‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 46 sur 119 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

. C*est un langage bien ancien et bien ordinaire dans le inonde , que celui de ces prêtres de Jérusalem à qui le lâche et perfide Judas , après le^i^ avoir vendu Jésus-Christ, s'adressa pour leur témoigner son repentir, et pour leur remettre l'argent qu'il avoit reçu. Qu'estce que cela nous importe? lui dirent-ils ; c'est votre affoire, et non pas la ilôtre : Quid eut nos (Matth., 27)? Voilà comment parlent encore tous les jours tant de pères de famille et de maîtres. Pourquoi Dieu , diton , m*a-t-il chargé du salut de mes domestiques , et de quelle conséquence est-il pour moi qu'ils vivent bien ou qu'ils vivent mal ? S'ils sont gens de bien et qu'ils se sauvent, à la bonne heure; mais s'ils veulent se perdre , qu'ils s'en prennent à eux-mêmes : c'est leur intérêt et non le mien : Quid ad nos? Je prétends, Chrétiens , que votre intérêt paMiculier y est mêlé ; que Dieu , en vous imposant l'obligation de veiller sur la conduite de vos domestiques, a eu en vue votre utilité propre , et qu'il s'y trouve pour vous un double avantage , l'un spirituel, l'autre temporel. Comment cela? encore quelque attention, s'il vousplatt, tandis que je vais m'expliquer et vous développer ces deux pensées.

Car vous le savez, et l'usage de la vie ne vous permet pas de l'ignorer, que le danger le plus commuti et l'effet le plus perniciecx de la condition des maîtres est de les enorgueillir , de les enfler, de leur faire prendre ces sentiments et cet ascendant impérieux qui rendent quelquefois la grandeur humaine si odieuse aux hommes et si criminelle devant Dieu. Or un des remèdes les plus efBcaces , et un contrepoids bien puissant pour réprimer cet orgueil et pour rabaisser éette enflure de cœur, c'est cette loi que Dieu a faite pour les maîtres à l'égard de ceux qu'ils ont dans leur dépendance. Et en effet , supposé cet ordre, quels sentiments peut avoir un maître , qu'e des sentiments de modestie et d'humilité? Car pourquoi me gtorificroîs-jey peut-il se dire à lui-même, d'avoir sur cet homme quelque pouvoir, puisque c'est ce pouvoir même qui m'assujettit à de très pénibles obligations? Ce domestique m'est redevable de son travail, mais je lui suis redevable de mon zèle; il me doit une espèce de service, et moi je lui en dois une autre ; il est chargé de certains emplois dans ma maison , et moi je suis responsable de ses actions; il est mon serviteur pour ce qui regarde le corps, et je suis le sien pour ce qui concerne l'ame. Ainsi la servitude est mutuelle, et Ih dépendance réciproque entre lui et moi ; et bien loin que j'aie droit de m'élever au-dessus de lui et de le mépriser, j'ai tout lieu de me confondre et de trembler, en considérant que ma dépendance est incomparablement plus onéreuse que la sienne, et qu'en qualité de maître je lui dois beaucoup plus qu'il ne me doit en qualité de serviteur.

C'est la belle remarque de saint Augustin , lorsque dans cet excel-

lent chapiire de la Cité de Dieu , qui i^ule tout entier sur la maliëre que je traite, il foit consister le secret de la Providence » et le bonheur d'une famille réglée selon les lois de la sagesse de Dieu » en ce que ceux qui commandent sont obligés de pourvoir à ceux qui exé-^ cutent leurs ordres : Imperant qui caruulunt , et obediunt iis qmbus comulitur (Aug.). Tellement, dit ce saint docteur, que dans la maison d'un Juste, qui vit par Tesprit de la foi , commander, c*est obéir; et que ceux qui tiennent le rang de matires servent par nëcessit^et par devoir ceux-là mêmes qui les servent mercenairément et par intérêt. Car ils ne commandent pas , ajoute ce Père , par un désir de dominer, mais dans une vue sincère de faire du bien ; et le nom de maîtres qu'ils portent ne produit pas en eux Torgueil d'une autorité fastueuse , mais le zèle d'une charité chrétienne et affectueuse : Neque entra dominandi cupiditate iniperant, sed offieio consulendi; necprin' cipandiâ super biâ^ sed providendi mt«mcordtà|(Idem). Après^ela, Chrétiens, il n'est plus, ce semble, besoin de faire aux maîtres des leçons d'humilité, de condescendance et de douceur envers leurs domestiques. Il n'y a, en un mot, qu*à leur donner l'important avis dont saint Grégoire pape vouloit que les prédicateurs leur rafraîchissent souvent la mémoire, savoir, que comme les serviteurs doivent se souvenir qu'ils sont dépendants de leurs maîtres , aussi les maîtres ne doivent jamais oublier qu'ils sont , pour ainsi dii*e , les conservateurs de leurs serviteurs mêmes : lUi admonendi sunt^ ut sciant se consein^os esse dominorum; isti ut intelligant se servos esse seruorum (Greg.}« U n'y a^iu'à leur faire entendre ce que saint Bernard écrivoit à un souverain pontife : Vous commandez , lui disoit-il , à une multitude presque infinie d'officiers et de domestiques, et je veux croire que votre état porte tout cela : mais savez-vous que l'intention de Dieu n'est pas que vous en soyez plus grand , pour avoir plus de sujets, mais seulement quUl y ait plus de sujets à qui vous soyez utile ; que vous ne devez pas croître en puissance par eux, mais qu'ils doivent croître en sainteté par vous ; qu'ils n'ont pas été placés au-dessous de vous pour vous élever dans le monde , mais que vous êtes placés au-dessus d'eux pour les élever à Dieu? Si vous le comprenez bien, et si , conformément à cette maxime , vous exercez votre pouvoir, vous seconderez les vues de Dieu et les desseins de son adorable providence. Car il s'ensuit de là que vous commanderez modestement et humblement, et qu'on vous obéira fidèlement et promptement ; que votre domination ne sera point impérieuse et fière , et que la soumission qu'on vous rendra ne sera point forcée et contrainte ; que vos sujets ne se plaindront point de dépendre de vous , parcequ'ils verront que vous vous intéressez pour leur salut, et que vous n'abuserez point de votre autorité de maître , parceque vous ne l'emploierez que pour le bon gou« vernement et pour la sanctification de vos sujets. 11 n'y a, dis-je, qu'à retracer ces idées dans l'esprit d'un maître , pour lui apprendre

à ne laisser point son cœur s'évanouir en de vaines complaisances , et pour le préserver ainsi de ]a plus dangereâse tentation.

Mais allons plus avant, chrétiens auditeurs, et prenons même seulement la chose par rapport à vos avantages temporels. Je soutiens qu'il y va du bonheur de vos familles ; que de régler les mœurs de vos domestiques et de les sanctifier , c'est établir dans vos maisons la subordination, la paix , la concorde, la sûreté ; que c'est couper court à mille maux dont vous vous plaignez sans cesse dans le monde, et à quoi vous n'apportez jamais le vrai remède; enfin que c'est le moyen le plus infaillible pour être servis comme vous le devez être , et comme vous le demandez. Souffrez que je m'explique sur ce point selon toutes les connoissances que j'en puis avoir, et que pour vous faire ouvrir les yeux et remarquer votre aveuglement, je produise contre vous-mêmes votre propre témoignage : ceci est plus sensible , et peutêtre vous touchera plus que tout le reste.

Car il n'est pas possible d'avoir quelque usage du monde, et de n'être point instruit des plaintes que vous formez contre toutes les personnes engagées à votre service. Je ne veux pas vous dire que ce sont des plaintes mal fondées : je ne contesterai point là-dessus avec vous, et je conviendrai de tout ce qu'il vous plaira. L'un, je l'avoue, est un emporté , qui , comme ce mauvais serviteur de l'Évangile , met le trouble dans votre maison, et y excite sans cesse des dissensions et des querelles. L'autre est lent et paresseux, sans attention et sans soin ; il ne s'affectionne à rien , et tout ce que vous lui ordonnez ne se trouve jamais fait au temps marqué, ni de la manière qu'il faut. Celuilà dissipe tout ce qu on lui confie, et dans le maniement dont vous vous reposez sur lui , il n'a nulle vigilance , ou nulle habileté ; pour ménager vos intérêts. Celui-ci n'est pas fidèle, et en bien des rencontres vous vous apercevez qu'il vous trompe , ou plutôt qu'il cherche à vous tromper. Je ne finirois point si j'entreprenois d'exposer ici tous leurs désordres ; eice détail seroit assez inutile, puisque je né ferois que vous redire ce que vousavez dit vous-mêmes centfois, et ce que vous dites encore tous les jours. Mais à cela quel remède et quel parti y auroitil à prendre ? De changer trop aisément et trop souvent de domestiques» comme on le voit en certaines maisons ; de les recevoir aujourd'hui pour les renvoyer demain; de faire un flux et reflux continuel de gens qui entrent et qui sortent , qui viennent et qui s'en retournent, c'est donner une scène au monde , qui le remarque et qui en raisonne; c'est se donner à soi-même un air d'inconstance et de légèreté; c'est avoir des gens à soi, et n'en avoir point; c'est se délivrer d'un mal pour s'en attirer un autre, pire encore peut-être que le premier. Ah ! mes chers auditeurs» le grand secret et le moyen sûr, ce seroit de vous appliquer à rendre vos domestiques plus chrétiens. Dès qu'ils seront chrétiens, ils sauront se modérer, et ils apprendront à se supporter les uns les autres : plus de divisions entre eux , plus de B. 2. Î2S

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contestations et de disputes ; ils se prêteront mutuelleinent la main, et de concert ils s'uniront pour exécuter tomes tos Tolontës. Dès

3u'ils seront chrétiens , ils deviendront vigilants et soigneux ; ils prenront vos ordres comme les ordres de Dieu même, parcequ'ils envisageront Dieu même dans vos personnes; et par conséquent la même promptitude qu'ils auront à servir ce premier maitre, ils la feront voir à vous servir vous-mêmes. Dès qu'ils seront chrétiens» ib conserveront pour vous tout le respect qu'ils vous doivent, et ils vous le marqueront dans toutes les rencontres; ils se tairont quand il faudra se taire ; ils parleront avec retenue , quand ils se verront obligés de répondre ; ils reconnoitront leurs foutes , lorsqu'il leur en sera échappé; et sans entreprendre de les justifier par de mauvaises raisons et par des répliques encore plus mauvaises, ils écouteront avec docilité les avertissements que vous leur donnerez, et en profiteront. Dès qu'ils seront chrétiens, à l'exemple de ces bons serviteurs tant vanta; dans l'Évangile, ils feront valoir les talents dont ils auront Tadminfatration ; c'est-à-dire qu'ils s'adonneront avec assiduité et avec fidélité aux divers ministères où il vous plaira de les destiner pour Vfaeureux succès de vos entreprises, et pour le bien de vos af foires; que rien de tout ce que vous leur mettrez dans les mains n'y demeurera , ni ne sera détourné ; qu'ils ne penseront point à s'enrichir de vos dépouilles, ni à foire sur vos dépenses de frauduleuses épargnes qui grossissent leur salaire; qu'ils s en tiendront , selon toute la rigueur de la lettre, à votre parole; et que, par nulle interprétation favorable à leur cupidité, ils ne passeront la juste étendue de vos promesses. Tout cela pourquoi? parceque le christianisme veut tout cela, enseigne tout cela, comprend tout cela.

Ce sera alors, mon cher auditeur, qu'on pourra dire en quelque sorte de votre maison ce que le Fils de Dieu dit de la maison de Zacfaée en y entrant : Hodiè salus domui huic fada e$t (Luc, 19). Cest ici que règne la paix, et que tout concourt à la maintenir. Maîtres, domestiques, tout y est dans une pleine intelligence, et dans une union ^ont rien ne trouble le parfoit accord. Aussi n'y entend-on point de murmures , et n'y voit-on point de division. Les domestiques sont contents d'obéir, et les maîtres n'ont presque pas besoin de commander, parceque chacun de soi-même se porte à son devoir. Or ce qui est vrai de la sagesse, selon la parole du Saint-Esprist , Test encore de cette paix qui lie ensemble et qui unit tous les membres d'une maison avec le chef: Venerunt omnia tona pariter cum Ulâ (Sap.j 7) : c'est une source de bénédictions , et tous les biens viennent avec elle et par elle. La piélé y fleurit , les affaires y réussissent, les fonds y profitent, la vie y est douce, le commerce aise, la confiance entière; les domestiques y scmt presque regardés comme les enfonts, et les ipaitres ^més comme des pères; le bonheur en est parfoit. Mais où trouve-t-on de ces maisons dans le monde, et combien en peut-on

compter? Je dis plus , et je demande pourquoi elles sont en si petit nombre. Vous en savez la raison , mes chers auditeurs ; et si vous ne la comprenez pas bien encore, je ne puis trop vous la redire, afin que vous puissiez une fois la concevoir. C'est que vous n'entretenez point assez dans vos maisons le culte de Dieu et les bonnes mœurs : et qu'arrive- t-U en effet de là? Vous avez des domestiques qui ne vous servent qu'à regret, et que par une crainte servile. Tant que vous les éclairez de l'œil, ils agissent; mais disparoissez un moment, tout est négligé. Vous avez des domestiques qui se déchirent les uns les autres, et qui vous déchirent vous-mêmes; qui vous parlent insolemment , et qui parlent encore de vous avec plus d'insolence ; qui , témoins de tout ce qui se passe dans votre famille , au lieu de le tenir secret et caché , comme la loi de Dieu et de la nature les y oblige, sont au contraire les premiers à le publier , à l'augmenter, à l'empoisonner, à vous décrier ; que vous êtes incessamment forcés de chagriner par les réprimandes qu'ils méritent et que vous leur faites , et qui vous rendent bien chagrin pour chagrin parleurs incartades et leurs brusqueries. Vous avez des domestiques ou intéressés ou dissipateurs, qui regardent votre maison comme une place abandonnée au pillage ; chacun fait sa main , et se persuade volontiers que tout ce qui lui convient lui appartient : sous un prétendu titre, ou de compensation, ou de nécessité, ou de coutume établie dans le service, ils usent des choses à leur gré ; ils en donnent une partie , ils en retiennent l'autre; tantôt avares , tantôt prodigues , mais toujours sur votre compte et à vos dépens. Vous avez des domestiques corrompus et corrupteurs, qui portent la contagion dont ils sont infectés jusqu'à ceux que vous devez chérir le plus tendrement , jusqu'à vos enfants ; qui par leurs discours libertins et leurs pernicieux exemples gâtent ces esprits flexibles , et pervertissent ces âmes pures et innocentes; qui leur enseignent ce qu'ils devroient éternellement ignorer; qui, établis pour vous servir auprès d'eux de surveillants, et pour vous avertir de toutes leurs démarches 9 leur en servent contre vous-mêmes pour favoriser leurs passions, et pour dérober à votre connoissance leurs criminelles habitudes : car voilà de quoi sont remplies la plupart des maisons , et sur quoi vous déplorez tous les jours le sort des maîtres. Il est vrai, c'est un mal bien déplorable : mais puisque vous le reconnoissez , puisque vous en voyez les funestes conséquences, puisque vous en avez peut-être mille fois éprouvé les tristes efFeti , vous êtes bien aveugles et bien ennemis de vous-mêmes, si vous ne travaillez pas à vous en garantir. Or je vous en ai appris le moyen , et c'est à vous de le mettre en œuvre.

Que dis-je? bien loin de l'employer et d'en profiter, on tient une conduite tout opposée; et an lieu d'engager des domestiques à vivre chrétiennement , on arrête même et Ton ruine sur cela les heureuses dispositions où Dieu par sa grâce les avoit mis. Des domestiques , à

certains jours solennels, voudroient participer aux sacrements, se purifier dans le tribunal de la pénitence» approcher de la table de Jésus^^^farist ; mais à peine dans tout le cours de Tannée leur accordet-on un jour où ils puissent » avec les fidèles , remplir les devoirs de la pàque. Du reste , il semble qu'ils soient excommuniés de TËglise ; et parceque vous ne savez pas au moins de temps en temps vous passer pour quelques heures de leurs services, il fiiut qu'ils se passent du secours le plus nécessaire pour marcher dans la voie du salut, et qu'ils soient privés du divin aliment qui doit soutenir la vie de nos âmes. Des domestiques voudroient , pour la sanctification des fêtes , assister à quelque partie de l'office divin, et pour leur instruction entendre quelquefois la parole de Dieu ; mais à peine leur est-il libre de s'absenter quelques moments pour une courte messe, souvent avancée lorsqu'ils y arrivent, et non encore finie lorsqu'ils se retirent.^ Cela fait une fois , et dans une précipitation qui dc^che toute la piété y une femme mondaine les retient une journée entière auprès d'elle, sans autre exercice que de travailler à ses ajustements et à ses parures. Des domestiques voudroient garder les jeûnes de TËglise, et ils le pourroient si les heures dans une maison étoient mieux réglées; mais tout y est dans un dérangement avec lequel il ne leur est pas possible d'accommoder ni le jeûne, ni la prière, ni aucune pratique chrétienne. En un mot , des domestiques auroient d'eux-mêmes assez d'inclination et de penchant à la vertu , et la vertu leur donneroit les perfections que vous demandez par rapport à vous ; mais ils sont tout autres que vous ne les souhaitez , parcequ'au lieu de seconder ce penchant et de cultiver cette inclination , vous y mettez des obstacles , et vous les arrêtez.

Finissons par un bel exemple : c'est celui de la femme forte , et c'est surtout à vous, Mesdames, que je propose ce grand modèle. Je dis à vous , qui dans l'ordre et l'économie des familles avez plus communément pour partage les soins domestiques. Le monde vous met devant les yeux tant de femmes indolentes et oisives , sans autre occupation que leur vanité, et de là sans règle et sans attention dans leur ménage. Puissiez-vous imiter celle dont le Saint-Esprit nous a tracé lui-même le caractère ! Peu touchée de la bagatelle, elle se renferme dans l'intérieur de sa maison , et en considère toutes les voies ; c'est-à-dire que, par une vigilance éclairée et sage, sans être importune et fatigante, elle prend garde à tout ce qui s'y passe, et s'en fait instruire : Consideravit semitas domus suœ {Prav, 31). Elle ne croit point se rabaisser, ni ne tient point au-dessous d'elle d'étendre ses réflexions et ses vues jusqu'à ses domestiques. Elle fournit charitablement à leurs besoins : Deditque prœdam domesticis suis , et cibaria ancillis suis (Ibid.). Elle veut qu'ils aient de quoi se défendre des injures de la saison et des froids de l'hiver : Non thnebit damui suœ à frigoribus nivis ; omnes enim domestiei ejus vestiti sunt (Ibid.)* M^îs en

même temps qu'elle pourvoit à leurs néces«tés temporelles, elle se rend encore bien plus atu ' ' * icerne leur ame , et au bon règlement de leur vie. E utiles leçons , et elle ouvre

elle-même la bouche pour véritable sagesse, qui estia

sciencedu salut: Ottuumi ProE'.31.).C'estainsiqu'elle

entretient toute sa maîsoi te intelligence, qu'elle mé-

rite les éloges de son épou la confiance de ses enfants,

qu'elle est honorée et respectée de ses domestiques : Surrexerunt el beatiuimam prœtUcaverunt (Ibid,), De qui fais-je le portrait? Plaise au ctelquecesoille vAtre! Vos soins ne seront pas sans récompense. Outre les avantages que vous en re^rerez dès ce monde et par rapport à cette vie présente , l'Apôtre vous promet qu'en sauvant le procbato , vous vous sauverez vous-mêmes, et que vous recevrez de Dieu , pour fruit de votre zèle , l 'éternité bienheureuse , que je vous souhaite , etc.

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