ia robeldenoce, on vous reoevroit enfin maii|« tenant dans la saUê du fesiin. Aussi est-ce pour cela, Chrétiens, que le earéme cat inadM ; et nous apprcùoons des anciens o^^e&que dès les premiers joursdb ce je&ne solennel, on oUigeoit les fidèiies i s^aano? tifier, c'est*à*dûre, dans le style de l^riture, à se purifier parla çm^ fesabn » et qu'unies préparoit ainisi à célébrer (dipoemeni la pâque* S'il y avoit même des pécheurs publics, en les fausoit parottre ^te le îour des Cendres couverte de ciliço»^ pour les initier, si j'ose parler, d^ la aorte, en les agrégcyr parmi les pénitents. Voilà comment ou eu usoit!; et noua voyons encore dfWS Aiudques églises des vestiges d'une disdr piine ai reÛgieusoet tsî louable. Toutefois ces pécheurs, remarque le doctenr «Relique saint Tboma^i n'étoient pas plus coji^p^les que plij^ aioirs deiBOUs ; et le corps de Jésua^hrist, qu'ils dévoient recevoir, n'^ toit pas plus s^t ni plus vénérable pour eux que pour nous, ]|ajs a^fourd'hut roi|> a trouvé moyen d'abréger les choses^ (çt, si je puiji me servir db «eue expression, d'en être quitte à bien n^oins de frajif. Je ne dis point ceci pour favorû^er aucun sentiment, par^culier , fft je n'ai pas même besoin de justification sur cela ; mais en vérité*, n^ cb^s auditeurs, avouons-le à notre confusiop, nous avons biçh dégénéré, et noua dégénérons bien encore tous les jour^ de la sainteté 4p notrefsi. Be tons ceux è qui j'adresse œue mstruction, ^ qui cooi- B, 2. 7

c'é&i^^ââ*^^ ùfnt d4 jdër90li&eê enssqféBB éaJns U péohëi i pria»

jii^è'élM y éHa-t^Uquéiiflieè uns qdi aient fait te moudre eShti finir

së^pbner à la cMimnâiôii paseele. Endis^jemqp^eCiapiéiB^iMfi

lièerM)! I^air Mè (Mfittfier^t Gfipmém i oetce Mta procteuqemi wutii

dâl hmiitiied toiit clil^it&m}Hiè dé Hjoes * des Laaarei fcncàota enèiTefo

dtos'riMqféte i d^' EMM^ls non pn» dé ^ittQirf jours > «ait de quitie

nlMÎH ikMAi dé ^bâtHii aniféa^ qnt s« pr(>diiiront à laiaee de TÊglike /

et ip&i pleilis d'ùfi» cDbfiaice prééômptiiéuse» d^nandeixmt tout à* là.

ftM (|ii*èn les ééKè^ Kfï*oi les t^èssu^ë^ et qu'on les tmfk asteetf àii

mèMM 8)Ê$t»:tienr. Ah ! Inès Frèréè, fiTésrfè saint Bernard^ il n-q[>pari

âMV^'ânfièlgûenr Inlf-mé^è d'ôpér^er de sèmbUfafes prodlees : iietre

juMdétïoti et àotre ptrissaitcë âé rëlêM pbfaitjosqae Û$ ce mincie

est au-des^s de ûô/in. Qiie faut-il donc faille-? ee qne fem eestroiqpee

TBêt% tftiï sortent de lëi^nsaleni, et <t«ri Be Àetieat f n maircliev da qiô^

ÉkieÀt i(j[b'\enès apprennefeit qaB Jésus^rist approche i OM éUS^em^

prûceèithint (Jôan., i^S^Yotts l'apprenez tOQS-mémeSi Chrétiens» liJt

je v^ift rantioficé actùèilemetlt de sa part : Sif& $poiaui tmii

(flU^th., 25) : oui , mes Frèrôift ^ poièfS vens dire^ foiciiVfioxiitiqai

ÈMft : U èét )>rësque kux pertes de>otre eœor^ et danstTolt ^peb 4e

là^H il y ddit fairie son entrées Jfé vlf>itt laissez pia «airpbéndre ?

ëxMi^ serviez, pôùi* ainsi di^e, fcor^ èé Vdusr-mâaaes , ho» 49 iamttU«

âè vb^ ^affilions, hôv^ de rembarras de vos iatriçaes nndbeiMf^èases ;

IftH \3d troublé et de la dlSsipaUoé oè vous Jettent v^s affaires tetn*

pfèfellés. îfe rèâsémbtei ^as à ces vierges Folks qni ^'endonn|ràit )

nlàlB teèiéz^ir^ni prit$, et âlez an-d^^nt du mattre^mnrient^rdus vi^

iSiet, '-BèclJte eÏMlm H. Si tods atei: difliÉN Jusqu'à ce Jbar; ^rès wns

ïâi«éfR*è^ènfehéti^ flévàTït i)(ën; appliquez-totts à ré|karer.oê «foè 9W|

?mîz fferdh de tehips. KjonAdéîtêil et lâisMiinietë del'ietion qbe mus

i^ëit i fliiie, et fa ^raiideur dd Ken qee voas avézè mceitoir. Iteir

)|if IMHEi nb tridffifpAiè sor table et ^ofifèHne à des incKnmiens, nAoe^iez

)>às'i^ettVo^pH^ patavres deviaiht vous- cbàrf ds de vos lA^ériliséi eudè

Vm ëx^Hnùftési tl '^ eà a d'ababd^ê^^da^s les prta»ns, de latognlMMS

dans les hiftpitiidt, dé bdbtenx daine fés fimilies ^ iohe»ol|et-toepoil>

Ibè ibnfejgfèh ëtlls se joindrom à vous pMr Vessueeoadei^; Mais sàli^

Tèfnt Màt^nk .ftms de la grande leçéa d«i t^rophèu^, <S¥Mtm imis^is

'j^arolè^ iPmômipemta fàcitm i^y in èmfe^niûme {PgaLdit^ AV9M

tjftîe cejDieu de glôitre yiMïé à vocfs; phé^enez-|eet|gagoe»l| |inr tinè

"éoHfèi^nf exabtè et sincère de tons les déréglemetats de'iibliQ yie. H'ut-

iendez pas fési^'au menieet qa'il tmdm Ini doMicr lé baiser de

^ai't ; 'vôtre liomâie seroit enébre isfb^ée de lïmparetë 4e vbsicrînies.

fN^ abiobrd'lAil; s'il sepeût, décbargeir-voiis de ee iasdeam fie^âiilqiij

yods sfSdible, afia qee votre ameiibt^ et dégagée puisse avancer i

^ûs grands pa^ vèrsceSergnéuiniûi ddgae bien de^ndvefMiiai?

^ I^Obe de srttajésté. Bb 4uei<l:4naii FV|re, «sprcml aftit Omfi

spç.M^'WKW'W» ftMiQ**g. as

7 1<|ÇM wur min m von tiMm.

r mi diffli parucsiier, a to.n «0.

-fP»»?C«s»W|»r.is«.«JC!

■»» du olwJliMiime. • ,

><;w« dm ta aimiii«ii,«,j un»,

«t. Ot CM arbre» é«iè«t<|«s ait P5 "*"» H»i«° porioii Is »», ,ad « de i)i«a : a dm mprou^m^ét

W» «yoibole, : q-«, ,„,:Si ,„^ ^ je ^marUttmt, u nous tJe porton* IcHJi™ que aqu-n^. remportée *tol»il^<!iuiMaTOiiscoÉicI|ié <«i »nl Augntiia «edil pas qn« <»rrempvtë,,peli,ueÉ,s„Ugt l„j 9 «ontaMr dtoïoir 6it Uk fu; (, '

a« eel e.piiit.«aoie„f a(, ^j, ,,; W plus liberdu , et ,oé cW un imclK» encom ptml ëluoiiemein. B

«près avo,r,a,a« ,é.iutle«w.r««c.Oe»tpX£a,tt*h^

K» SUR ' LA COBOniNlOir PASCALE.

ptsiiûB, que d'irriter là' cupidité. Vous sQocomberez donc, par des i^hate8;encore plus dangereuses, à de nouvelles attaques. Après un iatervalle de liberté et de fousse paix, vous vous trouvere^Iiis esclave etpluspéchepr que vous ne l'aviez jamais été; et si cçla est^yous n'^U» point du nombre de ceux dont Jésus-Christ puisse, être reçu en triompbei U £ant avoir la palme, et être vainqueur; autrement vous n'siveK point droit de* vous joindre aux troupes de ses disciples : pourquoi? parceqne vou» êtes encore dans les fers et dans la tyrannie du prlncjâ du monde. U s^agit d'en sortir une bonne fois , et de faire le m$me effort que réponse des Cantique,, lorsqu'dle disoit : Asçendam in palmanif et^apprehwuiam fructus eju$ (Cant.yT) : Oui, la résolution en est prise; je monterai snr le palmier, et j'en cueillerai les fruits. Quels spnt ces fruits ? les fruits d'une salutaire pénitence. Jusqu'à pr^^ept, diréz-vous, je n'en ai pris que les feuilles; je n'en ai eu que Içs apparenoes, que les dehors, que lesbc^es paroles , que tes idées , qiie le^ désirs inutiles et inefficaces ; mais aujourd'hui je suis déterminé à monter plus haut, et j'en veux prendre les fruits : Ascendam in fçibmm , et apprehefUam fmetus ejus. Il y a trop long-temps que Dieu, me sollicite, et je ne puis plus lui résister. Ces fruits ne seront pas, an goût de la nature; mais la charité, dont le goût est bien plus exquis, m'y fera trouver des délices qui surpaissent tous les plaisirs des sens. C'est ainsi, di&je. Chrétiens, que vous devez agir^ et que vous ferez triompher Jésus-Ghrtst.

Éqfin,. les disciples se dépouillèrent dé leurs vêtements, et les étendirent dans le chemin par où le Fils de Dieu devoit passer : Plu^ rima turbastraverunt vestimenta sua (Matth., 21) ; cérémonie dont je voudrois inutilement vous développer le 'mystère, puisque vous le comprenez déja;'cérémbnie qui, par elle-même, vous instruit bien mieux que moi de cette grande vérité , que pour recevoir dignement le Sauveur des hommes dans le sacrement de ses autels, vous devez quitter tout ce qui jB'appelle superfluité mondaine , surtout cette superfluité d'habits,. d'ajustements, de parures qui, selon la pensée de Tertuilien , est comme ^une idolâtrie et une espèce de culte que vous rendez à votre corps ; que vous devez , dîs-je , la quitter, non par des considérations humaines , mais par un respect religieux. Ou vous l'a dit tant de fois. Mesdames-, et personne ne le doit mieux savoir que vous-mêmes ; vous le reconnoissez devant Dieu .combien ce liixe. profane est opposé à l'humilité de votre religion, de combien de péchés il est le principe , à combien de scandales il vous expose. Mais Ce que lé ne puis comprendre, c'est qu'étant aussi portées que vous l'êtes à tout ce qui regarde la vraie piété, on vous engage néanmoins avec tant de peine à la pratique de ce détachement. Ce que je ne puis comprendre,. c'est qu'après tant de remontrances que Ton vous a faites ; après les règles que vous a données saint Paul, l'organe et l'interprète ^u SaintrEsprit; après les exhortations pressantes des Pères de l'É-

Page 1