‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 6 sur 119 · SUR LÀ CONVERSION DE MADELEINE · texte numérisé non relu

SUR LÀ CONVERSION DE MADELEINE

je me fasse aussi bien que Madeleine un exercice de me tenir à se$ pieds y de converser avec lui , de lui ouvrir mon cœur, et de lui dire sans cesse commit le Prophète : Obliviom detur dextera mea ; adhcereai lingua mea faucibus meis^ fi non metpinero lui {Psalm, 156) : Que ma p^ain droite, Seigneur, s'oublie elle-même, et. que ma langue demeure attachée à mon palais, si j'oublie jamais les grâces dont vous m'avez coipblée^ et les bénédictions de douceur dont vous m'avez prévenue. Madeleine convertie, fit plus ençorç: elle marqua au Sauveur du monde une; fidélité héroïque, dans le temps même de sa passion et de sa mort. Ah ! mes Frères» 3'écrie saint C^rysostome, Iç grand exemple, ^i Qous^en savons proéter^ et si nous y faisons toute l'attentioa quÛ mérite! Le troupeau de Jésus-Ghrjst $'étoit dispersé, les apôtres ayoieiit pris la fuite, saint Pierre après sa chuté n'osoit pluç paroître, Ifi^ polopnes de l'Église étoient ébranlées,, et Madeleine avec la mère 4e Jésus demeuroit terme et iptr^pid,^ auprès c(^ Ji^ croix.* Siabant au* tmjuxta crucem Jem mater ejus et Maria Magd^lene (JoAif •> i9). Maddeine avec la mère de Jésus ! Madeleiae auparavant p^këresse, avec

mulatioa; comme si le Fils de Dieu, après Kariepurç et ^xempte de tout péché» n'avoit point trouvé d'anoie plus iuébr^^njable jpi plus constante dans ses intérêts, que Mariç. délivrée de I^ çbri;^ption et de Ja ser^vitude du péché. Mais ne vous étonnez pas, poursuit saint Chryso- Stofl|^ d'une telle constance. ]Vt|ideleine savoit trop ce qu'elle devoit à oeliieu crucifié, pours'éloign^r.de}uiJojsqu'ilaccompli$soit sur la oroi^ l'ouvrage de son salut. £lle savoit trop çé qu'elle ,devoit h, la QToix de ce Dieu mourant; /que cette croix àvolt été^paj^ avance I^ sQiiriçe de soab^nlieur; qu'en vertu ^es jnérit^ atiijcipés de cette eroiix, jQ^iis-CliiEist lui ayoit dit .: Fomme, vos,péçhe$.yous sont rendis; «t<que çTétçîl enfin sur cette croix qu^ cçttfi.paaçple éi salutaire altoit étr^ autbentiq^eçient confirmée^ Delà, biçn loin dé ?e scandaliser comme îe^dis^i|;^e$» ni d'avoir jcomme eux hprreur de^la. croix, elle la r^èr/^, ellç r^re,^lle s'en approche, e^le^l'en^bra^ae, elle la ^eri^è ëtroiteni^nt. Qn dirait qu'elle y est attachée par les liens invisibles de so;i<amour, et qu'elle ait droit, d/e. dire, aussi bieii que saint Paul: Çhri&tQ cifnfixa sy.m cruci: Mon partage et ma gloire est d'être crucifia avec Jésus-Ghri&t. Ainsi ce fut sur la croix que Madeleine reconnut plu» qu^ jamais Jîésus-Ghrist pour son Sauveur ; çt ce fut parèillement sur la croix (}uei Jésus-Christ reconnut Madeleinfè , sî j'ose user deiS^e terjiie, pourvu ameute )a plus^zélée j^t la plus^dèle.

,!^..^fet, Ghréti9i[^,.4tre fidèle à Dieu clans l'afflIctiqQ et ^àns la souffrance ; étr/d çopst^nt dans son amour,. tqin4is qu'U^nous éprouve par l».<}nE)i^,},liji dfjnew^ç twipur^, ui^i,, \^SW^^ pçwbl^^npitô djfl^sser ; persévérer dans ses voies , lorsque nous n'y trouvons qiie des

SUR LA CONVEàsiÙN DE iitÂÔçlfeu^È- 71

épiiies ei des difficslié^ , ç>t à ffm xi^^'^Uisp^lfi fsmym^ d'iu»€[ ffrace aussi précieuse que celle de UQtjrç çouff^ùW'^ ^(ais n*avoir pour Dieu de coosuince et de fidélil^ qu'^u^u^t.gu'ijjuoua fait /trouver de goût df^tfs soti service ; u'^tr^ à Jé^usrCbrisLei/ {Il ^déç^f pour liii. que lorsqu'il u*eu eoùKfi rieu ;,uq j^ W^vre tOOfBg^ dit .saint .<3irVs(>atome ^ que jusqu'à la eène» ^t 4'abaAdo(uii^ jl^emaùi au C^jl^ame » c'est oublier qu'on a été pëcfiiçup, .ç'^(, dqipegtir ies^ .êngagoments où^ 1*00 esi entré par lap^teucç , aest ue pf^ye/r le pliis fprând de tpùs les bieufaits que d'uae reo(Muoisssp/(n app^fo^ et superiîcjelle. Àh \ Setgueur, votre croix; voilà nou hiriti^\ depuis que \6\& m^a^yez appelé à vous et réconcilîé avfo vous; CHji^io confixws mm cruci (Goiet., 2) : nos pas celiecroix exiérleu^re sur |â|quelle vous expirâtes | ec doue j'àonore filnage survol i^u^ls; iuais la.ffroix ptériçure et persounelie que fai à porter^ cette î^quiili^àtiouqiiq.YOtt^ m'envoyez, cette disgrâce que je u'atieudqis pas, qçtie . perte, de biens qui me désole , œtle inaladie qui m'afflige , œu^persçcutiou que ^on nié suscite. C'est en acceptant tiout cela de yotire m/^/qseJe dois vous répondre de moi-méoie » ^, y(^ moatçer que jq.avi^ fidèle, toutes les auirf>s preuves deiuafidé/iié sont équii^oque^^^^^pect^, (ibui leuses ; il n y a que lâproix qui vons.gsaure./jle vsk^ > et (|ue le bon tttage de là croix qui piijwse vp«s faire CQqpqitr^ gue nion. j^.gbé in'es^^ toujours présoit : £l|9eccat^9ieim€<^ra,in4? estïfmp^r xPsaln^. ^. Oui , il m*est tanjaups pmwt» jpour fne retracer XQujpuf s et )fn6n ia^ digùité et votre boulé; mou incMgnil^ , .^^ ^'^Pf^T oomnils , et votre bcntë fpii jrie l'a remis lElpec^atum t^um çojnitîfl n^e est sempeir. It m*eal loujoirts préseut» pour m'iospirer (puJ9||r^up^èle^f^ qi{ courage BOttveiù y Ibit dans les adversités de la vie , sqit,xjkios lc^,]p>ratiqiies de la' pénitence. Quoi qu'il m'^rive par voir^. pcdre i^ o^ quoi que je m'impoëe à iliel-méme ; iuqh pocbé , ou lep^r/loA de iapn peçhë , sera iâujeurs un motif pressant qui me réveillerai, qni ip'^xpjf gra, >, q^t m'enconraga^ à tout entrepreudcie po^ v^^^ à tout éodfj^r pour vous» à mesaerifiert s*il le finit , et a.m'immQler potif* yious i^Ët jféc- ^oHmi u^eum cm$ra nin eu êmppr. .•

Cependant^ J^us^-Cbristiioi^rt siir la croix^^ù se retira Madeleine? Anfire eftet de sa recounoissauce ^x de. son amour : elle demeura , avec .une invincible persévérance., auiprès du toipbeau d^ son aimable mahre* Là» quelles peasées l'occupèreqt ? quels sentiments tçuchc^ nau soQ jcceur? quelles rés^olutions forma-t-elle de mourii* en esprit, • oomme iL^oit mort en .effet ; de s'ensevelir èllë-ioiéme dans une y!c péniteaie el o^ure , oomin^ il étoit enseveli dans les ténèbres et l'obsfcuritd du sépulcre? Ganbien de fois se fit-elle ^ jpoitf sa pr()pre instrictiaB , tes diviaes Hh^s que l'Apôtre dans 1a suite devoit foire aux pmmÎBrs fidèles pour Is ^aciification d^ toute4'iÈgijse : Moriui etiit^ 0t Mét^pfMtn^ abfW^ditaeii c^^,Clfir'^l0mJ)eo{Cotoss.^Z);, Vous êtes morts , et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en lÀeti :

n SUR U ÇOinVERSION DE MADELEINE.

Conieiml& ^tU cum Christo (JRom., 6 ); Vous êtes enseveUs avec Jé&fai»» Christ et en lésiiSrGhrist ? ' Contente de passer ses jours auprès de cet adorable Sauveur , éie y iât restée des siècles entiers sans ennui ; ou ai quelquefois elle eût , malgré elle , ressenti les atteintes d'un ennui secret , elle eftt bien su le soutenir et le surmonter ; car elle n'ignoroit pas combien de temps le Fils de Dieii Tavoii auendue elle-même ; cornïieh à'aimëes eHe Tavoit laisse appeler sans lui répondre , et frapper à h porte de son tœnt sans lut ouvrir ; combien de rebuts elle lui avoit fiùt essuyer par de longues et de continuelles résistances. Elle ne Fignoroit pas , et c'étoU ass^ pour la foiftifier contre tous les dégoûts et toutes les horreurs que peut caus^ la vue d'un tombeau, et l'idée d'un mort qui y vient d'être inhumé ; ou plutôt c'étoit assez pour la fortifier contre tous les d^oAts et toutea les horreurs de cette mort spirituelle à quoi elle s^étoit condamnée , et dont elle avoit un modèle sensible dans le tombeau, et dans ce corps sans sentiment «t sans action qnî y étoit enferme. Affreuse mort pour tant de femmes mondaines , qui vondrœent vivre à Dieu , mais sans mourir au monde et à elles-mêmes ! ÀTOir un cœur, mais pour le tenir dans un dégagement parfait du monde ; avoir des yeux , mais pour les fermer à toutes les pompes du mondé; avoir des sens, mais pour se rendre insensible à tout ce que le monde a de plus flatteur et de plus doux ; être dans le monde et an miKeu du monde , mais pour n'avoir plus de part à ses assemblées, à ses entretiens, à ses divertissements > môs pour y mener une vie retirée , une vie austère et mortifiée : voilà ce qui arrêté tant de couverons ; ou , après de prétendues conversîmia» voilà ce qui fait reculer tant de Aux pénitents , et ce qui les replonge d^s leurs' premières habitudes , malgré les plus belles espérances qu'ils avaient données et qu'on en avoit conçues. II n'appartient qu'à l'amour de Dieu, à un amour reconnoissant , d'affennîr une àme contre ces retours si ordinahres et si funestes. Ifille réBiexions la soutienitent, et Ifii font prendre le sentiment de l'Apôtre : Miki vîvere Çbrism e$t\ etmorilùcrtm {Philipp.^ 1). Il est vrai , je serai dans le mdnide comme n'y étant plus , j'y vivrai comme n'y vivant plus : mais pour qui dois-je vivre, que pour Jésus-Christ mon sauveur ? N'est-ce pas un gain pour moi que de mourir à tout pour lui ; et en me rendant la vie de la grâce , n'a-t-il pas bien mérité que je lui fisse un sacrificç dea vames douceurs de la vie du monde ? Mild vivere Cknstus est , et mon lucrum. Il est vrai , je ne serai plus comptée pour rien dans le monde , parceque je ne serai plus de ses sociétés , de ses conversations , de ses jeux : mais ce que je d<NS compter par-dessus tout , et ce qui me doit tenir lieu de tout , c'est que, dégagée des liens du monde , j'en serai plus étroitement mie à mon Dieu , à ce Dieu qui m'a aimée iprs même que j'ét<MS son ennemie , à ce Dieu qui m'a recherchée lors nênie que je le ftrjrois, à ce Dieu qui , p«r choix et par préttrenoei m'a tirée de cette veie de perdilioo oè le lonrent

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da monde m'entratnoît. Si je raime oe Dieu de paix , il me suffira ; et non seulement il me sq^ra , maïs tout » bors de lai , me deviendra insipide , et mon plus grand plaisir sera de me priver pour loi ée Ums les plaisirs. Or^ après l'insigne faveur dont je lui suis redevable , aprj» qu'il a bien voulu se convertir à moi pour me convertir à M , après qu'il m'a reçue entre ses bras et recu^lie dans son sein , poorrois-je lui refuser mon cœur et ne lui pas rendre amour pour amour ? MUn vivere Ckristus M , et mori luùrum.

Enfin Madeleine chercha Jésus-Christ ressuscité avec tonte la ferveur de l'amour le plus généreux et le plus ardent. Si pour quelques boires eDe avoit quitté le tombeau , c'étoit pour préparer; des parfums, et pour venir bientôt ensuite embaumer le corps de son maître. Mais qudie surprise lorsqu'elle ne le trouva plus ! quels torrents de larmes coulèrent de ses yeux ! avec quel soin , quel empressement , quel/e inquiétude , elle visita de toutes parts pour découvrir le lieu où il ponvoit être ! Tulerunt Domiman meum^ et nescio tUn posuerunt eum ( JoAif., 20) : Ah ! s'écria- t«elle, on m'a enlevé mon Seigneur et mon Dieu y et je ne sais où on l'a mis. Avec quelle générosité elle s'offrit à Feolever dle-méme , si elle étoit assez heureuse pour le retrouver ! Et ego eum toUam (Ibid.). Mais y pensoit-elle ? et comment eût-elle seule enlevé un corps qu'à peine plusieurs hommes ensemble auroient pu porter ? Gomment ? je n'en sais rien , et peut-être n'en savoit-elle rien cUe-mèoie : mais elle ne consulta point ses forces , elle n'écouui que son amour ; et l'amour se croit tout possible. Cependant, dès que Jésos-Christ qui lui parloit se fit connottre à elle , quel fut le ravissement de son ame ! avec quelle ardeur courut-ellé à lui , et se jeta-t-elle à ses pieds pour les embrasser ! avec quelle promptitude alla-t-elle annoncer aux apAtres sa résurrection , devenue elle-même l'apdtre des apêtres , et ayant mérité par sa ferveur de voir avant eux le Fils de IKeu dans l'état de sa gloire ! Sainte ferveur que nous voyons encore dans les plus grands pécheurs , lorsque , de bonne foi revenus à Dieu , ils conridèrent dans quel abtme ils s'étoient plongés , et par quelle miséricorde la grâce les a sauvés : grâce dont ils étoient indignes en h recevant , mais grâce qu'ils voudroient payer par mille vies après l'avoir reçue ; pourquoi ? paroequ'ils en comprennent beaucoup mieux l'exodience et le prix. Jamais saint Pierre aima*t-il plus tendremenl Jésus-Christ qu'après qu'il eut été converti par ce regard favorable du Sauveur du monde qui le toucha, et qui lui fit pleurer si amèrement soa péché ? Jamais saint Augustin ftit-il transporté d'un amour de Mea fins vif et plus a|;issattt| qu'après qu'ileut entendu cette voix qui pénétra jusqu'à son cœur , et qui le d^^agea de ses habitudes crimineDes ? Non contents des pra^ques ordinaires et des œuvres indispeasahlea de la pénitence chrétienne , ils y ajoutent tout ce que la recMMwiinanee peut inipirer ; et qne ne peut point hMpii«r un amour > ? Le mufê ne me pernwt pas de vous i'eapiqncr ; car

74 ^OR LE JUGEMENT TÉMÉRAiRE.

n faut finir : et d'ailleurs de cepx qui m'ëcoutent , les uns rgnt éprouvé y et ils le savent as^ez ; les autres n'en ont jamais fait i épreuve , et peut-être ne m'enlendroieni-ils pas. . Quoi qu'il en soit, voilà, pécheurs» l'avantagé que vous pouveas tirer de vos péchés inémés« Us vous ont séparés de Dieu ; mais du pïq? Aient qu'ils vous sont pardonnes , ils peuvent servir à vpus attacher a Dieu par un amour plus ardent , par une fidélité plus héroïque », par une piété plus fervente : Vida hanc mulierem ( Luc, 7 ) ? ^oyè^-vous cette femme ? dit le Sauveur au pharisien. Quoique pécheresse publique , elle a fa^t pour moi beaucoup plus q^é vous; elle a. répandu s^r mes pieds (es parfums Ie§ plus exquis, elle les a arros,és de ses larmes , elle les a essuyés de ses cheveux. Tout juste et tout irrépréhensible que vous «^tes , ou que vous veus flattez d*éirè , vous n'avez I'îen (ait de semblable. A voir le zèle de certains pécheurs convertis » es progrès qu'ils font auprè§ dé Dieu , les çommunjcaiions qu'ils gnt' avec Dieu, il y aùroit, ce semîtë, ctit saint Augustin, cfe quoi piquer, âe ^^lousie les plus justes ; et, sans l'intérêt de Dieu qui leiir e^x plus cliéc que leujr propre intérêt ^ ils se plâindroient. presque à^ Dieu mêp^è, comme le frère aine de Fenfant prodigue se plaifj^it a son père. Admirable effet de la pénitence , qui peut en. quelque sorte , non^ plus seulement Téf^aler à l'innocenjcê , mais l'élever encore aii-<iessiis de finnpcçnçe. C'est en ce sens çt à la lettré que souvépt lés anges | setopi Texpression de l'Évangile , se réjouirent plus de la conversion d'un Çécheiir que.de la persévérance dequaire-vmgt-dix-neMf JM^tes. Cesjt ainsi que des femmes perdues , suivant la parolede Jésus-Christ , mais par un retour parfait heureusement rentrées daps la voie du salut ^ eu

E recéderont , ai^ royaume des deux * bien d'autres dont la vie, tt'aord pluil innocente , aura été dans la suite beaucoup moins sainte. Comprenons cette vérité ,, n^^s chçrs audjitéurç. Jusies , comprénez-Iâ pour vous humilier, mais au même temps poiir vous animer, Pécheurs, Çompfenez-la pour yp^s consoler et pour vous encourager. Travaillons tous de concert , ou plutôt travaillons tous % renvi : ce ne sera pas en vaip, puisque nous pouvons tous emporter la couronné de gloire « que jé vous soiihaite » etc*

SERMOK POOR LE VENDREblDE' LA CINQUIÈHÉE SEMAINE.

âUR LE JUÔËMËM TÉMÉRAIRE. ^ ' .

Les princes des prêtres et les pharisiens tinrent un conseB contré Jésus. SiiNt JcAiv, chap. If.

e'tttrà^djfRi )m lafaMtf jitdAiM»,€t.le9 déytMf.4li te-S^jMMMHH^'^ n'est point pour délibérer siir une affaire d'une légère conséquence ,

StR LE JUGEHENt TÉMÉRAmE. n

puisqii*ii ne s*agit pas moins que de porter an arrêt de mort contre nn homme accrédité paripi le peuple» et connu dans toute la Judée par M miraclfis. G(^ n'es,| point. en particulier, ni chacun sel^n s^ vues» qu ils 9111; a ju^er^ niaiç.dàns un conseil, et eu §e communiquant leûrf lufflièrês les uns aux autres. Qui ne croiroitc^onç qu'ils vont foriner un jug|€mênt çquiM^blCy et conforme aux Ioi$ les plus exactes delà justice et dis la raison ? Cependant ces sages » to^t sages qu'ils sont, se Jais-^ sçint, aveugler; ces dévot^ se laissent prévenir , et ce conseil assemblé prononce enfin là sentence la plus injuste, et trahit la causç de rinnocént. Yoilà , mes chers auditeurs, où nous condujtla fbiblesse humuihe, et ce qui doit servir & notre instruction. Nous avons dans nous-mêmes un tribunal secret , eb c'est à ce tribunal que nous appelons comme d'un ptem droit le prochain, pour le juger et Te condamner, iugements aussi faux que celihi de^ pontifes et des pharisiens de notre évangile. Jugements téméraires, dont on se fait si peu de scrupule dans le monde, et (font je veut aujoi^rd^huï vous représenter le crime et vous faire craitidi'e lés s\htè3'fiiinestes, après que nous aurons salué Marie, en lui disant : Avemàtîa.

Trois choses, dit ^int Thbmi(s,^biit absolument nécessajrîes pour former un jageméni éqUitablle : fàutprité', ïa connoissance et Tintégrité : îautohte dansÊî. persoiine du juge, la connoissance dans son esprit , et Vintégrité ^aiis son cœitr ; rautorité pour pouvoir juger; làconnoissanœpoursâvoir juéejf,. et l'intégrité po^ Si celui qui jugé fï'a pas un pouvoir et une autorité légiiime, son jugement est cbitnërique et nul; s'il n'a pas une juste connoissance def b cause , son lugènféiit ë^'t faûx.et aveugle; et s*it manque d'intégrité , son jugement est vicieux et côrrèmjpu. De là concluons cf abord que les prêtres et les phariijiens, en voulant juger Jé.^us-Cbri^^ péchoient contre toutes lès règles et toutes lés formes qui doivent être observées dans un jugemehi ; C^r iU jugéolent sans autorité , puisque ce Fils du Dieu Vivant ne dépendoit po'iiit d'eux ; ils jugèoient sans connoissance , pnisquîls ne sàvoient pas qû(1l*^t(At Fils de Dieu; et ils jugeoiènt sans^ intégrité, puisque la pafôion ks'àriiindit contré lui ,'. et qil' ils àgisn soient par intérêt. Trois défauts 9fai s^ rencontrent dans les jugements désavantageux que nous faisons a\\ prochain, et d^ob il s^ensiik que ce sont dles jugements injustes et tênîérSiires: défaut d'autorité, défiiut de èonnoissanqè , défaut d^iniëgrité. Apfili^uez-yous ; voici le partage de ce discours. Ndusjugeons le prochain, înais hous le jugeons témérairement : pourquoi? pafcëqiie Dieu ne i)ous si 'donné sur lui nidie juridiction ^ ce sera là première pàrde; jparoeque nous ne pouvons pénétrer so|i coeiir ni le bten cûnilottfë , ce sera 1^ seconde ; enÊn, pârceqfie.cé soijt noS p9$si0âS qùj tioii^ préoccupent , et qae nôtre intéi«ét lihpH esi le jplùi^ Di^iOàtrë iiïoïit de nos jiigc- &ai\i\ de sei^lil WmM. I^é jSpffi^àôW p8iHt : mièjimàre

76 Sm LE JOQEV&ft TËHSRÂnUE.

(Luc.» 6) ; c*esl la conséquence que nous tirerons après Jésas-Christ.

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