‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 97 sur 119 · SERMON POUR LE TREIZIÈME DIMANCHE APRÈS · texte numérisé non relu

SERMON POUR LE TREIZIÈME DIMANCHE APRÈS

LA PENTECOTE.

Quot Ht vidUt dixit : Itê, ostendUe vos taeerdotibut.

Dès qu'il eut aperça ces lépreaz , il leur dit : Allez, faites-Tons Voir aux prêtres. SiiNT Ldc chap. z¥U.

G^est Tordre que doi^ne le Sauveur du monide à dix lépreux qui viennent implorer son secours pour être délivrés de cette honteuse et mortelle contagion qui les infectoit ; et c'est le puissant remède que TÉ* glise, au nom de Jésus-Christ » nous présente pour être purifiésd'une lèpre mille fois encore plus dangereuse, qui est le péché. Elle'90U3 envoie aux prêtres comme aux médecins de nos âmes» et elle nous ordonne de leur faire connottre notre état et nos maladies spirituelles : Ite, ostendite vos sacerdotibus. Dans l'ancienne loi, remarque saint Ghrysostome, les prêtres n'avoient pas le pouvoir de guérir la lèpre, mais ils Texaminoient seulement^ et jugeoieut si elleétoit en effet guérie. Il n'y a que la loi nouvelle, et que le sacrement de pénitence , où les ministres du Seigneur, successeurs des apôtres , soient revêtus de l'autorité de Dieu même pour délier le pécheur, pour le réconcilier, pour l'absoudre, et lui remettre par une parole tous ses pèches. Cependant, Chrétiens, voici ce qui nous doit paroître bien étrange.

et ce que nous ne pouvons assez déplorer dans le christianisme : c'est que tant de pécheurs sachent si peu profiter du don de Dieu et du sacrement le plus salutaire ; c'est qu'au lieu de se rendre aux pressantes invitations de Jésus-Christ , qui dans leur malheur leur a préparé cette ressource , et leur tend les bras pour répandre sur eux ses bénédictions 9 ils s'obstinent à se tenir éloignés de, lui , et refusent d'approcher de son sacré tribunal ; c'est que pouvant trouver dans une humble confession de leurs péchés la plus prompte et la plus parfaite guérison» comme des malades agités d'un violent transport, et msensibles à leurs maux , ils fuient le remède avec autant d'horreur qu'ils devroient marquer et avoir d'ardeur pour le rechercKer. J'entreprends aujourd'hui de corriger ce désordre, et de vous rq[>résenter pour cela les avantages de la confession. On' prêche assez aux chrétiens l'affreux danger et le crime d'une confession sacnl^e: mais peut-être ne leur fait-on point assez voir combien d'ailleurs une bonne confession leur peut être utile pour la réformation de leur vie, et pour leur avancement dans les voies de Dieu. On leur parie assez des dispositions nécessaires qu'ils y doivent apporter : mais peut-être leur parle-rt*on trop peu des fruits précieux et des biens inestimables qu'ils en doivent espérer. Je prétends donc, mes chers auditeurs, pour vous engager à un fréquent usage du sacrement de pénitence , vous en montrer dans ce discours l'excellence et la vertu. Demandons les lumières du Saint-Esprit par l'intercession de Marie : Ave,

Ce n'est pas mon dessrîn d'établir par de longues preuves Tobligation indispensable et la nécessité de la confession. Dès que nous sommes enfants de l'Église, nous sommes soumis à^ses décisions, et nous ne pouvons ignorer un de ses préceptes les plus authentiques et les plus formels; précepte fondé sur la parole de Jésus-Christ même; précepte autorisé par la tradition, confirmé par les conciles, reçu dans tous les siècles, çt observé de tout le peuple fidMe. Je sais néanmoins comment Tont regardé nos hérétiques : qu'il leur a paru un joug insupportable, et qu'ils Tout rejeté comme une loi trop dure et trop pesante : mais sans vouloir m'engager dans une controversé peu convenable çt au temps et au lieu on je parle , j'avance, mes chërs auditeurs, et je vais vous en convaincre, que de toutes fes' pratiqués chrétiennes , une des plus avantageuses pour nous , et où Dieu a eu plus d'égard à nos véritables intérêts', c'est la confession. Pour en être persuadés, nous pouvons nous considérer en deux états différents: ou dans l'état du péché, ou dans l'état de la grâce. Dans l'état du péché, nous avons besoin de remède pour nous guérir ; et dans l'état de grâce, nous avons besoin dé fDrcé pour nous soutenir. Or, cela posé, écoutez deux propositions qui vont faire tout le sujet de votre attention. Je dis* que ta confession est le moyen le plus efficace et le plus puissant que la Providence nous ait fourni pour efiacer le pâ;hé : ce

sera la première partie. J'ajoute qoe la confession est encore le préservatif le plus infaillible et le plus souverain pour nous garantir des rechutes dans le péché : ce sera la seconde partie. De Tone et de l'autre vous apprendrez de quelle conséquence Û est donc pour nous d'avoir souvent recours au sacrement de la pénitence ; et ce sera la conclusion. Écoutez-moi , s'il vous plait.

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