‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 100 sur 225 · RECOURS A LÀ PRIÈRE DANS LES AFFLICTIONS · texte numérisé non relu

RECOURS A LÀ PRIÈRE DANS LES AFFLICTIONS

parloof 9 dàs qae i'ame s'ëlèveroit à Dien et le rëdameroit en implorant 80D assistance.

On me dira : Mais le moyen de prier, lorsqu'on est sans cesse obsédé du sujnt qni noas cbag^riné, et qu'on ne peut presque penser à autre chose, ni ét^ touché d'autre chose? Dans ce renversement et ce boalerersement de Famé , pour s'exprimer de la sorte , est^m maître de recueillir son esprit , et est-on maître d'affectionner son cœur ? Ah ! j'en conviens , et telle est notre misère , il y a de ces temps oraijeux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière , ni de son cœur par rapport à une certaine affection. Mais prions au moins comme nous le pouvons : or nous le pouvons toujours, puisqu'au moins nous sommes toujours maîtres d'aller nous présenter devant Dieu , et de nous tenir auprès de Dieu. Cette seule présence parlera pour nous, et dira confusément tout ce que nous ne pourrons dire distinctement et en détail. Ainsi le prophète Jérémie , dans une posture de suppliant , et prosterné aux pieds du Seigneur , se contentoit de lui représenter sa peine : Voyex,mon Dieu, considérez en quelle affliction je me troilve ( J^BÉM., i ). Ce lauf^age se fait entendre à Dieu : il en démêle tout le sens , et il est très disposé à y répondre.

Mais j*ai prié , et je n'éprouve point que j'en sois mieux. Peut-être n'en étes-vous pas mieux actuellement, ou peut-être 4vez-vous quelque lieu de le croire , parceque votre sensibilité est toujours la même ; mais retournez à la prière , persévérez dans la prière , demeurez-y et attendez-leSeigneur. S'il différé, il saura bien vousdédommageir de ce délai. On ne perd rien avec lui , et il ne lui faut qu'un instant pour former le pli)S beau jour dans la plus épaisse nuit , et pour faire succéder la joie la plus pure aux plus amères douleurs. D autres que vous en ont dit l'épreuve , et ils en tous rendu le même témoignage. Croyezles , et mettez-vous en état de pouvoir bientôt vous-même en servir comme eux de témoin.

Hais je me sens bien : le chagrin qui me poursuit e^t plus fort que moi ; je n'en reviendrai jamais. Jamais I Hé ! qui étes-vous . homme de peu de foi , pour mettre des bornée à la vertu de la grâce et i la douceur de son onction? est*il un cœur si serré qu'elle ne puisse ouvrir et où elle ne puisse pénétrer; et partout oii elle s'iusinue et elle pénètre , est* il une blessure si profonde, si envenimée, si cuisante, dont elle ne puisse amortir le seniiment? Vous avez mille voies , Seigneur, pour fa répandre , cette onction sainte. Ces voies nous sont inconnues , mais c'est assez que vous les connoissiez. Votre esprit souffle où il veut, quand il veut, de la manière qu'il veut. Nous né savons où il va , ni comment il y va ; mats enfin il y va lorsqu'on a pris soin de l'y appeler, et il y porte l'abondance de la paix. Ob ! qu'il est doux, cet esprit du Seigneur ! et, selon la parole de votre prophète , qu'il esc doux, Qion Dieu, pour ceux qui vous craignent ! Qa'est<>ce dope pour

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