SUR LE JOGEMËNT TÉMÉRAIRE
qnes as trône de Diea : Clamor Sodom&rum muUipUeatus eit ( 6enés., 18). Que fait Dieu? condamne-t-îl d'abord ces malheureux , et les juge -t-il? Écoutez-le s'en expliquer lui-même , et voyez les mesures que sa sagisse lui fait prendre , non pas pour donner plus de poids à son jugement , mais » dit saint Bernard , pour servir de modèle aux nôtres:C(amorSoi<omarttm et Gommorrhœmutiiplicaiusest^ etpeeeattim eortttn aggravatum est ninùs. Descendant , et videbo airum clamorem qui venit ad me opère compleverint : Le pédié de ce peuple crie vengeance au del, et j'apprends qu'ils ont mis le comble à leur iniquité; mais oe n'est point encore assez pour moi : je descendrai , J'irai , je les visiterai en personne ; et avant que de prononcer comme juge , je m'ëd^rdrai par moi-même comme témoin. Prenez garde, reprend saint Bernard : Dieu ne s'en fie pas en quelque sorte If sa providence ordinaire; et pour cela il veut en avoir une connoissauce pins.dîstincte et plos immédiate : Dèscendam et videbo : pourquoi? parce(]u'il s'agit de juger et de condamner. Ah ! Chrétiens , où en sommes-nous , et «ontce là les sages mesures que nous prenons ? I! se répand dans une ville, dans une cour, dies bruits injurieux qui flétrissent telle personne et qai la perdent d'honneur : disons-nous alors comme Dieu : Descendant, et videbo : Je m'instruirai, je verrai, je démêlerai le vrai d'avec le Aux , f irai à la source des choses, je les approfondirai , et jusque là je me ^rdersà bien de décider? Est-ce ainsi que nous parions? Vous le savez , ces braits , quelque frivoles qu'ils soient , sont favorablement reçus. Une maligne curiosité nous les fiait recueillir, et une popoicieuse crédulité nous les fait trouver probables et vraisemblables. Nous donnons créance à des hommes, les uns médisants, les antres légers; cenx-d peu éclairés, cenx-là peu sincères ; et sur leur parole nous hasardons des jugements dontnousdévons nous-mêmes répondre. Us nous donnent leurs réflexions pour des faits, et nous les supposons comme tek. Ils nous font une histoire de leurs soupçons; et ces soupçons nous semblent des vérités. Tout oonvaincns que nous sommes qui! n'est point de canal plus infidèle cpie les rapports qui se répandent eil secret et qui bientôt deviennent publics, c*est de cette source que nous tirons mille fausses idées qui nous empoisonnent le cœur, et qui sont les semences fiitales des haines et des divisons. Ne nous en tiendronsnous jamais à cette règle souveraine : Descendant^ et Mebo ; et la précaution dont Dieu lui-même vent user ne nous servira-t-elle pomt de modèle? Précaution surtout nécessaire aux grands et aux princes de la terre. Ils veulent tout savoir, et combiôci de fois arrive-t-il qu'on leur représente les choses sous de noires images qui les défigurent? Cependant un soupçon qu*3s ont conçu, une mauvaise impression qu'ils ont prise , est souvent , selon le monde , la réprobation d'un homme , et quelquefois d'un homme inhocent , d'un homme qni n'a rendu que des services et qui n'a mérité que des récompenses. Il faut donc que le prince «mt incrédule : obsédé qu'il est de gens qui ne
8ft suft ij^ ive^tamT xêm^r^iusi
cherehem qt'â le préveiiir Jfisi nus nu désavaiitage de$.amr^ il %ut qu'il «oit difficile à croire le mal , et facile à en être <j(étrQ{np^« Âuirwieiit» pour peu qu'on «'aperçoive qu'il préie aisément Toreille k certam discours qui vont à la rujqe du prochain , il est eiposé à n*avoir autour de luiqoede$ imposteurs ; Princeps qui libenier audit verba m^fubctî, omncf tmnîsfroi Aa^
Mais, dit-oa, je iuge f^ur avoir vu, et il ne dépend pas de moi de voir ou de ne pas voir* Autre abus d'autant plus dangereux et plus déplorable qu'il est souvent plus incorrigible ^ parceq'u'il est suivi de robstination et de l'entêtement. Car qu'j a-t-il de plus ordinaire que de prendre ses con|ecturês pour des évidences? Et qu'y a-t-il au même temps de plus à craindre qu'un esprit de ce caractère, qui se Élit des évidences de ce qui lui plalt, et qui croit avoir vu tout ce qu'il a jugé? Vous n'avex pu ne pas voir ce qui étoit visible, et ce que voua avez condamné : non, Chrétiens; mais il dépoidoit de vous de ne vous pas appliquer à ces vues souvent imaginaires; mais il dëpendoit de vous d'en détourner votre esprit; m^îs il dépendoit de vous 4e vous en défier y et de les i^njr pour suspectes; mais il dépendoit de vous de leur opposer mille erreurs passées., où la présomption d'une évidence prétendue yous a fait tomber» Si vous en aviez usé de la sortOf ces vues qu| vous çot donné du mépris pour votre frère e& seroient, t€^t ^u pjiis dei^urées aux termes d'un simple doute, sur lequel vous auriez moins s^ppuyé* Il vous est permis de voir ce que vous vo^z ; m^is quaoâi iCs'agii de condamner, il ne vous est pas permis «Paimer à le voir, ae.chercber à le vojr, de vous attacher à le voir ; pourquoi? parceqiib'avec ces disposition? » il est infaillible que vous verrez souvent ceq^i n'est pas, et que vous ne verrez pas ce qyi est,;. {^arcequ avec ce désir malin , il est sûr que vous étendrez vos vuea trop loio, que \pus grossire:^ les objets, que vous verrez ^19ime une poutre ce qui n'est qu'une paille et P9 atome, que voiiç rq{arderes^ comme un vice habituel ce qui n*est qu'une iaute passagài^> qn^ l'impétuosité de>voti*e esprit vous emportera, que la vraîs^mhlaiii^» vous éblouira, que l'apparence vous trompera. I* ant de fois p0Ût"iêtre ou a jugé de yous sur Ce qu'on a cru voir, et sur ce que vous pré|e94ez qn OQ n'a jamais vu; et tant de fois vous vous êtes plaint de ce», jiug^euts précipités et mal fondés. Pourquoi ne vous ditefr» vouapas i^ q^e vous ^avez dit aux autres? La prudence, la reten ue iq^e v^s.eitîgead^uXy pourquoi n.e l'exigez-vous pas de Yous*mémet
i^QQçluons par hi paqséeou p^ut^t par la pi^ière de saint AMguçtin ; Dwm^f no^eaim ma, novmm. te {\xiq. ): Seigneur, disoit ce Père* qiie jam^ Gonuoifisa, et que je vous coopoiss^! car si je m'étudie, oeomei j§ dois, à acquérir ces deux connaissances, occupé que je #fr4i de moHfliême et de vous , je .penserai peu au pr9diain , ou je •n'y penaerai que dans l'ordrei d'une sainte et discrete'charité. Si je «om. ooMoia >. à mpu Dieu.^ j^a^m qfu'il u'y a qt^e yqus k qw lé foml
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des coeurs soit ouvert , et je n*aur$û gar^e ainsi 4'y vouloir entrer ; et si je me connois , je comprendrai que mon propre cœur est an a^tme oii je trouve assez à creuser, sans entreprendre de pénétrer dans les sentiments des autres. Si je vous connois , je respecterai votre toi,* qui me défend de juger ; et ci je me connois., j'aurai hopte de mp ignorance ,, qui couvent m'a fait mal iugêr. Sf je vous i^oimoiflr, j'ador rerai votre oivine infaillibilité ; et si fe me coiviois ^ je rouj^iraf de ine^erreurs passées, et j'apprendrai daps la suite à m'en jpréserver,. Achevons: on juge sans autorité, oti juge sans connôissance , et on juge enfin sans intégrité : dernier déEaut dont il me re^e k vous entre-' tenir dans la troisième partie.
TftOmÉn PAATIB.
Ce$t une belle rëflexipn que fait saint Anibfoise, lorsque , dans, rexplication du Psaume trente-deuxième , i| observe que pavld n'a presque jamais parlé de$ jugements , soit de pieu à T^ard des homm^ , soit des hommes méme$ (es yns à l'égaré des autres , sans y ajouter la justice comme une condition essentielle et inséparable, du re$te, si vous vouleli; savoir quelle différence nous devons mettre entre, la justice et le jugement, la voici, répond saint Ambroise : c'est que le jugeme^t, selon le lapgage commun, e^t proprement l'acte déjuger; au lieu que la justice çst Tbabitùde même, ou infuse ou acquise , qui nous porte ^ bien juger ; c'esuà-dire cette mainte disposition du ccsur qui nOMS fait repdné à chacun ce qui lui appartient ^ etc[ui nous dégage dans uoji jugements de toute affection, et de toute passion. Or David ne voulpit pas que janiai^ ces deux choses fussent séparées; et voi(à la règle d^ conduite qu'il se propo^oit : Seigneiir, disoit-it , j'ai prononce
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— , ^.^^,^.,^ . ..-, --..., ^^justiliam, , ^^^
nianti^fu me {P^afm. 118). Cependant, Chrétiens, un des désofdreç où tombent (encore ceux qui jugent du prochain, c'est le défaut d*én
jugent pair mille autres motifs qui coirronripent la raison la plus saine et la p^iis droite. Arrêtons-nous à l'intérêt , qyi les comprend tqus. Lei pharisiens refusèrent de reconno}tre Jésus-Christ : pourquoi? parceque c^étoieot des hommes int^^ressé^^ ambitieux ^ jaloux de la domination qu'ils s'4toient acquise^ ou plutôt qu'ils s'élpient usurpé^ parmi le peuple. Dès que le Fils de Dieu parut^ ils )e regardèrent comine un obstacle à leurs dessebs . comme l'ennemi de leUr hy po* crisie^ comme le destructeur de leur secte; et pour cela ils se $rent un ifitérét de le décrier et de le peindre, tel fjlt le principe de tous te jb^ei]içitf.s qu'ils forcèrent contre sajp^çonne et ççntre ses mjir)-