‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 115 sur 225 · DANGER DUNE GRANDE RÉPUTATION · texte numérisé non relu

DANGER DUNE GRANDE RÉPUTATION

avons prophéAsé^ chaué le$ démons en votre nom (Matta., 7) , et qui n'auront pour toute réponse que ce formidable arrêt : Retirez-vons de mot, ouvrieri d'imqtnté! Car c'étoitune iniquité de dérober à Dieu la gloire qni lai appartenoil ; de n'agir pas uniquement pour Dieu, dont il étoit Tambassadenr et le ministre; de renverser ainsi les desseins de Dieu y qm ne Tavoit choisi que pour le sanctifier en l'employant à Tédification de son Église et k la sanctification du prochain. Contre des rtf euons si touchantes et si affligeantes , quelle pourroit être sa ressource? Seroit-oe une immortaliié ciûmérique, c'esi-à«dire la vaine espérance de vivre, même après la mort, dans la mémoire des hommes? Frivole consolation ! Uélas! s'écrie là-dessus un saint docteur, parlant de ces famen personnages que Tantiquité a tant honorés , et dont le souvenir s'est perpétué jusqu'à nous, on les hue ou ils nesoni plus ; et Us endurent de cruels tourments là oii ils sont, et où ils seront pendant tonte Fét^iûié.

Tirons de là des conséquences bien raisonnables et bien véritables , savoir : i. Qu'une grande réputation est communément un grand obstacle au salut et à la perfection , sprtout de ceux qoè leur vocation a appelés au mmistère évangélique* 2. Que plus nous réussissons dans ce sacré ministère et plus nous sommes connus dans le monde , bien loin de nous enorgneiUir, plus nous devons trembler, nous humilier, veiller sur nous-mêmes, dans la juste crainte qu'une fausse gloire ne nous ravisse le fruit solide et le mérite de nos peines. 5. Qu'au* lieu d'envier aux autres leor réputation et de les en féliciter comme d'un avantage, nous avons plutôt sujet de les plaindre, et de nous féliciter nous-mêmes de n'être pas exposés à la même tentation. 4. Qu'il n'est ]>oint d'état plus digne d'envie , parcequ'il n'en est point de plus tranquille ni de plus assuré que celui d'un homme qui, dans ime retraite volontaire, sert Dieu et le prochain sans éclat, sans nom, content d'un travaQ obscur, pourvu qu'il soit utile et conforme aux vues de la Providence. 5. Que Vil platt au Seigneur, qui , selon les conseils de sa sagesse, élève et abaisse , de nous mettre sur le chandelier pour faire luire notre lumière aux yeux du monde, il Q*est pas toujours nécessaire ni même à propos de le cacher sous le boisseau , et de nous ensevdir dans les ténèbres : mais que lé devoir d'un vrai.ministre de Jésus-Christ demande alors qu'il ne fasse nul antre nsage de l'estime dont on est prévenu à son égard , que pour agir plus efficacement et pour mieux accomplir l'œuvré de Dieu qui lui est confiée. 6. Que nous ne pouvons graver trop profondément dans nos cœurs , ni suivre trop régulièrement dans la pratique, la grande leçon du Fils de Dieu aux septante disciples qu'il avoit envoyés prêcher son Évangile, lorsque, au retour de leur mission, leur entendant dire avec quelque sentiment de complaisance que les démons mêmes leur étoient soumis, il leur fit , cette admirable réponse : J'ai tu Satan qui tomboit du ciel comme un foudre. Il est f rat, je vous ai

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