POUR LÀ SECONDE FÊTE DE PÂQUES
qu'on ne &it nul effort pour cela. L'on y succombe lâdiement, et l'en quitte tout. État dangereux pour les âmes feibles, et peu expérimentées dans les choses de Dieu : c'est la tentation la plus commune et la plus forte dont se sert le démon pour attaquer les personnes qui commencent à marcher dans la voie du salut , et pour les renverser. État pénible pour une ame fid^ qui veut s'y soutenir ; mais aussi âatd'un très grand mérite pour elle^ lorsque, l'envisageant comme une épreuve , et s'estimant heureuse 4'avoîr cette occasion de marquer à Dieu son attachement Inviolable» elle porte avec courage toutes les aridités, tous les ennuis, et avance toujours du même pas et avec la même résolution.
Comment le Fils de Dieu ranîmé-t-il ces disciples affligés et tout abattus? comment rallnme-t-if dans leur cœur le feu de son amour? En trois manières et par trois moyens.
I. Par ses discours. 11 se joint à eux, il se mêle dans leur couversacioo, il i'acmnmode à leur dis|Ek>sition présente, il se fait voyageur comme eux, et marche au milieu d'eux ; à leur parie , il les interroge, il leur répond. Cependi)nt sa grâce agit secrètement , il s'insinue peu à peu dans leurs esprits. Autant de paroles qu'il prononce, ce sont autant de traits enflammés qui les touchent, qui les percent, qui les brûlot d'une ardeur toute nouvelle. C'est ce qu'ils témoignèrent bien dans la suite , quand ils vinrent «a lereconnottre : Que ne senùom^ nom /NU ? se dîsoient-ils l'un à l'autre; et dans quels transports étions^ notff , pendant qu'il nous entretenait (Li7c., ti)f Ainsi &e vérifia ce qv'atfoit diti Dieu le Prophète r6yal : Voire parole, Seigneur, est une parole de feu , et du feu le plus vif et le plus pénétrant {Psabn. 118). Ainsi ces deux disciples éprouvèrent-ils par avance ce que tous les Saints dejpuis eux'ontéprouvé, et ce que nous a si bien marqué Pun des hommes les plus versés dans la vie intérieure (Gersor) , lorsqu'il nous reprësente les douceurs que goûte une ame en s'entretenaot avec Dieu* 11 n'y a point de peine si amère qui ne s'adoucisse dans ces communications divines, ni d'ennui qui n'y trouve son soulagement et sa coDsoiatiott. '
U. Par la pratique des bonnes œuvres. Qoand ils sont arrivés au homrg d'Emmaâs , Jésus-Christ ftit semblant de voiiloir passer outre et aller plus loia » et par-là il leur présente une occasion d'exercer envers lui l'hospitalité. Ils Texeroent en effet : ils le pressent dèdememrtr avec eux ; ils lui remontrent qu'il est déjà tard, et que le jour commence à tomber. Parcequ'il ne se rend pas d'abord , ils lui font de nouvelles instances, et ils vont même jusqu'à lui faire une espèce de violence , tant ils souhaitent de le retenir. Il ne s'éioit pas encore fait conndtre à eux ; ils né le regardoient que comine tin voya- ^Sear, et ce ne fut pas sans une providence partictdière de cet Homme- Dieo , qui vouloit épurer leur charité , et qu'elle en dévînt plus méritoire. Car s'ils l'eussent connupour leur maître, ce n'eût pas été
BroprSQ)ct9t qnjacbariJi d^ VV^^^ i ^^ ^ ûMoré^ les y eja. portés» S'il "^ fOt îii,Yue. I^.Biéjpe /ç^ V^.saiji^ nulle réaisunça i| eût acc«iM^ Içur prejpijÇfi^ g^vitmiJQo,, l^iiq çfifrjtii ^At eocore inoins paru. Us/f^ elle éclate tou^t epUèie ^a^ TeJijDip^c&ieai^eii i ^'ils lui léiDoigoeniL, jusc (iu'4 ^9Jbljg^, p queU]^ éo^te >nafs^ '"!> ^. rester. Aussi m fut* elle pas ^^os, recoiigip^è. |i)irsq,u vl ifuicçboit V^ ^^^ * jreoarqiie s^îot Çré^Qire p^> et w'îl \wq^ les divines Écritui^ ,
i^ ne ^rem déçoHVcic qjui ivi^oj^ ; 'o^jia tJàus le repas qu'ils lui avoient pffei:^^ et aix'ii g^eqit en3éiiil)le^ i^ ^^ déc^a enfin ^ et le^ combla ds joie en se ^is^giit recoiuu)i(re« '
III. Par Tusage de la divine Eucharistie. Car ce fol dam lafraelim^ duk fQin ^ c'aii-à-i^re^ sêIûa (e bagage de L'Êcriiure, dans la communioa^^u^t^ XCÇQ^urenX J^^tm-i^mi (UsCf ti). Il# le reconnurent « dis-je » dans celte sainte action , et en le reçonnoissant ils se convinrent d^ Tamour 4Ut r^voi^ ÇOfa^ç à^ ii^iMier pour m^. Ot pour tous les fidèle radQ]râ]i)le saicrenibâot 4^ son .corps. Ce souvenir les toueh^, e( réveilla dans leuirs ooçaira le^ sj^nitifuent^ 4'*^ ainaiir toi^^re et af* fectqeiu;. Mais^ 4^ V^Si». il^ ^ntlfo^t 4an| imn anea t^s opëraûom salut^rei^ de ca'sacreine^t '<^ vkft s«s a4P9i^teseffeU9 dont le pr#? otier est \s renpuveUeinfint 4^ t^ di^ito dfi Dieu , la fePVÀuf de en divin amouiTt Vu(^9^ av^ Jésu$7Çhrist. Car il est cfriain ^ue c'eut surtout 49n% (^ co^i^Jiuùp^ 41^ f^fifii^iB^ç^l ce que 4isoil le &|uv«wr du H^^qde p^l^t de. tui-T«K$<>^^ - ^ ^ ^^^ sur ia Usrre pQwr y tèfim^ ffre k i^ Ç^^S^9 i^' Son in|siiU<u^, et Iç principal dessin qu'il ^$ propp.^ en ^ %m^t ^ n^ns. da^^ }fi sfffgré mystère ,* est do nous em? hi;4^r 4e çon s^moflCt d ei^treienir àfinn^^ Qovs le feu 4e son amour» do 9^ àttaîpiier ^terojBM^ment à iiK p;» r^Knoiur. De là ce zèle et cette saint^ préçipUa^ion dei^ 4içu)( discijples » qui tout-rà-coup se lèinsnl » no? tourne^ Vjf44^^9» anoqw^^ V^\ j^Htires disciples la résurrection deW4r mukrç, protestent batiiment qu'ils Font vu eux-mêmes» ^ ^ni pi^ts» au péril d^ leui: vie » à eu rendi^e partout témoignage. Or ce sont ces trois mêmes moyens dont n^s devons nous servir poiv renouveler en nous la ferveur de notre dévotion et de noire amour enver$ Dieu. Pourquoi y vt-i^ p^rmi i^oiis tant de chrétiens lâcli^ , tièdes et iodlfféieot^» n'ayant nul goût poMr In sorvioo de Dlen» et ne s^SLffectioonaut i^ auctin exercice d^ rçligiosi ? En noici les trois raiaonn les plus communes.
11 De quoi s'entretient*^ cfi^manément » de qnoi parlo-€-on? Nos conversations ont-elles ce caractère que demandoit saint Panl» c'est-à-dire ressentent-elles la piété? montrent-elles que noussommes chrétiens? A nous eniepdre raisonner et discourir pendant les heures entières» pourroit-on distinguer quelle foi nous professons? Sont-eiles, encoi*e une fois, ces conversations mondaines» telles que les vouloit l'Apôtre , quand il disoil aut .premiers chrétiens : Qu'on n çnteodc point entre yoqs des paroles libres» et capables de blesser les
oreille^ dtasie»» car ces sorte» de discours ne oo;ivieiiiieiit poîni à k| sainieié tU Vquie voç^àûoa; iQsis qfifi^ vos paroles sQÎeot de^ parolei| d'sbctioos de gcaee. Coaune ^ l'Apptre leur eAl dit : Eogrejtenez-voim soave^^ d^ obligs^tioDs que vpus 9,\ez à DieiJi , des grâces que voa^ SW& ceçj^es de D^eu , des misëiiçordes dont il vous a préireuus, de la paiîeiice anec laqiuelî^ il vous a supportés ; cajç voilà de quoi doixeol pajrW les Saints. Est-ce aii33i que Ton conyecse d^ le mqqde? est«oç soc c^Ia cmd roulent ces l»iigs e^ fir écmeois discours où Xon coosun^ les jpimiees. et oÀ Toa pai:d le tefl^)s? Encore si Ton n'y perdoit qae le i#9i(&;. maïs ob y offens(& le prochain par des railleries plquanl^S| pas des métUsances pleines de malipite,, quelquefois par de Tra^s cajonmitt.; n»ais du nvo^i^ m s'y dissipe» ^ 1 on s'y ramplit ïir n^igjiBaiioa de mille idées vaines et toutes profanes ,, de mille bf* ([atalles, H de mille ioa^imea çl'aatant plus contraires à la religion U au cuÙQ ^ Dieu « q,WeUe& soa( plus çpaformea à l'esprit du
Après cela fisut-il s'étonner si nous vivons dans une si grande in* difiùl$rWQ^e(ui;esigraade {roi^et^rponr Dieu? Comment raimarioof* nous de cet aornuf sep^tt^l^ qu'ont eu le^ SainU, quand on ne pnns^ îamaiîiiUu^ qu'oi^ ne parle j^^mais de lui» qu on n'en entend jamais nrkv^qu'Qil éyite même ces sories 4'enuretiens commç ennuyeux et unpûrtans? Il y auroit biei^ p(usliçu d'éire surpris que la ferveur de nqirç déyojtio^ pût avec cela subsister ^ ne pas s'éteindre. Car voici 1 ordre: comme les mauvais discours corrompent les bonnes moeurs, ayvsi 1^ pieux ^iretiens reforment les mœurs les plus corrompues» ei, raniment les âmes les plus languissantes. Si donc nous nous trou^ voi%dans ost ^t de langueur où Dieii, par une j[u8ta punition, permet qiie ^pna tombions, an lieu de nous épancher ià-dessqs en des plaintf% mutilies, allons ai| rf mè^e, cHercbons quelqu'un avec qui BMn% piuîsMans no^s e|^trete)(iir de Ôiei>» fondons de saintes Uaisonb avec ks pamonn^ qi|e i^oiAS savons être plvsjittaci)ées à Dieu , et plus disposées i iMNis parler de Dieu ; roi^donsHious assidus ^ entendre la parole de Dien , et alors nous sentirons dans le cœur ce que sentirent les disciples. d'EmmaiiSt et noi^s nous ëcrieroos comme eOx ; De qnaHe eràeMr moname est*elle embrasée? GVst par-là que l'esprit de Uitu se eyNnmoBiqAe ; c'est par-là que saint Augustin, selon i^u'ille rapporte lui-même dans ses Confessions, fut intérieurement énui et changé. De l'abQndance dueeeur la bouche parle ; et i mesure que la bouche parle, le omur se remplit du sujet qui l'occupe, et sur quoi il s'expKqne,
3. Oiitre qn'on ne Ventreticnt point assez de Dieu» on ne pratique point assea ks bonnes œuvres dn christiuisme et propres de la condiiîm oà l'on est engagé. Car de même ^e la foi est moi*te sans les «entres, e| que le» couvres, pour ainsi dire, sont Tame de la foi , de même la charité séparée des œuvres s'amortit, et c'e^t une ilkision de