SUR LB ZÈLE POUR LA DÉFENSE DES INTÉRÊTS DE DIEU
Citm venerit Paraelêtut qu»m ego mittam vobis à Pâtre, spiritus veritatis, qui à Pâtre proeeditt iile têttitnonhunperhibebU de me/ et vos testimoniumperhibebitis.
Quand il sera venu , ce consolateur que Je tous enTerrai du sein de mon Père , lui qui est resprit de mérité qui procède du Père, il rendra témoignage de moi ; et yous aussi yous en rendrei témoignage. Skun Jiiii , chap. xy.
Rendre témoignage de Jésus-Christ, c'est annoncer ses grandeurs,
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attester si divinité , faire connollre la vérité de sa mission , la sainteté de ses mystères et de sa loi ; et voilà, Chrétiens, le témoignage qne lui a rendu le Saint-Esprit, et qu'il lai rend encore tous les jours, soit par les secrètes inspirations dont il touche les cœurs , soit par les lumières de la foi qu'il répand dans les âmes. Témoignage invisible dont nous rjessentons au-dedans de nous l'impression, et qui ne se produit point communément au-dehors, si ce n'est quand cet Esprit tout puissant opère quelquefois des prodiges dans la nature, et qu'il fidt éclater sa vertu pour Thonneur de l'Évangile, et pour vérifier la parole des ministres qui le prêchent. Mais outre ce témoignage intérieur de TEsprit divin , il y a un témoignage sensible et public que le Sauveur des hommes attendoit de ses apôtres , et qu'il a reçu d'eux lorsqu'ils ont parcouru le monde , qu'ils ont porté son nom à toutes les nations, et que pour sa cause ils ont versé leur sang et donné leur vie. Car c'est ainâ qu'ils ont accompli cet ordre de leur adorable nuiitre : Vous vous déclarerez pour moi ; vous parlerez et vous agirez pour moi ; vous serez devant les hommes mes témoins , mes prédicateurs, mes défenseurs : Et vos testhnonium perhibebttii.Or/ûe&tyvsif mes chers auditeurs, et je dois en convenir, que nous ne sommes pas tous appelés aux mêmes fonctions que les ministres évangéliques : mais d'ailleurs je puis ajouter et je prétends que par proportion, et conformément à notre état, nous sommes obligés comme eux de prendre, en mille occasions qui se présentent, les intérêts de Dieu, de nous élever pour la défense de la cause de Dieu, de' combattre les ennemis de sa gloire , et de maintenir la pureté de son culte : devoir propre de toutes les conditions, quoique différent dans la pratique, selon la différence des rangs et la diversité des ministères : devoir indis* pensable; mais, de quoi nous ne pouvons assez gémir, devoir tellement négligé dans le christianisme, qu'à peine y trouve-t-on quelques serviteurs fidèles qui , contre le monde et ses maximes , osent tenir pour le Dieu qu'ils adorent , et en faire une profession ouverte. Ce n'est là-dessus que froideur et indifférence, et c'est cette indifférence criminelle que je ne puis trop fortement attaquer dans ce discours. Daigne le ciel m'inspirer aujourd'hui le zèle de ses prophètes pour ani« mer le vôtre ! Daigne le Seigneur me remplir de son esprit , de cet esprit de feu, afin que par son secours je puisse embraser ici tous les cœurs ! Nous obtiendrons cette grâce par l'intercession de Marie , et pour cela disons-lui : Ave.
Il y a dans l'homme deux principes plus ordinaires de tous ses désordres, l'aveuglement de l'esprit et la foiblesse du cœur : l'aveuglement de l'esprit, qui, le faisant mal juger des choses, l'engage à tenir, en ce qui regarde la cause de Dieu , une conduite non seulement fausse, mais criminelle ; la foiblesse du cœur, qui, lui laissant assez de lumière pour discerner selon Dieu les vraies, routes qu'il doit suivre,
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fait néanmoins qu'il n'a pas assez de courage pour en soutenir les difficultés et en surmonter les obstacles. C'est » Chrétiens , à ces deux principes que je rapporte les deux caractères de cet esprit de froideur et d'indifférence pour les intérêts de Dieu, dont j'ai dessein de vous entretenir. Car après avoir fait quelque réflexion sur la différence des hommes du siècle qui se rendent en effet coupables d'une telle iniquité, je tix)uve qu'il y en a de deux sortes : les uns qui l'autorisent, et qui prétendent s'en justifier ; les autres qui s'en accusent, et qui sont les premiers àlacondamnér; les uns qui la veulent faire passer pour sagesse, les autres qui de bonne foi la reconnoissent pour prévarication et pour lâcheté; les uns qu'il faut détromper, les autres qu'il fout fortifier. Ceux-là sont les politiques du monde, qui, préoccupés de leurs sentiments, se font une prudence , dans les rencontres, d'être froids pour Dieu, et peu zélés sur tout ce qui concerne son service et ses intérêts ; se flattant d'agir en cela avec une circonspection nécessaire, et confondant cette indifférence et ce défaut de zèle avec l'esprit de modération et de retenue ; ceux-ci , moins présomptueux et moins prévenus , conviennent de l'obligation indispensable où nous sommes tous d'avoir du zèle pour Dieu, et de le marquer ; mais ne se trouvant pas assez de forces pour le mettre en œuvre et pour le faire paroitre ; approuvant ce zèle dans autrui , mais dans eux-mêmes le faisant céder à la crainte et au respect humain. Prudence trompeuse» lâcheté indigne ; deux caractères auxquels je vais opposer les lumières et Tefficace de la parole de Dieu ; les lumières pour convaincre les premiers, et l'efficace pour animer et pour piquer les seconds. Car je prétends que le monde se trompe , et que sa prudence , qui nous fait avoir tant d'égards quand il s'agit de donner à Dieu des témoignages et des preuves de notre zèle, est une prudence réprouvée : vous le verrez dans le premier point. Et j'ajoute que cette foiblesse à laquelle nous succombons en nous comportant avec timidité et avec lenteur dans la cause de Dieu, pour ne pas encourir la haine des hommes et ne nous pas exposer à leur censure, est une foiblesse essentiellement contraire à l'esprit de Jésus-Christ, et par conséquent digne de la damnation ^éterneUe : je vous le montrerai dans le seoomi point. Deux vérités que chacun de nous s'appliquera, selon l'état de vie et la condidon|particulière où il a plu à Dieu de l'appeler ; deux vérités dont il n'y aura personne dans cet auditoire qui ne soit touché, sf nous voulons entrer là-dessus en jugement avec nous-mêmes, et considérer sérieusement nos devoirs ; deux vérités qui, bien conçues et bien pénétrées, seront capables de répandre dans tous les cœurs ce feu sacré que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre. C'est aussi tout le sujet de votre attention.