‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 124 sur 225 · A L EGLISE · texte numérisé non relu

A L EGLISE

Grâces im|norte)le8 vous soient rendues. Seigneur, de m'a voir Cait naître au milieu de votre Église, de m'avoir mis au nombre des enfants de voire Église ^ de m'avoir nourri 4^ P^în » je veux dire de la doctrine dé votre Eglise, de cette Ëgjise formée du sang de voire Fils adorable, son chef invisjble, dont saint Pierre, et après lui ses successeurs, tiennent la place en qualité 4^ chef visible ; de cette Église catholique, apostolique, rpmaine, la seule vraie Église; de cette Égjise, la colonne de la vérité, et contre laquelle {«fîtes les piiissanoes de f enfej* n'oi^f jamais prévalu , ni ne prévaudront jamajs.

Voilà , mon Dieu , |e chojx. qu*il vous a plu faire 4e moi, parmi tant d*autres que vous avez laissés dans les ténèbres de l'infidélité et 4e l'erreur; et voilé ce que je dois régar4er comme une marque 4q P'*édeslinatjon dont je ne puis assez vous bénir, ni vous témoigner asse;^ nia reçonnoissance. Combien de peupks sont nés dans l idolâtrie, et ont reçu depuis leur naissance une éducation toute païenne? La nujt s*est répandue sur la terre; elle a enveloppé dans ses ombres les plus vastes contrées : les pères ont méconnu [e vrai Dieu,, et les enfants , instruits ou plutôt sàjuits pr leurs pères, ont prodigué, conune eux, leur encens à de fausses divinités. Vous l'avez permis. Seigneur, et vous le permettez encorf, par un de ces jugements où nos vues ne peuvent pénétrer, et où nous n'avons d'autre recherche à faire que d'adorer en silence la pi qfondeur de vos conseils. Combien même , jusques au milieu cju christianisme, S()nt pés dans l'hérésie, l'ont sucée avec le lait, y ont vécu , et ont ^u le mulheur d y mourir ? Pourquoi n'ont*i)s pas été éclairés de votre lumière comme moi; ou pourquoi ne suls-je pas tombé comme eux dans un sens réprouvé? C'e^t une disjinction que je dois estimer par-dessus tout, et dont je dois profiter; mais du reste, c'est un secret de providence qui passe ma fâison, et 4ont i} ne m'appartient pas de découvrir le my^itère.

Voiis avez encore p)us fait , Seigneur ; et , me faisant naître dans |e sein de votre É^lisç, vous m'avez donné une religieuse et pieuse affection pour cette sainte m^re, pour ses intérêts, pour son honneur, pour son affermissepient ei son agrandi^ement. Car si je me trouve aussi sensible que je le sms, et que je fais gloire de l'être, à topt ce qui la touche , à tout' ce quj peut blesser ses droits, à tout ce qui peut aifoibljr son putprité , c'est à yous que je me tiens redevable de ces sentiments. Çesi vouj5,mdn pié^, qui piç les avez inspirés, et c'fst ce qiî^ je compte pour une (je voç grâces les p|us par^cu}(è^es.

ACTIONS D£ GKACËS D'UNE AME FIUËM;* 4â7

Héias! eqtre les enfants roéoies que rÉgliséa A<vés, qu'elle a tao( de fois reçus à ses divins mystères, pour qui elle a employé tous se^ irébors, nous n*en voyons que trop qui la traitenf avec la dernière indifférence, et je pourrois ajouter avec {e dernier mépris. Gens ^out jours déteripinéé à railler de ses pratiques, ^ censurer la conduite d^ &çs ministres, à se faire un divertissement et un jeu de sé)| troubles , de ses scandales, de ses a tfl jetions et de 9^9 p^rt^. ^h\ Seigneur, si voire Apôtre veut que nous p|eurions avec ceux qui pleurent , et que noqs nous réjouissions avec ceux qui ont saje( de se réjouir, fussent* ils d*ailleurs nos plus déclarés ennemis, ^ copikjen plus forte raison devons-nous prendre part et iious intéresser aux divers étals de no^ tre mère , ^ ses ayanpges et à ses disgrace$?

Pour moi, mon Dieu, quoique le plus indigne (|e ses enfants, j*ose le dire, et je ne perdrai rien de rbumilité et de la basse estime de moi-même qui mev^nvient, en me rendant devant vous et à votre gloire ce témoignage, que tout ce qui part de votre Église m*est et me sera toujours respectable, toujours vénérable, toujours précieux et sacré ; que tout ce qui 8*aitaque à e))e me blesse dans la prunelle de l'œil, ou plutôt par l'endroit le plus vif de nion cœur; et que, dans toutes ses épreuves et toutes ses doûieufs, ç)le ne sent rien que je Tkf ressente avec elle. Ouj, Seigneur, je je diseocore une (bis, et dans celte conression que je fais en votre présence, et que je serois prêt 4^ faiVe en présence du monde entier, je (rouve u^e cpnsolation que je ne puis exprimer, parceque j'y trouve up des gliges les p)us certain^ de mon salut.

Cependant, Seigneur, puisque j'ai commencé à raconter vos fnisér ricordes envers moi , je n'ai garde d'omettre çe|)e qui m'esf encore la plus chère, et qui me découvre plus ^nsjl^leoient les vues de votre aimable providence sur ma destjnée é)4srnelje : c'est, mpn Dieu, cet esprit cle docijité dont je me sens heurepsement prévenu à Regard d^ rÉglise et de ses décisions. Vous (ne Tavez pfédjt , Seigneiir, que dans tous les temps il y fii)roit des contestatiuns , des schismes, des partja* jités, et votre parole' s'accompjit cjp nos jours, comme elle s'est accomplie dans les siècles qui not}^ ont précédés. Je vois bi^n des mouvements et 4e$ agitations, j'enten4s bien d^ discours et dess rajsonnements. L'un m^ (\\i : Le C(irisi est ici; l'autre : Heêt là. Mais ({an; ce tumulte, et papmi tapt de questions qui partagent (es esprit», je vais à l'oracle, je consulte i'Éi^lise, et je m'arrête à ce qu'elle m'ensèjgne. Dès qu'elle a parlé \ je me soumets et je ipe tais, ie n'écoute plus, nj ce]ui-ci, ni cefui-lj ; ou je np les épqute que pour reje« ter l'un, parcequU n'écoute pas l'^)ise; el pour ine jojndre à Tautre, parcequ'il fait profession comme moi de n'écouter qpe l'Église. Par- là , mon pieu, je me dégage de bien d^ embarras, et dans un moment je lève toutes les difficultés: car j'^ ai tôiit d'an coup la résolution daps mon obéissance ^ TÊglise. Par«l^ iq^ fpi devjent plus

4â8 ACTIONS DE GRACES DUNE AME FIDÈLE.

pure» plus ferme, plas assurée et plus tranquille. Au milieu de toutes les tempêtes et de tous les orages, je me jette dans la barque de Pierre, et, toute battue qu'elle est des flots, j'y goûte la douceur du calme le plus profond. Je passe a trarers les ëcueils, et je ne crains rien : pourquoi? c'est que je sais que dans la barque de Pierre il n'y a pour mM ni écueils ni naufrages à craindre.

Ce n'est pas là sans doute , Seigneur , une de vos moindres faveurs. Que dis-je , et ne puis-je pas avancer que cet esprit docile et soumis est le premier caractère de vos élus ? Quand j'aurois tous les antres signes qui les font connoîire , si je n'avois pas ce caractère essentiel , toutes mes espérances seroient renversées. Mais, mon Dieu, si d'autres me manquent , ah ! du moins j'ai celui-ci , et vous ne permettrez pas que jamais je vienne à le perdre. De cette sorte , quelque peu de bien oue je fasse , je le ferai avec confiance , parceque je le ferai dans votre Eglise. Hors delà, que ferois-je sur quoi je pusie* compter ? car une vérité capitale et un principe incontestable dans la religion , c'est qu'il n'y a point de salut hors de l'Église. Vous nous l'avez ainsi déctaré vous-même dans votre Évangile , et dans les termes les plus exprès, lorsque vous nous avez donné pour maxime de regarder comme un pubiicain et comme un païen quiconque n'est pas uni à l'Église , et ne lui rend pas le devoir d'une obéissance filiale. Or , puisque hors de l'Église il n'y a point de saint , il doit s'ensuivre que tout le bien qui ne se feit pas dans sa communion n'est qu'un bien apparent ; que toutes les vertus qui se pratiquent ne sont que des vertus vides et sans mérite par rapport à l'éternité ; qu'on n'est rien devant vous , et que rien ne profite pour s'avancer dans votre royaume. Telîement que, séparé de l'Église , en vain je ferais des miracles, en vain je transporterais les montagnes, je prédirais l'avenir, je répandrois tout ce que je possède en aumônes , je livrerois mon corps à la mort. Avec tout cela je ne pourrois être qu'un anatbème , et je serais immanquablement rejeté, parceque, selon votre témoignage même, je n'entrerais pas par. la porte, et que je ne serois pas de vos brebis.

Je veux donc. Seigneur, comme le Prophète, je veux confesser votre saint nom ; mais je le veux confes$erdans votre Église [Pudm. 84}. Je veux publier vos grandeurs et célébrer vos louanges ; mais je les veux célébrer dam votre Église. Je veux annoncer votre parole et vos divines vérités ; mais je les veux annoncer dans voire Église. C'est la sainte montagne d'où votre loi devoit sortir ; c'est le temple auguste où les peuples dévoient s'assembler de tontes les parties du monde , pour vous offrir leur encens et vous adresser leurs vœux ; c'est le sanctuaire où vous voulez recevoir notre culte , et c'est la chaire où vous enseignez vos voies par la .bouche de vos prédicateurs et de vos prophètes.Toute autre assemblée (le dirai-je après un de vos apêires?), toute autre assemblée n'est qu'une synagogue de Satan, et toute antre chaire qu'une chaire de pestilence. Heureux si, par une vie conforme

NEUTRALITÉ DANS LES œNTËSTATIONS, etc. 42»

aux divins enseigiieinents et aux règles de cette Église où nonsa vous eu l'avantage d*étre élevés et adoptés parmi vos enbnts , nous mérîtODs d'être couroonés dans le séjour de votre gloire , et de participer au bonheur de vos élus ! Ainsi soit-iL

ESPRIT DE NEUTIUUTÉ DANS LES CONTESTATIONS BE l'ACLISE.

Qo*ai-je affaire de telle et telle question qoi causent tani de moa* vements dans FÉglise ? qu'ai-je af&ire de toutes ces contestations , et qu'est-il nécessaire que je me déclare là-dessus ? Je n'examine point qui a raison , ni qui ne Fa pas ; je ne suis* pour personne ni contre personne.Tei est votre langage, et celui de bien d'autres comme vous. Hais voyons un peu quel principe vous fait demeurer dans cet état de neutralité. Ou c'est ignorance, ou c'est erreur, ou c'est politique» ou c'est insensibilité , ou c'est lâcheté. Or rien de tout cela n'est bon.

Ignorance, parceque ce fjoni des matières au-dessus devons, et que vous n'êtes pas capable d'en juger» Erreur , parceque vous voulez vous persuader que ks questions qu'on agite, et sur lesquelles il est intervenu un jugement de rÉjj^lise , n'ont rien d'essentiel , et que chacun sur cela peut croire lout ce qu'il lui plair , sans que la foi en soit altérée. Poliiique , parceque vous avez des intérêts particuliers à ménager ; parceque vous avez certaines liaisons de dépendance , de société , d'amitié , à quoi vous seriez obligé de renoncer; parceque vous recevez de cerlaino part certains secours qui vous seroient refusés, et dont il faudroit vous passer ; parceque cet appui, cette protection vous manqueroit , et que vous en avez besoin : car voiià ce qui n'entre que trop souvent dans la conduite qu'on tient , même en matière de religion. Insensibilité, parceque, lout occupé des choses de la vie et des affaires du monde, vous n'êtes guère en peine de ce qui re^rde l'Église , et que tous les outrages qu'elle peut recevoir vous touchent peu« Enfin , lâi:beté , parceque vous n'avez pas le courage de parler ouvertement , et que , dominé par une crainte humaine qui vous lie la langue ei qui vous ferme la bouche , vous ne vous sentez pas assez de force , ni assez de résolution, pour résister au mensonge et à ceux qui le soutiennent. Mais encore une fois tout ce|a est criminel, ou vous êtes criminel en tout cela , et votre conscience devant Dieu en doit être chargée. Si vous m'en demandez les raisons , il est aisé de vous les donner^ et il e^i à propos que vous les pesiez mûrement et que vous les compreniez, afin de vous détromper sur un point d'une tout autre importance que vous ne l'avez conçu jusques & présent. Reprenons tous les principes, ou plutdt tous les prétextes que je viens de marquer. J'ose dire^qu'il n'y en a pas un dont vous ne reconnoissiez d'abord i'illusion et ledésordie, si vous y faites l'attention convenable.

430 NEUTRALITÉ DÀMS LES CONTESTATIONS, etc.

L Estrce ignorance ? Il est vrai : n'étant pas assez éclairé pour approfondir les sujets qui de part et d'autre sont controversée , et né pouvant connoltre par vous-même , entre les divers seùtimeuts, quel est le mieux fondé et le plus conforitie à la saine doctrine , vous ieriez excusable de ne vous attacher à aucun et de demeurer dans rinceriitude , si c*Aoit par vos propres liimières que vous dussiez vou$ déterminer. Mais vous avez uoe autre règle qui vous doit suffire « et qui voasôiè tonte excuse» paroequ'elle supplée parfaitement à rignoràhce où vous pouvez être. Règle générale , règle commune aux é&\>TïXs les plus grossiers comme aux plu^ pénétîhants et aux plus siibtilâ , règle visible et qui tombesous les sens , règle qui ne vous peut tromper, et dont vous êtes obligé de reconnoltre la supériorité, rantorité, rinPaillibilité sur tout ce qui a rapport à votre croyance. Cette rbffe , c'est la décision de rÉglise. Dès-là queTÉglise a parlé, dès-li que lé souverain pontife et les premiers pasteurs qui la conduisent se sont îbit entendre, il ne vous en faut pas davantage pour vous fixer; et si vous restez volontairement et opiniAtrément dans votre doute , votis êtes dès-lors coupable, parceque vous ne vous soumettez pas à l'Église. Prenez donc bien garde à ce qu'on vous demande*, et à ce qui est pour vous d'une obligation indispensable. On ne vous demande pas que vous examiniez en théologien les questions sur lesquelles on dispute ; on ne vous demande paé que Vous en fii^ieÉ une étude éxbfesse, ni que vous en ayez une claire connoissance. Cette étude, cette cdnnoissance ne vous sont point nécessaires : mais c'est assez que ioiis sachiez que l'Église a défini telle chose , et ^ue vous devez iidbéref d'esprit , de cœur, de vive voix a tout ce qu'elle à défini. Votre science sur les matières présentes, et dans la situation où vous êtes , iie doit point aller plus loin. Croyez, agissez selon cette créance; et voiis croirez , vous agirez en catholique.

Ainsi il est inutile dédire : Je ne sais rien , et je ne suis {!ds à'ùn état et d'une profession à faire là-dessus de longues et de sérieuses recherches ; j'ai d'autres affaires. On veut que je cohdariine cet ouvrage, et je ne l'ai jamais lu. On veut que je rejette celte doctrine, et je ne l'entends pas. C'est aux savants et aux docteurs à produire leurs pensées et à s'expliquer; mais cela me passe , et m*appariient-il de m'ingérer en ce qui n'est point de inon ressort? Non , encore line fois « il ne vous appartient pas de vous engager en de curieux ekaniëos , ni d'entreprendre de démêler la vérité au travers des nuages dont on l'enveloppe et dont on tâche de l'obscurcir; il ne vous appartient pas de vous ériger en juge de la doctrine. Hais il vous appartient d'écouter l'Église, qui en a jugé, et de souscrire de bonne foi à ce qu'elle a jugé. Mais il vous appartient dé condamner ce que l'Église condarilne, et de rejeter ce que rÉglise rejette.aans en vouloir d autre raison, ^inon que l'Église Ta condamné et qu'elle l'a rejeté. Hais il vous appartient d* embrasser ouvertement et hautement ce que l'Église vous propesé

NEUTRALITÉ bÀNS LES CONTESTATIONS, ktc- 4$1

à croire , et de vous y attacher. Yoilà , dis-je, ce qui vous appartient : et pour voiis en défendre, il n'y a point d'ignorance à aléguer.Car il n'e^t pas besoin d'une grande pénëtk*ation pour savoir quels sont les sentiments de TÉglise , puisqu'elle les publie partout , et qu'elle les annonce dans tout le monde chrétien. Or, du moment que vous les savez , et que vous ne pouvez les ignorer | du moment ^ue vous savez encore d'ailleurs que TÉglise de Jésiis-Christ ne peut ^s'égarer et ne vent i^ôint vous ëgareir , vous ave^ tbut(b l'habileté et toute Térudition qu'il feiit pour vous résoudre et pour bien prendre votre parti, qui est celui d'une ferme adhésion , et d'une humble et parfaite obéissance. Hé ! où en serions-nous , s'il en fallôit davantage? Il faiidroit donc que chacun , sans nulle différence ni dé caractère ni de condition , allât s'instruire dans les écoles de théologie, que chacun s'appliquât à la lecture des saints Pères, que chacun quittât son emploi pour vaquer à Tétude de l'Écriture et des saints canons? Ce serolt multiplier étrangement les docteurs, et , i force de doctrine , renverser toiite l'économie et toute ta conduite du monde.

II. Est-ce erreuir? c'est-à-dire est*ceque vous êtes dans l'opinion que telles et telles propositions , que les uns attaquent avec taiit de zèle et que les autres défendent avec tant de chaleur , ne sont d'âucunfe cdiisëqùëhce à l'egarcl de la foi , êi qde, dé quelqiie manière qu^ foui en pensiez, votre rélij^ion n'en sera ^às moins pure, ni votre cro;^ânce moins orthodoxe ? Je conviens que comme le Sage a dit des choses dit inonde, ciu'il à plu à pieil de les àbâhdoilner aux découvertes et aux subtilités des pliiiosbbhés , on peut dire aussi de CM^tainés matières, que l'Église les abatidôniie II nos vtiesjpârticuiières et à nos raisonnements. Les esprits sohl partage en ce qul^ii'est poihf déBtii : l'un enseigne d'une façon, et l'autre d'ùiie aiitre; l'tin s'appuie sur un principe qu'il croit véritable , et l'autre se fonde stir un principe tout contraire , et suit un système tout opposé qiii lui parolt plus Juste et pliis raisonnable ; on apporte de pari et d'aiilres ses preuves^ on propose ses difficultés , on Fait vâloii* ses pensées autant qu'on le peut , et l'on s'y arrête : mais la foi en totit cela ne court aucun risque, parceqùe ce éonides questions problémaliques , stir lesquelles l'Église â gardé jusqu'à présent le silence, et n'a rien prononcé.

Que sur totis ces articles vous suspendiez votre jugement sans in* dîner d'iin côté pltis que de l'autre ; j'y consens , et l'Église vous le pehnet. Je sais, de plus , qu'on s'efforce de voiîs persuader qu'il en est de même des t)oints dont il s'agit présentement ; car c'est là qub tendent ces discours que vous entendez partout : Qu'on veut tyranni-* ser les esprits, et leur ôter une liberté qui leur est acquise de plein droit; qu'on veut bannir des écoles catholiques les plus grands mattres , qui sont sans contredit saint Augustin et saint Thoinas ; qu'on veut proscrire des opinions répandues de toutes parts, reçues dans les corps les plus célèbres et dahsles plus savantes compagnies, établies par

4^2 NEUTRALITÉ DANS LES CONTESTATIONS» etc.

l'Écriture, autorisées par la tradition et pur la plus véoërable aniiqui* tc^^que C8 sont au reste de ces sentiments qu'on peut embrasser oit «coniredirp, sans cesser d'éire uni à l'Église; et qu'en un mot» soit qu'on les admette ou qu'on les combatte, le sacré dépôt de la doctrine de Jésus-Christ est toujours à couvert. Yoiià ce qu'on vous rebat continuellement, et ce qu'on lâche de vous imprimer dans l'esprit» et voilà en môme tempsce qui vous rassuré : mais n'est-ce point noa fausse assurance que celle on vous êtes? ne vous trompez-vous point? ne vous trompe-t-on point ? Un doute de cette nature , et sur un sujet de cette importance , mérite bien que vous preniez soin de l'éclaircir. Or où en chercherez-vous l'éclaircissement , et oii le trouverezvous? vous l'avez dans vos mains et sous vos yeux; car je vous renvoie toujours au même oracle, qui est l'Église. Voyez quel jugement est émané Je son tribunal : lisez, et convainquez- vous. Quoi! ce que l'Église, ce que son chef visible , ce que ses pasteurs qualifient de scandaleux, de iaux, d'hérétique, vous le regarderez comme indifférent par rapport à la foi? Ces auathèmes partis du siège apo&tolique, et secondés de tant d'autres qui les ont accompagnés ou suivis dans les Églises particulier res , tout cela ne vous étonne point , vous pouvez tenir contre tout cela? vous pouvez vous figurer que tout cela ne tombe que sur de pures opinions, que sur des opinions permises et arbitraires? Vous me répondez qu'on vous le dit de la sorte : mais qui sont ceux qui yous le disent? quels qu'ils puissent être, devez-vous compter sur leur témoignage , lorsque vous le voyez démenti par l'Église universelle?

III. Est-ce politique? Car la politique se mêle dans les affaires de religion comme dans toutes les autres. On veut garder des mesures^ et quoiqu*on pense c 3 qu'on doit penser, on prétend avoir de bonnes raisons pour ne pas parler de même. II ne reste donc que l'une 4e ces deux choses à faire : ou de parler autrement qu'on ne pense, et ce seroit une mauvaise foi dont on n'est pas capable, et dont on ne pourroit porter le reproche au fond de sa conscience ; ou de ne point parler du tout et de ne rien dire, et c'est à ce milieu qu'on s en tient » comme au tempérament le plus juste et le plus sage. Je ne suis, dii-on» ni ne veux être de rien : j'ai mes vues, j'ai mes prétentions; et pour y réussir , il faut être ami de tout le monde. Ces gens-là peuvent m'éire utiles dans les rencontres, ou ils me le sont même actuellement. D'ailleurs, ce sont la plupart des personnes de connoissance, et j'ai tonjours été en commerce avec eux; la prudence m'engage à les mena* ger. La prudence! mais quelle prudence? la prudence de la chair. Or, selon saint Paul , cette prudence de la chair est ennemie de Dieu {Ropk « 8) ; et piiisqu'elle est ennemie de Dieu , il s'ensuit que c'est une prudence criminelle devant Dieu, et réprouvée de Dieu.

Comment ne le seroit-elle pas? Y a-t-il raison de fortune, de parenté , de société ; y a-t-il considération et intérêt humain , qui doive vous lier la langue , et vous empê( her de vous déclarer , de vous éle*

NEDTRidJTÉ DAlfS lES: CONTESTATIONS, btc. 433

ver^ponr la 'cause de f Éiglise et pouf celle dii Seignéu^? On vous parle tant en d'atitrei conjonctures des engagements de votre baptéiàe,.ét ik sont grands en effet : à Dieit ne plaiee que j'en diminue roUigâtion !. Hàis^lus ils sont grands, plus Ils sou t authentiques et solennels, et plus Vous êtes coupable de les sôuteliir' si mal. Est-ce là ce que Vous avez pron) js à Dieu et à sfïn Église sur les sacrés fonts où vous ffttes régénéré en Jésu&^Christ ? Avez-vous renoncé au mbnfle ^ pour vous conduire par des vues si mondaines? Du moins si c*étoit en ce qui regarde le monde; mais en matière de foi, qneUe.part tasagiesse du nibndé doit-elle avoir? Qutf a-t-U de commun entre ta justice et tbibiuité , *entre la lumiire et les ténèbres ; et q\Ca le fidèle à pùrtager avectinfidèU(±Cor.,ei}t

Soyez sage et circonspect ; Je le veux , et je suis le premier à voua • y exhorter : paaislsoyez-Ie avec cette sobriété, que demande l'Apôtre, soyezrle jusqu'à certain point, et non au-delà. Ayez des égards , j'y consens ; maïs n'.en ayez que jusqu'i Tanteh Car à l'autel » c'est-à-dire quand la religion est en compromis , et qu'il y va de l'honneur el de r^utorité de l'Église, vous devez oublier tout le reste, et ne vous souvenir que des paroles du ("ils de Dieu : Quieofique aura quitté pour mon nom sa nudion, ou ses frères, ou ses sœurs^ ou son père^ ou sa mère^ ou sa femîtae^ ou ses enfants^ ou ses héritages j je fe mettrai au nombre de me» discipleâ, ^f i( possédera la vie éternelle (Matth;, A9)i Tôilà une promeàsë Uen avantageuse; mais écoutez euméipe temps une menacé bien terrible, et digne dfsi toute votre râlexion : Celui qui sauve savie^laperdra; etcebii qui laperira pourmoi^ tasauverUf (Uàtth., ld)« Bans le sentf del'Évangile , qu'est-ce ^e cela signifie? Ce que vous ne pouvez trop méditer : savoir, qu'en toutes choses, mais surtout dans les ohoses dé Dieu , onne doit point tant avoir de ménagement polir le mpnde ; et qu'en voulant se isauver pour le temps présent , on se perd pour rétemité,

IV.* Est<e insensibilité? est-ce que vous vous 'soudez peu de tout ce <}ui Concerne l'Église e| h religion? Mais à quoi ser^z-vous donc sensible, si vous ne Têtes pas àce qui touche la foi que vous devez professer^ où vous devez viwe et où, vous devoE molirir? Est-il rien qui TOUS soit plus important que de la consertev pure, cette foi, laquelle doit être le fondement de votre sanctification e]t dç votre^ut?

Vous mè direz : Je ne l'attaque pas. Mon , vous ne l'attaquez pas directement; mais vous souffrez qu'on Fattaque impunément; mais on l'attaque « et vous^ ne vous y opposez pas ; mai^ vous ne la soutenez pas; mais vous ne la défendez pas. Or quiconque n'est pas pour elle est contre elle ; de même que quiconque n'est pas pour Jésus-Clàiit est contre Jésus-Christ (tlkrrn.rA^J Vous médirez : Il n'est question que de quelques points; et faut-il tant se remuer pour cela et se trou« bler? Je te sais , ce'n'est que de quelques points) mais ce sont des points ussenUels» ce sont des points de foi« Or, à l'égard delà foi.

m NEUTBAUTÉ DANS LOS GO«TG$TAT10I|S ,

tout est d'une exirAme consëquence • et il n'y a rkn à nëgli^p. Vous mè direz'.*' Ce n'esi pas là mon affaire; mais de qui sera*eedonc TaFfaire? Ëst-qe l-afliaire des bérëtiques? est-ce l'affaire des infidèles? oq n'est-ce pas Taffaire de tou^ les enfants de TÉglitt^ de* 8*intét*easer poiirleor mère , et de résister en liaèe à ses'ennémis?. Je dis Taffaire de tonales en£^ts de l'Ëglise : car c*^t une. affaire commipie , et chacun y est pour soi , quoique diffëremmeni et par proportion. Ah f 4e tous ceux qui tiennent pour le parit contraire , j'ose avancer qn'U p'y en a pas un , ou presque pas un , qui ne se fasse une affaire de Tuppuyer de toutes ses forces. On a du zileponr le mensonge, on en manque ppur la Tjérité. Vous ipe dires : Qi^and je me déclarerai, In cause de l'Église n*en sera pas meilleure. Et que sqia-je en effet? I)e ^gœl poids peut être le saffrage d'un homme comme mai» d*UQ Jiomme ' '^aans lettre et sans étude? On voqs l'accorde .: l'Église peut fort bien se passer d(e votre suffrage; et si l'on vous presse de vpua déclarer, ce n'est point précisément lân quela/ianse de ^Église en devienne iheillenre»,.Qiai§ c'est afin que vous-même, eh vous déclarant , Voua en 89yez meilleur. C'est» dis*je ^ afiu que vous vous acquittiez de votr« devpir envers l'Église, afin qne vous rendiea i l'Église l'homniinge d'une sonmission publique qu^elle exige dé vous, et que vous ne pouvez lui refuser sapa vioter sea ^roitsV et saoa être coupable, i)e aorte que je puis appliquer ici ce quedisoit saint Augustin diim^ l'af âdre da pélagianisme, et à l'occasion de quelquea-unsqui gardoient je silence, el ne vouloient point donner à connot^re ce qi)'il^ penaoient : Jaiioni-/^ écri?oit ce saint docteur i Sixte ^ seulement prêtre ^oiv, et depuis pontife ; fai$<mi'Uwr une salutaire Holencç pour Uiàitirer ànouig^mm point dans la crainte qtiili ne wu nment, vmm dans ta cram9e q¥ÎU$ ne ie perdent.

y. Est-ce l&cheté? ÉUe seri)it'honteusedans le service d'un prince de la terre ; et pour en éviter la honte , il n'y a point de pérH où l'on ne s'exposât : on n'y épargneroit pas sa vie. Mais préseoceniént , qu'est-ce que je vous demande au nom de l'Église? une parole, un simple témoignage de votre déférence à ses sentiments; et vous n'aves pas assez dé résolniian pour la prononcer^ celte parole, ni pour le donner , ce témoignage f On donc est l'esprit du martyre, dont tont cai|ioU<I>i^ doi^ ^^^^ animé ? Mais encore que craignez-rvous , et qui crâignez'VOHs ? Faut-il si peu de chose poui^ vous étonner ? 'Malhenreuae neutralité qui forme tant de fausses consciences I car, sous le*f rivole et vain prétexte qn^on demeure àj'écart . et qii'on ne prend p^t à rien, oii croit sa conscience en sûreté : comme ^ bi foi ne vouleit de nous point d'autre confessioi) que le silence, JNeutraUté scandaleuse : c'est un outrage que vous faites à TÉgUse, de n'oser pu vous ranger de son côté, ni professer ouvertement ce qu'elle vous en« seigne, Dailleurs , à combien de geas persuadey-^vous par votre con^ <|Me vous ne recevez paa le jiigement quel'Églis^ a jpo^, et qqo

PBMSi^ DIVCJISES SUR L'tGUSE. 4»

dans le oœqr vous le rejetez, quoique au-dehors toqs ^rdiez des mesures et que tous affiecdez de paroltre neutre? A combien d*Mtre8 donneiç-Tons an moins lien de penser qn^il^ n'ont pas pins à se mettre ètt peine que tous , et que le mieux est de laisser tontes ces affiûres comme îndëetsesMIs sedédareroient, si rom yonsétiec qne bonne fois déclaré vous-môme. jNeiitralité que l'Église aussi, dans tous'Ies teni|m» a condamnée, et traitée de prévaricatiop.

finlitt , neutralité favorable k toutes les bërésies, et ^i sert è fes établir et à les répandre, €ar dé même que dans ittie guerre ciTile les iaetieâx sont cqntents po^riNi qu'on ne s'oppose poiiiit à leurs entreptkéêf ainsi les béféttques^e'Soubirilient rien dâvaiftage, sinon qu'on ne les contredise point, et qu'on r<é forme aucun obstadt à leurs pforg^ès. Ibsavenlibien du r^céiler et selbiitfier. Ce sont k% premiers k demander, la neutralité^ mais à ix>ftditjpn qu'ils ne t'observerdpt pis» et qu'ils n'omettront rien pouf ngiir sourdement et plus effieacemeiJty Ce sont lès premiers àxleminderiapaix; mais bien entendu qu'ils proilterônt de cette paix pour cobiimier la guerre ayee d'autant plus de succès /qu'elle se tcrÂ.avep moins d'éclat. Une 'infinité deperson|i|m méine de ceux qm ne som point malxiteotionnés, se laissent tiirprra<* dre à ce piège. Que ne Vit-on en pait« disent-Ils, et pourquoi tout ce bruit? J*aimeroi8 autant, quand leloji^p est dans la berglpie, et^ue le berger erte de toutes ses forces, pour appelef au secours, qu'on lui demandftl pourquoi il se donne ta&t de m^ouveménls et foit tant de bruit. Sans ces. mouvements, sans ne bruit, qne deviendroit le trotipeaut loL paix est à désirer : qui A douté? mais il fout^qué ce soit une bolia^

. nnsins nivEnsEs scn ^iopsn « et sm 14 sochissiom qui i^i .

EST nnB.- ^

U y «D n quî,^esînt4rte de IfÉglisét font leurs propres intér|ia : et il y eu a qui, de^ leurs intérélS propres, font les Intérêts del'Egliie. (^apde diffiérençe des unset des autres. La dispgkitMii dés premievi fifi, hçfOùe et toute -Sainte, et celle des secondé est m^vàîse et topie profii'ne. Que>eux-*jé dire? le voici; Les uns font des lAtërétè de f Églis^ knrs propres intérêts : coniiment et par ou? par leur aèlê pour » y£gliâé, piir leur a^sachemènt invâylafale i rÉglise, par la sensibilité » de leqryceeur sur tout ce qui a rapport à l'Église , soh sur ses atan-* taçeaf pour v]( prendre part et s*en réjouir, soit snir ses disgrâces, pour s*€Û affliger, et y cômpaûr. De sorte que, sans^égard k atîcun intérêt personnel, ils «Ivisageni dTabord en temtey ipheses les intâréts de VÈ* g^, et y adresBenttoutes leurs intentions et tous leurs désirs. MaH (si autres se conduisent' paf un prjnci^ et un sentiment todt opposé* ils font de leurs intérêts propres les iattlrêts de rÉffUse; e'est-Miro que pour antoriser l'ardeur qu'ils témoighén^ à rechercher les digniléseeeléaia^tfques, ils se regardent volontiers comme des sujets utOei

à FÉgliset oonune des genâ capables dé lendre i l'Eglise des services importants» et d'y. faire beaucoapdé bien. Hé! qae hesont-ils demdlleîire foi, .et que ne connoissent-ils mieux le fond de leur ame ! Leur Tné direct^ et primitive n'est pas tan) le bien qu'ils fe^kit daos TÉ* gÙse, que le bien et le^ rejçnus cjont.ilk y iottlroat.

.On ne, peut trop respecter, la primitive Eglise ; noais la haute n qu'mi en v^ ne doit pas servir à nous feire mépriser l'Éf^ des dèr* niers siècles. Dans la primitive ÉgjiisiSi parmi l)eauoouix.de. sainteté, il ne liaissoit pas de se glisselr deç rel4cl|einent^; et dans 1 Eglise tlesdar* nîers sièd^, parmi, les relicbements qui-.sY sont glissés « il œ laissç paa.dY avoir encore beaucoup de sainteté. .

Oserai-|e faire une comparaison? Elle est txiieuse, mais 'leBe n'en esf pa$moinsjuste.n*avoirpourrÉgliseèt ppnr ses jugements qu'nnesoninission de respect, pe lui rendre qu'on honneur apjÂrent et eue* ri^ur^ ne.déferer à ses ontcjés que par le silence, lorsqu'en secret on 8*âève,^Qqnire elle, lorsqu'on lui résiste .dans le cœur er même par les tffets,' n'est-ce pas traiier-cette épouse ddiJésub- Christ comm^ Jé« sus-Christ lui-même, son, divin époux, /ut traité des soldats auxqael» on l'abandonna dans sa passion? Ils le couronnèrent, ils lui mirent up sceptre dans la main , ik vetiQient tour à tourne prosWner à ses pieds et l'adorer : voilà de graiids' témoignages de respect; mais. en même teinps ils le frappoient ai^ visage , et ' lui donnoient des souf« flets. . *: • * * '.

Cette grande fumiière dn monde clik*étien^ ce'docteur par eiçcellence el ce défenseur de là^grâce, cet bpmmé 4'.un génie si élevé et d'une ti Ifattite réputatiott^dans tous /es siècles gui l'ont suivi,faint Àugus|in , en traitant des matières de religion, ne vonloit pas qu'on le crût Sur son autorité paiticuliërç, ni sur sa parole ; mais il rèbvoyoit au témoif> gnaçe de l'Êdise. Aujourd'hui des troupes de femines faisant pro* fession de piété , et conduites par un directenr qui Certainement, n'est rien moins qiie saint Augustin^ se laissent telFement prévenir en sa faveur, que dès qu'il a parlé, dled ne vedient déférer à nul autre tribunal, qgel qu'il soit. Ce seul hoqime, souvent d'un savoir très^super^ ficiel, voilà leui' évéque, leur pape, Jeur Église.

On me dira qu'elles agissent de bonne foi, et que.leur simplicité les excuse. Qu'il y ait en cela de la simplicité, j'en conviens : mais il faut* atissi. convenir qu'il y a eqpeîre plus d'opmilureté. vOr je dQuté fort qu'une simplicité accompagnée d'un tel aheurtem^t et de tant d'opiniâtreté doive être traitée . de bonne foi , ou qu'une telle bonne M puisse être devant Dieu un litre de justification.

* Je m'en tiens à. ee que- m'enseigne, mon directeur :'C*.eit le pas^ teur de mon ame : voilà ma r^le. Mais selon cette règle» crojaa*

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tous être en droit de rejeter toutes les décisions de l'Église auxquelles oe directeur, n'est pas soumis? condufte pitOTableethors de toute raison. Car quand vous.yous devez contre TEglise pjnr vous attacher à ce directeur, cela montre que vous ne fpitB y atiSKhez que par .entêtement/ et non panr lêvrai princ^» qui est un principe de religion,, puisque la même religion qui vous ordonne d'ëcoiiter ce paileur particulier vOus ordonne encore ^beaucoup plus expressément d'écouter le commun pasteur des fidèles et le corps des évêqnes, qui lui sont unis dé communion.

Dieu, par Je propbëte Isaie, tfe plaint qu'il a formé son peuple, qu'il a pris soin ik let ndun^ir comme ^es» enfants, de k$ Aevér^ et quHls font méprisé {\sAu/i). Les jivédicaieuTS appliquent quelquefois ces paroles à TE^lise, et lui font dire, dans lÉn sens moral et spirituel, qu'elle nous a formés en Jésns-Ohrist; que dès notre naissance, et pair la graœ de notre baptême , elle nous a reçus entre 8esi>ras et dans son sein, qu'elle nous y a foit croître, et qu'elle n'a point cessé pour cel;i jde nouis fournir une nourritijire toute céleste, qui sont ses divines instructions et ses sacrements ; mais que nous ne lui témoignons que du mépris, que nous la déshonorons^ que nous la scam^isôns par potre conduite, et pkr une perpétuelle trangression de ses commande- ^nts. Cette application est juste, et cette plainte solide.et bien fondée. Mais laissons ce sens spirituel et moral, et prêtions la chose dans le sens des termes le plus littéral, dans le sens le plus propre; l'applicatTçfn n'en sera pas* moins raisQÎinable. Et en dfot , combien de 'gens ne sont distingoés que par le rang qu'ils tiennent dans l'Église, ne -sont riéhes q^e dés biens de TÉglise, ne vivent que (du patrimoine de rÉgliset et sont toutefois les plus rebelles à l'Église, et les plus déclarés contre elle? C'est bien à leur sujet, et bien à la lettre, que l'Église peut dire des uns zJelesùi nourtU (Enutrivt) ^ et la subsistance qui peut-être leur eût manqué dans le monde, ils l'ont trouvée à Fantel ; des autres : Je les ai élmfésJiExaltamjlj agrandis ; et^saps l'éclat qui leur vientdemoi, peur-être ne seroient-iisjamais sortis de l'obscuritéet des ténèbres. Cependant leur reconnoissanoé, à quoi se réduU-elle? à une obstination invincible contre mes plus sages^ et mes plus. saints ordonnances (Spret^erunt me).

, On voit des femmes d'un zjile mà^veilleux pour la réformation de rÉgUse: c^est là leur attrait ^c'est leur dévotion. Elles entrent dans tQutes les intrigues et tous les mystères ; car certain zèle n'agit qae paf mystères et que par intrigaes..EI]es s'entremettent dans toutes les af Mres. Mais cependant si l'on vient A examiner ce qui se pasSe dans leur maison , on trouve que tout y est en désordre. Un mari, des «ifants, des domestiques en souffrent; mais c'est de ^uoi elles sont peu inquiètes. Pour leur dtef l'Écriture, qu'elles ont si aourent dans te»

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maille,' et oii elles se piquent tant d'être versées et intelligentes, on peut bien leur dire aVee saint Paul : Celui qui ne prend pas. Mom de ta propre maUon, conmeni pau-U prendre soin de [Église de Dieu {Ad Tim., Zj. ^ ^ •

2^e pour relise, zèle qu ou ne peut louer assez, ni ass^ recom^ Bwnder. Mais du reste o^est une verm^et toute vertu consiste daus un milieu et dans un juste tempérament , qui évite toutes les extrémi* tes. Vous prenez les intérêts de l'Église, et en cela vous faites votre devoir, et le devoir de tout chrétien, de tout catholique. Mais ne les |^^nes*vèus. point quelquefois . plus q.ue rÉglisêne les prend ellemême ? Pourquoi ces abattements ^ ces déselations où vous tombez t pourquoi ces inquiétudes, ces :^rmes continuelles? pourquoi ces aigreurs, eesameriumes de cœur? M'omettez rien de tout de ce qui dépend de votre vigilance et de ^tre attention; parlez, agissez : mais au regard du sucoàs,' iaiséezi Dieu le soiu de son Église; c'est son affaire plu» que la vdtre. Le niai vient de ce qu'il se glisse dans la plupairt de ces disputes bea^ucoup de naturel » beaucoup d*humain. SI Ton n'y pMnd garde , une guerre de religion devient une guerre de passion.

Ce n'est pas toujours par là pisofessioil que noua fM9008 d'être at^ tadiésàl'Églisè, qn^os peftt bien discerner si nous sommes vraiment cathdiques^ ou si noue ne le sommes pasi H n'y a point de langage plus ordinafa*e an hérétiques et aux .novétears, que de téipoigner dans leur djiponra et dans leurs écrits un grand attachement i TÊglise, que de prêcher la soumission à l'Église, qued'eihorter les fidàks i prier pour l'ÉgKée. Mais quelle est ceHe lîlglise pour laqueUe ils' semblent si aéiés? une Église à leur mod^ et qu'ils se soi^t faite ; une Église, on phitêtuoe secte séparée delà vraie Église. VoiÙ ce qu'ils entendent sous ce titre pompeux d'Église, ei voUà ce qui éblouit les simples et ce qui les trempe. La voix est de Jacob, mais lesmabissoni ttÉsoû (Geneê., 27). C'est doncà la règle et au caractère di^tinctif que nom a marqué saint Ambroise, qu'il fout s*en tenir. Ce Père parie de Satyre, son frère, et voici ce qu'il en dit. Après uu naufrage d'oà il étoit échappé, il voulut en action de grâces participer au sacrement de rauiel , et, djins cette pensée^ il s'adi èssa à Tévêque du lieu. Mais comme ç'étoit un temps de division et de schisme, ils'iufbrma d'abord si cet évéque étolt catholique : Cest-^rd^re^ ajoute saint Ambroi^, expliquant ce terme de catholique, s* il ii&iê uni de communion. M dt erianee avec lÉgUse romaine. Car sans cela. Satyre ne reconnolssoit point de vraie cathdidté, et n'en devoit point reoonnoitre.

Tout est soberdenné dans .l'Église .-mais ce grand principe, ce principe si raisonnable et si essentiel pour la conduite et le bon ordre

PEmSÉES DilVISitSiiS SUR L'ÉGLISE. «fd

ée tonte société, kous l^entendonâ diversement, aelon les diters râpports soiis lesquels nous lé eonsldérons. A Tégard de ceux qui dépens deoc (ie^pousy noùs^ sommes Ibs plus rigides et les plus implacables défenseurs de la subordination. Maiss*il s*dgft d'une puissance sopérîeure de qui nous dépendons nous-mêmes , c*est sous ce rapport que la subordination n'excite plus tfmt notre zèle : il se ralentit beàu« OQup, 6C même il . s'éteint absolument. Ainsi, entendez parler un supérieur-ecclésiastique de ceux qui sont soumis â sa juridiction :cè sont des plajntes perpétuelles du peu de docilité qu'il trouve dans les esprits; ce sont de profonds gémissements sur le renversement de la discipliné, parceque Gbaeon veut suivre. ses idées. et vivre à sa mode ; ce sont-le^ discours les plus pathétiques et lesplu^ belles maximes sur Ja nécessité de la dépendance, pour établir Inégale et pour la maintenir. Top^ ce. qu'il dit est sage , solide, incontestable : mais il seroit ^' qiiettion de voir si oe qu'il dit, il Je prit tique lui-même à l'jégard d'une souveraine et légitime puissance dont il rélève et à qui il dqit se sou- Éaettre. Voilà néanmoins ce qui séroit bien pitis efficace et plus péraoasiE, que lan^e gémissements et tant de plaintes, que tant de beHenmaximes e( tant de discours. Peut-être croiroît-on, en-se souméttant;aflFoibiir l'autorité dont on est revêtu,^ c'est au contraire ce qui Taf* IJermiroit. Voulons-nous, qu'on nous rende volontiers l'obéissance qui nous est due; donnons nous-mêmes l'exemple, et rendons dé ^nq£ gf^^t^^I'obéi^nee que nous devons* '

Dans les troubles de l'état, le bon parti est toujours eéloi dû roi* et de son conseil ; et dans les troubles de l'Égfise, en matièredecrëance M de doctrine, le. bon parti é^t toujours celui dii vicaire de JésuS- Christ, du si^e apostolique et du corps dés évêques. ^

Un époux infidèle qui quitte son épouse pour en prendre line oa plujs noble oii .plus riche, voilà l'idée que je cdnçois^d'uii bénéficier qui^ par un intérêt tenkppret et tout humain , quitte son église pour passer à une autre. Mais', dit-il , je ne fais rien contre les i^les, dès que la puissance ecclésiastique et supérieure me (tonne sur cela les pouvoirs nécéséaires. Pour lui répotaSr^, je me Servirai encore de h même figure : il en fera telle application q6i liii plaida. Des pharisiens vinrent demander éi fite de Dieu s'il étoit permis à. un homme de renvoyer b fenime qu'il avoit épousée. Qu'est-ce que Moïse aordonné là-dcâssuS; leW répondit lé Sauveur du monde? Moïse, dipent'-ikr, a ^permis de faire ua aétç dé. divorce, et dese séparer ainsi de sa f^maie. D est vrai, reprit Jésus-Christ, Mo13jB Vous Ta accordé; mais fi ne Fa

M»rdé qu'à /a tfurélé d« i^rr« cceur (Matth;*, 19).

D'autres ii!oiit garde d'àbai&donner un béliéflce qu'ils possèdent^ et ne pensent point à le quitter. M est daiis leurs maiiis, mab (éuiPs maint n'en sont pas remplies. Qne fenlkil donc? accuikiuler bénéfices sur

440 BONHEUR B£ L'ÉTAT REhIGIEUX;

sëfioes. Ib disent aîsémçnt , et le disent même bien haut : Ce n^est pas assez ; mais on 9e les etitend jamais dire : C'est trop. Le prophète, parlant à ces riches qui entassent acquêts sur atcquèts , et joignent maisons à maisons, s'â^rioit : HTy aura-t'Uque vous sn^ la terre pour Chuinter (Isai.» â)? II me semble qiue je pourrois m'écrier de même : PTy aurort-il que vovu dans C Église pour là servir? Mais que dis-je, pour servir TÉglise? Elle secoit souvent bien mal servie, si elle ne rétoit^ue par cent qui veulent avoir plus de raisons et plus d*obli« gâtions de la servir.

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