DEUXIÈME PARTIE
Quand l'Écriture fait mention de la parole de Dieu et de ses merveilleux effets, elle nous la représente comme une parole toute sainte et toute sanctifiante, comme une parole de vie et d'une vie étemelle. Seigneur, s'écrioit le Prophète royal, ranimez-moi et ressuscitez-moi par votre parole : Vivifica me secundum verbum tuum {Ps, 118). Car c'est, ô mon Dieu, reprenoit le saint roi, c'est dans la vertu de cette adorable parole que j'ai mis toute ma confiance : Quia in verba tua supersperavi (Ibid.). Où irons-nous, Seigneur, disoit saint Pierre au Fils de Dieu , et à quel autre nous adresserons-nous qu'à vous-mêmes, puisque vous avez les paroles de la vie éternelle? Domine, ad quem ibimus? verba viiœ œternœ habes (Joan., 6). Et le Sauveur lui-même n'a-t-il pas dit que toutes ces paroles étoient esprit et vie : Verba quœ locutus sum vous, spiritus et vita sunt (Ibid.) ? Il est donc certain que le vrai caractère de la parole de Dieu est de nous conduire dans les voies de la justice et de la sainteté, de nous porter à Dieu, et de nous faire heureusement parvenir au terme où nous sommes appelés de Dieu. Mais si cela est, comment se vérifie d'ailleurs l'autre proposition que j'ai avancée , que la parole de Dieu doit servir à notre condamnation, dès qu'elle ne sert pas à notre justification? La réponse es% facile et prompte ; et c'est de ces avantages mêmes attachés à la parole de Dieu prise en soi , que je tire l'incontestable preuve de la triste vérité que j'ai maintenant à vous expliquer. Car se rendre inutile une parole si efficace en elle-même, c'est un péché; et de plus, par ce péché particulier, c'est s'ôter toute excuse dans tous les autres péchés. Vous comprendrez mieux ces deux pensées par Téclaircissement que je leur vais donner.
En effet , tout moyen de salut que Dieu nous fournit, en justifiant à notre égard sa providence, nous impose en même temps l'obligation de mettre en œuvre ce secours et d'en profiter. Autant que nous sommes obligés de travailler au salut de notre ame, autant le sommes-nous d'user pour cela des moyens que nous avons en main, puisqu'il y a une dépendance et une connexion nécessaire entre Tua et l'autre. De là vient ce reproche si juste et si bien fondé que Dieu fera aux pécheurs, comme il est écrit dans la Sagesse : Vocavi, et renmstis (Prov. 1) : J'ai fait toutes les avances convenables pour vous attirer à moi, et vous avez négligé d'y répondre. Voilà pourquoi je me tournerai contre vous, et je vous frapperai des plus rudes coups de ma justice. De là vient cette terrible menace de Jésus-Christ , lorsque voyant Jérusalem , et parlant à cette ville infidèle , il lui disoit : Qtiotiesyolui, et noluisti (M atth., 23) / Combien de fois ai- je voulu dissiper'les ténèbres de ton incrédulité et vaincre ton obstination ! et oom-
bien de fois par ton opiniâtre résistance as-tu fait évanonir mes plus favorables desseins , et arrêté tous mes efforts ! C'est pourquoi tu seras livrée à l'ennemi , et ruinée de fond en comble. De là vient ce funeste arrêt prononcé dans TEvangile contre le serviteur paresseux : Méchant serviteur, je vous avois confié ce talent , et je m'attendois que vous le feriez valoir; mais vous n'en avez rien retiré. Allez dans une obscure prison et dans des ombres éternelles^ recevoir le châtiment de votre infructueuse et stérile oisiveté. De tout ceci et de mille autres témoignages , nous devons conclure, avec saint Augustin, que les grâces de Dieu ne sont donc pas seulement pour nous des dons de Dieu , ni des bienfaits de sa miséricorde ; mais de grandes charges devant Dieu , pondus oneris (Auo.) ; et la matière aussi bien que la mesure de ses vengeances , quand par une résistance expresse, ou du moins par une négligence volon^ire de notre part, elles n'opèrent rien en nous , et qu'elles y demeurent sans fruit.
Surtout, si ce sont de ces grâces plus ordinaires, de ces premières grâces, et, pour m'exprimer de la sorte, de ces grâces fondamentales que Dieu emploie dans l'ouvrage du salut de Thomme ; si ce sont de ces moyens que sa sagesse a spécialement choisis pour y réussir, et qu'elle y a plus directement et plus formellemeiit dest'més. Car laisser de tels moyens sans en faire nul usage, c'est renverser toutes les vues de Dieu , c'est déconcerter tout l'ordre de sa prédestination étemelle, c'est ou renoncer à la fin qu il nous a marquée, ou prétendre changer les voies par où il avoit résolu de nous y conduire. T)r voilà. Chrétiens, le péché que vous commettez quand vous vous rendez inutile la parole de Dieu. C'est un moyen de salut, puisque c'est par la prédication de FÉvangile, ainsi que nous l'enseigne T Apôtre, qu'il a plu à Dieu de sauver le monde : Placuit JDeo per stuUitiam prœdicaiionk salvos facere credentes (1. Cor.^ 1 .). A la tête de tous les autres moyens que sa divine providence lui suggéroit, il a nais celui-là, parceque c'étoit en effet le plus propre et le plus nécessaire. Car comment les hommes croiront-ils en Jésus-Christ , ajoutoit le même Docteur des nations ; et comment , par la foi en Jésus-Christ et par Fobservation de sa loi, seront-ils sauvés, s'ils n'en entendent point parler? et comment pourront-ils en entendre parler , s'il n'y a des prédicateurs suscités et envoyés pour les instruire? C'est à quoi Dieu a voulu pourvoir par le ministère de sa parole. Il a pris soin qu'elle fût publiée dans le monde, mais pourquoi? pour réformer le monde. Elle vous est annoncée , chrétiens auditeurs , et c'est au nom de Dieu qu'actuellement je vous Tannonce moi-même : mais à quelle fin? quelle que puisse être mon intention, dont Dieu est le juge, et dont j'ai à lui rendre compte, voici toujours quel est le dessein du maître qui me députe vers vous, et de qui je ne suis que le foible organe : c*est afin que, recevant sa parole dans votre cœur, comme dans une l>onne terre, elle s'y enracine, elle y fructifie et y rapporte ^u cen^
tuple. C'est afin cfu'elle vous guérisse de vos eri*ettrs , qu'elle vous relève de vos chutes , qu'elle vous fortifie dans vos foiblesses , qu'elle vous soutienne dans vos tentations , qu'elle vous dirige dans toutes vos voies , et qu'elle vous mène jusqu'au royaume céleste , qui est le terme où vous devez aspirer. Car voilà comment Dieu dans sob conseil souverain l'a arrêté : Placuit Deo.
Si donc, parcequevous manquez, ou d'assiduité pour entendre cette sainte parole» ou de préparation pour la bien entendre, vous vivez toujours dans les mêmes illusions, toujours dans les mêmes dérèglements , toujours dans les mêmes distractions et les mêmes mondanités : si la parole de Dieu ne sert , ni à vous retirer de vos engagements criminels , ni à vous réveiller de votre assoupissement et de vos langueurs , ni à vous donner une connoissance plus exacte de vos obligations , ni à vous inspirer plus^de zèle et plus de ferveur dans les pratiques du christianisme , cette inutilité ne procédant de nul autre que de vous , vous en croyez-vous quittes pour la perte que vous avez feite, et vous tenez-vous exempts de péchés et d'un péché très grief, quand vous dissipez un si riche trésor, et que vous troublez toute l'économie de votre salut ?
Quel fut le péché des Jui& ? je vous l'ai dit , de ne s'être pas soumis à la parole du Fils de Dieu , que son Père avoit établi leur législateur et leur docteur. Or, sans être comme lui venus du ciel, nous sommes les dispensateurs de la même parole ; et par conséquent lorsque nous voyons qu'elle vous profite si peu , nous avons droit de vous adresser la même menace que Jésus-Christ faisoit à ce peuple incrédule, lorsqu'il leur disoit : La lumière a paru dans le monde, elle s'est présentée à vous, et vous ne l'avez pas aperçue , parceque vous avez fermé les yeux pour ne la pas apercevoir. Mais prenez-y garde, et ne vous y trompez pas : quiconque refuse de suivre cette lumière, quiconque est sourd à ma parole, ou demeure insensible à ses traits en l'écoutant , celui-là dès-lors , quel qu'il soit , a un juge , mais un juge sévère , pour le juger. Et quel est-il ce juge qui le doit juger avec tant de rigueur, et le condamner sans rémission? C'est ma parole même , envers qui il devient prévaricateur et pécheur. Qui non acciptî verbameay habet qui judicet eum. Sertno quem locutus gum^ iUe judicabit (Joan., 12). Car, comme ajoutoit ce divin Sauveur, et comme nous pouvons l'ajouter après lui, puisque nous sommes employés à la même fonction que lui, ma doctrine n'est pas pro* prement ma doctrine ; et les vérités que je vous prêche sont toutes émanées du Père céleste, qui m'en a fait part pour vous les communiquer : Quce ego loquor^ rient dxxit mihi Pater, rie bquor (Ibid.). Je m'acquitte là-dessus de ma mission , et j'exécute Tordre qui m'a été donné. Je n'y épargne rien, et je ne refuse à personne mes soins et mes enseigbements. Du reste , c'est à vous de les recueillir, à vous de vous les appliquer, à vous de les conserver dans votre cœur, et
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de les hite etisoite passer dans vos mains par une pratique fidUe et constante. En eonséquence de cet important ministère qui m'a ëtë confié et que j'ai accepté pour vous, je vous suis redevable de mon travail , c'est-^-dire de mes veilles , de mes iatîfrues , de mes avertissementSy de mes instructions, de tout ce qu'il m'en coûte pour accomplir l'œuvre dont je me trouve chargé en votre fiivenr. Mais aussi , en conséquence de tout cela , vous m'êtes redevables de tout le bien qui en doit réussir , à 4a gloire du Seigneur, et i votre propre avantage ; ou plutôt, vous en êtes redevables à celui qui m'a envoyé, et qui vous le demandera selon toute la sévérité de sa justice : Qui non accipit verba mea^ habet quijudiceteum.
Cependant, Chrétiens, de tous les péchés dont nous avons à nous préserver, en est-il un que l'on craigne moins et sur lequel on entre moins en scrupule? On ne se fait sur ce point nul rq)roche devant Dieu, on ne s'en accuse pas une fois au tribunal de la pénitence : des gens font profession de n'entendre jamais les prédicateurs de l'Évangile, et ils s'en déclarent ouvertement : d'autres les entendent assez régulièrement, à ce qu'il parole , mais comme s'ils ne les entendoient pas, et sans autre effet que de les avoir entendus. Demandez-leur s'ils se croient responsables à Dieu de sa parole ainsi abandonnée, ou dissipée après l'avoir reçue. Demandez, dis* je, à cette femme mondaine si elle compte comme un péché de ne vouloir jamais ménager quelques moments pour écouter la parole de Dieu , et pour y assister avec le commun des fidèles , tandis qu'elle perd les heures qui y sont destinées, et qu'elle les emploie, i quoi? le matin dans un repos lent et plein de mollesse , et le soir dans un soin frivole de ses ajustements et de ses parures. Demandez à cet homme du siècle s'il traite de péché le peu de réflexions qu'il fait à la parole de Dieu, lors même qu'il l'entend ou qu'il est présent pour l'entendre ; et le peu de fruit qu'il en remporte , lui qui se rend si attentif à des affaires humâmes , et qui sait si bien raisonner sur tout ce qui concerne ses intérêts temporels etTavancementdesa fortune. Demandez-leur, encore une fois, si là-dessus ils s'estiment coupables, et s'ils jugent que la conscience y puisse être quelquefois engagée : ils seront surpris d'une telle proposition, et ils trouveront étrange que vous entrepreniez de leur imposer une obligation qu'ils n'ont jamais connue, et dont ils ne sanroient convenir.
Que serdit-ce si je leur faisois cette étonnante comparaiscm de saint Augustin , lequel n'a pas 'cru exagérer de mettre en parallèle un chrétien qui résiste à la parole de Jésus-Christ , et qui de la sorte anéantit toute la vertu de cette divine parole par rapport à lui , avec les Juife qui versèrent le sang de ce Sauveur , et attachèrent à une croix son sacré corps? Il est vrai , dit ce saint docteur , vous ne portez pas comme eux sur sa chair innocente des mains sacrilèges , parceque vous ne le voyez pas sensiblement comme eux ; mais quand je
suis témoin de l'outrage que vous faites à sa parole , tout adorable qu'elle est, en la profanant, en la déshonorant par une vie toute con« traire aux grands mystères qu'elle vous révèle et aux excellentes leçons qu'elle vous trace , que puis-je conclure autre chose , sinon que vous seriez disposé vous-même à le crucifier, s'il se montroit encore à vous comme il. se fit voir à cette nation ingrate et déicide : Judœi quia viderunt Christum^ erucifixerunt. Numquid ergdqui verboresistis^camem crucifigeres, sivideres (AuG.)? Ainsi parloit saint Augustin ; mais je ne vais pas si loin , chrétiens auditeurs. Je veux seulement vous faire comprendre qu'il n'est pas si indifférent que vous le pensiez peut-être, de profiter ou de ne profiter pas de la parole de Dieu ; que ce n'est pas là un de ces articles sur quoi vous pouvez passer superficiellement dans la recherche de vous-mêmes , si un point que vous deviez mettre au nombre des fautes légères et sans conséquence ; qu'il y a de quoi vous inspirer une juste crainte, parcequ'il y a de quoi vous rendre aux yeux de Dieu très criminels ; que comme le fils de Dieu dans son Évangile a béatifié ceux qui entendent la divine parole et qui la mettent en pratique, il semble par une règle toute contraire avoir réprouvé ceux qui ne Tentendent point, ou qui n'en tirent nulle utilité pour la réformation et la conduite de leur vie. Mais on ne pèche, me direz-vous , que par l'infraction de la loi ; et quelle loi nous ordonne d'entendre les prédicateurs, et de faire de leurs prédications l'usage que l'on nous demande? Ah ! mes Frères , qu'il n'y ait point sur cela dans l'Église de loi particulière, j'en conviendrai, si vous le voulez : niais n'y a-t-il pas une loi générale qui vous ordonne de prendre les moyens dont Dieu a fait choix , et dont il s'est servi dans tous les temps pour l'ouvrage de votre salut? Gomment pouvezvous vous persuader qu'il ait établi le ministère évangélique, qu^ily ait attaché des grâces spéciales , qu*il y ait consacré des hommes uniquement occupés de ce pénible emploi, qu'il leur en ait fait un devoir, une vocation, un état si laborieux , sans vous faire pareillement et conséquemment à vous-mêmes un devoir non seulement de les révérer comme vos maîtres, mais de les suivre comme vos conducteurs, et de marcher dans les routes qu'ils vous montrent?
Ce n'est pas tout : mais si c'est un crime devant Dieu de ne profiter pas de sa parole , je prétends encore que ce seul péché vous rend inexcusables dans tous les autres péchés que vous commettez. Car à quoi se réduisent toutes vos excuses? ou à l'ignorance, ou à la foiblesse. A l'ignorance , quand vous dites en tant d'occasions et sur tant de matières importantes : Je ne le savois pas, je n'y pensois pas, je ne me le figurois pas. A la foiblesse , quand vous ajoutez en tant d'autres rencontres et sur tant d'autres sujets. Je ne le pouvois, c'^toit trop pour moi, le fardeau étoit trop pesant, et Tentreprisc trop difficile. Voilà vos discours ordinaires, et les prétextes dont vous voulez couvrir les désordres de votre conduite. Mais voici ce que Dieu aura
de sd part à y répondre » et comment il se servira » pour tous condamner, du don même qu'il vous aura fait de sa parole pour vous sanctifier. Car , il est vrai , vous ne saviez pas ceci, vous ne pensiez pas à cela, vous ne vous étiez jamais mis dans l'esprit ni Tun ni Tau* tre, et vous ne l'aviez jamais compris. Mais parmi le peuple fidèle où vous avez vécu , il y avoit des ministres dont la principale fonction étoît de vous ouvrir les yeux, de vous révéler ce que vous ignoriez, de vous en retracer le souvenir, de vous en expliquer les raisons, de vous en faire voir les conséquences. Us étoient inspirés pour vous; ils étoient éclairés des lumières d'en-haut, afin de vous les communiquer. Il ne tenoit donc qu'à vous d'être instruit. Or avoir pu l'être et ne l'avoir point été , parceque vous avez négligé de l'être , c'est ce qui doit porter contre vous un témoignage irréprochable , et vous attirer ce juste reproche, qui sera la conviction sensible de votre malice : Nolmt inteUigere, utbmh ageret (Ps. 35). Il est vrai, la loi étoit difficile; et pour la garder , vous aviez bien des obstacles à vaincre : il vous falloit un courage et une résolution qui vous manquoient. Mais vous deviez donc pour cela même avoir recours à la parole de votre Dieu. Elle eût excité votre cœur froid et languissant , elle l'eût enflammé et embrasé. Votre foi étoit assoupie, et elle l'eût réveillée : votre espérance étoit chancelante, et elle l'eût fortifiée; votre charité étoit éteinte, et elle l'eût rallumée. Alors rien ne vous eût étonné ni arrêté ; et ce que vous aviez cru ne pas pouvoir sans changer de nature , vous eût paru non seulement possible et praticable , mais doux et facile : car telle est la force et l'onction de la grâce que porte avec soi cette sainte parole. Or pourquoi ne vous aidiez-vous pas de ce secours? et êtes-vous recevables à dire , J'étois foible, lorsque vous avez eu de quoi vous soutenir , et qu'il n'a dépendu que de vous d'en éprouver toute la vertu?
D'autant moins excusables. Chrétiens, que la parole de Dieu est pour vous un moyen plus puissant, un moyen plus présent, un moyen plus gratuit et d une préférence plus marquée : trois circonstances qui doivent former contre vous autant de preuves toutes nouvelles. Car de tous les moyens de salut et de sanctification , le plus puissant, ou du moins un des plus puissants , c'est sans contredit la parole de Dieu. Elle a converti le monde entier ;• c'est-à-dire qu'elle a converti les royaumes et les empires , qu'elle a retiré les peuples les plus idolâtiresdes épaisses ténèbres de leur infidélité, qu'elle les a fait sortir de l'abime le plus profond des vices , qu'elle les a engagés à la pratique des plus héroïques vertus, qu'elle a produit dans le christianisme ces ordres si célèbres de pénitents, de solitaires , de religieux. Et que seroit-ce , si je vous racontois tant d'autres effets miraculeux et plus particuliers dont elle a été le principe? vous en seriez étonnés. A la vue de tant de merveilles, vous vous écrieriez comme le Sage: Omnipotens sermo tuus {Sap.y i8) *• Seigneur, qu'y a-t-il de si difficile
dans Fordre de la graoe aassi bien qae dans Tordre de la natoret qui ne cède à la toute-puissance de votre parole, et qu'elle ne surmonte ? Vous le diriez» mon cher auditeur; et moi, sans en demeurer là, jo vous dirois ce que peut-être vous craindriez d'ajouter à votre confn** sion y et pour votre instruction ; mais ce qui n' est que trop réel et que trop vrai 9 et ce que je ne pourrois dissimuler sans une làehe prévari** cation. Car il est bien étrange, reprendrois-je, dans une surprise en* core plus juste que la vôtre, qu'une parole qui a pu opérw de si prodigieox changements en des âmes plus éloignées de Dieu que vous ne l'êtes, qui a pu toucher tant de pécheurs et en faire autant de Saints, ne vous art pas feit renoncer jusques à présent à un seul péché, ni pratiquer une seule vertu. Ëh quoi 1 je vois dans toutes les parties de l'univers les superstitions abolies, les abus réformés, TËvangile établi, et sa plus haute perfection soutenue par une éminente sainteté : voilà d'une part ce que j'ai devant les yeux , et en quoi je ne puis assez admirer le triomphe de la divine parole, qui seule, par le ministère des hommes apostoliques, a remporté de si éclatantes victoires, et fait de si belles et de si heureuses conquêtes. Hais voici d'ailleurs ce que je
Euis encore moins comprendre : c'est que cette parole n'ait, oe semle , nul pouvoir sur vous ; que vous soyez insensible à toutes ses impressions ; qu'elle n'ait jusques à présent ni guéri les erreurs de votre esprit, ni amolli la dureté de votre cœur; que malgré toutes les vérités qu'elle vous annonce, et qui ont sufB pour réduire sous le joug de la 'loi de Dieu tous les peuples de la terre , vous demeuriez toujoui*s dans le même endurcissement et la même obstination, toujours esclave des mêmes passions et plongé dans les mêmes d&ordres. Ce n'est pas à la parole de Dieu qu'il faut s'en prendre ; car puisqu'elle est toujours et partout la même , elle peut toujours et partout agir avec la même efficace. Ce n'est pas aux ministres qui la dispensent ; car, pour user de cette comparaison, de même que la valeur du sacrifice de nos autels est indépendante du mé" rite et de la sainteté du prêtre qui consacre le corps et le sang de Jésus-Christ, ainsi la parole de Jésus-Christ ne dépend ni des bonnes ni des mauvaises dispositions de ses ministres. Si ce ne sont pas des apôtres par leurs qualités personnelles et par le caractère de leur vie, ils le sont par la vocation de Dieu, ils le sont par la commission qu'ils ont reçue de Dieu , et c'est assez. Que reste-t-îl donc. Chrétiens , sinon de chercher dans vous-mêmes le principe malheureux qui, par rapport à vous , énerve toute la vertu de la parole du Seigneur, et de conclure qu autant qu'elle étoit capable de vous relever de vos chutes et de cet abtme de corruption ou vous vivez, autant êtés-vous inexcusa* blés de vous y être laissés entraîner , et d'y vivre sans faire nul effort pour en sortir? ^
Car vous a-t-elle manqué cette parole de grâce ? et si c'est de tous les moyens de conversion et de sanctification un des plus puissants ,
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n'est-ce pas encore le plus présent? Combien de prédicatenrs pour la publierl Faut-il entreprendre de longs voyages pour les chercher? fontil passer aindelà des mers pour les trouver ? Us sont an milieu de vous; et bien loin qu'il soit nécessaire de leur foire de fortes instances pour les engager à vous parler , peut-être ne montrent-ib que trop d'empressement et d'ardeur pour vous engager vous-mêmes à les écouter. Oui, mes Frères , vous le voyez : les temples du Dieu vivant vous sont ouverts f et sans cesse ils retentissent des divines leçons que l'esprit de votre Père céleste nous met dans la bouche , et dont il veut que vous fassiez la règle de voire vie. Ni riches , ni pauvres » ni grands» ni petits» ni jeunes» ni âgés» personne n'est exdu de ces «itretiens publics et salutaires » où nous vous eipliquons la loi que vous devez observer ; où nous vous découvrons le chemin que vous devez prendre» et celui que vous devez éviter ; où nous vous proposons tout ce que la doctrine évangélique nous fournit de plus convainquant pour vous persuader » et déplus fort pour vous gagner. Nous nous proportionnons à tous les états» à tous les esprits » à toutes les dispositions « afin que chacun trouve danft nos discours ce qui lui convient. Or plus le remède est à votre usage et près d^ vous» plus il vous est aisé de l'employer à la guérison des infirmités spirituelles de vpsames ; et si vous êtes toujours sujets aux. mêmes maladies» vous n'en êtes que plus condamnables. Plus la grâce est abondante et fréquente » plus elle vous met en état d^ combattre l'iniquité et de la détruire dans vous; et si le vice conserve toujours dans vos cœurs le même empire » s'il y est toujours dominant » ce n'est que pour vous attirer un plus rigoureux Jugement.
Je dis jugement plus rigoureux pour vous» mes obers auditeurs, parceque le don que Dieu vous fait de sa parole est à votre égard un ckm plus gratuit et d'une préférence plus marquée. Ainsi le Sauveur du monde le donnoil-il à entendre aux Juife» quand il leur disoit avec an serment si solennel : ilmen dico vobis, tcierabUiui erit terres Sodamorum in diejmUm (Matth., 10). Prenez-y garde» et concevez-le bien , car c'est moi-même qui vous l'annonce » et c'est avec une assurance entière que je vous l'annonce » et dans uneconnoissance certaine de ce qui vous doit arriver : Amen dico vobis. Au tribunal souverain où vous comparoitrez un jour devant votre Dieu et votre juge » vous serez plus sévèrement traités que ceux mêmes de Sodome» ce peuple si corrompu et si abominable. Quoi doncl demandent les interprètes» ne pas profiter de la parole de Dieu» est-ce un plus grand crime que celui de cette ville prostituée et abandonnée à de si honteux dérégle<ments ? Les Pères s'expliquent différemment sur cette question ; mais quoi qu'ils en disent , i oracle de Jésus-Christ est tel que je le rapporte» et en voici » selon l'interprétation de saint Grégoire pape » le sens le plus naturel. C'est que les hi|||ifùits de Sodome ayant péché contre Dieu avec moins de lumièra » ils seront jugés avec moins de
rigoeur. Car c'étoieat des homipes dominés par leurs brutales passions, et pen cultivés par la divine parole, qu'ils avoient à peine quelquefois entendue* Il est vrai que Lot leur avoit fait quelques menaces de la colère du ciel ; mais ils ne savoient pas qu'il leur parlât de la part de Dieu, et même ne pouvoient-ils croire que ce fussent de sérieux avis qu'il leur donnoit : Vwu est es quan Uukns loqvi (Gènes,, 19). Au lieu que vous, mes chers auditeurs, dans le sein de l'Église , et par une distinction refusée à tant de nations infidèles , vous avez eu mille prédicateurs pour vous former, et pour vous inspirer tous les principes d'une éducation chrétienne. D'oii il s'ensuit que vous êtes par*là plus criminels dans vos désordres, et que vous devez pour cela vous attendre à de plus rudes coups de la main de Dieu , et à de plus terribles châtiments de sa justice.
Prévenons-les, mes Frères, et ne changeons pas les bénédictions dont le ciel nous comble avec tant de profusion et avec un discernement si fevorable , en autant de malédictions. Ne tenons pas nos oreilles fermées à la parole de notre Dieu : mais surtout ouvrons-lui nos cœurs (car c'est surtout au cœur que Dieu p^rle), et préparonsles pour » faire une bonne terre , où cette précieuse semence rapporte au centuple.de centuple de saintes œuvres que nous pratiquerons en ce monde, et de mérites que nous amasserons, nous produira dans l'autre un centuple de félicité et de gloire. Voilà le sujet de mes vœux pour vous , et de mes vœux les plus ardents. Voilà ce que je dois me proposer dans l'exercice de mon ministère , et à quoi vous devez contribuer. Voilà ce que saint Augustin soubaitoit lui-même à ses auditeurs , et ce qu'il attendoit d'eux comme le fruit de son travail. Je finis par le sentiment de ce Père, et j'en fais nue conclusion bien juste et bien naturelle de tout ce discours. Vous êtes chrétiens , dîsoit ce saint docteur à ime foule de peuple qu'il voyoit assemblée autour de lui, et comme chrétiens vous venez entendre la parole de Jésus- Christ, votre législateur et votre mattre. C'est en son nom que je vous la prêche, et je suis le dispensateur de cette parole de vérité* Hais que fakes-vous en l'écoutant? vous donnez au prédicaten* de vains éloges, et ce n'est point ce qu'il demande. Pratiquez ce qu'il enseigne , et il consent que vous ne pensiez plus à la manière dont il le traite et dont il l'enseigne : Laudas tractanUm^ qtuero faàentem (AuG.). Ainsi; mes Frères, il y a encore maintenant de ces prédicateurs de l'Évangile dont l'éloquence vous plaît , et que vous favorisez d'une attention particulière. Soit de leur part , et toujours avec la grâce den haut, mérite réel; soit de votre part heureux préjugé, et je ne sais quelle opinion ; soit de la part de Dieu assistance spéciale et secrète disposition : quoi que ce soit qui vous attire, vous paroissez en foule à leurs prédications, vous exaltez leurs talents, vous admirez la force de leurs raisonnements , fins vous laissez éblouir à l'éclat brillant de leurs pensées, de leurs expressions , de leurs 'traits; c'est
la matière de vos eniretiens ; et à force de les vanter, vous les rendez célèbres 9 et leur faites un nom dans le monde. Mais sur cela que doivent-ils vous dire? Laudas tractaniem^ quœro facientem. Eb! chrétiens auditQiirs , donnez toute gloire à Dieu, car c'est à lui seul que la gloire est due, et tout notre ministère ne tend qu'à le glorifier; mais pour nous et pour notre consolation , l'unique cbose que nous y avons en vue , ou que nous y devons avoir, c'est que la sainte morale et les règles de conduite que nous vous traçons, soient exactement et constamment suivies. Quand on nous dira que le monde parle de nous, ponr peu que nous ayons de force dans l'esprit et de solidité dans i'ame , nous regarderons cette ff ivole réputation comme une récompense bien légère de nos veilles et de nos sueurs. Nous la craindrons même, et autant qu'il nous est possible, nous la fuirons, parce qu'elle pourroit, en nous flattant , nous exposer encore plus que saint Paul au funeste péril de nous damner nous-mêmes, tandis que nous travaillons au salut des autres. Mais qu'on nous dise que par une béaédicdon divine répandue sur notre zèle. Dieu dans un^ ville est servi, et le prochain édifié ; qu'on nous dise que ce libertin a ouvert les yeux, et renoncé à son impiété; que ce mondain a quitté les voies corrompues où il marchoit, et dégagé son cœur de ses criminels attachements; que ce pécheur invétéré et si long-temps rebelfe à la grâce , y est enfin devenu sensible , et qu'il s'est retiré de ses honteuses débauches; que cette femme idolâtre d'elle-même, et tout occupée des vanités du siècle , a pris le parti d'une retraite chrétienne ; que ces personnes divisées entre elles se sont revues et réconciliées de bonne foi. Qu'on nous dise tout cela , et qu'on nous produise encore d'autres semblables effets de la parole qui nous a été confiée , c'est de quoi nous nous réjouirons avec les anges du ciel , et par où nous nous tiendrons abondamment payés de nos peines : Laudas tractantem , quœro faderuem. Nous avons pour cela besoin , ô mon Dieu , de l'assistance de votre Esprit, et c'est pour cela même que nous l'implorons. Répandez4e, Seigneur, et sur les prédicateurs de l'Évangile, et sur les auditeurs. Donnez aux prédicateurs un zèle ardent , un zèle pur et désintéressé; mais d<Hinez en même temps aux auditeurs une docilité humble, souple et agissante. Ainsi par le ministère de votre parole nous nous sauverons : les prédicateurs en l'annonçant , et les auditeurs en la recevant. Après nous avoir sanctifiés sur la terre , elle nous ferai parvenir au terme de la bienheureuse éternité, où nous conduise, etc.
354 SUR LE SCANDAU; DE LA CROIX, etc.
SEtlHON POUR LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME
SUR LE SGAlfDÀLE DE LA CROIX ET DES HUMILIATIONS DE jfeuS-CHRIST.
JssumpHt Jenu duodeeim^ et ait UlU : Eeee aseendéiMU Jeroiolfmam, et ernuumuna^ buntw omnia quœ seHfia tunt per ftrophetas de Filio Hominis. Tradetur enim GenUàutt etiUudeiur, et flageUabiturt et conspuetur; et pottquam flagellaverint, Qceident eum. Et ipei nihÛ horumUellejserunt, et erat verbum istud abseondUwn ab eU»
JésoB prit iTec loi ses douze apôtres, et leur dit : y<4ci que nous aflooi à Jérusalem, et tout oe que les prophètes oàt écrit du Fils de l'Homme s'accomplira. Car il sera livré aux Gentils, moqué, flageUé, couvert de crachats; et après qu'on l'aura flagelié, oa le mettrai oiort. Mais les apôtres n' enteadirent rien A tout cela, et c'étoit une chose cachée pour eux. 8*iiit Lvg , chap. XYUi.
Voilà, Chrétiens, oe qui a soulevé tant d'esprits, ce qui a même révolté toute la terre , et de quoi le monde entier s'est scandalisé : Jésus-Christ couvert d'ignominie et d'opprobres,'Jésus^hristsoufiTant et mourant sur une croix. Scandale de la croix , où sont compris tous les autres. Car qui dit un Dieu crucifié dit un Dieu anéanti « (un Dieu méprisé , un Dieu persécuté. Et parceque tout cela est venu de son choix , dire tout cela , c'est dire un Dieu qui a aimé les m^ris , les abaissements, les persécutions , les souffrances. Etc<Nnme le choix de Dieu fait le prix et la valeur des choses, dire un Dieu qui a aimé tout cela, c'est dire un Dieu qui nous a rendu tout cela recommandable , qui l'a estimé , qui Ta conséllé, qui l'a établi pour fondement de la perfection des hommes ; et qui par conséquent nous a imposé une obligation indispensable d'estimer tout cela nous-mêmes et de le respecter, puisqu'il est bien juste que la créature conforme ses sentiments à ceux de son souverain auteur et de son Dieu. C'est toutefois, mes chers auditeurs , de ces humiliations et dé cette croix que les hommes se sont laissé rebuter : jusque là que les apôtres mêmes, élevés à l'école du Fils de Dieu , n'entendirent rien à ce qu'il leur disoit des outrages qu'il devoit bientôt recevoir en Jérusalem, et de la mort qu'il y alloit souffrir : Et ipH nikil korum mteUeœernnt, et erat verifum iitud abêcon(Utum ab eu. Ne tombons-nous pas tons les jours dans le même scandale? Qu'on nous propose un Dieu tout puissant et brillant dans l'éclat de sa gloire, notre esprit reçoit aûément les grandes idées qu'on nous en donne. Mais qu'on nous fasse voir ce même Dieu dans l'obscurité et dans les douleurs d'un supplice également rigoureux et honteux , c'est à quoi notre cœur sent une résistance naturelle ; et de cette résistance dont on ne suit que trop le mouvement natt, jusquesau milieu du christianisme, le libertinage. Il est donc , Chrétiens, du devoir de mon ministère , que je travaille, ou à vous préserver, ou à vous retirer d'un scandale qui se répand sans cesse, et qui infecte les âmes de son venin. U est important d'exciter votre foi , de la soutenir, et de vous mettre dans les mains des armes pour la défendre. Il s'agit des points fondamentaux de
SUR LE SCANDALE DE LA CROIX» etc. Sm
notre religion , puisqu'elle est fondée sur la croix et sur les humiliations de ^ésos-Christ. La conséquence infinie de mon sujet demande toute la force de mon zèle et toute la réflexion de vos esprits » après que nous aurons imploré le secours du del par Tintercession de Marie^ en lui disant : Ave.
Qui l'eût cru» que Jésus-Christ, prédestiné de Dieu comme le Ré« dempteur du monde» dût être un scandale pour le monde même? U n'est néanmoins que trop yirai» Chrétiens» et c'est le désordre que j'ai présentement à combattrel Or» pour vous expliquer d'abord mon dessein » j'avance deux propositions qui vont partager ce discours » et qui vous feront voir tout ensemble le crime et le malheur de ce scan* dale que nous tirons des humiliations d'un Dieu Sauveur et de sa croix. Car je prétends qu'à considérer ce scandale dans son objet et par rapport à Dieu, il n'est rien de plus criminel ni de plus injurieux ; et j'ajoute qu'à le reg$irder dans ses suites et par rapport à l'homme» û n'est rien de plus ÏFuneste ni de plus pernicieux. Deux vérités» mes chers auditeurs» que j'entreprends de traiter aujourd'hui, et dont il ne me sera pas difficûe de vous convaincre; deux vérités capables de faire sur vos cœurs les plus fortes impressions* Pour peu que vous compreniez ce que c'est que Dieu et ce qui lui est dû, vous comprendrez aisément quelle est l'injustice de l'homme qui , par une témérité insoutenable, veut entrer dans les conseils] de la sagesse divine ; et qui, trouvant dans les humiliations et dans la croix de son Sauveur le plus puissant motif pour s'attacher inviolablement à lui» s'en fait au contraire une raison de se séparer de lui» et de l'abandonner. Ce n'est paé assez : mais pour peu que vous soyez encore sensibles à votre plus solide intérêt» qui est celui de votre salut» vous le serez au danger affreux oii vous expose le scandale que j'attaque» et vous appretidrez i . vous en garantir. Je sais que je parle dans un auditoire chrétien ; mais dans l'auditoire le plus chrétien , il y en a dont la foi est foiUe et chancelante ; il y en a qui aiment à raisonner sur ces points de religion» et dont tous les raisqpnements n'ont d'autre effet que de lés je«« ter dans le trouble ; il y en a même qui, chrétiens en apparence, sont incrédules et lib^tins dans le cœur. Or vous voyez combien cette matière leur convient à tous. Ainsi je reprends» et je dis en deux mots : Dieu offensé par le scandale de l'homme touchant les humiliations et la croix de Jésus-Christ» cestla première partie. L'homme perdu par ce même scandale des humiliations et de la croix de Jésus^Christ, c'est la seconde partie. Appliquez-vous, s'il vous plait , à l'une et à l'autre. Ce sujet convient d'autant plus au temps où je parle , que c'est un temps de plaisir» où le monde semble insulter à l'Évangile, et où le libertinage traite avec plus de mépris les biystères de Dieu, pour être en droit de rejeter l'étroite et sainte morale dont ces divins mystères sont les solides fondements. Commençons.
3S6 SUR LE SCANDALE DE LA CROIX, stc.