CARACTÈRE DE L*QRGU^|L, ET SES EFFETS
t]uelc|uç place importante , c*e8t suf qous qu'il tombera , et qu'aucun n'osera nous en cpntester b préférence ; que nous aurons l'ascendant partout et sur tous; que tout se réglera par nos conseils, que tout passera par nos mains , n'y ayant personne que nous n'estimions audessous de nous , et que nous jugions capble de conduire les choses avec la même dextérité et la même sagesse que nous. Car voilà Topinion dix noi^ sommes ; et si la pudeur nous empêche de nous en dé* clarer ouverteipent , elle ne nous empêche pas dans le secret du cœur de le penser. '
Mous renierdons Dieu ; mais du moins nous rendons-noqs en même temps à nous-mêmes l'avantageux et consolai^t témoignage de répon* dre comme nous le devons aux vues de Dieu, et de faire im saint usage de ses bienfaits; de n'être point des serviteurs inutiles» mais de coopérer aux œuvres du Seigneur et à l'exécution de ses divines volontés par notre vigilance» notre application « notre habileté, notre Industrie; de ne nous point épargner pour cela, et d'y avoir tonte Fiissiduilé et tout le zèle qui dépend de nous? D'où nous tirons , sans he'siter, cette conséquence favorable , que nous ne paroitrons pas au tribunal de Dieu les mains vides , et que nous pouvons espérer d'être mis au nombre de ces âdèles serviteurs dont la bonne administration sera éternellement et si abondamment récompensée.
Nous remercions Dieu ; mais de quoi le remercions-nous plus volontiers? de cerutines grâces extérieures, et de certaines qualités plus propres à nous relever dans le monde, à nous y faire connoître, à noiis en attirer les applaudissements, à nous donner de l'éclat et de la réputation. Ainsi les apôtres eux-mêmes prenoient plaisir à raconter au Fils de Dieu les miracles qii'ils opéroient, comment ils guérissoient les malades et comment ils chassoient les démons. Mais toutes les autres grâces qui, sans ce brillant et sans ce bruit, agissent intérieurement sur l'ame, et ne servent qu'à la sanctifier, qu'à lui inspirer l'esprit de piété , de charité , d'humilité , de mortification , de renoncement à soi-même et aux vanités du siècle , ce sout des faveurs célestes, et des biens dont nous ne tenons point assez de compte pour en marquer à pieu notre gratitude et pour lui en demander Taccroissement. Il n'y a que ce qui frappe h vue qui nous intéresse et qui pique notre envie : tout le reste nous, est indifférent, parcequ*il l'est ù l'orgueil qui nous domine , et que nous n'y trouvons rien qui lé aoutienne.
N oublions jamais les dons du Seigneur, mais ne nous en souvenons que pour l'honorer. Ayons sans cesse, et dans le cœur et dans la bouche , les paroles du pharisien ; mais disons-les autrement que lui et dans im esprit chrétien : Seî jfneur, je vous rends grâces. Oui« mon Dieu , c'est à vous que je rends grâces , et à vous seul , persuadé que tout ce que j'ai et tout ce que je suis, je ne l'ai que de votre li« béralité, et je ne |e suis que par votre misâricorde. Or n'ayant rien
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mie de TOUS et n'étant rien que par vous, c*e$t donc à voua que je dois rhommage de tout, sans pouvoir rien prétendre à la gloire qui vous en revient. Q^IIe soit à vous tout entière; et malheur à moi» vile créature , si je midfltribnois quelque droit, et si je vpulois ep détourner sur moi la moindre partie ! Seigneur^ je vatu rentU grâces , et d'autant plus que je me reconnois moins digne des soins qu*a pris de moi votre providence : car qui étois-je , et qui suis-je? Si donc vous m'aves spécialement choisi , si dans la distribution dé vos dons vous m*avez préféré à tant d'autres , ce n'est point une raison de me met« tre au-dessus d'eux dans mon estime, ni de m'enorgneillir. Combien taloient mieux que moi , étoient mieux disposés que moi, vous 9U« roient mieux servi que moi et auroimit mieux répondu à vos adorables desseins! Seigneur, je vous rends grâces : mais, bien loin de m'^jeyer an sujet de vos bontés infinies ponr moi, c'est au contraire ce qui floit me confondre et m'humilier. Le peu d'usage que j'en ai fait et le peu d'usage que j'en fais , voilà • mon Dieu , mon humiliation , voilà ma confusion. Que de fruits je pouvois produire et que de gloire j*au<^ rois dû vous procurer avec les talents que vous m'avez donnés, avap les moyens que vous m'avez fournis , dans le rang où vous m'avez placé! Hélas! j'ai tout dissipé , tout profané , tout perdu, Sei^ gneur^ je vous rends grâces i mais peut-être seroit*il à souhaiter que vous eussiez été moins libéral envers moi. Plus, je vous suis rede* vable , plus vos jugements me sont redoutables. Je n'ai rien reçu de vous que je ne dusse employer pour vous et pour moi-même : pour vous, en vous glorifiant; pour moi-même , çn me sanctifiant : etc'est ce qui me saisit de frayeur, quand je viens à réfléchir sur le trésor de colère que j'amassa, et sur les titres de condamnation que je vous mets en main contre moi par un énorme abns de vos bienfaits. Pensée terrible qui me retrace dans la ménooire le funeste sort de eet arbre infructueux qui fut coupé et jeté au feu ; pensée capable de m» baisser toutes les enflures du cœur le plus vain, de renverser toute la confiance de l'ame la plus présomptueuse. Frappé de cette pensée , c'est à vous , Seigneur, que je m'adresse. Tous les biens dont il vous a plu jusques à présent de me gratifier, et dont je vous rends grâces, me font encore tout espérer de votre miséricorde dans l'avenir. Moins j'ai profité de vos dons, plus j'ai besoin de votre recours pour réparer mes pertes pas&ées et mes dissipations. Vous ne me le refuserez paSt Seigneur, et ce sera un nouvel effet de votre amour, qui renouvellera toute l'ardeur de mon zèle et toute la vivacité de ma reoonnois* sance. C'est ainsi qu'on remercie Dieu sans orgueil, et que d'humbles actions de grâces l'intéressent plus que jamais en notre faveur, et Teugagent tout de nouveau à répandre sur nous ses bénédictions les plus abondantes.
IV. Je ne suis pas comme le reste des hommes^ lesquels swt volesirs^ injustes, adultères^ ni tel que ce jmblicain. C'est ici que l'orgueil sa