VRAIE OBÉISSANCE A L'ÉGLISE
peut venir que den haut, et de la grâce du Père céleste (Matth., 16].
Cette rémafqàe regarde tous fes temps, et spëciàlemëiitié'nMre. Je dèmanderois volontiers à des ^eDS : Pourquoi ce pâriàgfe que vou$ laites, et pourquoi, cpntre la défense du Saiot-EBprit/àvez-Yous uA poids et un poids? Ou soumettez-vous ^ Tautorifë de i'ÉgPise en tout ce qui concerne la foi , on ne vous y soumettez eq rten , et retirezvous. Car c'est la mèine autorité qui diéfinit un article aussi bien que l'autre ; et elle n'est pas plus digne, on, pour mieux dire; elle est aussi digne de créance sur l'un que sur l'autre.
Eu efSety dès que nous entreprendrons d'examiner les décisions de rÉglîse, et que nous nous croirons en droit de discerner les unes deli autres ; dès que nous voudrons , pour ainsi dire , partager notre soumission, et que selon notre sens nous recevrons celles qui nous plafront , on nous rejetterons celles qui ne nous plairont pas , nous détruirons rauiorité de ce souverain tribunal, et la foi que nous y avons. Car la foi que nous devons avoir aux oracles de l'Ëglise , cette foi ferme et inébranlable, n'est fondée que sur son infaillibilité, de ménie que son infaillibilité est établie sur cette promesse de Jésus-Christ : Voilà que je tuit avec vous en tout temps jusqu'à la eonsommaiion des sièeks (M^tth., 28). Or, du inoment que nous refuserons notre créance à un seul point décidé par le jugement de l'Église , nous ne la regarderons plus comme infaillible ; puisque nous prétendions qu'en ce pofnt particulier , non seulement elle a pu Aiillir , mais qu'elle a fiiiUi en effet. Nous adhérerons, je le veux, à tous les autres ; mais ce qui nous y déterminera, ce ne sera point précisément l'Église, ni son témoignage. Nous y souscrirons , parcequ'ils se trouve- T%mt conforme;} à nos raisonnements et k nos principes : de sorte que, daob notice adhésion et notre soumission , nous ne nous réglerons poiflt tant sur ce que l'Église aura jugé, que sur ce que iHus aurons jugé nous-iriémes.
Car«i l'autorité de l'Église étoit, comme elle doit l'être, la règle de notre obéissance, quoi qu'elle pron(n9çât,'nous n'aurions là-dessus ni doutes à former , ni difiitultés à opposer. Il nous sufHroii de savoir qu'elle a parlé : sa parole fixeroit tonles nos incertitudes, et arréteroit toaies lescontestiitions. Peut-être sur tel article on sur tel autre notre esprit naturellement indocile auroit-il de la peine k plier, et peut-être, préoccupé de ses opinions, seroitil porté à disputer et è se défend dre ; mais bientôt nous le réduirions sqùsr le joug, et nous répHiherfons ses révoltes. Nous nous dirions k nous-mêmes : En rette déciMon , oi| c'est l'Église qui se trompe, ou, malgré mes prétendues connoissuoceè et me) préjugés, c'est moi qui syisdans Terreur et qui m'fgare. Il n'y a point de milieu. Or, de penser que, sur aucun point qui appartienne aux dogmes de la religion et à la doctrine chrétienne, l'Eglise de Dieu, réponse de Jésus-Christ , l'orgaoe vivant et l'interprète de l'esprir de védtéi ait pu se méprendre et ait manqué de lumière, c'est db quoi^
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dans une saine c^holidté, je ne puis avoir le moindre soupçon. Par conséquent, c'est moi qui oœ suis trompé jusques à cette heure, et npn point TËglise, toujours éclairée d'en haut.. Elle a pris soin de s'expliquer ; cela suffit. Pourquoi me persuaderois-je que Tassistance du ciel, dans la question préseoie, lui ait été refosëe, et que Dieu , dans cette conjoncture pâriiculière, Tait abandonnée? Comment iroiaje jusqu'A cet excès de présomption, de m'imagîner qoe je suis mieux instruit qu'elle du sujet dont elle vient de oonnoitre ; que je l'ai mieux approfondi, et que j'en ai une notion plus juste? Avant quelle se déclarât, et tandis que la question étoit entière, je pouvois raisonner i ma façon ; je pouvois réfléchir , méditer* user de recherches, alléguer mes preuves, et m'y attacher ; mais maintenant il fout que l'autorité l'emporte, et si la raison ose encore teoir et ne vent pas se soumettre, il faut que ce soii une raison aveugle, prévenue, éblouie d'une fausse lueur qui la séduit , ou que ce soit une raison opiniâtre et inflexible dans son obsùaaiion. Voilà, dis*je, les Ieçon« qu'on se feroit i soimême; et, conformément à ces leçons, on ne prendroit plus garde si ce sont nos sentiments que l'Église a proscrits, ou si ce sont ceux d'autnii ; si c'est ceci, ou si c'est cela. On s'humilieroit sous le poids d'une' autorité si respectable et si vénérable ; on y reconnoîtroit l'antoriié de Dieu même, et l'on auroit dans son obéissance un mérite d'autant plus excellent, qu'elle nous coûteroit un sacrifice plus difficile et plus coDli'aire à l'orgueil de l'homme, qui est celui de notre propre jugement et de nos pensées.
Telle fut l'obéissance des premiers chrétiens dans une célèbre matière qu'ils agitèrent entre eux, et que saint Luc rapporte au quinzième chapitre des Actes des Apôtres. Le feit est mémorable, et plût à Dieu que, dansHoute la suite des temps, on eût profité de l'exemple de soumission que donnèrent pour lors les premiers fidèles! Il s'agisaoit de savoir si les Gentils convertis à la foi doivent être assujettis aux cé« réfhotties judaïques ; s'ils dévoient observer la loi de Abise, et s'ils étoient obligés à la circoncision. Les esprits ne convenoient pas: il y avoit des raisons de part et d'autre, et chacun s'arrétoit i celles qui le toucboient davantage. Dans cette diversité d'opinions on contestoit , on s'animoit, et la chaleur de la dispute causoit du bruit parmi le troupeau. Or, pour rendre la paix à l'Église, et pour rompre le cours d*une controverse dont les suites étoient à craindre, quel parti prirent les apôtres? Ce fut de s'assembler à Jérusalem, de discutera fond et de concert le point en question , d'en faire un examen juridi*que, et d'en donner une résolution solennelle , qui réunit tout le corps des fidèles, juifs et gentils, dans une même créance et une même pratique. Tout s'exécute ainsi qu'on se l'étoit proposé. Sous la garde et la direction de ce divin Esprit qui préside à tous les conseils de l'Église , Pierre, vicaire de Jésus-Christ , au nom duquel il s'énonce , se 1ère dans l'assemblée, parle, non point en homme simplement, mab
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en bomme plein de Dieu, qui Tinspire et qui l'autorise ; déelare où Ton s'en doit tenir, et résout en peu de mots toute la difficulté. Mes frhrei, dit-il , IHeu fia mu nulle différence entre nous et les Gentils^ et ce n*esi point par la loi de Moïse quil purifie leurs cœurs, mais par ta foi. Maintenant donc, continue FApôtre, pourquoi tentez-vous le 5eifjneur, jusqu'à charger les disciples d'un joug que nos père^i nous n'a-vons puporterf (Act., lo).
C*étoît Tandenne loi et toutes ses observances. Jacques , évéque de Jérusalen /prend ensuite la parole, et se joint au Prince des;) poires* qui tous ensemble jugent et décident comme lui. Le décret est envoyé au nom d'eux tous. Alors plus de dispute, consentement unanime de toute la multitude; et c*est ce que l'historien sacré nous fait admirablement entendre dans une parole des plus courtes, mais en môme temps des plus énergiques : Alors toute la muliiiude se tut. Nul qui entreprit de réplifper ; nul qui se crût en droit de renouveler une affaire finie, tant on étoit persuade qu'après le jugement de l'Église il n'y a plus rien à revoir, et qu'elle est également incapable d'erreur, soit qu'elle décide pour nous on contre nous.
Que n'en sommes-nous persuadés nous-mêmes , et que ne portonsnous jusque là notre obéissance! Avec cette obéissance pleine et sans réserve , qu'on eût épargné jusqu'à présent de combats à l'Église, et qu'on eût prévenu de scandales et de troubles paraii le peuple de Dieu! Hais quel a été le désordre de tous les temps, et quel est encore celui de ces derniers siècles? C'est une chose merveilleuse de voir avec quels éloges et quel zèle on reçoit dans les rencontres une décision qui parott nous favoriser, et noter nos adversaires. On n'a point de termes assez forts pour en relever la sagesse, l'équité, la sainteté, et là-dessns on épuise toute son éloquence. On voudroit la faire retentir dans les quatre parties du monde, et qu'il n'y eût pas un enfant de l'Église qui n'en fût informé. Enfin, conclut-on , refuser de souscrire à une vérité si authentiquement reconnue, ce seroit une révolte, un attentat insoutenable. Toutce!a est beau; mais le mal est que tout cela ne se soutient pas, et l'occasion ne le fait que trop connoitre. Car dans la suite et sur d'autres sujets , que l'Église vienne à nous juger nous-mêmes , et à condamner nos opinions nouvelles et erronées, c'est assez pour la défigurer tellement à nos yeux, qu'elle nous devient méconnoissable. Par quelque organe qu'elle tâche alors de se faire entendre , sa vbix est trop foibîe, et ne peut parvenir jusqu'à nos oreilles. Ce n'est plus, à nous en croire, cette voix si intelligible et si distincte ; mars c'est une voix obscure et sombre, qu'il faut éclaircir. De là donc cette autorité de l'Église, qu'on portoit si loin et qu'on faisoit tant valoir, on h conteste; on la restreint, on lui prescrit des bornes, et des bornes très étroites : c'est-à-dire qu'on prétend la régler selon son gré, et qu'au lieu de dépendre d'elle, on veut la faire dépendre de nous et de nos idées. En vérité, est-ce là
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obéir? et quelque soumis que Ton soii (^'ailleiirs oa qu*oi) le parpis^et n*est-ce pas ici qu'il faut dire avec saint Jacques : Celui qui pèche dati^ un poinl se rend coupable sur tout lé reste ({aç.» 2).
ACTIONS DE GRACES D*UNE AME FIDÈLE, ET INTlOLABLElfEIHT ATTACHÉE