RECOURS A LA PRIÈRE DAMS LES AFFLICTIONS
temps en temps. Du reste , il se tenoit prosterne devant son Père , i( se soamettoit à ses ordres , il acceptoit ses arrêts , il attendoit dans le silence que ce Père tout puissant et tout miséricordieux jetât sur lui un regard favorâ)le » qu'il le rassurât , qa il le fortifiât , qu'il lui rendit la tranquillité et le cslme.
Chose admirable , et merveilleux effet de la prière ! Il semUoit que le ciel fût insensible aux gémissements et aux vœux redoublés de ee Difu Sauveur. 11 prioit , il se remettoit à prier ; et sans se rebuter, il recommençoit encore tout de nouveau; mais ses inquiétudes^ ses alarmes, ses ennuis, ses combats intérieurs, bien loin de lui donner quelque relâche, croissôient au contraire jusqu'à le fisire tomber en défoillanoe , et à lui causer une sueur de sang. Tout cela e^t vrai : mais tout cela n'étoît point une preuve de rinutilitéde sa prière. Elle devoit agir dans peu , et le moment approchoit ou il en devoit sentir l'efficace. H vint, ce moment: la prière, ou, pour mieux dire, la grâce d'en haut, fruit ordinaire de la prière, eut bientôt dissipé ses frayeurs , relevé son courage , et fait succéder dans son ame , aux phis violents orages , la sérénité la plus parFaitOr Quelle heureuse et quelle subite révolution dans les sentiments et les dispositions de son cœur! Avant que de prier, et jusque dans l'exercice de la prière, il étoit tout interdit , tout abattu , tout désolé ; mais sa prière finie , ce fut tout-à-coup, pour ainsi dire , comme un autre homme. Plus rien qui rétonnât , plus rien qui leMéconoertât, plus rien qui pût altérer sa fermeté désormais inébranlable , et cette nouvelle force dont il se trouve revêtu.
D'où nous pouvons juger quelle est Tillusion , non seulement de tant de mondains, mais de tant de chrétiens même et de personnes pieuses qui , par l'aveuglement le plus déplorable , quittent le remède lorsqu'ils en ont un besoin plus pressant ; je veux dire qui , dans l'affUction , se retirent de la prière et la négligent , lorsque la prière leur est plus nécessaire et qu'ils en peuvent tirer plus d'avantage. Car voilà Terreur : on est rempli d'amertume , on a dans l'esprit mille pensées qui Tattristent et qui je tourmentent , on a dans le cœur mille mouvements qui le saisissent, qui l'irritent, qui le soulèvent. Que faire en celte situation pénible et douloureuse? on se persuade pouvoir alors se distraire avec plus de liberté , on se croit en droit de s'émaftcipcr, et de laisser ainsi pendant quelque temps mûrir la plaie et se fermer ; on retranche de ses pratiques journalières , on abrège ses prières les plus communes , bien loin d*en ajouter de nouvelles ; c'està-dire qu'on se prive de la plus sûre et même de Tunique ressource qu'on puisse avoir, et que, par un égarement pitoyable , on cherche aa consolation oit elle n'est pas , sans la chercher où elle est , et où tant d'autres l'ont trouvée avant nous. On la trouveroit à un autel , on h trouveroit à un oratoire et aux pieds du crucifix ; on la trouveroit dans une méditation , dans up^ communion ; on la trouveroit