POUR LA SECONDE PËT£ DE PAQUES
peine à eflsaMser^ et dont il est aussi difficile de se défaire, qu'il est aibé de ies prendre.
Eptre tous les articles de notre foi, tâchons surtout i nous bien pénétrer de cette mérité esseniieile, qu'il a fallu que Jésus-Christ endorftt toutes lesignomidies et toutes les douleurs de sa passion, avant que de recevoir la gloire de sa résurrection. Cette pensée nous préservera d'un double scandale. Car le monde nûturellement se révolte contre une religion qui nous proposé pour objet de notre culte uu INea crucifié : mais plus nous comprendrons ce mystère des souffrances et des humiliations de notre Dieu , plus nous le trouverons adorable. Il y a encore un autre scandale qui n*est que trop commun : c'est d'être surpris de voir sur la terre la plupart des gens de bien dans l*affliciion , et en particulier de nous y voir nous-mêmes; mais da moment que nous auronsun'e foi vive de Tobligation où étoit Jésus* Christ mémede subir la mort, et la mort de la croix, pour entrer dans one vie éternellement glorieuse, nous nous estimerons heureux d'avoir part à son calice, nous reconnoltrons en cela une providence et une miséricorde toute spéciale sur nous ; nous nous confondrons des plaintes et des murmures où nous nous sommes portés; et nous appliquant les -paroles du Fils de Dieu, nous nous écrierons : O mfidèleê et nueméi ! ne faitoiMpoi que le Christ hn-même souffrit, et qu*U en* trât otnii dans sa gUnre (Ibid. ) ?
§ IL Comment Jésus -Christ ranime L'espérance des deux disciples.
La foi des deux disciples étant devenue si foible et si chancelante , c'étoit ime conséquence nécessaire que leur espérance s'affoibltc à proportion. Ils avoient espéré en Jésus-Christ; mais on peut dire qu'ils n'espéroient plus, ou qu'ils n'espéroient qu'imparfaitement. Us avoient esj^ré, comme ils le témoignent eux-mêmes : Nous espérions ( Luc.^ 24);maîsilsn'espéroientplus,onilsn'espéroientqu'imparfaiiement;car aï leur espérance eût toujours ^té la même, ils n'eussent pas dit seulement : Mous espérions ; mais ils auroient ajouté : Nous espérons encore, et nous sommes sûrs que notre attente ne sera point trompée. Ce n*est plus là leur disposition : pourquoi ? parcequ'il y avoit deux erreurs dans leur espérance, l'une par rapport an fond, et l'autre par rapport an temps.
1. Erreur par rapport au fond. Ils espéroient que lésus-Ghrist rétabliroit le royaume temporel d'Israël, qu'il délivreroit les Juifs de la servitude où ils étoient ràluits ; qu'il remettroit toute la nation dans la gloire et dans l'éclat où ils avoient été ; qu'il les combleroit de pro* vfétiiéB^ et les rehdroitpuissants dans le monde : voilà ce qu'ils avoient conçu, et ce qu'ils s'étoient promis de lui. Or en cela leur espérance dloit nne espérance mondaine et toute terrestre. Espérance qui n'avoil jx>int IKeu. pour objet, qui ne s'élévmt point au-dessus de l'homme , qui n'allott point au solide bonheur; mais qui s'attachoit à des biens
périssables, au lie^ de chercher avaiu toutes choses le rojaume 4e Dieu et sa Justice. Espérance qui lenoit encore du judaïsme, ei n'avoH rien (je la loi de grâce, Pe aprte qu'ils étoient par-là scânblabks k ces Israélites qui avoient soupiré après lea oignons d'Égy pie, qui avoienl méprisé la manne du ciel, et s'étoient dëgoiHités des viaades délic^t^ qaa Dieu leur préparok dans le dâfert. Espérance qui les rendoU tout cbarnels^comoie ces anciens Jui&, an goftt fiesqnels Dieu s'étoît a<»çomoiodé, ne leur promettant que la fertilité de leurs moissons, que f abondaace du blé et du. vin, que la défaite de leurs ennemis , eu un 9^Qt „ (jl^ç dfss arautages humimia. ])Iais par-dessus tout , espéranoQ Élusse et ççrojiée : car7ésus*Christ leur avoît £ait expressément eutemke que ton royaume ne seroit pas de ce monde. Il devoit les dé- Hvrer, maia de leurs péchés, et non point de la servitude des hommes* Il o§ s'étpit point engagé ^ 1^ rendre heureux daas la vie, puîsq«e 9tt eoutraire U leur avoit dil : Si q^eJp^'m V4u$ vmr après moi, qu'U portfi ta croix» et qv:U me^mve (Mattu.» îG), Bien loin de leur pr^ipettce des prospérités^ sur la terre, U ne lei|r avoit annoncé que des ^Hffrano^. En quoi doqc çon^ipit leur erreur ? En ce qu'ils cmifondoient le& choses, interprétant d'uQ ropume temporel et visible, c^ qui n étûH vrai que d'un roy^iimeapîri^vel ei intérieiir , «t ne qom* prenwt pas b nature de^ bieas que la v^Que de ^ésus-Gbrist et sa mission leur dévoient procurer.
N'estH» pas là ce qui nous arrive à nous-mêmes ? Nous espérons en Bkn, IhtSê ri noué nous consdltons bien, et si nous démêlons bien les vrais seiHiment^ de notre coe^rè noua trouverons que nous n'espérojos en Dieu que dans la vite des biens de cette vie , que dans la vue (fuite fortune passagère, que da^s la vue de mille choses que nous attendons de lui , mais qui a'ont nu^l rapport à lui. Nous espérons en Dieu : mai^.UQUS ne lespéroas pas lui-même , pu du moins nous, nie l'espérons pa& lui-môme préférableaiem à tout ; et loii^ d'espérer en lui de la sorte, nous, le faisona servit* indigqement à nos espérances mondaines, n'espérant en lui que pour satisfaire nos désirs corrompus, et pour venir à bout de nos plus injustes préieniions.
De là vient que, quand noua voyons ces espérai^ices frustrées, nous comipençons à peixtre ooQfiaace en Dieu, et que nous disons comme les disciples d'Emm lùs : Nous espérions. J'espërois queservaat Dieu aveo quelque fidélité , il auroit soin 4^ moi ^ qu'il massi&teroit , qu'il me protégeroit, qu'il me délivferoit de la persécution de mes ennemis* l'espérois qu'ayant recours à lai, il éeouteroit mes prières , il secon* deroit mes desseins ^ il béniroit mes entreprises : mais rien de tout oela ; et après tant de voeux, |e me trouve encore daas le H&éme état. Au lieu de dire : J espér^iis que, m^attachant à Dieu, je recevrois de loi de pui^aqlaaecoira pour opérer mon sa(ut et pour acquérir les vertus; j'espërois, ou qu'il écarteroitde moi les tentations qui m'attaquent, on qu'il «9'aiderpit à les surmonter ( espérances solidof» espé-
CGn«4l[; au liéu^ 4^^ie, qç. parler ain^i, oq ûentdAQ^ Çe^r/ëf ducc^r lin loDgage ^ou; co^itrairi^ ; «('e9pà;9i§ .(Vf\f pi^é^?W( Iç F^i dcii bi p^i4t \^ im^i^ d^ iom tra^o<ViiÛv4f ^ k cov^yiitt 4es w^g^ da «ècl^^i ^'^p^ja ^ aifojr glu? (te c|a<^Hr««t jplii« d'^rm^^a^. ÎViMi^
rauioa UQoip» use çi mal conçii)e.
Mon , me» Frères, dit saÎDi Augpstui , qo*au(Wt de «9UI oa l# |)i%
iQ^ iiE|e Célicité. temp^reUe, purçequil ^ cbff ii«iii. J^«(^|^i né •qy^ a'po'iBt adioÀi^ (^riai «les. ^jaufil^ i g9^i9 ç(Midiii«q..Ûtt99d iMi fcd^at s'^irôlc^ d^Qf Use ÎQiJicei 9^ '^e loi dit p(wî qu'il vivra i)Mft4 aqil a|^.'(|^ il fera \àm 4r:^ilé» >i«f (agé^ U^n quiHshé; maia M Har mUi ^i|f d ikqt ^ir. kiiff^f ^'"^tSjiffi eiçHipiM U a'y aii^sd, u n'^ gaiot ào^o^ des marches. pjà^M QM'^b ^^î ^t ^^ f dî dta p^i(^ yù oa l'ep^^^t ^oua sonv^^ea Iv jfiidata de JétHa-Cbrisi t q^ divifi coaquér^t d«8 am^ s^aus a enrôla d^na ^ wniaimilîaa ^ «ap pi^ pQur |m^ir de« ciclirâi^, jf^a |^a pi^r parimir id« baM
r^fs 4> ^^!^ ^^ fi^^W^ ^l^ii le a¥>pd^« dçp p%a|iaar.îoiiir éi ioa\i» 1^ OQiDiOQdU^» n^aiappiiç noiiasmHUifiqr, maiapeurdéitvipa dfii^ noua L^' pécfa^^ ma^ pqur co«iba4re pea vîçea et noa j^ani— t» mak poui: ^aqûr p9r( ^ sç^^ %)i#*P^ ^4 9^9 bQ«ilîa|iâna« lletSavai qu'a Bpii;^ a ap ni^n^ t^ps praxis hp tiiMlib^M et «ne raeiMKpaa; loaii P«i bôjfti^ur f|t çeita réçqmpepse., noni piaa que sob vpyaitaie, bc
^ll^& ^fî ce ffiOAiJIfr Y#â çf q^'^ «q^ia 4 œm feia répété dasa sm
^Y^llgil^ > ci 9\|r qi|Qi noua av4^s d4^ ç^HW^ar** Fac doHiiéqBaBt, quel que Doqa^ayoa^ à sontfpir de fa/pbeqx s^mi la Batura ei-^ana la ne pré^eBtç , wçm f^'^ 46VVPS pqîipt ^na surpris ni déeoBaertéi ; u o'ifii mdfttK V qqi c^t dopnçr à îptre espéraBee un bobvbI aecnoistaflMBt ^ UB 1K>1nH^^ dejgfiré djQ f eraa^.
JL Une antre erreur des deux di^lei fin à l>ei(aed dji-iemps. Le Fils de Diea kmr avoi$ pré(Ut qu'il resausciteroît le frowèate joua;, ce troisième jour n'étoit pas encore passé, et ils ne lai^ent pas de t^oigBerdé|aleflrtmpàtienoe : Nousvcia, disem-ils, au troisième ji^ur qwff le^cs eei cf^i mpt wrnféfi, fana «n^ nom 4|em rlm vu (tçc., 94\* ^ aea pas, u]batent'ila, qna quçlqoesJeiAms B'ailmt étç aiiaat le jour jtu çépulcra, et (|a*elka neDOua aieiit i;appQrtii.qvé le corps B-jr étott p|u§. Quelques una de npt^a y aoat ww fiilléa» ^t jobi ^ fnet trouv^ ks choses coouBe les fi^maa les Baoîeut^dUes. 'ïent. wa devoit relever leur espérance , ei les coBfortar^: maislair aHipr^s^ s^nt remporte sur tput cela , et au lieu d'attendre ei&paii(lpi anee persévàance. Us s'inquiètent et se découragent.
Telle est eqcore la disposition de la filupart def ciprétieus, {feus espéroqa en Uieu ; mais nous ne savons ce que c'est que «t'etteodra avec iranq^ilUté et en repos l'accompUssetuaBt des jproeiaBBaa da fiîsa.
S4 POUR LA SECONDE Fi;TE DE PAQUES.
Nous voulons que Dieo nous exauce tout d'un coup. Nous nous lassons de lui demander si souvent et si long-temps, et le moindre'délai B0U9 rébute : comme si ht persévérance n'étoit pas une condition nécessaire de la prière pour obtenir les grâces du ciel » comme si ces graees divines ne Vaioient pas bien celles que tious attendons dé la part du monde, et que nous sommes si constants à poursuivre et à recherdier ; i3ouHne si Dieu n'étoit pas le maître de ses dons , et que ce ne fût pte à lui de juger en quel temps et en quelles conjonctures il est à propos de les répandre sur nous. *
Con^oos-Bous en la bonté de notre Dieu y et laissons agir sa providen^> sans entreprendre de lui prescrire aucun terme. S*il tarde à ■01» répondit, demeorons en patience,, et réprimons les mouvements précipites de notre cœur. VoiH le erand principe , et en quoi nous devons au moins imiter bf conduite de Dieu même à notre égard. Noos nous plaignons qu'il y'a tant d^années que noos lui demandons telle grâce, et- que nous ne l'a^tis pu encore obtenir; mais lui-même» oomtMen y a^^l d'années qu'il nous sollicite, qull nous appelle, qu'il noM presse intérieuremem de renoncer à cette passion , de lui sacri^iitr cette inelination » de nous défaire fie cette habitude , de changer de vie, ei de travailler à une sainte réfbrmation de nos mœurs ? combien de fois s'est-il tait entendre là-dessus iiufond de notre ame, et ooaibien de lois nous a-t-il iait entendre la voix et les exhortations de ses Bunistres? Lui avôns-nôus accordé ce qu'il vouloit de nous ? n'avotts-DOus point difliéré ? né différons-nous pas tous les jours ? et néan* noins ce rebttte>tril ? oesse-t-t I ses poursuites ? nous abandonne-t-il à* Mwa-mtees f ne dévroit<»il pas être plus fatigué de nos retardemeilts, que nous dés siens ? Car enfin les siens ne tendent, selon les vues de sa sagesse, qu'à notre bi^n et à notre salut; mais'les nôtres, par une obsiÎBation opiniâtre et presque insurmontable, nevont qu'à le déshonorer et à nous perdre. Réglons-nous sur-cé modèle. Soyons patients envers Dieu, conuDlé il l'est envers nous. Dès que nous persévérerons, il n'y a rien que «ons nepuissiôns espérer de sa miséricorde.
§ 111. Comment Jésui-ChrUt rallume lackarili de$ deux dUàpte^.
De l'affeibUssèment de la foi et de Tespérance, suit enfin le relâchement de la charité. Ces deux disciples avoient aimé Jésus-Christ ; c*étoit à eux , comme aux autres , que cet Homme-Dieu avoit dit : IfoH Père vùuê aime, fwreeque wmt m'aimez (Joan., 16). Ils avoient dans les rencontres montré du zèle pour ce Dieu Sauveur : mais ce 2èh^> aiirefois si ardent, paroissoit tout refroidi. Ils étoient tristes: celle tris^ssé n'éfoit qu'un dégoût qui leur avait pris de son service, qu'un chagrin secret de s'être engagés à le suivre, qu'une sécheresse de cœur, qu^un abattement d'esprit ; et rien de plus opposé qu'une pareiHe désolation à la ferveur de l'amour de Dieu et de la piété chrétienne. Êiai malheureux ; quand on ne prend pas soin de s'en relever.