SUR L'ÉTAT DU PÉCHÉ, «TC
été , qptk IMra nous béatifiera ; mais qu'elles seront toujours oubliées , toujcHirs réprouvées , parcequ'elles n*ont point eu ce germe de vie qui deYCHt les animer, et les rendre agréables et méritoires. Yoilà , chrétienne oonEipagnie, le point important que j'ai à développer; et j'avoue d^abord que je ne puis assez admirer ici la profondeur et la sévérité des jugements de Dieu. Car enfin, s'il étoit permis d'en juger selon les premières vues de la raison humaine, je ne m'étonne pas que les actions les plus éclatantes el les plus glorieiises selon le monde soient souvent les plus indignes des récompenses de Dieu : pourquoi? parcequ'dles sont souvent les plus vicieuses dans leur fond. Combien de grands seront damnés pour les mêmes choses qui leur ont attiréTaàmiratîon et les applaudissements des peuples? On les louoit de leurs entreprît; et leuira entreprises, dit saint Augustin, étoient souvent des injustices énormes. Us se rendoient célèbres p^r leurs conquêtes ; et leurs conquêtes , ajoute ce Père , en parlant des . héros du paganisme, n'étoient commuiiéfflent que des brigaiidages publics. Je ne suis point surpris que certaines vertus, qui sont en effet des vertus, et qui, comme telles, servent d ornement et de lien à la société civile, Thonnéteté , la probité , la fidélité, Téquité dans le commerce, l'intégrité dans les jugements, la régularité dans les mariages , la modestie dans les succès , la force et la ^constance dans le^. malheurs , ne soient ordinairement comptées po^r rien devant Dieu; parceque ce sont des vertus purement humaines, qui, de la: manière qu'elles sç pratiquent dans le monde , n'ont point la foi pour principe. Je conçois même (ce gai arrive tous les jours) comment des actions chrétiennes, an moins en apparence, sont cependant rejètées deDieu., pa^ce^qu'elles se trouvent, corrompues dans l'intenUoii et 4ai^ le potif | dévotions que la vanité soutient, ferveurs de zèle que Tinférét allume, exercices de péni^nce et de bonnes œuvres dont 1 hypocrisie se pare,; voilà ce que je comprends. Mais q\ie dçs actions vraiment religieuse et .saintes dans toutes leurs circonstances, et à quoi il ne manqua rien, hors qu'elles n'ont pas été faites dans l'état de la grâce, soien); éternellement et absolument perdues : ah! mes cher^ au^teurs, c'est là ce qui me £sut trembler ; et si nous savons peser leschoses dans la balance du sanctuaire, c'est par où nous devons connoitre combien le pér
rinthîens , quoi que je fossé, et quoi que mon zèle m mspire, si je ne suis en grâce avec Dieu et si je n'ai la charité de Dieti « c'est en va^ que je travaille. Quand je parlerois le langage des anges, quand j'au-; rois distribué tous mes biens aux pauvres, quand j'aurois Uvré mon corps au feu et que j'aurois souffert tous les tourments; quand je ferois des miracles et que j'aurois assez de foi pour transporter les montagnes; sans la grâce et la charité qn Taocoippagpa, je ne suis
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tl&iy et tout ce que je flai^ ne mësert à rieo. Ainsi pàrloit (set tomme apostolique. D'où saint Ghryso^tome concluoit (ce que nous denou» conclure nous-mêmes avec lui) que Dieu donc a bien en horreui^ lé pëchëy puisqu'un ^eul péché suffit pour faire disparottre à ses yeut et pour anéantir dans son estime ce qu'il y a d'aillenrs de plud héroi^ que et de phis grand. Car Dieu , dont ta nature n'est qae bonté ^ ^t que toutes ses indinations portent à nous faire du bien ; Dieu ^ qui , seloti la doctrine des théologiens, se plait à récompenser au-delà du mérite , et qui ne punit jamais le péché autant que le péché est punissable, né répronreroit pas des actions saintes en eUes-mémes, teDes qtîe sont les bonnes œuvres du pécheur, si elles, avoient la moindre pro« portion avec cette gloire qui doit être le prix de nos mérite^. Il faut donc qu'elles en soient bien indignes , puisque Dieu pôsifitement lés exclut , et qu'il y ait de puissantes raisons qui l'obligent à exercer uile si rigoureuse justice.
Or quelles sont ces ransons? c'est ce que je vous prie d'éooutef. Première raison , tirée de Tétat ou de la disposition habituelle du pécheur. Qu'est-ce que Téta t du péché? Apprenez, Chrétiens, ce que vous êtes c(uanâ Dieu cesse d'être avec vous, et que vous cessez pSix lé péché d'être avec lui. L'état du péché , répond le docteur angëlique samt Thbmas , est proprement un état de mofrt. De là vient qtiè )e péché est appelé mortel , parce qu'il éteint en nous , et qu'il fait mourir pour ainsi dire, la grâce et la charité, qui sont les principes de là vie. Spiritus estqui vmficat{SoAv.y 6), disoit leSauteur du moiidê : c'est l'esprit de Difeii qui vivifie, et qui nous comihunique â tén^\ en qualité de Jfastes et d'enfants de Dieu, une vie surnaturelle. Que i^it le péché? H étouffe cet esprit ,'ou, pour parler plus eiacteUient , il l'élofgne de bous ,* et par cette séparation , il réduit notre ame dau^ une espèce de mort plus terrible mille fois que cette mort naturelle ^ quf nous cau$e d'ailleurs tant d'effroi. Mystère qtfe Tà^^tro saint lacdùiés exprimoit si bien, quand H disoit que le péché, au moment qu*il raccomplit, 'engendre la niort : Peecatum verù cum consummatmjfi fuerit, générât tnoriem (Jac, 1).
, tk, Tôilà , nies chers audîteuraf , ce qui détruit d'abord (ôût lé Hiérîtè dès bonhésl œuvres du pécheur : Car comment , dans tin état de mort , pourroft-îl faire des actions de vie ; et , ne pouvant faire des actions de vie, comment pourroit-il nrériter la plus excdiente et la ' plus parfaite de tooies les vies , qui est là vie de la gloire? Comprenez, s'il vous piatt , la force de<;ctte raison. Tout ce qui est fait danâ IKeu , dit saint Augustin , porte le caractère de la vie de Dieu ; car C^est amsi qu'il interprète ces paroles dé l'Évangile, Quodfactum est ht ipso , vita erat (Joan. , i) ; c'est-à-dire que toutes nos bonnes actions, tandis que Dieu demeure en nous, et que nous demeurons en lui par la grâce , sont autant d^actlons vivantes qui se rapportent à cette ^ bienheureuse et immortelle que nous attendons. Hais dans
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VUbi ta pëobë, nous sottmes, pont parler dé la sorte, hors de Diea ; et oommê Diea ««t te tie de notre âme, elle oe peat, séparée de Dieu, opérer que des âctlois de mort. Qndqtte résdutioii qu'elle prenne , qodqtte effort qu'elle ftsse , quelque deroir qu'elle pratique, eHe n/b ml p\9êf et par conséquent il n'y a plus rien en elle qui soh vivant et aoteë; et parcequ'lt est impossible que des actions^ortës puissent jimaia oondnlre à la vie , la récompense étemelle que Dieu nous pi'épare étant , selon le témoignage de Jéëtis-^lirist , la souveraine et prsmière vie, Hœcett autem vite œtema, nteognoicant te (Joah., 47), il s'ensmit qu'entre cette recompose et les plus saintes actions du pé*chenr, il ne peut j avoir de proportion. C'est donc dans cet état que fou pent bien nous dire sans figure ce que l'ange de l'Apocalypse diaùl î un des premiers évèques de rËgUse : Sdo opéra tua , quia Mômem àaâeg quêd vivaà , et nujrtuus et (kpoc.^ 9) : Je saii quelles sont vos ouvres ; mais je sais au même temps de quel œil Dieu les regarde, et qu'aies ne peuvent être devant lui dé nulle valeur. Vous satisfaites i vos devoirs, vous accomplissez votre ministère; vous avez de la religioD , et vous en donnez même des marques publiques : mais avec oda tous n'êtes rien moins que Ce que vous paroissez ; car on vous croit vivant , et vous êtes mon. Yos acti4)tts dans la substance àont les mêmes que odies des Justes : vous priez comme euit, vous offirez à Dien le aaerifice comme eux ; vous exercez la miséricorde aussi bien qu'euiLt et peut-être plus abondamment qu'eux -.mais ce péché secret^ dont votre conscience est infectée, gâte tout, corrompt tout, en sorte que vous n'amassez pas et que tons ne recueillez pas atvéc eux : ponrquOîf parce qu'éiant mort , vous n'êtes plus éomme eux et étsit de travailler pour cette vie future, qui ddit iêtre lenr parta^le : Quk nÊmmhahei(iHiHtvivat,ttmortuu$eg.
Approfondissons elicbre cette pensée; Quelle est, selon les Pèfès de rEgf »se et les théologiens , Fessence du péché , et en quoi consiste sa maliee? Les uns prétendent que le péché est quelque chose de positif et de réel ; et les antres , que ce n'est qu'un pur néant et utie privation totale de la grâce. Saint Augustin s'est déclaré , ce semblé , poir la première de ces deux opinions , et saint Bernard pour h seconde. Mais, qboi qu'il en soit, ils sont convenus que si lé péché n'étoit pas nn néant , au moins avoit-il ht Vertu d'anéantir Thomme en
désordre de sa conduite. Il est vrai , Seigneur, dit-îl à Dieu , que le péché a fiiît dans moi nn prodigieux changement. Au moment que la passion qui m'a porté à le commettre s'est emparée de mon esprit et s'est allumée dans mon cœur, je me suis trouvé , par la plus malheureuse destmée, ou plutôt par un Juste abandon de votre grâce , réMt an néant t Quia inflamnmtum ent cor mewn, et f€neê mei eam-
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muuai 8U^. Et ego ad mhUum redacm «w* » et neicivi (PscUm 72) Je ne le savois pas, ô mon Dieu ! mais enfin vous me l'avez fait cofr noitre; et désormais je n'envisagerai plus mon péché comme un émpie mal , mais comme la source de tous les maux et l'anéantissement de tous les biens : Ad nmum redactm nm. En effet, dit saint Augustin n'être plus à Dieu , n'être plus pour Dieu, n'être plus, comme le pecheui:, avec Dieu ni en Dieu, c'est même un étet pire aue de cesser absolument d'être. D'où vient que l'Apôtre', pour exprSner la nature du péché, n'avoit point d'expression plus énergique et plus propre que celle-ci : Si je ne suis en grâce auprès de mon Dieu ' je ne suis rien : Si chantatem non habuero, nihU $um (1. Cor 15) '(Ç d un nen , reprend GuHIaume de Paris; on ne doit rien attidrê; et Il y a de la contradiction que ce qui n'est rien soit capable de mériter Car toute action présuppose l'être ; et dans un pécheur tout l'être de la grâce est anéanti. C'est encore ce que nous marque le Pi*«>hète royal dans ces paroles du psaume soixante-quinzième : Dormieruni somnum smm , et nihil invenermt .omms vin divitianum in manibus SUIS {P8alm.7S). Les pécheurs , dit-il , se sont endormis : voijà l'assoupis$^ment de& consciences criminelles : et dans cet état il leur est arrive ce qui arrive tous les jours à un homme qui dort. Tout pauvre qu ri est , il se figure quelquefois des richesses immenses dont il devient possesseur, il augmente ses revenus , il accumule trésors sur trésors : mais tout cela n'est qu'en idée ; car à son réveil U se trouve les mam^ vides, et aussi pauvre que jamais : Et nihU invenerunt nrnnés vin divitiarum in manitus mis. 11 en est de même du pécheur. Le pécheuV, en pratiquant de bonnes œuvres, croit s'enrichu* devant pieu , et cependant rien n^ lui profite. Il est assidu au serWce divin il est charitable envers les pauvres, il est dur à lui-même ; je le veux • mais , dans le sommeil du péché où il est enseveli , tout cela n'est qu'un songe ; et quand la mort vient; qui est commeie réveil de l'apie, il n'aperçoit rien dans ses mains : Et nihil invenemnt in manibus suisl Il ne doit pas, s'en étonner, poursuit saint Jérôme; car, puisqu'en qualité de pécheur il est lui-même réduit au néant , la raison veut qu'à nç trouve que le néant. Autrement le néant trouveroit l'être ; et, si j'ose ainsi parler, le plus abominable de tous les néants, qui est le péché , trouveroit le plus mpt de tous les êtres, qui est Dieu.
Seconde raison fondée sur la nature du mérite. Ceci me paroît encore plus touchant. D'où pensez^vous, mes chers auditeurs, que procède le mérite de nos bonnes œuvres , je dis ce mérite surnaturel qui les rend dignes de la gloire et de l'héritage céleste? Est-ce de la substance même de nos œuvres ? Ce seroit une erreur insoutenable de le présumer. Non , mes Frères , dit saint Paul , ce n'est point sur ce fondement que nous devons établir notre espérance. Quelque sainteté qu'il y ait dans nos actions, nos actions prises en elles-mêmes n'ont rm qui le$ élève à ce degré d'ex<ieltence« Si elles méritent le rovaume
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de Dieu , c*esl parceqn'elles sont consacrëes et ooinme dhrimsëes par lësus-Gbrtst, qaiea est aussi bien que nous le principe, et qui , par rétroile liaison qu'il y a entre lui et nous , se les rend propres et leur donne one heureuse fécondité. Voilà, dit Fange de l'école, saint Thomas , d'où dépoid tout le mérite des Justes. Or pour cela il faut que nous soyons unis à Jésus-Christ par h charité ; et pour user de la comparaison de Jésus-Christ méine, il faut que nous lui soyons attachés comme les branches de la vigne à leur cep. Car il est le cep de la vigne, et nous en sommes les branches : Ego sum intis^ vos palmites (JoAN., 15). Et comme les branches de là vigne séparées de leur cep ne portent aucun fruit et sont incapables d'en porter, ainsi ne produirons-nous jamais un seul fruit de grâce et de salut , si nous ne sommes, selon le terme de i'Apdtre , entés sur Jésus-Christ , In quo com^ planÉoH facH iumus (Itom., 5.). Tandis que cette union subsiste , toutes nos actions tirent de lui une vertu particulière ; de même que les branches de la vigne tirent du cep k quoi elles tiennent, le suc on la sève qui les nourrit. Mais ôtez cette communication , nous devenons comme des sarments inutiles : Sicut paimes non poîest ferre fructum a iemeHpsOf ita et vos nin in meman$eritis ( Joan., i5). Or tel est votre état. Chrétiens, dans le péché. Il vous détache de Jésus-Christ. Dès-là veillez, priez, humiliez-vous; jamais par toutes vos veilles, par toutes vos prières , par vos plus profonds abaissements, vous n'acquerrez le moindre degré de gloire : pourquoi ? parce que vous êtes alors, mon cher auditeur, une branche coupée et desséchée; Comparakon que le Fils de Dieu empruntoit de la vigne , et non des antres plantes ni des autres arbres, pour nous donner à entendre, remarque saint Augustin , que comme il n'y a point de bds plus inutile que celoi de la v%ne , quand il est une fois hors de son cep , aussi n'est-il rien de plus infructueux que les bonnes œuvres du pécheur, lorsqu'il est séparé de Jésus-Christ. Prophète , disoit Dieu parlant à Ézéchiel, que veux- tu que je fasse de ce sarment? Fili hominiSf qutd fiet de ligna vitU ex omràlms ligrAs nemortmi (Ezegh., i5) ? On met en œuvre tout autre bois; mais le bois de la vigne, sans force, sans solidité, à quoi est-0 propre qu'à jeter au feu? C'est ainsi, prophète, ajoutoit le Seigneur, que je regarde les habitants de Jérusalem. Ils se sont retirés de moi pour se livrer à leurs passions; or sache que tandis qu'ils sont dans cet état , je n'accepte plus leurs sacrifices , que je méprise leurs jeAnes , que je les réprouve comme un bois stérile et de nui usage : Propterea hme âiéit Dominus : Quomodo erit vitis interligna sjflvaruniy sic erunt habitatores Jérusalem (Ibid.). Or c'est à nous-mêmes. Chrétiens, aussi bien qu'aux Juifs, que Dieu faisoit cette menace ; ' et c'est cette même menace que notre divin maître a renouvelée dans la suite des tanps , et que nous lisons au quinzième chapitre de saint Jean : Si quis in me non manserit , mit tenir foras sicut pabnes , et orescei^ et in ignem nattent, et ardet (Joan,, 15).
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MaU 9i cela e$t^ que pouwmsHious dire de la plaparl des hdnimes? Ce que disoit David en se représentant avec douleur Fini* quite de son siècle : Onrneê declinaverunt, nmul inutties faeii suiu (Ps, o2). N'appliquons point œs paroles auK païens et aux idolâtres; laissons les hérétiques et lesschisaiatiques.; ne parlonspoint des liber** tins et des athées ; ne comprenons pas même dans ce nombne certains pécheurs insolents qui» connoissant Dieu par h foi » font profession de le renoncer par leurs oeuvres ; c'est à des sujets moins odieux et plus dignes de compassion que je m'adresse. Combien peu de chré* tiens engagés dans le commerce du monde sont en état d'agir utilement pour Dieu et pour eux-mêmes , si pour agir de la sorte il font être ami de Dieu ? De ceux que nous appelons gens d'honneur » gens de probité 9 et qui cpmme tels vi^nt dans Texercice de leur religion» combien peu » au milieu des occasions et des dangers à quoi le monde les expose, conservent cette pureté de consciaice si nécessaire pour se maintenir dans la grâce de Dieu? Désobtion générale que dé« ploroit le Prophète : Omnes declinaverunt ^ $imul inutiles faUi tmu (tbid.)> Us se sont, tous égarés, et, en s'égarant» ils se sont tous rendus inutiles : inutiles pour Dieu, et inutiles pour eulL-mémes ; pour Dieu, qui ne se tient plus honoré du bien même qu'ils font ; pour eux-mé« mes , parceque tout ce qu'ils font , quoi que ce soit , n'est point marqué dans le livre de vie : en sorte que faisant même le bien , et ie élisant avec ardeur et avec persévérance , ils nei font rien : Non eêt qui faciat bonum^ non est usque ad unum ( ibid. ). S'ils osoient s'en plaindre à Dieu et lui en demander la raison ; s'ils osoient lui dire, comme ces Israélites : Quarejejunavimuset non oipescisti? huaA' liavimns amt%as no^tras, et ne^cisii (Isku., SSj ? Pourquoi » Seigneur, n'avez-vous pas daigné jeter les yeux sur nous, quand nous nous sommes prosternés devant vos autels? pourquoi avons*nous JeAné, sans que vous ayez paru le savoir et y prendre garde ? Dieu , toujours sAr de la droiture et de l'équité de sa conduite, leur feroit la mâme réponse qu'à cette nation infidèle : In die jaunit ve$iri inneniitcr «otaicr tas vestra (Ibid. ) ; c'est que sous ces beaux dehors de pénitence vous cachez un coeur criminel , une haine dont rien ne peut adoucir l'amertume , une injustice dont méo^ vous ne faites nul scrupule , un attachement opiniâtre à quoi vous ne voulez pas renoncer. Voilà, diroit le Dieu d'Israël , voilà le ver qui corrompt le fruit de vos meilleures ac« tions. Ne le cherchez point ailleurs que dans vous-mêmes. C'est ce péché qui , vous dépouillant de ma grâce, a ruiné le fond de votre mérite, Seminauis mtdtkm, et tuitt<s parum ( Aggbje, 1); Vous avea beaucoup semé , mais votre misère est qu'au temps de la moisson vous n'aurez rien à recueillir : vous avez bâti » mais sur le sable ; et an Heu d'édifier de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, vous n'avez édifié que du bois et de la paille.
Contemplez-vous, mea Frèrei^ dans œ ttbieau : leH^^si votre vie
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et tel est votro niaUieiir (oitt eiuieiiibla* Gependanl defes-Toiis cqii« dare de là que daos l'état du péché il ne fiiut donc pins se mettre ea peine de bien faire ni de bien vivre ; qu'il faut quitter tout» abandonner tout, puisque les œuvres les plus saintes ne sont plus alors de nulle valeur? Ah ! Chrétiens » c'est un des prétextes du libertinage et des obstacles les plus ordinaires à la pénitence des pécheurs. On dit : Je suis dans Thabitude du péché et dans la disgrâce de Dieu : pourquoi donc prier? pourquoi m*acquitter des devoirs de la religion? que m'en reviendra-t*il , et quel avantage enpourrai-je tirer? Raisonnement impie , qui ne peut être suggéré que par Tesprit tentateur , et suivi que d'un funeste désespoir, rfon, mon cher auditeur, ce n'est pomt là le parti que vous avez à prendre. Si par un criminel attachement à k créature vous êtes tombé dans la haine de votre Dieu , il ne faut point ajouter encore à ce déplorable état une illusion si pernicieuse. Vous êtes pécheur ; et c'est pour cela même que vous devez pratiquer de bonnes œuvres , afin de disposer Dieu à vous donner une grâce de conversion, et de vous disposer vous-même à vous convertir. Car il est de la foi que vous ne disposerez jamais Dieu à se réconcilier avec vous que par les œuvres de la pénitence chrétienne ; et que sans les œuvres de la pénitence chrétienne vous ne vous disposerez jamais vous-même à rentrer en grâce avec lui. Outre les œuvres d'obligation, que vous ne pouvez omettre dans l'état même du péché , sans vous rendre coupable d'un nouvei^u péché, n'est-il pas juste que vous tâchiez encore, par des œuvres de surérogation, à toucher la miséricorde de Dieu , et à fléchir sa justice? En use-t-on autrement dans le monde , surtout à la cour ? Quand par me faute dont on ne tarde guère à se repentir, et que l'on paie bien cher , on s'est attiré l'indignation du prince , quels efforts ne fait-on pas pour s'en rapprocher? que ne met-on pas en usage pour le prévenir? amis, patrons, prières, larmes, protestations de zèle^ que n'emploie-t-on pas? Or voilà , homme du monde , où le péché vous a réduit. Vous êtes ce criminel d'état, dégradé auprès de Dieu de tout mérite : on vous dit que votre ferveur et vos bouses œuvres peuvent contribuera vous rétablir dans la possession de cette grâce que vous avez perdue , et que c'est la seule ressource qui vous reste ; mais vous la négligez , et parceque vous êtes pécheur, vous prétendez encore avoir droit de demeurer sans action et sans soin. Est-ce raisonner en chrétien ? est-ce même raisonner en homme? J\f ais le bien que vous ferez dans cet état , dites^ vous, sera inutile : inutile dans un sens, j'en conviens; mais infiniment avantageux dans l'autre : inutile, parcequ'il ne vous rendra pas encore digne de la gloire ; mais infiniment avantageux , parcequ'il vous disposera à la pouvoir mériter : inutile , parceque Dieu ne le récompensera jamais ; e^souverainement nécessaire, parcequ'il engagera Dieu à vous rappeler^ votre égarement , et à vous remettre dans la voie du salut. JU cwséquence que voui» devez donc tirer , c'est de
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rotapre au plas tôt vos liens et de èorth* prompteident de votre péchés pour commencer à jouir du privilège de l'état de grâce , qui sanctifie jusqu'à nos moindres actions, et les rend précieuses devant Dieu» comme je vais vous le montrer dans la seconde partie.
]>EIJ3UÈ1IB PARTIE.
Il y a dans Dieu , dit le Prophète royal, une espèce d'émulation en« tre sa miséricorde et sa justice : en sorte que Tune^contrebalance toujours l'autre , que Tune sert de tempérament à l'autre, que l'une doit être mesurée par l'autre , et que l'une et l'autre enfin , quoique par des voies entièrement opposées, concourent néanmoins de concert au salut de l'homme. C'est par un effet de sa justice que Dieu, se resserrant dans les bornes d'une étroite sévérité, veut que les plus saintes œuvres du pécheur soient sans mérite et sans fruit ; et c'est aussi par un effet de sa miséricorde qu'ouvrant son sein et dispensant ses dons sans mesure, il veut que les moindres actions du Juste soient récompensées d'une éternité deg1oire.[Ëcoutez comment raisonne là-dessus le chancelier Gerson. Car Dieu, dit-il^ pour dédommager les hommes des pertes qu'ils doivent faire dans l'état du péché , a voulu qu'ils pussent acquérir dans Fétat de la grâce, par les moyens les plus faciles , des richeisses infinies. Thesaunxate vobU thesauros m cœlo (Matth., 6). Faites-vous uu trésor pour le ciel : et de quoi, Seigneur, le composerons-nous ce trésor? De mille choses que vous avez entre les mains , et qui, bien ménagées, suffisent pour vous enrichir devant Dieu; de certaines peines que vous endurez, de certaines mortifications que vous essuyez, de certains emplois que vous exercez, de certains devoirs que vous rendez , des actions même les plus communes. Ramassez tout jusques aux fragments , afin que rien ne périsse : CoUigîte fragmenta, ne pereant ( Joan, , 6 ). Tout cela vous parott de peu de valeur ; mais si vous êtes en grâce avec Dieu , tout cela, sanctifié par la charité de Dieu, sera d'un grand prix.
Et que signifient ces fragments? demande saint Grégoire^ pape ."Ah ! mes Frères, ce sont mille petits mérites que noire lâcheté, jointe à la dissipation de notre esprit, nous fait négliger, mais qui serofent pour Tautre vie une abondante provision , si nous avions soin de les recuelllix'. Ne vous imaginez pas, ajoute ce Père, qu'il n*y ait que les grandes choses qui fassent les grands Saints : erreur. Les hommes, il est vrai, de peu ne font jamais beaucoup , et souvent même de beaucoup ne font rien : mais Dieu, qui de rien a tout fait, et qui dans l'ordre de la grâce a une vertu encore plus puissante que dans l'ordre de la nature, de nos plus petites actions sait tirer nos plus grands mérites. Avec peu , dit saint Bernard , on gagne tout auprès de lui ; et la charité que possèdent les Justes a établi entre lui et eux un commerce aussi divia qu'il est rare et singulier. En quoi singulier et divin? En ce que, pour Tavantage de l'homme, les choses y sont excessivement pdsées et in-
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finifflent rabaissées. Je m'explique. Ce que Phomme fcit pour Dieo n'est rien , ou presque rien ; et ce que IKeu promet à Thomme est un bien qui comprend toat , et que FÉcriture par excellence appelle toitt bien : Ostendam AH onine bonum {Exodi^ 7!S). Cependant, en vertu du commerce que la charité établit entre Dieu et le Juste , ce rien de )*homme proiàuit au Juste im souverain bonhear, et ce toat de Dieu ki est donné , selon saint Paul , pour le foible effort qu'il lui en coûte, et pour un momentde tribulation, Mcmentaneumhàe et teve tribulationk nostrœ^ œtemum gloriœ pondui operaturin nobit (3. Cor.^ 4)«Dhomme àhomme, poursuit saint Bernard, ce seroit usure , et une usure crimtinetle; mais sf c'est une usure i T^rd de Dieu,' non seulement elle est permise, mats elle est louable, mais elle est sainte, mais die est digne de Dieu même. Cent ponr un , voilà le traité qu'il fait avec noua: Cenittplum acctptef (AIàtth., 19). En sorte qu'on peut bien appliquer aux Justes ce que le Prophète royal, quoique dans un sens tout dtfiM» rent, ifisoit des Israélites : Pro nilnlo habuerum terram detiderabikm (Ps. 105) ; Us ont eu pour rien cette terre bienheureuse, qui doit être l'objet de nos désirs. Qu'est-ce à dire, qu'ils l'ont eue pour rien? Ouf , poiu* rien , répond ssûnt Jérôme, parçeqii'en effet ils l'ont acquise et méritée par des actions de nul éclat, par de l^res Observances, par quelques pratiques de piété; de charité, d'humiUté. Cen'étoit rien auk yeux, des hommes ; mais par-là néanmoins ils sont arrivés à l'héritage des enfants de IMeu : Pro riikiio habuenmt tetram desideroMem.
Aussi le Fils de Dieu, dans FÉvangile, ne &it pas seulement d^ pendre le safiit des actions héroïque ; il ne nous dit pas seulement ! Vous parviendrez à mlâ gloire eti quittant le monde » en vous dépouillant de vos biais, en souffrant le martyre; il ne l'attache pas même uniquement aux préceptes de la- loi, dont la pratiqtle ^t (dus difficile» etqoi sont d'aune perfection plus relevée^ au sacrifice d'un ressentiment, à l'oubli d'une injure , à l'amour â*un ennemi. Mais que iait*îl? il prend de toutes les actions chrétiennes la fdus aisée ; et pour un veh^ d*eau donné en son nom , il nous promet son royaume, et nous le promet avec sermeiûiiAmendicovobi»^ non perdet mereedem m«m (Matth., 10). Et pour combien <de temps encore nous le promet-il? pour .toujours^ In perpétuas œtefnkateg (Dan., 12).RemaiVfttez cette expression dd prophète : ce n'est pas seulement pour une éternité, nKûs en qudqué sorte pour autant d'éternités que nous aurons pratiqué de dévœrs , puisqu'il n'y en aura pas un qui n'ait sa récompensa, et une récompense éternelle. Ah! mes Frères « s'écrie samt Bmiard, oik est notre zèle^, où est notre foi , si ces motifs ne nous touchent paë? et à quoi sommes-nous sensibl«i , s'ils ne sont pas capables de nous exdter et de nous piquer? Oii est notre prudence» isi nous ne travail- Was pas comme des hommes persuadés que ces omvres , quoique pass^ères, ne passent point ; et que pour être fadies dans le temps, elles n^ aqiii pas moins les (irMeuses semanoes deil'éternité? Ne- B. 2. 4
00 SjDR L'ÉTAT 1)U ^ËGHË, bto.
i^ilif ^pip4 w^^ trwueiM opéra nosti}»^ ted vetut quœiam œiemitat%$. semna jtuiunfur (Bern.).. Si le laboureur nédigeoit son grain» 1^ prétexte qi^e c'est peu de chose » et s'il le dissipoii au lieu de le mettre 4&ns le sein.de i^ terre ^ ne le traiteroit-on pas d'insensé? Il est vrai, lui dirle9;-Tous , c'est peu de chose en apparence que ce grain; ^^ÎB y fout petit qu'il est uiakiteiiant » U contient toute i espérance de l'Avenir; et quwl. tous je laissez perdre, vous ne renoncez à rien IDoins qu'^ une ample récolte que vous en pouviez attendre. . .FaiscHKSHQOus k même leçon. G^r voilà, mes chers auditeurs, Tidëe ji)éritat)le de la vie lâche et par^es^use de tant d^ Justes. Yoilà îè désor^ j^re f^.quoi tous le^ jours nous sommes, su jetSj vous danf le notonde, et onoi» si je n'y prepoids eard^, dans la profession religieuse. Dieu, par .|^^ projtiçetîQn toute spéciale, nous préservant des doutés grièves, il •p^, tien^roit qu'à nous que toutes nps œuvres ne fqss^t autant de .^^s d^uneglorie9se.|mmortsdité, et qu'à propprtion. de la ferveur ^ les animeroit , elles ne rendissent les unes ^r^nte , Içs autres soiian- .^, et plusieurs môme jusqu'à cent, selpn la parabole ,de TÉvangile. JiW le comnoierce du inonde, coiiijbien d'oocasÎQçs avez-vous sans fcessç de pratiquer la patience, la^soumiasiof , rabnégation chrétienne? yms lé S9V6Z, et .ypits ne le dites qii^ .tr^p; Et moi-m^e, dans ma Srpfession , combien de ssicrifice^ ai^^ois-je à faire de nvi vôl<;mté, de pa liberté, d^ mpn ^prit, des aises, et des cç«9inQdj[tés de la vie? je le recpwois à ma.coi^fiiisipn, ^t j'en.fais publiquemait Taveupour ma jfiTppre ins^uction.. Qu'est-ce <pe tout cela, sinonc^grain évangéli- :que, cette divine sem(9nc0 qui rendi:<nt notre, vie féoppde? Mais au jieu de taot de richesses que nous pourrions amasser,. nous languis- .S911S dans mue triste disette : t<Mit:ious échappe 4^ mains, ou rien presque ne profite dans nos mainjs : s^t lâcheté et tiédeur» j^it dissipçitiop d'esprit etdifttraciioo,. soit eoniiarrasetsoips.superPus^ soit jhabitade, soit vanité, il y a .tQt^urs.dans pqs ^actiôn^ w ver qui en <$iHève la Viertp et qui m atrétele fruit. . : .Cependant ne r cessons, point d!adinirer le pouvoir de U graçe sanctifiante. Car» 4ans.cet état, il n'est pasméme.totijpurai^éf^eBsaîre, dit saint Thomas., que nos Q@UîVres,.polirâtredesouvrpsde saint, soient sânlea {^Ir dlesrmémes ; c'^t assez^ quoiqii'eK^ soient indif fé- .rentes de leur nature, <|4ie la charité les dirige e%que la gfac§ les $MKtifie. .Ainsi TÀpAtre mm r.a-lril appris, loi^ull dîsoit aux Qà- Hinthi^is , Mm pas précisément : Soit qoe vous jeûniez où que vous ,yj4qiitez à k prière,' mais, même. Soit que vous teniez ou que vq«s *nm^gmrSis;e nmndami^ me lAlnis (1. Oyr.<, 10) ,. faites tout pour la .'.gtofre.deXM^u, 0mm in gtorimrpJOei fûàte; et la gloire que vous .t^rocurerezàÛiett servira à la vi^re^et vous donnera un 4rott iog^time à cette couronne de justice qu'il vous réserve. U n'y a rien que 4e , naturel dans ces actions oo«sidérées ^eulem^nt en .c^lea^inéimies; je le sais : mais la frJKse^ ee ferme aacré et «0 levain de bâwUfAlon v <yaî
^."^KW^fa.^?.»"»^ Wassede vos actions, en retianssm le nrir tioup mié amé joslfe et fcrfeiia?, ^ tons ffdûlihn*; ^n !a Me jS «»»< tfl^te (Coht., 3).
hë Si toadianie ! Voos è^ittici, fer c'est paMà ffesniuaiit^.quîcoii.
)léU : qnaillâ d'ami de e'ilienibre' incorporé à
f, cette IwhneoÉitiVre itf du Juste une action ■, el s'il ouvre les tréni tout és^tién reço, lent et un mérite paruperfeclioDs ei les foint en lui une passion îl tout le zèle; d'où il es moins importantes, wn^laisaocedeDieu, \ Dieu de l'agréer; et de Dieu, il fiut qu'émeut fteu s'âi explieur et d'épouse bien a; .Vous avez bl^gé ■ im tuorum, èl in uno
, eni.eittaruncheveD
I sPêres, ou qne nous
, 'à, que 8on cœur est
■; luspeiites choses que
nous marque ce qu'il e la têie, au contraire, '. i. Mais Dieu envisage
„ , ■ ,j ,» r .,— -3 laisse tout à Ja fois
gagner jiar 1 un et pw l'autre : Vulnerasti cor mcum in uno ocuhrum luoruip, et in uno crme coiri tui. Or il nest pas étonnant que ce Z gagneau Juste lecœujr deî)ieii, luigagnele royaume de Di?« ^
UualUé de miraslre de Dieii ; comment? c'est que le Jusie. apissant coinmeJuste,a6.^pourDieuelaunomdeDiflu.Opquandle8sinEK. ^wntaai.omdeDien,dit8aintChrysostome,quen'ont-ilspasfaiS fes pina foibles mstpuménts? Moise, avec une baguette, remriii lÉa vnS deprodiges^Samson. avec un reste d'ossements, défit des mSE i hommes. JÈIie, avec nu manteau, divisales eauxdu Jourdain. L'omSe Jesaintï*ierreguént ]es maladies les plus mortelles. Qu'est-ce arnSm bagpette, ce manteau, ce( ossement, cette ombre? Les aciiona d«/«»te
S2 SUR vÈïxh: i)ô VÉèM , etc.
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ne sontréâe» pas encore plus ndbl^i^^e^ par conséquent; dans^les mains du Juste, ne sont-elles !pas ^coi^ plus efficaces auprès de
Dieu? . ' . *♦..;. . .
£i|fio, qualité de membre jincorporëà JT^^us-Christ, qui est PHomme- Diea. Car du moment que nous sommes en grâce avec Dieu, nous ne faisons plus qîi'iui/corps avec Jésus^Christ, nous n^'agisiîons plus que comme ses membres^ nous ne vivons plus que de son esprit, ou plutôt ce n*est plus nous qui vivons, mais Jésus-Cbrist qui vit en nous: Vivo ego^jamnon egù, vivit verà inme Chmtus {C{àlUL^%) Or si Jésus-Christ vit en nous*, ô'est Jésps-Çhrist quTa^it^ennous; ' et s*il agit en moi ,^ toutes 'mes œuvres sont donc marquées de son sceau et revêtues de ses mérites. Par conséquent» chaque actSpn que je fais est un fonds pour l'éternité, et un fonds d'autant pliistAréciéux, ' que c'est dans un senà Taction de J^us-Christ méole plus que la mienne. Que ne disent pas les théologiens , quand ik parlent de Thumanité sainte de cet adorable Rédempteur ? Un seul acte de sa volonté, une larme de ses yeux, une parofe de sa bouche, âuroit mérité la rémission de tous les péchés du monde ; pourquoi? parceque tout ceb , quoique humain , partoit d'une personne divine.' Je sais que quand ce divin isiédiateur agit en moi , il n'agit pas avec la méiniç perfection; mais toujours est-il vrai qiié toûtléi)ieU que je pratique vient de lui ; et puisqu'il vient de lui, il n'est point au-dessous de la souveraine béatitude. Ainsi je m'adresse à Dieu avec une sainte confiance, et j'ose lui dire : Vous me la devez, Seigneur, cette suprême félicité, et votre justice aussi bien que votre parole y est engagée : car ce peu que je vous offre n'est pas de 'moi, mais du Sauveur que vous m'avez donné; et si ce que je vous demande est grand, tout graqd qu'il est , il n'excède point les mérites de votre Fils.
Voilà , Chrétiens, ce que dit le Juste ; voilà ce que vous pouvez dire à chaque moment de la vie , pareequ*il n'y a point dé moment dans la vie que vous ne puissiez sanctifier par une œuvre chrétien^i^e e|t méritoire. Si vous ne profitez pas de cet avantage, c^èst que v6u$ ne le connoissez pas , ou que vous êtes moins touchés des intérêts de votre salut que des intérêts du monde. Car que ne faites-vous pas pour vous élever et vous agrandir dans le monde? Vous y pensez, vous y travaillez sans relâche, vous en ménagez toutes les occasions ; vous n'attendez pas qu'elles se présentent, vous les cherchez, vous les prévenez , parceque vous vous êtes laissé iniatuer de la fortune du monde et de ses feux biens. Mais pour ce véritable et solide bien , qui doit être le terme de votre espérance ; mais pour ce bien , le seul de tous les biens capable de combler les désirs de votre cœur ; mais pour ce bien incorruptible, et que le temps ne finit point; mais pour ce bien qui est en Dieu, et qui n'est rien moins que Dieu, c'est sur quoi vous vivez dans l'oubli le plus profond et dans la plus mortelle indififërence.
Sim . VJÈTAT DU PÉCBÉ , m- SS
Ah! moD cher aDditeur, si je von^ disois que, dans Tëtat de h jastice chrétienne et de la grâce», tout réussit et tout prospère selon le monde, qu'on s'avance àl^.coor, qu'pn parvient aux premiers rangs et aax premiers ministères, qu'on a part i. toutes les feveurs du prince; que c'est par-là qu'on grossit ses révenus» par-là qu'on' établit sa fiamille» par-là qu'on sefeit un grand nonk' et qu'on étemiie sa méonoire : quel feu et fiue^le ardeur j'allumerois tont-i-coup dans vos cœurs I La pénitèifce *a-t-elle rien de si austère» et la religion rien de si parfisiit qui vous étonnât? G*est alors que vous commenceriez à être chrétien , si toutefois avec de telles vues on pouvoit l'être. Mais si j'ajoutois que cette prospérité temporelle est attachée aux. moindres exercices du christianisme ; que tôâf y peut servir, une pensée, un sentiment» un désir, une parole, un regard » dn geste « et qu^il ne tient qu'à une condition» qui est finnoeëme de. Famé; quels soins vous v«rrois-je prendre et quels eSbfts ferieB-vous» ou pour veua maintenir» on pour rentrer dans cette vdesainte dont les isines voua paroltroîent si heureuses? Or ce que je ne puis vous dire à l'égard du monde et de ses faux biens» je vous le dis par rapport à Dieu et au bonheur que tous en devez attendre. Vos jours » si vous le voulez , seront des jours pleins» paroeque la grâce « si vous 1^ voulez» en les sanctifiant les remplira, Dtes pleni tnif eiiMtitifr in eii (Ps. 72) : au lieu cpie œ sont des jours vkles » parœquè le péché ruine tout et vous dépouille de tout; d*autant plus malheureux^ qpe vous ne sentez pas votre malheur. On perd la graœ sans pane, et Ton vit dans le péché sans remords; on s'en iBrit une habitude, un plaisir» une gloire » souvent même un intérêt et une loL Hais» mon Dieu » jusques à quand aimeronf-ils tai vanité et la bagatelle? U$queiiuè » parvuli, tM^is mfanimm (Prwer. 1) JP Et , ce qui est encore plus déplorable , josques i quand cbercheront«ils eux-mêmes ce qu'il y a pour eux d9 (dus funeste et de plus mortel? Et stulii ea quœ nbi suni noaiaj cupiunt (Ibid.)? Sur toute autre chose ils sont si éclairés! ce sont de sages politiques» ce sont d'habiles ministres» ce sont de grands capitaines; ils ont en partage l'esprit, la politesse» Tagrément, Topulence» l'autorité, la grandeur : le monde leur appiMdit , il les adore ; et à en juger selon la prudence de la diair» iU ont en effet de quoi s'attirer les apphiudissemcsits et les adorations du monde. Mais, Seigneur» Totre divin eqprit les traite d'enfimts» parvtrfi; il va même plus loin, et il les traite d'insaisés, tuUti; parce qu'uniquement occupés du présent qui les séduit et qui passe » ils ne font rien ^ ils n'amassent rien pour un avenir qui ne passera jamais : Viqu^uà, parvuli, diligUii ûi/onliafit, et stulA ea quœ nbi sunt nosciaj, cumvnt? pissipez^ mon Keu , le charme qui les aveuglç,; pénétrez-l^s d'une crainte salutaire du péchés inspÂfea-levr nn^ hfiute.estime d^yqtre grâce. II y a jusques M maîen de la cour de;ftdi^es. Israélite qui he fléchisisent point le genou devant Baal; %y ^.des^mes ^^^^rMf^^* innocentes.
^fc w*
U , SUR LA COWi'ERSlOi]^ WÉiDÉLimE.
Que f^ discours sçrvç à réveiller toute Iciir îery^iir ; qu*îl lènr àobne ]ine $|àmie avidité d*^çcum,vXer bonnes œàvrdé âur tonnes œtivrèÀ , et . Xj^rites. &^r mérités ! pe sont les seules richesses que nôtis' pouvons emporter: avec nous, ^(ftue nous' retrouverons âans Téterratë bientieureuse, où çou^' cppdi^se , etc^ ' ^[ \ ' : ' J
SE|î)apN fÔÛR le; JEUDI D)^ 91 fcmQUIÈME SiBMAINE.
' , SI^ M GOSV^^SiyN. DE MADELEINE»
coup aime* Saint liCÇi^ cb, vii« ' ' *
I CTést œ que te Sauveur do mdâd&fépondit w ptiorisicin ^ <»p pur-r
laÉt dé cette femme pédrer^asi» d6nt n^re» évoDgii^ . nou^ r^éaant^ sftijoùrd'fani h coirrersibB. Repense dont j€^ m^ «er^ * non |^ fooa feir6 l'éloge de cette ilhistre pénitente, Jiiai$. l'éloge 0a divin ainoiif qui la sanctifia. Le dës6)rdre deMade)eineiut d'avoir beaucoup ^imé $ et, par un changement visible lie l&iDaiii;di<Tm^ut»la.saifitetéde Madeleine coMsisu à'alttief besiuoottp; Son amoUtf eu ayoit fait une esclave âù mokide; et, par an effet merveilleux deJa gra^, soa limeur en fit une préde^tiuéd» ^' iitiet épduee de léausHûbril^té Ce qui avoit été sou crime dëvhit M* juflkfie&tioii ç «et Fipaiear cbaste du créateur fîit le remède salutaire qui la f itérit danq un moment de Kàfnour im* pur et profisine des créutuveffw Miracle ée Datnotfr de. Dieu , dont je prétends feire le sujet de ee discoiirs i mitacie que Dieu i par une prc^ vidence singulière, a Vdulu readré pul>tic, afin que les pécheure du âiècle eussent dans cet'e^einple et un j^ssani motif de oo^nfianee, é( un pariait modèle dé j^niteiuse. Un puissanttnôtif de éonfiâBOe»- iieur ne pas tomber dans lé dé^poir, quelque éloignés qu'ils puissent être des troiës de Dieu : et lin parfaât modèle de pénitaice; peur, ne pas donner dans une dâtigèreuse présomfrtion , en comptant £ur la niisér ricorde dé Dieu. Car c'est ici que je poiurroîs Ken dire à une ame mondaine , troublée des remords de sa conscience , oe que sslint Ani^ broise dit à Vempereu^ Théodose : Quï secntiu.uerraûtem^ $equen ^osnié^mm (AiiBROs.).^CeÀaiât évéque parfoit de.David; et moî» mon cher auditeur, je parié de IHMelèkie, et je vous disc-^ ^vcn» aves en le malheur de suivre bette péchel^iedse dànls les égarements de «a vie, i^ssqréz-vpus , puisque i toute pécheresse qu'elle étoit; elle: -«"a pas laissé dé trouva grà'ée devant Dieu. Hais d'ailleurs trcneablez, si, .'ayài^ suivie dans se^ égai*enlents , vous n'avez pas te (courage de la
qii4l
fortes' iiupi-éssioti^fSMâd^'éhe estia àéule qiA p&réisèev dàni-rÉi^ngile , s'être adressée à Jésus-Christ sans autre vue que d'obtenir la ré-
Sim LÀ CONVERSION DE HADÉLEINE. âS
mission de ses péchés, nusiears, encore cbamëls, recourôfent à lui popr des grâces purement temporelles , pour être guéris de leurs maladies , pour être déliyrés du démon qui les tourmentoit : mais Madeleine , déjà chrétienne et d'esprit et de cœur , ne cherche , en cherchant ce Sauveur des hommes , que la guérison de son ame ; et , convaincue que son péché est son unique et souverain mal , elle ne lui demande point aautre miracle que celui de sa conversion. Voyons par où elle y parvint;, et implorons auparavant le secours du ciel par rintercessiou de la Mère de Dieu. Ave Maria.
C'est une question qui se présente d'abord, et dont la difficulté, fondée sur TEvangile même, a besoin d'éclaircissement : savoir, si les pédiés de Madeleine lui furent remis parcequ'elle aima beaucoup ; ou si ellç aima beaucoup parceque ses péchés lui avoient été remis. A eu juger par les paroles de mon texte , la preuùère de ces deux propoduon^ est incontestable , puisque le Sauveur du monde déclare en termes exprès que parceque cette pénitente a beaucoup aihié , beaucoup de péchés lui sont pardonnes : Remittuntur ei peccata mnlta, quonicm dUesii multiim (Loc, 7). La seconde, quoique contraire en apparence j jCest pas moins certaine , puisque c'est une conséquence nécessaire du raisonnement que feit ensuite le Fils de Dieu , et qu'il tire de la ç9mparaison de deux débiteurs, dont l'un à qui Fou remet plus se croit plus obligé d'aimer que l'autre à qui Ton a moins remis. D'où Jésus-Christ prétend conclure que Madeleine aîmoit donc pJu$ que le pharisien , parcequ'on lui avoit plus pardonné de péchés : Quii ergo eum fins diligitf œsûmo quia is eut plus donavit (Ibid.). 11 esjL msé, Chrétiens, de concilier ces deux propositions; et pour les réduire à un point de morale oii je me renferma» mais qui sera d'une grande instruction , disons avec saint Chrysostome que Tune et l'autre est également vraie : c'esi-à-dîre qu'il est également vrai, et que Maj^ ddeine obtint la rén^issiop de ses péchés parcequ'elle avoit beaucoup ain^éy et qu'elle aima beaucoup parcequ'dle avoit obtenu la réinissîou de $es péchés ; en sorte que le pardon que Jésus*Christ lui accorda fut tout ensend)le et l'effet et le principe ae son amour. Pour mieux euttendre ma pensée , distinguons un double amour de Dieu ; l'un qqi précède la conversion, l'autre qui la suit; l'un que j'appelle amour pénitent, et Vautre aniour reconnoissant ; l'un qui fit rentrer Maddeuie en grâce avec Jésus-Christ, et l'autre qui la fit pleinement correspoiidre a la grâce qu'elle avoit reçue de Jésus-Christ. Applîquez-vona* Ikl^deleine encore mondaine et pécheresse , lassée de marcher dan^ la voie de perdition , se sentit touchée tout-à-coup de repentir^ niais d'un repentir plein de confiance, et c'est ainsi qu'elle plut afl Filç de Diçu. Madeleine convertie, et sensible à l'insigne faveur qu'elle vfjnolt d'obtenir djans le pardon de ses crimes , fut toutà-coup pénétrée de la plus parfaite reconnoissance , et ne pensa plus
9S SVUhA QOmER^lON DE MADELEINE.
q«*i se détoner pour jamais au Fils de Dieu. O voilà par où je réaotts b difficulté que j'ai dabord proposée. Car je dis que ce fut Tamomr péoiteot de Madeleine qui la réconcilia avec Jésus-Christ; et jajoate qu'une si prompte réconciliation avec Jésus-Christ excita dans son cceur l'amour reconnoissant qui l'attacha pour toujours à cet adorable et aimable maître. En deux mqls , ses péchés lui furent remis parcequ'eUe aima beaucoup de cet amour qu'inspire la vraie pénitence; ce sera la première partie : et elle aima beaucoup de cet amour qu'inspire la reconnoissance, parceque ses. péchés lui avoient élé remis ; ce sera la seconde. L'une justifiera la miséricorde du Sauveur envers Madeleine; l'autre vous apprendra comment Madeleine s'acquitta de
ce qu'elle devoit à la miséricorde du Sauveur , et c'est tout mon dessein.
PREMIÈnS PARTIE.
J'entre dans ma première proposition par la pensée de saint Gré-
que d'aimer, pour trouver grâce devant Jésus-Christ? Est-il vrai que le seul acte d'amour qu'elle forma fut, après tant de désord^res, un remède suffisant pour la guérison de son ame? Est-il vrai qu'une pécheresse si chargée de crimes, sans autre effort que celui-là et sans autre disposition , mérita d'être pleinement et parfaitement justifiée? Oui, Chrétiens, il est vrai; et non seulement vrai , mais même de la foi. Parcequ'eUe aima beaucoup, beaucoup de péchés, c'est-à-dire, dans le langage de l'Écriture, tous ses péchés lui furent remis : Remîttuntur dpeccata miUta, quoniam dilexit tnultum (Luc, 7). Mais Une s'ensuit pas du reste que le Fils de Dieu , en lui pardonnant , ait été prodigue de sa grâce; il ne s'ensuit pas qu'il Fait donnée à vil prix , ni que sa bonté l'ait fait relâcher de ses droits aux dépens de isa justice. Car je prétends (et voilà par oii je veux consoler les pécheurs , en leur faisant €onnoiire le don de Dieu et en justifiant la^miséricorde du Sauveur); je prétends que ce seul amour, formé dans le cœur de Madeleine au moment qu'elle connut Jésus-Christ , fut la satisfaction la plus entière que Jésus-Christ pût attendre d'un cœur contrit et humilié. Je prétends que , sans y rien ajouter, cette satisfaction seule , pesée dans la balance du sanctuaire , eut une juste proportion avec le pardon que Jésus-Christ lui accorda. Entrons, mes chers auditeurs, dans les sentiments de cette illustre pénitente. Développons, s'il est possible , ce qu'opéra dans elle l'esprit djvin au moment de sa conversion. Mesurons toute la grandeur et toute l'étendue de ce parfait amour de Dieu qui la sanctifia ; et voyons si la facilité du Sauveur du monde à la recevoir et à lui remettre ses péchés préjudicia en aucune sorte aux règles les plus exactes et les plus sévères de la pénitence.
$m LK CONVERSION DE HADELEIMi;, 87
four cela » Chrétiens » je disibgue et je vous prie de distinguer avec moi ^atre choses , que l'évangéUste nous feit expressément remarqâfft dans Madeleine : le péché, la source de son péché, la matière de son péché , et le scandale de son péché. Son péché , qui fut sa vie déréglée et dissolue; la source de son péché, qui fut la foiblesse et le malheureux penchant de son cœur ; la matière de son péché , qui fut son luxe et ses sensualités criminelles; enfin le scandale de son péché, qui fut le dangereux et funeste exemple qu'elle avoit donné à toute ta ville de Jérusalem : Muker in civitate peccatrix (Luc, 7). Or voilà, par un effet bien surprenant, à quoi remédia tout-à-coup Tamour qu'elle conçut pour Jésus-Christ ; je veux dire que ce saint amour expia son péché, que ce saint amour purifia la source de son péché, que ce saint amour consacra à Dieu la matière de son péché, et qn*enfin il repara le scandale de son péché. Il expia son péché, en rétablissant dans le cœur de Madeleine Tempire de Dieu , que le péché y avoit détruit. Il purifia la source de son péché, en tournant toute la sensibilité et toute Ja tendresse de Madeleine vers Jésus-Christ, objet digne d'être souverainement aimé. 11 consacra à Dieu k matière de son péché , en inspirant à Madeleine la pensée de répandre sur les pieds de Jésus-Christ Un parfum précieux , et lui feisant trouver jusque dans son luxe de quoi honorer son Dieu, et dans sa vanité même de quoi lui faire un sacrifice. Et Jl répara le scandale de son péché, en déterminant Madeleine à changer de vie par une conversion éclatante. N'ai-je donc pas raison de dire que ce seul amour fut une pénitence complète, et une pénitence si efficace, que la miséricorde du Sauveur, si j'ose parler de la sorte, ne put même y résister? Reprenons par ordre chaque article, et suivez-moi, je vous prie, avec attention.
Son péché fut le libertinage dé ses mœurs. Ne disons rien de plus, et tenons >nous-en à' rÉvangile , qui est notre règle. Il nous marque seulement eu général que Madeleine étoit pécheresse : cela nous doit suffire; et le respect dû à cette pénitente , encore plus célèbre par son changement qu'eQe ne se Irendit fameuse par son désordre, ne nous permet pas de nous expliquer davantage : Mulier m dvitate peccatrix
(Ibid.).
Si dans un autre discours ^ j'ai parlé plils en détail de ce péché , c*est des paroles toutes pures de saint Paul que je me suis servi. J*ai cru qu'étant consacrées, je pouvois, à l'exemple de ce grand apdtre, les employer dans un auditoire chrétien ; et ceux qui m'ont entendu savent avec quelle réserve, toutes consacrées qu'elles sont, bien loin d'en développer tout le sens, je n'ai fait que Teffleurer. Quand saint Paul, avec une entière liberté, reprochoit aux fid^es certains vices énormes , ou quand il tâchoit à leur en imprimer l'hof reur par le
* Cette digranion regarfle le* Bermoo de rtaupnreté.
S8 SUR LA CONYËRi^IÔR DE MADELEINE.
dénombrement et la peinture qu'il leur en faisoit, il àè ôontentoft c^ les prévenir en leur disant : Plût à Dieu, mes Frères, que vous voulussiez un peu supporter mpn imprudence! et supportez-la, je voiis prie; car vous savez le désir ardent que j'aurois de vous voir touç dignes d'être présentés à Jésus-Christ comme une vierge sans tache : Vtinam $ustineretis modicum quid insipientiœ meœï sed et supportate tne : (eintdor enim vos Dà œmulatione, Despondi enim vos uni vvro virginç;^ casiam exhibere Chrîsto (2. Cor., 11), J'ai usé de la Boéme précauiion; et quoique indigne de me comparer à cet hooime apostolique, Dieu m'est témoin que le même zèle m'a porté à vous faire le$ mêmes reproches ou les mêmes remontrances. Confondez-moi, Seigneur^ si j'publie jamais I^ fiii pour laquelle voiiç m*ave;s confié la grâce de votre Évangile! Or, non seulement les chrétiens de ces pror pier^ temps ne s'offensoient jpas de ce que saint Paul leur représear toit avec tant de force et sans nul adoucissement; mai&, persuadés dp l'importance et de la nécessité de cette instruction , ils la recevoienj; avec une docilité parfaite : ils en étoient édifiés, touchés, pénétré^ ou d'une sainte componction s'il$ y avoient part, ou d'une crainte salutaire s'ils étoient encore dans ^innocence. Tavois. droit de croire quç je trouverois dans vous les mêmes disposition3j. ei qu'upe morale que saint ^aul avoit crue bonne pour le siècle de FÉglise naissante , c'està-dire pour le siècle de la sainteté, pouvoit l'être encore à plus forte raison pour un siècle aussi corrompu et aus^i perverti que Je nôtre. Je me suis tfompé : ce siècle, tout corrompu qu'il est, a eu sur cela plus de délicatesse que celui de l'Ëgliâie naissante. Ce que j'ai dit n'a pas plu au monde; et Dieu veiiille que le monde ^ en me condamnant^ ait au moins gardé les mesures de respect, de religion , de piélé , qui sont dues à mon ministère! car pour ma personne, ie sais que rieii ne m'est dû. Trop heureux si , me vpyant condampé du monde, jq pouyoîs espérer d'avoir confondu ie vicQ et glorifié Dieu! Trop heuireux si la censure du monde n'a rien fait perdre h ce que j'ai dit de son efficace et de son utilité, et s'il y a eu des âmes q¥i, comme les premiers chrétiens, eç^ient été non seulement instruites, mais converties! Ce qui pladt au mondé n'est pas toujours le meilleur ni lé plus néœssaire av monde. Ce q^i liu déplak est souvent la médecine, qui , tovt amère qu'elle peut être, le doit guérir. Se choquer de semblables vérités et s'en scandaliser» c'est une des mar(|uç& les plus évidentes du besoin, qu'on en a, S'en édifier e( se les appliquer, c'est la preave la plûfi certaiae d'une ame solide qui cherche lé royaume de Dieu. Mais c'est à vous , Seigneur, à faire le discernement Qt de ceux qui en ont abusé et de ceiix qui çn ont prpfité. Vous êtes le sierutateur des cœurs; et vous sav^ que ce n'est point pour inu justification que je m'^en explique ici, mais pour l'honneur de votre parole. Qu'importe que je sois condamné? mais il impprte, ô UkW VifiV^9 9U^ YOtjre parolie i^it respectée. Revenons à notre sujet.
SUtl LA ^NVERSIÔI? îiÉ MADELEINE. m
Le péché de Madeleine fat lé libertinage dé $es mœifrs, ou, pou^ ooih})rendre sons des termes moins odieux tous les désbrdri^s auxquels die s'abandonna], quand Diea par une juste punition Tàbandonnâ ^ elle-même et à ses propres désirs, disons que son péché tixi et son orgneS et son amoùr-propre; que ce fut et une idolâtrie secrète de sa personne, et une ambition criminelle d'être non-seulement aimée, mais adoréç. En effet, dit Zépon de Vérone, eDe ne fiit libertine que parcequ'elle fut vaine, et pârcequ'elle s'aima avec excès. Mais l'amour divin qui toucha son cœur sut bien venger Dieu de Tun et de l'autre* Car à cet amour-propre qui Favengloit H substitua une sainte haine d'elle-même , et , au Ùèii de cet orgueil dont elle avoit fait sa passion dominante , il lui inspira la plu^ profonde humilité.
Elle aims(, Dilexit; et par une conséquence nécessaire elle coiain^ça à se haïr. Gai* coniment auroit-elle pu aimer son Dieu, et w sç haïr pas elle-ttiêmie? Aimant ce Dieu de pureté et de sainteté, et ne voyant dans eOe que corruption et que désordre , éomment auroit-elle pu se défendre de coiicevoir pour elle-même non*seulement du i9iépris, mais de l'horreur ; etcomment , avec cette horreur d'elle-même, h'auroit-elle pas dès-Ibrs pratiqué ce oui sembloit ne devoir être que pour les âmes parfaites^ mais ce qu'elle jugea convenir bien mieuy ^ nne pécheresse qu'à toute autre , savoir, le renoncement à soi-mémet le détachement de soi-même, la mort à soi-même? Gomment, dis-je, n'âuroit-elle pas été remplie de ces sentiments, puisqu'éclairée des lamfiéres de la grâce , elle se regarda comme un monstre devant Dieii, comme une créature infidèle, qui n'avQÎt jamaisNx)nnu Dieu, ou qui l'ayant connu ne Iju avoit jamais rendu ta gloire qui est due à Dieu; comme mie créature rebelle, qui si long-temps avoit fait une profe$siop ouverte de violer toutes les lois de Dieu , qui par une vie licencieux avoit insolemment outragé Dieu, qui dans sa personne ^voit profai^ tous les dons de Dieu , qui par l'abus le plus punissable s'étoit servie contre Dieu même des avantages qu'elle àvoit reçus de Dieu ?
Elle aima, Diiexit; e^ du moment qu'elle aima, elle cessa d'avoflr ces coins excessifs d^ùicie beauté firagile, dont elle s'étoit toujours occupée. Vpyei-la aux pieds de Jésus-Ghrist, les cheveux épars, le visage abattu, les yeux l)aignés delaitees. Voilà ce que l'Évaugilenous présente comme on modèle de l'amour-propre anéanti. Pense-t-elle eaiicore dans cet ^tat à ce qui peut larendre plus agréable? Craint-ellç» à force de pleurer, de ternir et de défigurer son visaçe? A-t-elle sur cela, dans la douleur que lui cause son (:)éché, la moindre inquiétude? Non, non, ines Frères, dit saint Grégoire pape; ce n'est plus là oe qui la touche. Que ce visage, disoit la bienheureuse Paule, détrompée du monde, et aninij^ef d'un vrai désir de satisfaire à Dieu, que ce visage doflyt j'ai été idolâtre, et que tant de fois;, contre la loi de Dieu, je me suis efforcée d'embéffir par de damnables artifices, soit couvert 4' w étemel o{>pr6bre : Ttérpctur fucUé Itta, quam toties conira Dei prœcep^
eO SUR LA CONVERSION DE MADELEINE.
tum eertusâ et purpurisso depinxi (Hieron.)/ Remarquez, MesdaoïeSy ces paroles, de saint Jérôme ; et si vous êtes chrétiennes, ne préférez
Îas au sentiment de ce grand homme, qui est le sentiment de tous les ères, Terreur d'une fausse conscience qui vous séduit : Fade< i//a quant totiet contra Dei prœceptum cenusâ et purpurisso depmxi ; ce visage que tant de fois j'ai voulu déguiser par des couleurs empruntées, et à qui tant de foie j'ai donné un (aux lustre, malgré les défenses et contre la volonté de mon Dieu. Ainsi en jugea Madeleine convertie. Ah! que cette grâce périssable soit pour jamais effacée; que ces veux deviennent comme deux fontaines, pour arroser la terre de mes larmes ; que ces cheveux , sujet ordinaire de ma vanité , ne servent plus qu'à mon humiliation ; que cette chair soit désormais une victime de oaortification et d'austérité. Bien lom de s*aimer soi-même , elle voudroit pouvoir se détruire; et parceque Dieu ne lui permet pas cette destruction volontaire d'elle-niéme» elle s'offre du moins à lui comme une hostie vivante, pour lui être plus bng-temps et (dus souvent immolée.
Elle aima, Dilexit; et paroequ'elle aima, elle voulut faire à Dieu une réparation solennelle, et comme une amende honorable de tons les attentats de son orgueil. Prosternée aux pieds de Jésus-Christ , elle se souvint combien elle avoit été jalouse d'avoir dans le monde des adorateurs; c'est-à-dire des hommes nés, ce semble, pour elle; des hommes non seulement fous et insensés, mais sacrilèges et impies pour elle; des hommes prêts pour elle à renoncer au culte de leur Dieu, prêis à lui sacrifier leur liberté, leur repos, leurs biens; c'est trop peu, leur conscience et leur salut: car Tambition d'une femme mondaine va jusque là. Les Israélites irritoient le Dieu de leurs pères» en sacrifiant à des idoles de bois et de pierre : Et in sculpûlnu suis ad temulationem eum provocaverunt : et cette fenune pécheresse l'avoit outragé et comme piqué de jalousie, en lui opposant dans sa personne une idole de chair. Elle se souvint des pièges qu'elle avoit dressés à l'innocence des âmes , des ruses qu'elle avoit employées pour les séduire, des charmes dont elle avoit usé pour les corrompre , des pasrsions qu'elle avoit fait naître dans les cœurs : elle s'en souvint, et Dieu Itii ouvrant les yeux, elle crut voir au milieu des flammes ^ie Tenfer, disons mieux, elle y vit en esprit , mais avec effroi , des pdcheurs sans nombre qu'elle avoit précipités dans une étemelle damnation. Tant de conunerces dont l'indiscrète familiarité avoit été entre eux et elle le lien des plus mortelles haJ)itudes; tant de conversations dont la licence leur avoit fait perdre toute pudeur ; tant de libertés contre le3^ quelles sa conscience par mille remords , mais tous inutiles , avoit si souvent réclamé; tant de cajoleries dans les discours, tant d'immodesties dans les actions ; que dirai-je? tant d'autres choses qu'elle savoit avoir été de sa part les dangereuses amorcf s des désordres d'autrui : tout cela lui revint à l'esprit; et ce seul désir de plmre^ dpnt ejlô
$fJR LA (H)I«VÈIISl6^ DE VÀDtiEINE.^ 61
n'afoit jamsôs compris les pernicieuses conséquences; ce desti* de phtre qu'elle avoit jusqnelS compté pour rien , lui parut comme tin abtme, mais on profond et aflfireuxabtme, qui, selon l'expression du Saint*E$l prit, Tattirant dans d'antres abîmes, Tavoit conduite aux dernières extrémités : ?oiIà'ee que son amour, je dis un amour tout sacré, lui fit connoltre; Toilà sur quoi die se confondit miHe fois elle^mâme. Ah! dit-die à son Bien dans la ferveur de la pins* sainte contrition , n'ai-je donc été, Se^neiir; jusqu'à présent dans le monde que pour vous y foire la guare, €|tte pour arrêter les conquêtes de Tptre grâce, que pour y être Tenneniiè déclarée de votive gloire? If âi-je donc vécu que pour perdre ce que'Vtràs vouliez sauter, que pour détruire l'outrage de votre réd^nption, que pour foire périr des ames'que vous êtes venu chercher, et qui vous ont d^à éùtàé sicher? Mafl^ ^ue puiaje /Smne désormais avtre chose; ô mon Dieu, que de vous aimer autant qaej^me nuis aimée lËUfi-ttéme; que de m'étudier à vous plaire autàrft qvej'ai ea le malheur de j^sireàd'aiitreB qu'à vous? Par où puis-jé mieiix vous dédommager de tant d'injustices commises 'coiître vous et datant de crimes; que par eetràmoartincëre et pur dont j'ai commeMéàeDttfiotire le-]^rixinësthnable? ' '
Elle aima, JK/»^r;et^'toute8 ces iàjustîoesfiirnit expiées; ëUeaima, et uma ces crimes hii forent fÂrdbnné^;^>Ne conduei^ pas de là, péèheors qn m'éoontiiz^^que^^dtre Dieu est donc un Dieo Ûen focile et iHen indulgent : cette eêttblqsion, dans le sens que volas l'entendez, se* rait une erreaci el ceas erreur vous pourroit être ptiis fiinèste que TOfre libertinage mémei Hais ^eonoluez d&là que t'amdnr de DSèii a ëonc uneverta supériehlre à'tqnt 'Oé cpie noui» en oMcevons. Con^ dpe» dft A que fanioàr^ JMen ^estdoiic aussi fort que h mort même : je vem dire aussi mërftoire^' et aussi agréable à Dieu que Te martyre. Condaéz de ià que l'amour de Dieu est donc aussi ^nt et aâfssi sanctifomt que le baîp€ême.<londa9e de ià qu^en eompataison de Famour de Dkn, tonte salisfocdbn de l'hèmmie pécheur est donc peu^^cace*, et que, séparée de Ifaqiôur de Bien, -die > n'est même de nulle valeur : c'est de quoi- je conviendrai avec vous* Mais aussi serez- vous obligés de convenir avec moi que peu dHfjéchettM aiment donc Dieii coittme fa aimé Hadeteine, jusquîà la l^ine d'eux^^mêmes, jusqu'au t*enoncement àenx-mèfi^es; et pariconséquebt que peu de pécheurs; en pensant même se convërtirià Dieu, aiment sincèrement Dieu, puisqu'dmer pieu aansae hair aôi^ibême, sans se renoncer sôi-méme, c'est raimer et ne rainer pas: ^
Non sefulement Tamottr de Dien expia le péché de Siadeleine, mais il en purifia la source; |Oècte source étoit son cœur, un cœur sensible étendre: Or, pMrlefiiMîfier,dleàima, Bilexit ; mais diè éima, dit saint AuguislÙD ,'edni qur »e peut être trop sensiblement ni trop tendrementanmé; etpar-Ui ellee^ fit de sa sâiâ3)itité même et de sa ten- Aresse im mérite et nne vevfu. Slle ooafprit que ce n'étoit pas en vain
62 §UR:VA.Ç9NS^IVapîîi»JB|f|^
q^^ Dieu luiayoij; (ionné m qqspr t(çpdr^, qjie ce ^çp^r éV)it Êtît.ppHr
)iii^<et im^e si jusqii'alpi^ il aYok été aansle tremble, oe n'étpit poif^t
{>arcequiI.étoU teodre/m^is I^^ étpit tendre pour (^li il ne
é devoit pasétre. EUe nç crut pa^ qu'uu . cc^r converti dût étr^ w cœiir $ec,. un cœur dur» un cœur froid et indif£érent. Bien loin à^ le croire, cille supposai et, ay^. r^n, que pQur éti;e un cœur cqfpf^i à Moif^quQ ce fiU unco^r surd^t, u]pi coçij^ zélé, un pqe^r a^- 'jtùeux, îip ço^r çapaj^ç d'être émn et toud^,; et trouvs^ dansjoyn prdî[>rè cqeiir toutes ces q^aj^t^, ell@ jugea .qji'eU^ ne devpiti^pleg.l^ ; fair^, ^i^ir qi^'^ aimer aveq pj^ d^ itepdjres^ JiÇ; Diep niôine ^q qvi ^ le^pvQit reçu^, et pour qiû «^ n'^^i^ f^ilijpsqji^e la cpetr/opd'infie^- §ibfli(^..(Jp«^ ten3s8^s^. §ipM r^jd^^ Jini p^uvolt être d'un
"^ — a de r^pirmenti^ ^ f t 4q P)â«^:que4a«s^ te^ primiieril isi^^ies de
... Jjseyà msftu^§fl]up la j^<M §iét9lM^as^tjija:^ riiip^dU4)«ca^i^4«^» en i^e d^rjiî^it p^e^li?^ tQi9pl^ ilél^iluai^. îdples» i^ais m te&J«ri- $oj[t en j^^e^ploy^t #1^19^^ 4» fim Oîku ; wm l'amour. Mvm^ » j^i^gn4)i\pc6n96$ion du cq3|«r^i9«te.pâ(âl|ei^Ç{ n'm détruiflit |!^9^ tempérament, mais le œrrigi^:;::JMi!toî/^.^ l0t|fe«!^^ j^yfjf^ àfym^i paais la.rnii #», 4ut:di'^iaer.fAi^piÈnLn;Qn la faisftoi aiiiiier sa^t^ment :(^.^^)^irid^^^ .été» «don k^gw^jàe
.rAp$itrei Xwvfiv i^u^ftge $ qui . A:ai$oH pno^u^qtie dtes fmi^^efltojéjiiçtio#;j2aîs,:|^rl^ tbarii^qili;y[i«lfOtée) iliii^nti'iolj^r
(ifâhi^iil^i n^rpQrta pliw^iwci^»..^^ giaoe )efe;detfla}iil> AdbJ HuMi .pile,9^. qi|^ lYOtTf .ppcgfîd^nç» e^ dimabldf & nous «voir JiimîdElft^S^'ia n^^ aUiSib^ d^ toutç^ Jos 3?v^rms »* jQnii; ea&fai ji^eiiGe j X^'U y « 4e
'sans ci^nger de natui:6l^:$lif^vée>te.ii^nMiO0è«i]! qùdvouaiiiQniba^ douQéiejfbjpou^jFprw/M^ltideipi^eur^:!^ pamkÈJmi^^^iiBÊkMitmé Qt ^ê.ql^rBjçls 4^.hpiiupdasipA^ M j^âtkndil'fii^ poiiràQttf avutèr- Ur ïà :yp|]$» il l^llpir Aou»^ ail^Btin«iitièagiBr dTétr^iC». que naii»(flQsliniç^, lç^;aneantisse^€aitdé,n0AJ3rniiéÉftaj^x^^ d'ailteiiF^#>.nQUs i^fir^mi^Vmm votr^ gnloe toute puisssmMj^ s^âo- !çôini^odiiiM^.àj3^$^:ji(Hbl^H^ notre jBonvecsmndeoiolÉae
propre fqn^i et,nQitô,fait'tK€eut9er jùa^dânf^&pa^^ ànos.passiMm Q^e$,.piftisqu'tL.n:y;QiDa'«qc»np qm». purifiée par votrç; a^iourl IIP puisse contrU)uer à noti^ saiictffîoati^ i >!
4^lo/^ ^ncprp .irftt^jftY^ut. L'Ampur'de;ZMeii^âi»és:a!K)iDfil|)îéife péché de Madeleine, après en avoir purifié iar. foime, ènrcossafirà.ti matièrfi; J'appeUe la iinati^r^ de jsoa pëolétlMtiCé qui .secvoiticà ses
Îiaisirsçt4.§<>u^uxe. C'étoit.uùeiemn)ev9te|>l«ea£«b;idIa^â^ aiolé ^ i^pjarfjutnpi^, M \^^^. çe j|ui ftitte k» iMK'fieiSiMimTt^llo toujouos 1^^ sa çonversiojii ? Yqua le s^yeZi^ ^piaqiteii pair) jda e£fef viâible <fe .)fi.prédii:;tîpn du.SautV^^ibti mic^fnicdqfffioè St. chez le {diaBisîN^ et ce qui ëieuibia 9'^H*^4«iW m»ivdMnt;fiti6^ de sa fnétiâ^ se |Mir
se» U ÇONVÇftSIpIf m HAOEUllKE, ^
bL*e encore aujoard'liui à sa gloire, partout où l'Évaifgiie de ^ésns- Christ est annonc^. !^od, non, dit-elle dans rheùreux ihoinent (ju'ellè sentit l'impression dé lu grâce et dé l'abiour de son Dieu, Une mSppartient plas de chercher les délices de la vie. Cela cpnvient mal i nne pécheresse, et encore plus mal à.uiie pécheresse péniteme. FautfldoncdesdëUces pour un corps qui'n'amerilé que des feux éiernelfl? Faut- il des parfums pour une cbairqui jusqu'à présent n'a été qu'une chair de ^ché, et ^gi dans le tombeav sera bientfit un sujet de pourritup ----- - Seigrienr, que ce corps , que cette
chair ^ .(jontre voire toi tous soit consa-
cré, ' pour vous ce qujetpnt de fois j'ai
prod ét,,touçh^ de ce sentiment, elle ap-
port IX et Qxiqiùsi elle le r^nd sur Itp
piedi elle les essuie de ses pfteveux , elte
lésai reproad saioi GrégQÏr» p|i|ie, eUe
ironi ubi honorer le ^itsd^ H'ieif, et dans
sa V3 éable sacrifice : Et qupt irt.,"^ tnvemt
oHee wimia {GsEGOR.). Voilà, femme (la
moBj cri'èer àDiefi ce qw a ^té la ipatière
du pi cepei;d;9i^^tré aussi mondaine i^t
aus^ la voie de l;i péaitenct^, et cependant
être àussj ^donnée à ses ajs^,, aiiisj soi-
gneuse 4e se.^gK^cer les commodités de, ,ta vie; r^ujré, to^t à des paroles, i diés m^xlnes V à ^e j^teoçilues résokitîonf^, c'est line.f^mère; et compter idors «ir sa pénileoç^, ç'es^ p'areutclersçiirfnéaie et se inmiper, , , . ; . , - |
A !>iéu pe Pil^iEe, ItÀesdaiiHis , q^ je veuille examiner ici et vqus marquer toii^ cç que fa pénitence doit Réformer dans vos personnes 1 outre que cie dét^ iroît trop loin,, peut,-étre ^ fmez-yaus encore Je sujet de votre censure. Toutefo#,c[c¥t..4A>^,<!£4^^il-.9>'^ ^' énlrps les Pères de l'^g^i^ ,et mjvie Ifs apâtres , quaniî ils se sont i^Jiqups à régler les mœùr's. Comme. ils, trayaiUoie^it à.fcrmçi;, juî^ religion pure , sainte , eXiCi^pte de ^a^fie . ils a'opl pwot lesfip^ que celte niprale fiXt at^ei^soiia delà dignité de-leur ministé;rg. .Çftç.c'jesi pour c^a que saiiitPauI^,cetbomiqe ravi jusquesau iroisi^e ctel,.et qvj a^rijit appris de Jésus-Christ même ce qu'il ^nseig^oit au^^id^es, ^fsoit aux feçames.ctir;^ifeBAe$, des I^p« ^(ju^ant, .la,]iiqdesi;jej ^ ;if ^^icité des habita : Jes obligeant^vr ce point à une régularit^.fnijftre ^queDe r^rit du rp9nde m-, pr^rira ni 4e prévaudra, janîa.^; Ij^r Apéâfiant les choses es particfilier à quoi il vqu^ïit q^'.elLcs i;e^Dçassent, et qeovoyatitpas«edéfVi'nbremeDt ii^tiigaB ^(^^es. soins aposlolique&,IUai6Je neveux pas.aujpià:d:huid$sce>t>diBJi4sq»elà. Je ve(ix que .vous en ^ypz vous-mâmes |çs jug«^. Je \^» qu^ , vp^us considé* rant vous-^Jne?, vous ri^ooRAOy^ftiei; ^c^niwnt ^ (Ip- bôit'ne foi .ce qtt'Uyaf^yi«j'^Mérienrdey9sper80WeBàœFC(wr;etàretçancitter.
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64 SIJR LA CONV£ltâI0N DE MADELEINE.
Je veux qae devant Diea vous vous demandiez à vous-mêmes si ce luxe qui croit tous les jours , si cette superfluité d'ajustements et de parures toujours nouvelles , s'accorde bien avec l'humilité de la pénitence. Et si vous me répondiez que ce ne sont point là des crimes , et tt'à la rigueur il n'y a rien en tout cela qu'on puisse traiter de péé ; après vous avoir conjurées de vous défaire de cet esprit intéressé qui réduit tout à la rigueur du précepte, et qui s'en' tient précisément à l'obligation de la loi, esprit peu chrétien, esprit môme dangereux pour le salut ; qui doute , vous dirois-je sans hésiter, que Dieu ne condamné ce qui constamment , et de votre aveu, sert au moins d'attrait au péchë» ce qui excite les passions impures, ce qui entretient la mollesse, ce qui inspire l'orgueil? De si perniciclux effets peuventils partir d'une cause innocente ^t indifférente^ Qui doiite par cette taison » et même indépendamment de cette raison \ ((ne tout cela ne doive éCfê la matière du sacrifice que vous devez à pieu comme pécheresses? Car 9 détrompez-vous aujourd'hui, ajouterois-je , de Terreur où vous pourriez être, que la péuitence ne doive sacrifier à Dieu que ce qu'il y a d'essentiellement criminel. Non , il n'en est pas ainsi. C'est ' par le retranchement des choses permises qu'on 'répare lès. péchés commis dans les choseè défendues. C'est par le.reiioncement à la vanité qu'on expie l'iniquité. Sans cela, quelques mesures' que vous preniez en vous converti^ant à Dieu , Dieu n'est poih^ isatisfait de vous. Voilà comment je vous pàrlerois. Mais j'ai quelqtie chose déplus fort ~ encore et de' plus iouèhant à vàus dire : et quoi ? aimez comme à aimé Btadélane, et tous ces sacrifices de votre amour-propre, qui vous pàroissent si difficiles, ne vous coûteront plus rien. On vous en a parlé 'cent fois ; mais c^aété Inutilement et sans fruit, si Ton n'a pas été jusques à la source. On vous a apporté des raisons convaincantes et .sans réplique , pour vous obliger à quitter ce luxe profane; niais en vain, parcéqiie l'esprit corrcrtnpii du monde, par d'autres raisoa^ apparentes ', vous obstinoit à le défendre. On n'a pas beaucoup gagné quand on à Até à une ame mqpdaine , ou , pour mieux dire , quand on lui a arraché certains dehors; de vanité, à quoi elle étoit attàc|iée. ^ Car si ce saWifieè n'est animé par le principe de l'amour de Dieu , elle reprendra bièh(Ôt tous ce^ dehors -de la vanité humaine,' et re- { ' tombera dans son premier dégoât de la piété. îf ais allumez , dtsoit
\ . 'saint Philippe de Néry , aUumez dans le cœur d'une pécheresse ce
feu divin que Jésus-Christ est véku répandre sur la terre; et ce feu , on Bdême une'étincelle de ce feu-y^uraf dans peu tout consumé. Toute pécheresse qu'est cette mondaine , faites-lui bien cônnôitre Dieu , donhe!z-ltti du zèle pour Dieu, appien^z-lui à sumer Dieu ^ et elle ne tiendra plus k rien : bien loin dé refuser tout ce que* vous exigerez d'elle pour une parfaite ccmversron ^ elle s'y portera d'elle-même, elle vous préviendra,*elle en fem {i^us que voué ne vûttdrez , elle ira au-delà des bornes , et souveiît il faudra de la prudence pour la
SUR LA CONVERSION DE MADELEINE. tiS
nodircr. Agissant par ce grand motif de Vêaour de IKaa , eilé ne oompleni pas même poor quelque cboae tout ce que son cœur Ità inspirera; elle ne s'en applaudira point comme d'nn tri<miphe; ec poar queues pas qu'elle aura faits dans les voies de la perfection chrétienne , elle ne se croira pas déjà parfaite. Au contraire , elle se rqNfocherasans cesse de donner si peu à Dieu ; elle se confondra d'avoir en tioit de peine à s'y résoudre; elle s'étonnera qu'il veuille bien s'en contenter. Ainsi par son ankour elle expiera comme Madeleine son péché, elle purifiera la source dje son péché , elle consacrera la ma* tîère de son péché; enfin» die réparera le scandale de son péché.
Le scandale du péché » ce sont les pernicieux exemples que donne le pécheur 9 et c*est ce que Madeleine eut i réparer. Ç'étoit une pécheresse connue dans toute la ville par sa vie mondaine et déréglée : mais elle aima» DUexU; et désormais , autant qu'elle s'étoit dédarée pour le monde » autant voulut-elle se déclarer pour Jésus-Christ. EHe ne chercha point à lui parler en secret» elle voulut que ce fût au mi« liea d'une nombreuse assemblée. Elle ne craignit point ce qu'on en diroit; au contraire» die voulut que le bruit s'en répandit de toutes parts. Elle prévit tous les raisonnements qu'on feroit» tontes les raQleries qu'elle s'attireroit» et c'est justement ce qui l'engagea à rendre son changement public : pourquoi ? afin de glorifier Dieu par sa pénitence, autant qu'elle Tavmt d^onoré par son désordre; afin die ga« gner à I]tieu auumt d'ames par sa conversion qu'elle en avoit perdu par son libertinage ; afin de se mieux confondre et de se mieux punir eDe-mémey par cette confusion» de tous les faux éloges et de tons les honunages qu'elle avoit reçus et goûtés avec tant de complaisance. Cest pour cel|i qu'elle entre dans la maison de Simon le pharisien » remplie d'une sainte audace. Elle n'avoit rougi de rien lorsqu'H s'agiissoit de satisfsiire sa passion , et maintenant elle ne rougit de rien lorsqu'il s'agit de faire au Dieu qu'elle aime une solennelle réparation. On Tavoit vue dominer dans les compagnies , et maintenant elle veut qu'on la voie prosternée en posture de suppliante. On avoit été témoin du soin qui l'avoit si long-temps occupée de se parer et de s'ajuster » de se conformer aux modes et d'en imaginer de nouvelles ; et maintenant elle veut qu on soit témoin du mépris qu'elle en Eût. Elle le veut » et ne le vouloir pas comme elle , c'est n'être pas pélùtoit comme elle ; et ne l'être pas comme elle , c'est ne lé point être du tout. Car je ne me persuaderai jamais qu'une ame vraiment pénitente , c'est-à-dire une ame vraiment touchée d'avoir quitté Dieu » ait honte du service de Dieu , et qu'elle ne cherche pas au contraire à lui rendre dans son retour toute hi gloire qu'elle lui a fait perdre <fans son <^ement. Je ne^e persuaderai jamais qu'une ame vraiment pénitente» c'est-à-dire vraiment sensible à la ruine spirituelle dotant de pécheurs qu'elle a précipités dans le crime » manque de zèle pour les en retirer^ ^près qu'elle n'a pas manqué d'adr<»se pour les y engage ; qu'elle ne B. S. 9
jâchfipas à ie^ ramener dans leis voies dii salut , après qu'elle les a coni^ùtlsaapùe&yoîe&'iié^^^ vlta iata (î^^m/HO):
Ah !;Seigneur/s'^riôittyâvîà,f ai scalidalisé votre peuple; nislfsmaconjsblâfioii est quj^ ce scatidaTe n^eât ^ù% sans remède : mon eiertipfe le détruira , et en repTpnânt vos voîes, Je les enseignerai à ceux que f eè ai éloigné^ : ma péniteiace sera rniè féçôn^ pour eux , et quand ils me verront r^tournep à vous , ils apprendront eux-mêmes à y revenir : Docebo miquos vîài tuai\ et hripit ad te comertèntur. Enfin Je né me jpersuaderai jamais qu'une ame vraiment pënhente, c'est^à^Jire une ame bien détrompée des bagatelîes du monde , craigne encore les dis* cours du monde , et qu'elle ne se fesse pas plutôt un devoir de venger Pieii de là vaine estime qu^elfe a tant recherchée dans le monde , ^ar lés reproches qu^elle peut avoir'à sôùteîiir de la part du monde même. Non pas que j'Ignore quil feut de la fermeté pour s'élever d& la sorte au-dessus d\i monde,' et pour s'exposer à toute la malignité de ses jugements ; maiis voilà lé înéritë d'une parfehe j[>énitence , et c'est en quoi je Faiiaît consister. Ainsi beaucoup dé péchés furent remisa Madeleine y pàrcequ'elle aima beaucoup d'un amour pétiitent; et elle aima oeaucoup d^un amour reconnoi^sant , pârceque beaucoup de péchés lui avoient été remis : c'est la secondé partie.
Be toqs les senjtiniehts dont le cœur dé l'homme est capi3d)te, Il n'y 9 ^ selon ringénieusé et solide réfifexion de saint Bernard, que Tamour dQ pieu par où fhomme puisse reodre en quelque manière, si ron ose^^nsi parler , la pareille à Dieu ; et c'est le seul acte de religion eu vertu duquel , tout foibles que nous soinnies , nous passions , saj^s nréisomption , prétendre quelque sorte d'égaUté dans lé commerce qi^e nous entretenons avec Dieu. En tout autre sujet, ce réciproque de la créature à l'égard de son créateur i^e nous peut convenir. Par exemple^ quand Dièu méjuge , je ne piiis pas pour cela entreprendre de le ju^eh; quand il me commande, je n'ai pas droit dé lui commander : miais quand il m'aime , non seulement je puis , mais je dois l'aimer. A tous les autres' attributs qui sont en Dieu et qui ont dû rapport à moi , je réponds par (Quelque chose de diVFéi^nt , ou , pour mieux dire, par quelque chose d'opposé à ses attributs mêmes. Car j'honore la souveraineté de Dieu par ma dépendance , sa grandeur par ravén de mon néant , sa puissance par le sentiment de ma fojblesse, ;sà justice par ma crainte et par mon respect: et si là-dessus j'avols Jà moindre pensée de m'égaler à lui , ce seroit l'outrçigèr, et me résdre digne de ses plus rigoureuses vengeances. Mais quand faîme Dieu parcec[u*il m'aime, et que je veux lui rendre amour pour a'mobr', bien loin qu'il s'en offense , il s'en fait honneur , et il trouve bon (Tué je m'en fesse un mérite. Je puis donc en cela seul sans témé- Tîté. me mesurer , pour ainsi dire, avec Dieu ; et quelaue djâpropor-
1^^ L"^' xw ^'^" ^^^oi.i'm par oetamour, non pas de quoi neaWrîçttà^piëu, rmiisdéqrfoî Irii payer «tactemerit ée q A je ta **. C^ ne puis rien loi devoir au-delà de cet amour; et en lui payant ce tribut , j'accomjMlk ehters lui toute josUcê : c'est-à-dirè que comme, tout Dieu qû'îï est , î! ne peut rien fcire de plu» avaiita^ geux pour moi que de m'aimer , aussi 'de ina pari ne peut-fl rien cxl* ger depTus parfait ni de plus digfne de lui , que mon amour.
Ainsi raisonncSt saint Bernard ; et wîlà , Chrétiens , par oi^ M ade^ leineiroav^ le secret de témôîgnei' à Jésus Christ sa reconnoîssance après en ayoïr obtenu la rémission de tous ses crimes. Bile aima et e'Ie aima beaucoup, Bilexitmuittm. Dans les âmes lâches (remarquez ceci,sTl vous plaît; c'est une vérité qui ne vous lest peut^re que trob connue m la malheureuse expérience que ^toiis en avez feite et (n& vous en faites tous les jours), dans les amés lâdies, cette vue des péchés remis ne produit ou qu'une Hausse sécurité ou qu'une oisive tran* qoîllité. Je m'explique. Chi s'applaudît intérieurement, et Dieu veuille qu'on Tfe s'y trôtope pas ; on se Klidte d'être déchargé par le sacrei ment dé pénitence d'un fardeau dont h conscience seotoittout le poids et sous lequel elle gémissoît. Parcequ'on a entendu de la boudïe dû ministre ces consolantes paroles : Remtttuntur Hbipeccata, Vos péchéi vous sont pardonnes, on s'en croit absolument quitte. Au Keu de suivre la règle du Saint-Esprit, et de craindre pour les péchés même pardonnés, oarcèqu'en effet dans cette vie on ne peut jamais s'assurer quife le soient, on est en paix sur celui qui peut-être ne l'est pas; et Supposé qu'if le fàt, au lieu de faire les derniers efforts pour recinnoître la grâce ii^estimable de cepardon ; au Keu de dire comme David : (^uid retnbuam Domino (Psatm. 415)? QÙè rendrai je ^u Seigneur? au lieu d*imîterce roî pénitent, et de chercher comme lui avec uti saint' eqdpressement et yn saint zèle à s^acquitter auprès de Dieu d'une obligation aussi essentielle que celle-là , oh vit dans un repos souvent beaucoup plus dangereux que tous les troublés dont peut être suivie la pénitence d'une aine scrupuleuse et timorée. Il semble que cette grâce de l'absolution dont on se flatte n'ait point d*autre effet que de mettre le jpécheur jbu état de vivre avec pins de liberté ; eî paruneîngratitudequi n'a point d'exemple, parcequ'on ose compter sur la miséricorde de Pieu, et qu'on pense Tavofréprouvée, on se croit en droit d'être moins occupé du soin de lui plaire et du repret de lui avoir déplu. Ainsi l'on regarde la rémission de ses péchés comme un soulaçemept, et non comme un engagement. On la considère par rapport a soi, et non par rapport à D-eu. On veut jouir des fruits qu elfe produit, s^ns accomplir les devoirs qu'elle impose • et en goiV ter la douceut" intérieure, sans se mettre en peine des ^œuvres de pénitence qui eh sont les charges. Consultez-vous vous-mêmes , et vous conviendrez que c*est là peut-être l'abus le plus commun , et un de$ relâchements les plus ordinaires (jui se glissent dans la pénitence.