SUR L'HUMILITÉ ET L'ORGUEIL
et des campagnes» convertira plus de pécheorsi instroira plus d'espritt simples» gagnera plos d*aine$ àJd&nsHCbrisU.etlesaYancerfi pins dans les voies de Diea , que le plus célèbre prédicateur. Disons en deux mois : Tun fait beaucoap plus de brait, mais l'autre beaneoup plus de fruit. Or ce bruit ne sert communément qu'k glorifier lliomme ; mais ce fruit, c'est ce qui glorifie Diea.
Un Père a eu raison de dire que le souvenir de nos pécbës nous est infiniment plus utile que le souvenir de nos bonnes œuvres. Pour entendre la pensée de ce saint docteur, il faut distinguer deux choses : DOS actions, et le souvenir de nos actions. Or il n'en est pas de l'un comme de Tautre, et ils ont des effeis tout opposés. Nos bonnes ac« lions nous sanctifient , mais le souvenir de nos bonnes actions nous corrompt , parcequ'il nons enorgueillit : au contraire , nos mauvaises actions nous corrompent, mais le souvenir de nos mauvaises actions sert à iious sanctifier, parcequ'il sert à nous humilier. De là, double conséquence. Pratiquons la venu ; et dès que nous l'avons pratiquée , que rhumiliié nous mette an voile sur les yeax pour ne plos voir le bien que nous avons fait. Et, par une règle toute différente, fuyons le péché; mais quand nous avons eu le malheur d'y tomber, que rhu« milité nous tirje le voile de dessus les yeux, pour voir toujours le mal que nous avons commis. Ainsi nous serons vertueux sans danger , et ce net sera pas même sans fruit que nous aurons été pécheurs.
11 ]f a un mmide au*dessas de nous, au monde au-dessous de nous , et un monde autour de nous.
Un monde au-dessus de nons, ca sont les grands^; un monde au-* dessous de nous, ce sont ceux que la naissance ou que le besoin a rédoits dans une joondition inférieure-à la nôtre ; un monde autour de nous, ce sont nos égaux..Selon ces-divers degrés, nous prenonsdivers sentiments. Ce pionde qui est au-dessus de nous devient souvent le sujet de notre vanité, et de la vanité la plus puérile. Ce monde qui est au-dessous de nous devient ordinairement l'objet de nos mépris et de nos fiertés. Et ce monde qui est autour de nous excite plus communément nos jalousies et, nos animosités. B faut expliquer ceci , et reprendre par ordre chaque proposition.
1^ monde qui est au-dessus de nous devient souvent le sujet de notre vanité. Je ne dis pas qu'il devient le sujet de notre ambition : cela est plus rare. Car il n'eu pas ordinaire qu'un homme d'une condition commune, quoique honnête d'ailleurs, se mette dans l'esprit de parvenir à certains éuits d'élévation et de grandeur. Mais du reste , il tombe dans une foiblesse* pitoyable : c'est de vouloir au moins s'approcher des grands, de vouloir être connu des grands et les connotlre, tie n'avoir do commerce qu'avec les grands, de ne visiter que les grands, de s'ingérer dpns tdlles les affaires et tou(<^ les intrigues des
m PENSÉES DIVBIISBS
grands, des'enfiiireiiBiiiëriteet BU poiBtd'iioiiiieiir.ÉcoiileB4e perler, vços ne lui eaieiidrez jamais cher que de grands noois, qne des personaes de la première distinction et du plus haut rsng, chez qui H est bien reçu, avee qui il a de fréquenu entretiens, qui Phonorent de leur confiance, et par qui il est instraît à fond de lent ce qui se passe. Fausse gloire et vraie petitesse, où, voulant s'élever au-dessus de «A» même, Ton se rabaisse dans l'estime de tous les esprits droits et de bonsensl
Le monde qui est auntessous de nous devient ordinairement Tobjet denosmëpris et de m» fiertés. Dès qu'ona quelque supériorité sur les autres, on veut la leur fiiire sentir. On les traite avec hauteur, on leur parle avec empire, onne s'explique en leur présenceqn'en des termes et qu'avec des airs d'autorité; on les tient dans une soamission dure et dans une dépendance tonte servile, comme si l'on vonloit en quelque manière se dédommager sur eux de tous les dédafais qu'on a soimême à essuyer de la part des maîtres de qui l'on dépend. Car voilà ce que l'expérience, tous les jours nous fait voir : des gens humbles et souples jusqu'à la bassesse devapt les puissaaeesqui sont sur leur tête, mm absolus et fiers jusqu'à Tinsolenoe envers ceux qn ils ont sous leur domination.
Le monde qui est autour de nous exdte plus communément nos jalousies et nos animoaiiés. On ne se mesure ni avec les grands ni avec les petits, parcequ'il y a trop de disproportion entre eux et nous ; mais on se mesure avec des égaux, et comme il n'est pas possible que régalité demeure toujours entière^ et que l'un de temps en temps n'ait Favantage sur l'autre, de là naissent mille envies qui rongent lecosur^ qui même éclatent au«debors , et se tournent en querelles et en inimitiés. Car c'est assez qu'un homme l'emporte sur nous, ou , sans qu'il l'emporte, c'est assez qu'il concoure en quelque chose avecnous, pour nous indisposer fst nous aigrir contre lui; et n'est-ce pas là ce qui cause entre les personne de même profession, et jusque dans les états les plus saints, tant de partis et tant de divisions? Étrange injustice où nous porte notre orgueil I Ayons l'esprit de Dieu, et suivons-le. Conduits par cet esprit de sagesse, d^équité, de charité, d'humilité, nous rendrons au monde qne la Providence s^ placé aii-dessus^de nous tout ce qui lui est dû, mais sans nous en faire esclaves, et sans nous prévaloir, par une vaine ostentation, de l'accès que nous aurons auprès de lui. Nous conserverons sur le monde que le ciel a mis au-dessons de nous tous nos privilèges et tous nos droits, amis sans le mépriser, ni lui refuser aucun devoir de civilité, d'honnêteté , d'nne charitable condescendance; et nous vivrons en paix avec tout le monde qui est autour de nous, sans le traverser mai-à-prôpos dans ses desseins , ni lui envier le bien qu'il possède.
Des gens de bien, ou réputés tels, se l^i un prétendu mérite d'une