‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 121 sur 225 · DEVOIRS DES FIDÈLES ENVERS U'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DEVOIRS DES FIDÈLES ENVERS U'ÉGLISE

belles offres de service. Mais enfin, après mHIe protestations d*aiûtfë, ib vons quittent* et demandent au premier qu'ils rencontrent comment tous vous appelez ^ et qui voAi êtes.

Une heure de proj|)érité fiait oublier Qtie amitîë de vingt années. . Depuis long-temps ^ous étiei lié aVec cet homme , de conndissanoe et de société, parceque Vons vous trouviez à peu près dans le même rang; mais la faveur .l'a fait monter, et Ta placé au-dessus de vous. Allez désormais vous présenter à lui : il ne vous oonnoft plus; et comment vous oonndttroit-il, puisque, infotué de sa nonveOe grandeur, il ne se oonnott plus lui-ïnéme?

Hérode et Pilate devinrent amis , mais aux dépens dé Jésos-Christ. Hélas ! combien de grands se sont liés de même et accordésensemble, aux dépens du pauvre et de l'innocent?

Vous croyez faire un grand sacrifice à Dieu , parceqne vous vîvi» retiré du mondef etque vous ne voyez presque plus personne. Cela est bon, et Je conviens'qtte;VOus ne voyez presque personnermais vous Voyez trop une*àeiiie personne que vous ne devriez plus voir ; vo^ez le resté du monde , et ne voy^ point celle-là. Tout le reste du monde vous sera moi^ dangereux : celle-là sêuIe estle monde pour vous , et le monde le pift à craindre,

DE L'ÉGUSE, ET DE LA SOUlfISSION QUI LUI EST DUE. .

DEYOIBS INDISPENSABLES BB CHAQOB.FID&lJS ENVERS l'ÉÇMSE.

Nous devons obéir à l'Église comme ses sujets, nous devons Taimer comme ses enfants , et nous devons la soutenir et l'appuyer comme ses membres. En qualité de sujets, nous devons lui obéir comme i notre souveraine ; en qualité d'enfants , nous devons raimer oonmie notre mère ; et en qualité de membres , [ nous devons la soutenir et Tàppuyer comme le corps mystique de Jésus-Christ, où nous sommes agrégés. Etie est notre souveraine, puisque Jésus-Christ l'a substituée en sa place, et qu'ilTa revêtir de toute sa puisisance; elle est notre mère, dit saint Augastin> puisqu'elle nous a engendrés^ Jésus-Christ, qu'elle nous a donné une éducation chrétienne ^ qu'elle nous a instruits et élevés dans la' foi ; et elle est le corps mystique de Jésns-Christ , puisqu'il se l'est ai^sociée , et qu'il en a prétendu former une communauté dont il est le chei Comme souveraine, elle impose' des lois, elle fiait des décrets, elle prononcé des Jugements, et nous gouverne toujours selon les maximesde l'Êvarigile leS' plus pures et les plus saintes. Comme mère, elle noqs porte dans .son sein , elle nous fournit tous les secours spirituels, elle pourvoit à tous iios besoins, et

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prend de nous les soins les pins affectnenx et les plus constants. Comme corps mystique de Jésus-Christ , elle nous Ke à ce chef adorable, elle lui sert de canal poar faire couler sur nous les divines in« floencesde sa grâce, elle nous communique tous les mériies de son sang, et nous eonduit enfin à sa gloire. Que de raisons pou* nous attacher à cette Église ; mais , hëlas ! il est bien déplorable qu*fl laille si pea de chose pour nous en détacher. Développons encore ceci, et donnons-y qnelqne éctaifcissement.

I. Comme sujets, nous devons obéir à TÉglise : pourquoi ? parceqn'elle a sur nous un pouvoir souverain, pouvoir évidemment et formellement exprimé dans ces paroles dn Sauveur du monde à ses apôtres, qui dès-lors représentoient FËglise : Tout ce que vous lierez sur ia terre sera lié dans le rie/, et tout ee que vous délierez sur la terre sera déHé dans le ciel (Matth., 16) ; c'est-à-dire tout ce que vous iu-* gérez, tout ce que vous déciderez, tout ce qne vous ordonnerez, ou pour la doctrine, ou pour les mœurs, sera confirmé et ratifié dans le ciel ; si bien que tout jugement de rÈglise, en tant qu'il est prononcé par l'Église, devient un jugement du ciel ; . tt que tout ordre de l'Église, en tant qu'il est émané de l'Église, devient pareillement un ordre du ciel même. ^

Pouvoir d! une telle étendue, que dans toutes les parties de la^terre il n*y a point de puissance qui ne lui soit subordonnée. Non pas qu'elle entreprenne de passer les bornes que Jésus-Christ, son époux , lui a prescrites, ni qu'elle prétende porter plus loin son empire. Ce divin buveur nous aexpressémentdéciaréque son royaume n'éioit pasdece monde, voulant par-là nous foire entendre quecen'étoit pasun royaume temporel. Ainsi l'Église, bien loin de s'élever au-dessus des puissances humaines, nid'affoiMir leur domination, est au contraire la plus zélée à maintenir leurs droits, et l'obéissance qui leur est due. Car voilà BUT quoi elle s'est expliquée le plus hautement et le plus ouvertement par deux de ses plus grands oracles, l'un le Docteur des nations, et l'autre le Prince même des apôtres. Que toute personne sot soumise aux puissances supérieures^ parcequ elles sont établies de DieUn Quiconque ose leur résister résiste à Dieu même, et s'attire une juste contiamnatUm {Rom.^ ^Z) : c'est la leçon que nous fait saint Paul. Rendex'vous ohé'tssants à vos maîtres, soit au rot, comme à celui qm est au-dessus de tous; soit aux commandants^ comme à ceux que le prince a envoyés et qu'il a revêtus de son autorité (Petr., % : c'est ce . que saint Pierre nous enseigne. Mais du reste, dès qu'il s'agit de la puissance spirituelle, il laut alors que tout plie, que tout s'humilie; que depuis le monarque qui domine sur le trône jusqu'au plus vil sujet qui rampe tians la poussière, depuis le grand jusques au plus petite depuis le savant jusques au plus simple, tous reconnoissent 1% souveraineté de l'Église , et se tiennent à son égard dans une dépen-^

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