SUR L'HUMILITÉ ET L'ORGUEIL S
sorte ffindëpendance, qu'ils confondent inal«i-propo8 avec Tindëpen* dance cbrélîenne. S'établir dans une sainte indépendance selon l'Évangile, c'est mourir leilement à toutes choses et à soi-même» que rien de tout ce qui n'est pas Dieu ne touche Tame ni neTaflectionne : d'où vient qu* elle est au-dessus de toutes les prétentions , de tous les intérêts, de tous les événements humains. La prospérité ne l'enfle point, l'adversité ne l'abat point. Elle ne craint que Dieu, elle n'aime que Dieu, elle n'espère qu'en Dieu, elle ne cherche à plaire qu'à Dieu, et elle verroit ainsi tout l'univers ligué contre elle, qu'elle demeureroit tranquille et en paix dans le sein de Dieu. Ce n'est pas qu'elle veuiile par-là s^affranchir de certains devoirs envers le monde, de oenaines bienséances et de certains égards , ni qu'elle se propose de suppléer seule k tous ses besoins, et de n'avoir recours à personne: mais comme en tout cela elle n'envisage que Dieu, qu'elle n'agit que selon le grtf de Dieu, et qu'avec une pleine conformité à toutes les dispositions de sa providence, rien aussi de tout cela, quelque chose qui arrive, ne bit impresson sur elle et n'est capable de l'altérer. Telle a été l'indé» pendanee des Saints, et telle est celle du vrai chrétien. Mais de dire : Je veux prendre des mesures pour ne dépendre de qui que ce soit, parceque la dépendance m'est onéreuse; j'aime mieux vivre dans une retraite ^tière et dans l'obscurité, sans me mêler de rien , ni avoir part à rien ; j'aime mieux me passer de tout, et n'avoir ni vues, ni des« seins, ni espérances, pour ne devoir rien à personne, et pour n'être point obligé à des assiduités et à des ménagements qui qie déplaisent : penser de la sorte, et se conduire suivant ces principes, c'est une indépendance toute naturelle, une indépendance de philosophe, une indépendance d'orgueil. Dieu veut au contraire qu'il y ait entre noua un rapport mutnd et continuel, que nous ayons jffiure les uns des autres, que nous nous demandions et nous prêtions secours les uns aux auures, que nous sachions nous assujettir, nous captiver, nous faire violence les uns pour les autres* Voila l'ordre de sa sagesse, et c'est ce qui entretient la subordination, ce qui maintient la charité et l'union, surtout oe qui rabaisse notre présomption, enfin ce qui nous bit mieux sentir la grandeur du Dieu que nous adorons, puisqu'il n'appartient qu'à lui de se Suffire i lui-même, et d'être seul tout puissant et indépendant.
La ressource de l'orgueilleux, lorsque l'évidence des choses le convainc malgré lui de son incapacité et dîe son insuflisance, est de se persuader qu'elle lui est commune avec les autres. Ce qu'il n'est pas capable de bien faire, il ne. peut croire qu'il y ait quelqu'un qui le fasse bien. Un mauvais orateur necpnvientqu'dvee des peines extrêmesqu'il y en ait de bons. 11 reconnolira aisément qu'il y en a eu autrefois, parcequ'il n'entre avec ceux d'autrefois eq nulle concurrence. Il les exahera même comme des modèles iiûmitables; il les regrettera, il de«
384 PENSÉES DIVERSES, ne.
mandera où ik soni, s'épaochert là-dessos dans les leroM» les pliu (Himpeux et les plus magnifiques : mais pourquoi? est-ce qu'il s'intéresse beaucoup i la gloire de ces morts? non certes : mais, pour une maligne coDsolaiion de son orgueil, il voudroit, en releyant le mérite des mons, obscurciHe mérite des mania et le rabaisser.
S*humilier dans Thumiliation, c'est Tordre naturel et chrétien; mais dans rbumiliation même s'élever et s'enfler, c'est, ce semble, le dernier dë&ordre oii peut se porter l'orguei!. Voilà ce qui arrive tous les jours. Des {jens sont humiliés : on ne pense point à eux, on ne parle point d'eux, on ne les emploie point, on ne les pousse i rien. En sontils moins orgueilleux , et est-ce à enx-mémea qu'ils s'en prennent des mauvais succès qui leur ont fait perdre tout crédit, on à la cour, on ailleurs? Bien loin de ce a , c'est alors que leur cœur se grossit davantage, et qu'ils deviennent plus présomptueux que jamais. S'ils demeurent en arrière, ce n'est, à ce qu'ils prétendent, que par l'injustice de la cour, que par l'i^j^norance du pubUc. A les en croire, et par la seule raison qu'on ne les avance pas, tout est renversé dans le monde. Il n'y a plus ni récompense de la vertu, ni distinction des personnes, ni discernement du mérite. Que l'orgueil est une maladie difficile à guérir! l'élévaiion le nourrit^ et l'humiliation, qni devroit l'abattre, ne sert souvent qu'à le réveiller et à l'exciter.
Notre vanité nous séduit, et nous iait perdre l'estini^tt monde dans les choses mêmes oii nous la cherdums, et par les moyens que nons y employons. Une femme naturellement vaine s'ingère dans ks conversations à parler de tout, à raisonner sur tont. Elle juge, elle prononce, elle décide, parcequ'elle se croit femme spvitnelleet intelUgenle; mais elle auroit beaucoup plus de raison et plus d'esprit, sidtes'encroyoit moins pourvue; et voulant trop faire voir qn'dieen a, c'est instament par-là même qu'elle en fait moins paroltre.
On loue beaucoup les grands : car ils aiment à être loués et applaildis. Mais, à bien considérer les louanges qu'on leur donne, on trouvera que la plupart des choses dont on les loue, et qni aemblenten efiV^t louables selon le monde, sont dans le fond et selon le christhinisme, selon même la seule raison naturelle, plutôt des vices qne des vertus.
. Tel auroit été un grand homme, si on ne l'avoit jamais loué; mais la louange l'a perdu. Elle l'a rendu vain, et sa vanité l'a fait tomber dans des foiblesses pitoyables, et en mille simplicités qui inspirent pour Ini du mépris. Je dis en mille simplicités; ,car quelque fonds de mérite qu'on ait d'ailleurs, il n'y a point ni dans les discours, ni dans les manières d'agir, d'homme plus simple<|ii'un homme vain. Oa Ini fera a croire toutes «^hose^, dès qu'elles seront à sa louange. Est^il chagrin
CAKACrÈBK DE LA CttAKltÉ CRKÉTIËNNE. S8S
et ée iMivwlelirôeiif; lonese-te^ et bi^iiAl ^os h|i verrez i>epreDdi« iwIq ^gaielëu'Les genftlè tiefiMirqiiieot»le*foBt remar^^nefaiix aatres^ eirs'eii <livertii9|ieat. C'est ainsi Qfie^ mus le veAilû» m PapereelNMr, H vérifia àfBê ta peraoiiDe.ii^Ui»^B«role de l'Étdnjgitè, que cetu^ ^ i'i^ ItHter'k abfM.eî ^ikoUlie.. <}ùmm% dottcfambitiçio» aielM {e nK>t Se Biiiic Bemarài éat laeAHK de i'ambitiein, je puis ajouter qiie aoiiYeiit roi«iNAdevieiitrhuipili|tf(ki de rorgtellleux.
Cet iMNHbe est «fNqoqraeoii^eD» dfei li|i; M, Q'eftt-ilen.ancan mxè$i ilae periiuide feqjMra avoir réusap. lé 'mkttx d(u ihoiMJi^« Contentes* voiia de aavdtr ce^i en est, et d'en crokre^e^qne Voîè dieves ; nuds du n^^e^ pourqnei dieréhei-voas à.le Mirom^ier de aoqrerrear; Mjs^ qafelle le saffalUt» et qa'eBe ùe nnilàpefSMne? Ce n'est |ms qnVl «.'y nîl mielqiiefWs d^ MHsain qui pannaii vous engager à. Ini r ciuiri^ir 1m f en,eti MfvrVjooimoitoêPillHsion oA il est; mais woBca4ls*dei)oiièe ff^i e'elitnne flMJ^fiiilé seo^^ c^eM i|ne espèce d'envie qui vous ^le à rhnmllier/Mà lnifilil:ej^lxirMètteidëedm|ils^^ ^ ihvenr* Car iniife^eQS,9<H»|aiDaifaî|s: non senleneniiîs so^jàinnx de la r^pntatfoajsoiyde et vraie qn'an. a danajé nionde^ vais de'|4ns, par nnedéfeate^ae iqfinîetfai ienr orgaeil* iU8oi\ùdqaiBkiaejna|iiéf^ jaloux de In IxMnJB ôpk^» q^^Mine val lond^, qn^iin honune 9 de tu^iôéine.
t^'îi mé jMiit t^^isdè fairf aneodoqa^rMsoa. Il y A de» mérites» et \nr tr^ ''çrao^ nombre, qifi neii^vroîent se prodim» à laliptMère.qnV lÈte lespr^saotionsdeèt'Oii.iise kïégùd deoécimqes jHc^K)9».p0or 1^ débiter. On ne les moptxe que 4ans.an .demi-jonr» paroeque le. grand jonr. y feroit pai<>kre»dea-déi3^ ^fm en-rabaisçeroient lepriXé -GcMn^ bien de gens peuvent s'appliquer la pforoié du. prophète : ilVan élffvniilnt ajM wmi^uml^aliimf (^^'^•^ii^ sei^ent ne^i^i^ élevés que pour se rendra m^ris^iblés, q«e ponjr liMsser apercevoir lenr foîbh), qnemnir perdre u>ale la boi^ opinion qn'oi^ avéitconfn^^'eMx. ^anc qô ils se'sont tenus à peu prèsdaos |e rang . où la Piovideneo In avoit iaitii^ttre, iUr^nflsissoisnt«Qn*les*heiyf^» m . |lsr)oit.'d'iBn|i avec elo^; nais, filr une mani^ qhe l-Qfgn(ril)ieinAii)u& poteft cTîfr- Qpirêr, il8Wvontu.pff^ndrerèssd(r^elpQr)erpllAhadileQr^:ô'eat. Vt ^'oÉ a «eômmenoé à les Jttienx .çi^Anottre^»* éi qûlen^ iea;poBno\^8S9t n^éns» on a 4ippris i lès e^iinerji|^oins<£»rAB)Ot^ils0oieift4J^ >^[vnnl^dàii]î»leur p)aeef.eiiia y fisiso^^niibien^ n^is il&tfy somtptînf» csiaiHce-qùiD'estpasdaiissa plaoB blesse .la .vne» .; *..
IWIA CHÀNÊTÊ CHâ^l£NN£^ DES AMITIES, .
* €lftA(?l4!lE'ÀELA*CirAHttÉ.crôfalIfNi. " \''
CaiM»: U^MT 4^B^tt, es xwtojm Dw»'«iii> bffMfCipe de m B. 5. • . ^ -^ ■ .. . ' as
^ ÇAIVAOTÈW: PB hk ÇQAmrjÉi CQ|l£TIGIf)fE.
rite; Taiioer çommeDieu Taioie, eîQi sorte que Dieu $qii le nqdilf di^
pa chîftrilé : trok points esaeqtMs. dont voici le sens^
. I.. J^ dois aimer OK>n proçhaia dans Dieu :. c'est^^-dii^ que je dois
L'«ai(u^ comtfie éUBt roavmge de Dieu, qui Ta cfiéë par sa toiîte>-jHiiir
yeace; coiainp ^iaut Vimm^ ymnié de DieiLt qui Ta foi*aié à îpa r^*
semblance ; comine ëtapi la conquête et le pria dc^ ttiérî)^ d'ua Dieu
qui Ta fadietë de sou sang; comme étaot sous la g^e de la providence
(le Dieu, qui veille sur lui sai^a casse, et i*ap|riiq^ Jtle eous^cyer et à
te ooadttire;.cottuoè a^aut Dieu ajissî bfeb qne wû pour $a derai^
flomme étaot appelé à vtyfe^ayee moi 4laas lsi gloire et lexojraana. dp
Dieu. 'Dq 9or(^ que je puis et que^je dois coas^dérer ce' ¥asie iiiâverf
co)a[une.la maison dé Dieu, ei tout ioe qij'it y (t d'bommes dans le
mondey comme une grande famille dont Diey esûe^père. NOns somr
«e^ toHs'iiesei|£atits,>toi|S ses héritiers; iou^frèrei» et tofvs piKirlùnsi .
paHer, rassemblés sous ses ailes et.entreaas btes. D*Qii il esi aisé de
ju^r quefle, union il doit y awrir entre noXtkt et combien, nous deve^
nonskonfiàblfié» jqnand il nous jurj^We. de x^iÊfi tgmrner les unaicpiitre
les atttves jusque dan^ le sein de notre. P^ro^ eéleste* If estM^è, pas , jsi
j'oéé ta'étprûqfer en ce^lei;aies, n'est-ce pas déphirèF eeaenti^jUeade
4:hâi%té j^ù il 90ua porte» et où il/nous^gibiiasse toîiati^ disiinciîei^ ?
.M'estrcie pas, par proportit^i, lui cauàer desdo^léi^s pareilles à eelles
<\ùé resaeaiHla m^ d'Ésaû ei4lè Jàcob, lorsque ces d^ux; enfiints;
«vabt que donattre^secomballoient.Êutt ^uirè dans je sein inéme iiù
ils avotent éié'coâçus 3 ,..«,. ' ' •
Or voilà néanmoins le trisie apcctaqlcq^uoua avons coatinueUemept devant les yeux, fl seod^f que Ui moiideaoit comme mii4:bamp debataiilPf oii/depeirtetâ-aiiire'» on ne pè](|fieî|tt*î>Vatre-détriiire -et à sa perdre. On y empiqie I0tt:t , lafoicé ouvert^ et les violenéefr, Jes^iàurigues et- les cabales secrètesi^ la maiigâité ^e fa médisance „ fes 4tfu6ces delà ckiçanci,, le poid)i. de rautorité, le-crédît et là &veuf, le Éiensongç, lé$ trahi^^ et les plus insigoe» p(n*fidi#s : car c'est là que •MIS tes: jours>oa se ]tà99» entridqpr.par les.dififérentea passiii^s qui nous dcnitBenr , et* qui ; pour «e.'sati&Aûre , étaùffeat dans' les cûsur^ .i(Ni(sentiiipnt -dcebarité» et séiprent înèiiMKtout sentiment. li'bupMui^.TeHem^tque dtas Isl société .bunuane» auji^'.^ue .diaquC jMQilimdevrott être à l'égard il<y autres bomoiS^nn frémi pouf lésai: mer et les traiter en.f rires « uit soutien poar les^Ppi^T^^^ 1^ ^^ daes.les rencontres, up patron pour sintéresser ei^Jeur foveu£.€t les défendre , ifo conseil pour Jeur cominuniqQi9r ses lumières et Jles diriger^ un confident à qui'ils puissent ouyrifleur à^ne et. déclarer avec assurance. leprs pénâée;^, un copsolatéur qjui prit pact à leurs peines et qui s'employât à les soubgér, 'on pf ut dire , au contraire ; quoiiqu'^vee la restr^eAni convenable » que par 1^ i:«nver^em#at'ia |4aa>f^ Â^uy, ei qthiifeuprmsîpitcoiMiimnev la flfipori desjiiplaqïeàilM»
càràctèr^ m hn c^mjt, chiuëtienne. ss?
..cl^clif^t qu'à sufprendre leur proie let k h dévorer h / Un jBe l^ait et l'on s^offense iqMtuellemeAt les uns les autres » on se dficrie ei Tqh se ruine de réputa^on les uns les autres , on se dresse fes e;nb4cbes9 et Ton travatlfe à.se tromper, à se supplanter, à se dé-
• pouil!«iF les uns les antres. Que voYPnSr'iipus autre chose que des quér^les^et dès divisions ,'et de qppi entendons-nous parier plus ordinairement que dç procès , de conlestàtîoos » d^inimitiés » de calomnies , de. fourberies^ d'impostures, d'iqjusticies , de vexations? D*où ih^rive qu^ quiçènquf aime b( paix et veut assurer son repos se tient , aptapt qu il j^eot, éloigné de la'mnltitu^e, comme si la compagnie des bommes et leur préMice étoii încompatiËlé avec la douceur et Ja tranquillité de La vie.
Qiki eçs désoiçdres régnent dàûa les cpnrs des princea/je n'en suis poîni surpris : car on sait assez qnel ctst Fesprit de la cour ; et parcequfi k»( intérêts y sont beaucoup plus grands cuie partout ailleurs, les passions y sei)t aussi beaucpiQ) jplus vives et j^us ardentes. Qu'est-ce eb «ff#l qoe la.çour ? le siège de. la politique , maïs d'une poliiique la plus intéresfée. On q'y est occupé que de sa fortune , et Von n^y a d'autre vu^ ni d*autr,e soin que de s'avancer^ de s'élever, de se maintenir aui^ -dépens d^ qui que ce soit*, et par quelque voie que ce soit. Telle est l'aoïe qiù<anime tout, tel est le mobile qui reniue tout , tel estleprincipal ^entquiinet tout en œuvre^ £t de là même gi^'est^ce cogimiinëi|i$nt que ce qni'«*appeUe gens de cour ? eens isans âiarité et sans sunitié, malgré jes apparences les plus spécieuses et ïe$ plus b^les déi|ioo6tratiatki&; gens wUg^ d'être toujours sur la réserve , l^^nra dans hi défiance, toujours en garde , parceque chacun jugieaiH des autres' par soi-même , ils se connoissent tous , et qu^auiîun d'enra'igngre cette maxime général^ «x|ue,.dans1e train de la tour, ûyji sans eessjs quelque mauvais coup i craindre t et.de nouvelle^ attaques , ou à livrer, ou à repousser;
: Qu'on voie «noore.oes mêmes désordres dans des étals du «londe moins relevés , et jusque dans les dernières conditions, je n'ai point 46 peine àr te. comprendre. iîlU éjgard à la diversité des ^rits , à h /dif^pcé des tempéruments , à la'variétéetmêmeàia contrariété absolue des idées et des prétentions , où Tup* pense d'une façon , et l'auirç tout autreaient, 9^ l'un veut ceci /et l'autre Q^a> il n'est guère possible que le inonde ne soit pas perpéti/eljement agile de discordes ^t de dîssensibns't.pourqpQifparcequéleseul lien capable d'nnir les coeurs, malgté tous les sujets de désunion qui naissent, et l.e seul moyen qui pourroit préVênir tous les troubles et les arrêter, c'e^ un ÎSftpfit de christianisme et dé charité, et tiùe cet e$prit de diariié , cet jtaprît^hrétien, est presque entièrcÉneni banni du Âonde, et qu'il n'y a plus Bi veijir ni actiob.
Ô88 CARACTÈRE D£ UL CHARfTÉ CHRÉTIENNE.
Mais voici- ce qui me parott bien dépl#ràble et bien étniDge.-Ge B*e8t pas seulement à la cour ni dans le monde profane et ooito0|mi , tfam la passion suscite ces guerres et cause ees mé8iatel6genc^> mais eues ne sont que trop fréquentes au milieu même de TÉglise , jusque dans le sanctuaire de lésiiS:Christ et entre ses ministres , jusque dans ta Bolituâe du cloître et dans le centre de la religion. Le Fiis de Dien nous a dit à tous , dans la personne de ses ^pAtres : On çonndtpa que vouç êtes mes disciples » par raffectîou mutuelle que vous aurez, et que vous témoignerez les uns envers les autres. Suivant ce prioripe, et pour donner k leur divin maître cette preuve d'iM attachement si inviolable «les premiers chrétiens n*avoiént rien plus à cœur que la charité» et que le soin de la conserver entre eu^. Blan dans h suite des- temps ^M charité de plusieurs ^tant venue à* se refroidir» et hi paix ayant eomnfencé à se troubler parmi le troupeau iidèiè» du moins lui restpit-il, ce semble, un asile eh certains états plus panfrits; et spécialement dévoués à Dieu par leu^ caractère et leur profiession. Qui Teût cru que jamais on dût voir.de qu'on a vu faut dé fois/ je veux dire parmi des hommes d'Église » 'parmi des prêtres èa Bîeu vivant ; dans des retraites et des monastères , les animosités , les Ja-^ lousies , les partis., les brigues , et tous les maux qui en sept les suV* tes funestes et scandaleuses? Où donc la charité pourra^tnelle sereU« rer sur la terre, et où sera-t-^Ue à couvert? qui la m^intioadra , si ceux-là mômes qui, selon leur ministère, devroient donâer tons leurs soins à Tentretenir, qui devroient être autant de médiateurs poureoucilier les. esprits et terminer Tes différends ; qui , pkr Texemple (Tuue modération inaltérable et d'uu plein désintéressement, devroient àp* prendre aux fidèles à réprimer leurs sentiments trop, vife et à sacrifier sur mille points peu importants leurs droits prêtendus , pIntAt que de les défendre aux dépens de la ta*anquillité et dit repos commun : ^ » dis-je ,. ceux-là mêmes s'échappent , comme les antréa , dans lesr rencontres, et ont leurs démêlés et leurâ aversionsT? NTn^istous pas làdessus davantage : on n'en est que trop instruit, mais on n*en peut aà« sez gémir.
II. je dois aimer mon prochain pour Dieu ; c*est-à*dire *que je dois ràimcàr en vtie d'obéir à Dieu , qui me rordonné ; etf vuedé pUiireà Dieu , qui semble n'avoir rien plus à cœuf et ne nous recommander rien plus expressément; en vue de mal*quer ii Dieu ma fidâicé, mt reconiM)i8sance , mon amour, puisqu'un des témoignages IfQs pins cer^ tains que je puis lui en donner^ et qu'il attend de mot , est de renon- . cer pour lui à mes propres sentiments, quelque justes d'ailleurs quils me paroissent , et d'étouffer tout chagrin^ toute bafné, toute envie, toute antipathie qui m'indisposerait contre le prochain et m'en élc^ gneroit. Motif excellent , qui relève notre charité au-dessus de tout amour purement humain, et qui en fait une charité surtiatiirelle ét^ toute divine. Motif universel , qui donne à notre charité lùie étendue'