SERMON POUR LE LUNDI DE LA SEMAINE SAINTE
SDR LE RETARDEVENT SE LA PÉNITENCE.
Maria verà aeeppit libram unguenU pretioHt et wiuoU peéeê Jetu, et emtenit pedu ijut eapilliê suit.
Marie-Madeleine prit donc une livre dlraile de pariato qui étoit d*an grand prix, la répWMtit for les piedi de Jésus, et les essuya de ses ebeveuz. SiiiiT JKiHj chap. m.
C'est pour la seconde fois que, durant le cours de ce carême » fÉvangile nous représente Ittarie-Hadeleine proâternée en la présence de Jésus-Christ , répandant un parfum de très grand prix sur les pieds de ce divin maître , les essuyant elle-même de ses cheveux , et renouvelant dans son cœur tous les sentiments de sa pénitence et de son amour. Modèle que je vous ai proposé» Chrétiens, selon les intentions de l'Église » pour vous engager à rentrer comme cette saiate pénitente dans le devoir, à sortir comme elle de voire péché, et à vous réconcilier avec Dieu par une sincère et une prompte conversion* Slais peut-être n'y a-t-il eu que trop de pécheurs que cet exemple a touchés , et qu'il n'a pas néanmoins convertis ; qui se sont contemés de Tadmirer sans le suivre ; et qui , s*en tenant à de vains désira ^ auproient souhaité d'être ce qu'étoit Madeleine contrite et humiliée devant le Sauveur du monde, mais dans la pratique ont toujours été et 8<mt encore tout ce qu'ils étoient. Mille obstacles les arrêtent, mille engagements les tiennent Ués ; ils gémissent dans leurs fers, et , sans avoir la force de les rompre, ils les traînent avec eux, et demeorent dans le plus dur et le pins honteux esclavage. Or il n'est plus question de délibérer, mes Frères ; il faut agir ; il &ut , par une salutaire vio^oe, vous tirer, ou plutôt vous arracher de cette, triste servitude^ et je viens aujourd'hui vous dire ce que l'Ange dit à sai|it Pierre dina la prison : Surge velociter [Açi,.^ 12 ), Levez-vous, et ne tardes pas. Je sais quelle illusion vous séduit, et par quels prétextes la paasÎQi vous trompe et yous joue. Pour calmer les remords intérieurs id^* votre ame, vpus ne renoncez paa absokiQientà la néniteiiee^. nuiis v^ius^ki
mh LE RÈTiIftbEMEMT DÉ LA PÉMI^ËNGE. !^ûè
diflérek ; irons ne dHtt p« : Je ne ttieoonVertirai jamais ; 'ce âtMpoit bk borrenr; ma» tous dites : Je ne me convertirai pas encore si lAc ; et moi , je veux voas faire voir les suites mallieureuses de ce retardement , et i'afireiit danger où il vous expose. C'est id , mon Dieu, que j^ai besoin de vôtre graoe toute puissante , et que je la demande par r intercession de Marie» l'asile et Tespérance des pécheursl Ave Mmia.
Trois choses , disent kt théologieiié , sont d'une nécessité indfspen* sable, ou , selon te terme de rëGotei- d'une nécessite de moven^ pour se convertir à Dieu : le temps, la gtaee et tai volonté: le temps, comme une conditioiisana laquelle hors de Difu rien n'est posrible ; la graoe, comme le principe d'rt dépeéd teMeutieilement la couver^ sion du pécheur : et la voionaé du péebeun, comme le sufer Aiéme de cette conversion. Or, cela pcjësupposé , : voièr d'abord en trois mots tbul mon dessein , et ce quefentceprends d^étAUr: Je vew^ous montrer combien la conduitA4'un|iéohéur qui dlff^ sa conversion est téméfraire : pourquoi? pareeqii'en remettanttt's'assore de trois choses sur lesquelles il doi| le UMUs cqmpter, et dont' il a phis lieu ds'sé d^er ; savoir, du temps de k péAiieaoevdel»)frace de la pénitence', et Héla volonté de faire pénitence* Témérité, lorsqdHI se promet d'avoir un jour le teoips de se convertir à Dssn, e^esdla premièi*e partie. Témé» rite , lorsqu'il présume que la graoe ne lui manquera pas poui» se convertir à Dieu, c'çst la seoo^ide. Témérké, lorsqu'A se répënd dé hiiméme en se flittant qu'il auca la volonté desetonVertir à Dieu , c'est la troisième. Ces penséejsisent commîmes ; mais pour être communes^ dl^ n'en sont p$9 mpins soldes» m moins ppopt*es à ftire impression sur vos oc»irs. .'»...
Je parie donc ici d'uii[ homme du liiohde ,[qtii vit danis le désprdre du pééhë, mUis qui n'a pas néanmoins renoncé k l'espërance.de sopi saint; qui demeure habituellement daiis te db^race et daps la hfiine deDieu , msns qui toutefois est bien résolu* de n'y pas persévérer ju^ ques à la mort ; qui prétend enfin ^e convertir^ mais qui ne le veiit pas encore si tdt. Cela tfesef pleut, direz-vôùs'^ et , à prendre les choses moralomcnty'ces deux volontés paroisseat incompatible^i^ Peut*étré, ChréfteUB, pourroit-on dire qu'elles le'sôî^t en éfFet ; mais supposons qu'elles ne le soient pas \ti ; pour la coii,vi6ti6h 'entière des pécheurs , donnons-leur cet avantage , que ces deux vô)oip|tés puissent s^açcorder. Que fait un homme de 6è caractère? voiciié premier fonderh^n( sur lequd il bâtit. H s'assure du temps , et du tenjps de faire pénitence : deux choses bien différentes, comme vous vertez/iedis qu'il s'assure de l'un et de l'antre ; cat, s'il avoit le moindre doigte , ou qu'à Tinstant que je lui parle il cHtt mourir, ou que dans ce qui lui reste de vie il ne duc jamais trouver- on moment favorable pour sa conversion, dès-là
f/r ^t |p déj?i de ]^ cqnyfi^oii , ^ i{ a^ ^opet^ 990 «evVwffRi.w
lauâroit davantage pour comprendre d abord la vérité de cette aarok de l'Ecriture : savoir, qu'il y a une espèce d'enchantement, disons mmrâ'^atm^mm 4Ms,k» i^pM» de« koMune» aur '«& ttin reiN^^ 1^ ^iW ^âewi)» akotf f«s(4iui« Is'il vous plaÉ: y' <to plâMt ééoti<i teasM«tiu0iHyfifaispwaBtfli|pcfetfe|iMtJèté.. f '
iHic»8»»ic« 9MW r»âeQBvli«MfifWt daê daeMn icfji^fovm, fl a'eti fim^M.mi^.Mitmi»» m éép^mb maUm/ô» hii tri irai soittR^tii jqJMS w^pwiliw» que lettaops fotpifr.t piiaèipe ëVid«M et kiedtfièsf»M# }.4'*é «U'enisuJi qm» c'iè6tcfaMe'«|ateiij|tei|eBt «xtréAed^ se Te eieiH»^$«e., «twe pné«o«itlJ0it<4eL ofén i!é|mUi«i La «c«îsé^nce fSi f^HWi <()W mAo a •'«BSttceride «erqiu.ft'xat pîtHeneM en'notré
fi^t f*,<ïn'W=tF»te dtttis k-i||«tclèétee«FiAN| dèitUrtiIttl» dé feUe. H A,y a (}i|er»figvr«,da stO^toàiivàir en VAuIobb MÙQnâkt jàèeK H^ii i>'i« jusj#««it 4«»r«fWi» dii»l«t qwceaewaxime etaëmé , è\À Jmm^^»mimim(tiMi Mtét»e ^piffAaMfitmm. reÇUé^ «ùisqti'fl m W^l^tPP <li< pfSM dj«B ie xMbdé posr fcii*, le siiliit b'y «i^ou- 11^ ;i^« »'f9(i(ili9 iiK ^fit Mi»:, «Mte li'«tGès«» tf cotiiMé>de h .¥>l^- ^ipr9ii»«;ft»^«ï«M9 Fcènai, #DiU»*amt AufasUn. ë«d ttërite Ijq^. 9|tMi^W: tfw «çois difiWrenee» tfàl pam^eitt lé «étiip», '^eit^idire du passé, du présent et de l'avenir, il n'y a propî<eiâèèt' «lê lè présent qui soit à nous , et«iir -quei ÉomjNiissions compter. Et quand
fertlenoent. Ito.npaBV,a.W>^P^^-Iàpùje pw(w«i«ep«)^SwrTi C-f? 'T • ""H 9-^' W>' P y » mpe|«i-l|k où Je, «« tm^^h ai *îaîht Augustin , 9^6 tout ce qiU ^ îai bw» «te «Jw^Ttefe^M le
3IW l#:iynAJii9E|PV^^i^4;]ïïil)^ljE^ÇiU, 111
«rim ^Kunoit pc«««at af^«l leur ^« ( M HMûtit ne». .C^« e^i^e .de sai|tt Aj Uet Si 4e«|ei0 dyùs^tit tour qie çoay^tif
j'y peMe t «un ;p4>iif 4'it^ai ^ P^eu t^ je je «fï fl?U"ieM et je lui obéif
««^fi^bnw J8id^9ri^[e«t avejif^le c Miborbcb
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tmmiitt #wtW'b#i U voix du ^e I2 pas vo*
Ipil.IflirleHr 9b^|ig^oa,g'ëi^if^jretidus iidigaes ifetliref dms là !^fl$jltw0i«f>^f»¥''^\(>it promise: *pf^'s, (fis-ie, les avAif prataés MT HjtoHtt avefl4«^ If ^:e^iie ^ cbar^ié l(u'itaspiroit,'Coklcillt pktj«m ^C!^il|^^Hli^é^4fmn^ifi douie a^e vpiis '^yez jamais fait râluiotiil Yiiete ergà , Fralret , ne farf^ t'tt m aîiquo vestrunf co^ mattan iwvtà» H^W ^^eietu^fi. Sko v'uio; ted aàhortamini voimeti]iiot per tiitpâit à^, «toW WîP VftsPtmmiuT (flè^., 3 ) : Crajgnez daiic,'tàW PWf e», ijii'il in y m mq/t^^oja de wj^s jw food;s ou d'incrëduKié on de maligoil^, .qui f|é}Qigii« du pieu viviuit ; j^àais ç&ho'rtez-Vous sana oessb Itt ws iet aW<)B, taf 4u que djiire' ce tçiiips que l'£mlure sppeUb «qfovrd'jbH^, {ifi|r<)Mue.vQus deveé.étrè persuadée qne ce i^m s'appelle «g'fNnCAw Qst ,pour i^ous \f lçivp^ des miséricordes du Sèi^ew: DoHfeJhM^iiç^Da^ntiwttur. Voyez . reprend saint Ctyrsostomb, tlut niable ^U^logiis <te WÙnt P-iiul = il s'exhorie pas les Hâ>rèDt tl Ht oooKnir-^MUi^fBi.à ifuivTeiejt^unii&res (le la grac« atiand Bifll^ i]fiM Jibne« é^ («Tiliùiv i;inbarras du sièt;le, ni à revenir âe lenrs «preun du» v^ ç«f IMu leripe ^ù'il af^roU pu leur marqua* : poiirqmi<? MucQcyWituWj^bprMttiQa eCkt ^tè vaiaeet inëinp'troœpëiué,' car, m IW<duaAi.C»«yett^^-)[QU$ denwVr ^ eût supposé quëmleuMmùiiétQUtk^MirëjHitir eu^, e> qu'ils eu étoienl mâilfeS; ttthoAl qàe çeiend^otMéloit^piopre 3 l'execulion des ordres de DEéd qu'ittêor ftyiiifioit. Of^t(siiié\é u^iesupposiiion fausse dans toutes ses pbrtîM; ei liiw iW) dfi 1#» iastriiirë utUeineiit , il leur tùx Pressé uU pi^- Mais ^ue lear(Jiî#f Ahl bk? Frère^, çxhorte?-vous les iios là a«tres, ywidm que i(9wJ^«p]H)s$e;^n de cejourpreseiat, paTCe<|ifeoe joar présent -^^x i^«i;L,put^r vyiis qiie tous les siëelts cbtnprts dws la duï:^ in^fiaw:^« JDjpfi i parç^^^ c^ jour présent est le ibtri pWnt d«r^(inii^-4ViqHsU^I>B.<4rez^,rciit;eDun inot , parcetlu'h ii'y a qrfe
PfeUlTËNaE.
QA jour présent où vous puissiez sûrement et ittfidUible«ieiit ppémr
çLè bit doijic le pëchetir qui dif^re , et qui né "âedéterinnie jamais à wendre pour sa conversion ce jdur^i importait ; qui , 'dtttft 11ndispen-« fl^le nécessité pu il est de réformer sa vie, se repose toujours sur le |0i4emain ; qui voulant , eu quelque sorte , composer avec Dieu , par le partage le plus injuste , donne toiijjours à IMéu tettemps à venir, et use du présent jiour soit Vcst-à-diré donne toujours à Dieu ce qu'il n'a pas et ce qu'il ne lui peut donner, et ne lui donne jamais ce qui a et le temps dont il pourroit disposer pour fui en faire un sacrifiée. Mréable; qui, dans Tintérieur de son ame, seinble ainsi s'expliquer èltti : Seigneur', ne me demandez {>as encore cette année , dont je veto feuijç'tranquill^ment , et je vous en promets d'autres auxquelles |e ne MÎs^ii? parviei^ai jamais. Que fait-il,' encore unëfcSs,^e pééliéijrr? Il jalonne ,^ répond saint Grégoire de Naziaiue, et il parie en ite* sensé; puisque, outre L'Id justice qu'il commet envers Diîeli, il trahit tes propres iiatérêis et se contredit lui-même. Ccwn.rtfétat eéla? parCfe- «u'il ne veut jamafs se convertir dans te temps oïlMe peut toujours ,' ai4 est rheure présente ,• et qu'il le veut toujours péur le teffl^B où il W te peijit jamais,, qui est le lendemain : car le Tendemaun, àelon rin!- .g^^use reiïiarq^ue de saint Augustin, dont je;voU3 ai^afalt part , ne jltoU ni ne peut être le temps de sa conversion. . /' * . , '
Mais encore pourquoi n'y est-il pas propre, et qi^eliè qualité à-t-fl îrii contraire à Toûvràge du salut? Il n'en fautipoint d'iiutre^ l'af- ^euse incertitude çle son être et dé toutes ses circonstaçces : car c'est une chose que nou§ devons bïent)bseryer, poursuit etoeUemmentuiAit Auffu&iîû, que quoique toutes les parties du temps soient de même esi^» et' le ps^sse et le futur ont néamhoins/'par rapport à nous, une ^iwsiiion ipfiïî»e; et qii'autant qtiTil est vrai qu'a notrèrëgard tout est déterminé dans le passé, autant sommcs-nôus cotiVaiûbUs quetqm est incertain dan^ le futur. Incertain s'il sera, qui le pisUt garantir? ièiw^^ain combien il durera, à qui Dieu l'â-t-!! révélé? incertain quelle issue ^^Mra.fuï^este ou heureuse, subite ou prévue : c'^st un abîmé d'obscuritë.ie yous' demande donc,' Chrétiens, un t|émps de cette nattire est-ir p» 0p,re à la décision de I?i pte essentielle de toutes les af- ]ftf^^», 4*f^ W* ^^ ^^^'^"^ ^ Dieu? Hé! mon Frère, oondiiôfe saint Jé- '<rôme« que v?us prenez mal vos mesures*, de vouloir, dans un temps ittcectoiû, feire une pénitence certaine ! car il faut, ajoutoit-il , que vous sôy^ également persuadé de ces deux vérités : la première , qu'étant .ceriâinemçnt pécheur , vous ne pouvez être sauvé que par une péjiitence certaïnp'l et la seconde, àu'une pénitence toertàîne né se peut &ire que dans un tetaps certain. W'fest-U donc j5àâ bien étonnant que t Yous vous proposiez dans le futur , qui est rinceriiiudèiïiéme, une cottversion telle qiie doit être absolumeûtcteHéqùi notfssatfve, ^tdont dépend notre bonheur? Voué me répbndrez (ceci est enceiN^ de r^-- ^ -
Sim LE RETARDEilBNT iffi LA pÉrniBiiCB. m
emin) qae Dieu , par leplus solennel de tons les sermentt, a promis
promettant la rëmission et le pardon à votre pénitence, a-til «ronS à TOtre i^Ugence et à vos continuels retardiments le IwtanffZ Toosyonsï,romettez à vous-même^ VerimdicU,v,odD^^SZS^
de commun , de pardonner à l'homme qui déteste son péché et d«Z donner le temps de le détester : et quand Dieu s'est oWicé'à l'un fl
nes'estpomtengagéàl'autre. Tous me citez le, prophètesfwurîî^ fer q«^ ce Dieude miséricorde ne méprise jamVun^cïï^S^
^mOuSi et cen'estpasdeqjwiils'agit, puisqu'on en demeïïîîlS «^rd : maus dans qud prophète trouvez-vous que parcequeTest i Dieu de miséricorde, il doive prolonger votre vie, £ que voua av« le loisir de preidre un jour ces sentiments de contriUoJ : &ïït Z
v,tam (Idem)? Non, non, ne vous prévenez pas d'une si daUrenZ erreur; <^r, pour vous en détromper, voici la conduite pSoedeSgesse (çi'il a plu a Dieu de l«nir. Il a considéré danaleWSediS sortes de pécheurs : les uns foibles et pusillanimes, qui n'etoér^t pas assez? et les autres vains et téméraires , qui espéroieat ti^TDoîr 1^ posiUanimes et les foibles , qu'a vouloit consoler, U a étabU l'an? nitence, comme un port salutaire qui leur est ouvert: et nour las tS" méraires et les présomptueux, qu'il vouloit contenir dansle d^aîr' il a ordonné que le jour de la mort fût incertain ; Propter eot atddL' '^'Î^J^T^hT' P'^P^J PoinitenHœ portum; et priera qut thlaumibttt tUuduntur, fectt Ikem moriis vicertum (Idem). Cduitt trouWé de b vue de ses «rimes , tomboit aussi iîien que Caïn da» aài secret abattement de cœur. Dieu lui a dit par Ézpchiei : Non ne mSs point la confiance que tu as en moi; car quelques crimes mt toaiL commis , au moment que tu les pleureras , Je les oublierai. Cdm-dm contraire, fortifie d Une promesse si aulhenUque, ou plutôt l'interoi^ tant mal , péchoit avec sécurité , et conservoit en péchant une Ans» paix. Dieu lui a^dit au même endroit : Crains , malheureux et dâ^ toi de ton espérance même ; car , quelque authentique que st^tma orl messe, «Ile ne s'éietid point Jusqu'à te répondre de l'avenir AinsiD^ r^rend saint AugusUn , a mis les choses dans un juste teinpéFani^' et, par lincertiiude de l'avenir, il a tellement permis à l'h^unedw' pérer toujours , qu'il le réduit à la nécessiié de ne dif/érer jamais
11 n'y a donc rien de certain , mes Frères , dans le futur , que son imcertitude même. II n'y a rien de certain , smon que noua y serons soiL pris. Car le Sauveur du monde nous l'a dit en termes formels • ùuà horâ non putatU (Lcc. , 12). Après uneparolesi positive, mais si terrible, ^jouterai-je encore au désordre de mon péché le désordre de la plus criminelle et de la plus insensée témérité , remettant toujours 19a B. 2. g
«4 àim Lfi RETARDËfeÈI?* ëfe Li PÈNfrEf^LE.
^é ip causé de mon ipfipëniteiice Si^âle f PôuiîiQoi cet appel opipjàtfe ain lendemain, contre f oracle de la sagesse gui trie le défend : Ni gïorïeris U crcttiiinùnt {Prov. S7) ? Puis-je Ignorer que ce lendeo^àin a perdu deà âmes sans nombre, et que Veuf et est plein de réprouves giill a énçagés daiis le dernier malheur? Ils se ilattofônt d*un lendemain , et il n*y en àvoit point J)OUr eux ; ils avoiènt fait un pacte avec la mort , sèfon rfexpression du texte sacré , et )a mort ne le gardoît pas. Est-il erôyabte qu'elle changera de nature pour moi , et qu'étant si infldèje ^ilrlè i*este des hoinmes, j'aurai %ehl droit de jpiouvoir m'y fier? Quand jnèlne je Tanrois, ce lendemain ^ sera-ce tm tempà de pénitence et de eôfaversioa? Toifte sorte de temps n'éàt point Ib temps delà pénitence;
* 61 c^t tin abus insupportable dans l'iiomme, de croire que parceqii'il Mii le temps peiit-étre d'exécuter les Irivbles desseins que lui suggère son avarice ou son ambition , il aura celui de travailler efficacement t son sblut. Si cela étoit, en vain, selon le raisonnet^ent de saint Au- IfâMki, les prophètes notis aurbient Recommandé de éfaercher Dieu timdis qu'on le peut trouver , et dé i'InVoqÛer pendant qu'il est proche de nous : Quœrite Dominum dùm invemri potest , et învocate euin dum propi est (IsAi. , ôS). En vain Dieu lui-même nous auroit-ii dit : C'est, AU temps faroirable que je vods ^i exauce, et c'est au jour du salut que je vous ai aidé : In temporh accepïù éxnudivi te, el in die éalutis adjuti tè {9; Cor. , 6 ). Eh vain Jésus-Christ anroit-il uiènacé les Juifs des dernières ealamités qu'il leur annonçoit^ s'ils n'usoieni bien tlu temps qu'il teiir donnoit; Car si tous les temps soiit également dès temps de conversion, ces prépositions et Ces menace étbient mal fondéëç. Mais si eMes éloiënt justes et vraies , conlmenous Xï%n doutons pas, il est donc vrai qu'A y a un temps de péniiencô, choisi spécialeinent dé la pat^t de Bien i et qui doit être ménagé avec vigilance de la part dé Fbomme; et c'est celui qu'a voulu définir saint Paul , quand il disoit : Ëcce nunc imjm» oeceptaHk {\h\d). 11 est dojîc vrai qu'il y a des |ours de salut f)la8 Iteurèux que les autres jours , et, comihé tels, marques dà^ f oMre de la prédestination divine : Ecce nunc'dies salûtis {[Ibid.). Il est
*tlDne vrai qu'il y a un temps particulierpbur trouver Dieu ,; horsdiiquel :6ft lë%1ierehlB inutilement: Quœreiisme, et non fnvenferw (Joan. 54).
• fCoitô tfMbAs bien, dans le langage inéme du monde, que toute sorte de tempS'tte cohvient pas | toutes sortes d'affaires ; et , cOmnie parle Sâk6mfb , que toute affaire veut être traitée et négociée dans son temps : tf y tttf oit-if que raRuire dti salut qui Fût exceptée de cetl^ règle?
Ah ! mes chers auditeur s, voilà le grand scandale du christianisme. 81 nous sommes anaqués d'une maladie , nous étudions tous les temps , nous les observons avec exactitude , nous ne remettons point à démain ee qui se peut faire aujourd'hui; et tout notre soin est die bien pre-
^ te oqeMrOiHis pour le ^ui in corp». Um y^git-H de notroai^ frappée de la maladie la pbis mort^alle , qui eal le péché, et iofeçi^ <^ la cnrtagioa d' me ba))iiiide ndetise dont Û la. ^t £^rir ; noun viyoi)^ traaqittltea et sans inquiétude : J'y m^^rai ordrp» disops-pou^ , pi^ lien M iM )[>res$e ; je ne m\B p9» eqcQre ^n état, ^ je ivouy^rai fôi^x joim le teoâps d'y penaer. Vous le trQU^^ez» Çbrétieoa? mfua qip} «DUS Ta dit? Je iveux qu'il ymii^ r#«te ^c^e.de^ qinqfieB, ef méfpeplpr sieiirs «wées de yie : qui sait ai diti)3 œa asAée^ qui vpus resteu^^ i| y avra pour yioas unjour de salut? SouiieBdDS^iqus, ï%e^ frères , fx>^T dut saiôi Bernaed , ramassait nn àew moO tout le f^ de cette p^e? mèr%ifntà^9 sonyeneiisr nous qu'il y a dfis tf^ps^t des iqoiueatsqu^ le Père oélesl» s'es^ r^epvés, et q|i*il ie muç appgri|ent p^s ip^e^e eoBBûitne, biep loin que Q0«a e9 pui^us disposer • ^/^pora et mof
daas là doctrine de tous les Pèrêa. sppt jpepii .de la qpuyersiou et du sa' kif. ^SottysMns-nwafiuê, eompxp il «'a pa§ plu ^ Oieu d'euvpyer ^ ttmie sorte de tei^ uto Bédea^pt^ur ^m Messi^pp^p le sal^i gép^r^l fia luotdil ; <pie aomme il ue )a| a pas plu w r^paiôdre sur les roy ^ipa^&s et sur les nations la lumière de rÉvangile dans tous les temps^ ^^fs^ ne lui plait-il pas de convertir en particulier chaque pécheur daus tous les moments. Souvenons-nous et c6m prenons bien qu'il veut nous saa« vïer pbia tà{>éâ^I«»ietot dans ua te«fep^ qu», dam m autr^^ ef, qu'^^ffint pour cela desmDments de:cbN;8: , le plus gra^d de tous )es mal^ieur^ eec que oeaj^omenis nen^ é<A(a|»peiit et que uPiis iesn^)igiQi|a; N'oij[<^ hiioDf jftnuMs leaéiûiinakitei parolee du Sauvepif lor^ii'il p)^i^r^.§f!r ^ maalèlii ,. ai plutât « comme ie vous le disois bi^r » ai^r le% {^c^etini doBi celle ville infot lun^ é^t la figure* U ja rf^ariija ayec ç^wf^ tio9^ ofp point pareeqii'elle dirait 6m par le^RopaJInsi npp
point parcequ'etle éMMt à lu vjaiiledela ruine la plus entière , noppgint parfieqœ ses en&k^s alloient être > fy^me.Caïp, $;]^t^r|piné3 de Ig p^ff§ | le dirâi-je? noa point ïnépie pareeq^e \^ Saiat 4^ sainte devoii bi$pn tôt y^e leanéamné à hi mort , ,^ à k aiort la fJm hfitktai^se §t la j^ craeBe; iiaîs fiaroequ'eUe n'av^t pas cgn^ 1^ jouf dç s^liM fe4lu\ éioil doni^, et où le Seîgnâir luiappi^rtoit la paix .: Quia mi ^^^i^vii* tel el tUf et quidem m hèc die tué, (iim êi fimem tiH (tuç.^iî)}. Yoi|| ceqnî fit irer^de&larapesau Fib'de Dieu. Il n'imputa pQÎnt iar^^i^or bation des Juifs au déicide abominable qu'ils alloient commettre dans sa personne, niais àl'aveuglemwt volontaire qui lea^pédKÛtde <^nnoilRe le temps de la visité du Seigneur : Eq tyi^d nen ^^itpv^is tem^ pui vintationk tute (Ibid.). Or nous lecQpumsaonSi Clirétiaaç» pe lenps de la vîaifee de notre Dieu , c^ jour qui no^s est acoordé , /« kâe die tmâ. ftousieoonnoissQns; ètpei^t Âtreàrinsiantqueje.vQusp^rla, Dieu vmis di^ilseer^tement i Voisi, pécheur^ v^e jpur, vpiçi le temps, que l'ai deaiiné pour vous i cest aidonrd'hui qu'il faut q^iil^ cette vie
il6 SUR LE RETARDEMENT DE LA PÉNITENCE.
libertine; car je ne veux plus de retardement l^iEcee nuhc tempuioc' eeptalnle(^. Cor.^ 6). Mais que vous arrivera-t-il , mon cher auditeur, 81 vous consultez l'esprit du monde, au lien de vous rendre attentif et docile à la voix de Dieu? vous sortirez de cette prédication avec cpielqnes bons désirs , mais désirs vagues et sans conséquence^ Yqus sentirez bien que Dieu vous aura visité ; mais sa visite , par Tendurcissement de votre cœur, n'aura pas Teflet qu'il prétendoit. On ne dira pas de vous que vous ne l'aviez pas connue ; mais on pourra dire que , la oonnoissant, vous en aurez abusé. Enfin » si votre conscience vous pi'esse, après avoir cherché de vaines raisons pour colorer votre lâcheté; après avoir allégué tout ce que peut inventer la prudence charnelle ; après vous être défendu par mille prétextes d'affiaires qui vous occupent 9 et d'engagements que vous ne croyez pas encore pouvoir surmonter , vous renverrez à un autre temps ce qui doit avoir la préférence dans tous les temps, savoir , votre conversion. £t paroeque pour l'accomplir il faut un jour de salut , et que dans les principes de la théologie il n'y a qu'une grâce , je dis une grâce privilégiée; qui puisse faire ce jour de salut , en vous assurant de ce jour vous vous assurerez de celte grâce ; et c'est ce que j'ai à combattre dans la seconde partie.