‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 104 sur 225 · PHARISIEN · texte numérisé non relu

PHARISIEN

Le pharmen se ienani debotu* Il se tenoit debout; et ce n'est pas sans une vue particulière que TÉvangile marque cette circonstance : car <f est par-là qu'il commence ii faire Topposition du pharisien orgueilleux et de l'humble publicain. Au lieu que le publicain^à la porte dli temple» aiftsi qu'il est dit dans la ^^ delà parabole» se prosterne d'abord contre terre ; le pharisien entre » avance» laisse derrière loi tous les assisianis» approche de l'autel» va prendre la première place; el li» sans plier un moment le genou » le visage assuré» la tète levée, il porte les yeux au ciel» et» par iM>n regard fixe et arrêté » semble plutôt venir exiger du Seigneur une dette» que lui demander aucune gmee.

Il a*7 a point de vice qu'il nonssoît plus important, dans Fusage du monde, de tenir au moins caché» si nous en sommes atteints» que l'orgueil» parceqn'il n'y en a point qui nous rende plus odieux. On pardonne plus aisément tons les autres vices» on les tolère ; mais l'oifiueîl est insupportable. Aussi Dieu n'a-t*il pu le souffrir dans le ciel » et dès qu'il le vit dans ses anges» il les précipita au fond de l'abtme. Cependant on peut ajouter que de tous les vices» c'est celui peut-être qui se produit plus naturellement aunlehors» et qu'il est plus dilficite de dissimuler. Tout le (ait parottre : l'air » latx>ntenance , la démarche » le geste» la composition du visage» le tour des yeux » le discours» la parole» le ion de la voix» le silence jnéme» cent autres signes qui frap* peut la vue et dont on s*aperçoit tout d'un coup.

Un homme n'a donc qu'à se montrer » on le connoit bientAt » et son orgueil se répand dans toutes ses actions. S*il est dans une assemblée» il fout toujours qu'il soit placé aux premiers rangs : il ne balance pas là-dessus; et, sans attendre comme d'autres» et selon l'avis du Sanveiir du inonde» qu'on loi fosse honnêteté pour Tinviter à monter plus haut» il se croit affranchi de cette loi de bienséance» et prévient de lui* même cette céiémonie. S-'il parie dans un entretien» c'est ou en maître qui ordonne avec empire» ou en juge qui décide avec autorité» ou en philosophe qui prononce des sentences et des oracles» on en docteur qui enseigne et qui dogmatise. Il occupe seul toute la conversation » et forme laJMucheà quiconque vondr<rit l'interrompre pour quelque temps» et demander i son tour le leisir de s'expliquer. Si , par une diapÎDaition tonte omitraire» il se tait et prend >ie parti d*éooutj0r» l'sit-

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