SERMON POCR LE DEUXIÈME DIMANCHE ÀÏ>RÈS
L'EPIPHANIE
SUR L'iTAT DU llARUGB.
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Non seulement il y fut invité. Chrétiens, mais il y assista; et en y assistant il les approuva, il les honora, il les sanctifia, il en bannit les désordres, et déjà il pTit des mesures pour les consacrer dans l'Église par Tinstitution d'un sacrement. Ce ne fut donc point en vain, ni sans dessein , qu'il y voulut être appelé, vocatm est autem et Jésus* car c'est de là , disent les Pères ; que vient la sainteté du mariage; et si Ton n'y appelle Jésus-Christ, il n'y a plus rien dans cet état que de profane , ni rien qui le relève. Mais je dis de plus , et je prétends qu'il ne suffit pas que Jésus-Christ y soit appelé par les hommes ; si l'on n'y est d'anord appelé par Jésus-Christ même. C'est-à-dire , mes chers auditeurs , que la grâce de la vocation par où Dieu vous sanctifie pour entrer dans l'état du mariage doit précéder la prière , et comme l'invitation par oii vous voulez engager Dieu à s'intéresser dans la sainte alliance que vous contractez , et à la bénir : prière inutile, sans cette vocation divine. Mais si c'est Dieu qui vous appelle, et qu'ensuite vous appdiez Dieu , voilà le modèle pariait et la véritable, idée d'un mariage chrétien. C'est aassi l*imporunle matière dont j'emirepreads aujourd'hui de vous entretenir ; et parceque Je n'ignore
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pas à quels écueils mon sujet m'expose, j'ai recours à Dieu, Je m'adresse à lui comme le Prophète , et je lui demande qif il mette une garde à ma bouche , et qu'il ne laisse pas prononcer à ma langue une parole dont la malignité du siècle puisse abuser. Implorons encore le secours et l'intercession de Marie , en lui disant : Ave Maria.
Saint Augustin parlant du mariage dans un excellent traité, et rapportant tous les avantages et tous les biens dont Dieu a pourvu cet état , les réduit à trois principaux : à l'éducation des enfants , qui en est la fin ; à la foi mutuelle et conjugale , qui en est le nœud ; et à la qualité de sacrement , qui en fait comme l'essence dans là loi de grâce : Bonum habent nupticBy et hoc trtpartitum^ proies , fides^ sacra' mentum (Ace). Ce sont ses paroles, répétées en divers endroits des ouvrages de ce Père. Et en effet , c'est un bien pour les hommes que Dieu, par l'institution d'un sacrement , ait établi des^ alliances entre eux , et qu'il ait élevé ces alliances à un ordre surnaturel , par une grâce dont ils sont eux-mêmes les ministres. De plus , ce n'est pas un avantage peu estimable pour une personne engagée dans le mariage, de penser qu'une autre personne sur la terre lui est obligée de sa foi, et que, ne lui étant rien dans l'ordre de la nature ni selon la * proximité du sang , elle ne laisse pas de lui devoir tout : amour, respect; complaisance, fidélité. Enfin je prétends que c'est un honneur aux pères et aux mères que Dieu les ait choisis pour lui élever dans le mariage des enfants, c'est-à-dire des serviteurs dout il soit glorifié , et des sujets qui amplifient son Église. Voilà donc trois grandes prérogatives du mariage : c'est un sacrement , c'est le lien d'une mutuelle société, c'est une propagation légitime des enfentsde Dieu. Tout cela est vrai. Chrétiens; mais ne pensez pas que ce soient des biens tellement gratuits, qu'ils ne soient accompagnés d'aucunes charges : car voici l'idée que vous vous en devez 'former, et que je vous prie de comprendre, parceque j'en vais faire le partage de ce discours. De ces trois sortes de biens résultent par nécessité des devoirs de conscience et des obligations indispensables à remplir dans le mariage (ce sera la première partie); des peines très difficiles et très fâcheuses à supporter dans le mariage (ce sera la setonde) ; et des dangers extrêmes , par rapport au salut , à éviter dans le mariage (ce sera la troisième). Or, je soutiens qu'on ne peut ni satisfaire à ces obligations , ni supporter ces peines, ni se préserver de ces dangers, sans la grâce et la vocation de Dieu. D'où je conclus qu'il n'y a donc point d'éiat parmi les hommes, oii cette vocation divine soit plus nécessaû*e. C'est tout le sujet de l'attention favorable que je vous demande.