VERS PIEU
On demande assex communément des pratiques pour seTecneiUir «iHledans de soi-même dans les dif^rentea occnpatkms de la vie. On se plaint du peu de loisir qu^on a pour vaquer à la prière, et pour se réveiller souvent et serenoàveler en esprit par ce saint exercice. D*oà il arrive que , malgré tcfutes les résolutions qu'on a prises à oertaina temps, vne multitude d'affaires qni se suboèdent le» Unes aux autres nous fois perdre le souvenir de Dieu , et qne , dans cet oubli de Dieu, on se dissipe, on se relâche, on devient tout languissant, ou du moiqs qu'on agit d'une façon tout humaine et sans mérite. Or le remède le plue aisé , le plus prompt , comme aussi le plus eMcace et le plus poissant , c'est ce qu'on appelle , selon le langage ordinaire , prières jaculatoires et dévotes élévations de i'ame à Dieu.
Ce sont certaines paroles vives et affectueuses par où famé s'étanœ vers Di^, tantôt pour lui marquer sa confiance, tantAt pour le remercier de ses dons, tantôt pour exaller ses grandeurs, tantôt pour s'anéantir devant ses yeux ; quelquefois pour fléchir sa colère et pour implorer sa miséricorde , toujours pour lui adresser d'humbles demandes et pour réclamer son secbnrs. Ces prières sont courtes, et ne consistent qu*en quelques mots; mais ce sont des mots pleins d'énergie, et, si je rose dif*e, pleins de substance. De là vient qu*on les nomme prières jaculatoires, parceque ce sont comme des traits enflammés qui toutpà-ooup partent de Tan^ et percent le cœur de Dieu.
L'Écriture et surtout les Psaumes nous fournissent une infinité de cesaspirationa, et c*est là parUculièrement qu'on les peut choisk. Telle est, par exemple, celle-ci : Vtmt He» k Dieu 4e num eœmr
ySAQ» 0119 QBAHKUM UCULàTOIRES. m (PM*i. T^; on oettç autre : OnumlHiu^t nu^ miiéripmb (Pf • (18); ou ceue avire : Qui me dimnera ifei aiki eçmnm à la cohmke, f»wr 1^ 4 v9^»9 &t9ii€tir, et me »p9«<r en vim OP««/m. Si)? qu mille mr Ue^qae jepM^, et dont le détail seroit trop losg. Il y e» a pateiliei^ vn iriB grand qpmbre que Dieu ayoît inspirées aux Samis» fit qu'ils s'étoieat rendues familière^ » comn^e celle de saiuf Augusiiu : Beauté à ancienne et tQv/Q^r$ nouneUe , >e vime ai aimée trop tOÊfd ; au celle de ^aint François d'Assise : If on Dieu et mon tç»t; ou eelle 4e sainte Thérèse : Souffrir ou mourûr s eu eeUede saint Ignaoede Lofrek: QueleL terreeef peudechoee pon!rmoi^Si^e¥itytiMin4)eregetrtle le ciell
Quoique ces prières, quelles qu'eilfii soient , et quelques s^ninems die piété qu'elle^ expripient» puissent étee preprei à tout )e meade, dès-là qu'elles oou^ élèv^ et qu*et(e$ nouA portent 4 Dieu , itest Tiai nésMunoins qu'il y en ^ qui conviepiient plus aux uns qu'aux autrta. Car comme dans Tordre de (^ nature les qualitéa et les talenta sont différents , ainsi dan^ Tordre de la grâce ks dons d^ciel ne sont paa les marnes ; mais cbacnit a sou attrait particulier qui le touche davau* tage» et qui fait sur son coeur W^ plvs forte iiçpressioii. Celnî^U^est plus susceptible d'une bumilité et d'une crainte religieuse » et œhiif ci d'iin amour tendre et d'uqe çQpfauce finale. Or c'est k nous, dana cette diversité » de pçemlre qb qui se trouie plus confiacme à noti^ goût et à nos disposition^ iatérieucea. L'expérience et la connoisBttiœ que nous s^ons ae nous-m^es doit nous i^ faire counottre.
Et il n'y a point a praindre qpe la continuité du ui4fne senliiBeat qt une fervente répétition desm^mes par<^ ne noua cause du d^fo^t et ne nous devienne ennuyeu^. Cçia peut ariûv«r et n'arrive eu elfet ^ue trop dans les sentiments bumaina* Ils perdent» par Thabitude, tonte leur poiote; ils ^ raleutissent* et u'ayaut plus de quoi piqoer une ame, ils viennent enfin à s'amortir tout-à-fîiit et à s'éteindre. De là ces vicissitudes et ces cbangeme^ta si ojrdinaires dans les amitiés et leasociétés du monde. Cenesont que ruptures et queréconciiîations perpétuelles, parceque le même objet ne plaît pas tonyoura égaieneat, et que d'un jour à Tautre le cœur prend de nouve^f vues et de aouvelles affectioDs«r Mais, selon la remarque de saint Grégoire^ il y a dans les choses de Dieu cet avantage inestimable, que plu^ on k» pratique, plus on les goûte ; de même aussi que, par une suite bien i|||grelie, plus on les goûte, plus on les veut pratiquer. Eu sorte qneT le sentiment qu'elles ont une fois inspiré, au lieu de diminuer par Tusage, croit au contrairet et n'en a que plus d'onction.
11 n'est donc pas besoin de les interrompre , nide les varier : le même exerciq^ peut suffire dans tous les tempe, et il n'y faut point d'antre assaisonnement que celui que la grâce y atiadM* A. qoei se rëduisoît toute la prière de ce pieux solitaire, dont il est rapporté qu'il passoit les journées et les nuita presque entières è dise seulement : BM tari