‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 128 sur 225 · ESPRIT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

ESPRIT RELIGIEUX

dignes ^ed plus sérieuses réflexions, et dont il importa infiniment d'être instrUiU

L Et d'abord quels liens cet esprit religieax n'est-il pas capable dr produire? On peut lui. appliquer ce que Salomon a. dit de la sagesse : Tous tes biens tne sont venus avec elle (Sap.,.7). Eu effet » qu'un religieux soit rempli de cet esprit , de là lui vient le go At de son état, la 6délité à tous les devoirs de son état , fexactitude aux moindres pratiques de son état, le prix devant Dieu et la sanctification des exerdces de son état, enfin la paix et un parfait contentement dans son état: Que d'avantages ! comprenons-les bien , et considérons-les chacun en particulier*. ^ ^ ,

Le goût xle son état : pourquoi ? paccequ'alors le religieux estimé son état; Or^ de réstime suit naturellen^ent le goût 'Et c'est ainsi qu'on a YU et que nous voyons encore de nos jours tant de peraonnes réligieuses, de Pun et de l'autre sexe, .s'affectionner à des éuts dont Taustérké révolte tous les sens , et semble être au-dessus des forces humaines : tellement que la nature des choses parbit changer à leur ég^rd ,.et que ce qui devroit, selon les sentiments ordinaires, leur inspirer de l'horreur et les rebuter, leur devient un attr^t pour les engager et les attacher. La fidélité à tous les devoirs de son éta( : ]^urquoi ? parcequ'alors le religieux aspire à la porfeciion de son état , qu'il la désire véritablement et ardemment , qu'il la désire même uniquement. Or, n'ignorant pas d'ailleurs qu elle est toute renfermée dans ses devoirs , il s'y porte avec un zèlelnfatigable et une ferveur que rien n'arrête. Toute son étude, ce sont ses devoirs; toute son occupation, ce sont ses devoirs; toute sa vie, ce sont ses devoirs. Il n'en omet pas un , et il n'y en a pas un où il n'apporte autant de vigilance et autant de soin ique si c'étoit le seul dont il fût chargé et dont il eût à répondre. L'exactitude aux moindres pratiques de son état : pourquoi ? parcequ'alors le religieux n'ayantrien plus à cœur que son avancement dans les voies de Dieu, et sachant combien y peuvent contribuer certaines pratiques, qui, sans être proprement des devoirs ni d'une obligation étroite, sont néanmoins des usages communs et des coutumes établies , il s'en fait à lui-même des règles, et comme des lois inviolables. Rien n'est petit pour lui, dès que c'est un moyen de s'élever à Dieu, et de faire quelques progrès dans l'hunnlité, dans la charité, dans l'obéissance, dans la mortification et la patience ; dans toutes les vertus. 11 embrasse tout , il se réduit à tout , Ù profite de tout. Le prix devant Dieu et la sanctification des exercices de son état : pourquoi? parcequ'alors le reRgieux ayant toujours Dieu présent , et en conservant partout le souvenir, il ne se conduit que par des vues supérieures et toutes religieuses. Poiht d'autre principe qui le fasse agir, poiilt d'autre motif que le bon plaisir de Dieu. Or ce qui donne à toutes nos œuvres un caractère de sainteté plus excellent, et ce qnien rehausse particuMèr^ment la valeur , c'est la sainteté méoie du prin-

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dpe d'où elles parteiit , et Texcellence du motif qui les Mpompagoe.

Enfin la paix et un pariait contentement dans soj^etat : dernier avantage, qui est la suite immanquable des autres.CiPk religieux limant son '^, goûtant tous les devoirs ée^sdh état, s-âfïectionnant aux moindres pratiques de son état ^'envisageant Dieu dans tous les exercices de son état , et y trouvant un trésor de Aiérites qu'il amasse et qu'il grossit d'un jour à Tauirè, doit» par une conséquence in&U- Bble « se plairedans son état et y ressentir les plus solides consolations. C'est ce que mille exemples jus(|(ft'i présent ont vérifié*; et comme le bras de Dieu n'est point raccourci , et que sa grâce , nililgré l'iniquité du siècle , opère toujours avec la même onction » c'est encore maintenant ce que mille exemples vérifient. Ces consolations, an reste, cette ^tion que Dieu répand dans Tame religieuse, n'ont rien d^. cesL plaisirs gfAsiers ni de ces vaines douceurs où les mon<]|ûns^|||| consister leur prétendu bonheur. Ce sont des cdnsolatio]||^ute8 pures f fonteà célestes , qui , par Talliance la plus nâerveilleuse , s'ao cordent avec toutes tés rignéurs de l'abnégation évangélîaue et toute la sévérité de la pénitence. Car voilà je miracle qne nous ve pouvons assez admirer : dans une vie où la nature est incessamment combattue » où chaque jour elle est domptée, mortifiée, crucifiée , on jouit d'un* repos inaltérable ; on ne cesse point de bénir son son , eLltay s'y es« lime plus heureux qu'eau mifieu de toutes les pompes et amfàutd^ les joies flu monde.

Or, encore une fois, qui Ait tout cela? je l'ai dit , l'esprit religieux* Esprit intérieur qui , du fond de l'ame où il réside , se communique aû-dehors, et se montre dans tout l'extérieur du rdigicux : dans ses discours , dans son air , dans sa marche , dans toutes ses mavères. Les gens du monde s'en aperçoivent bien ,*et de dehx religieux ils savent Men distinguer celui qui secoroporte en religieut , et celui qui parle, qui convexe, qui se conduit en sécAier. D'où vient le respect qu'ils ont pour l'un, et le mépria^qu'ils témoignent quelquefois pour l'aillre. Voilà pourquoi dans ce premier riovidat , par où , selon l'ordjre et la sage discipline de rÉ{;lise , il fou t passer avant que de prendre avec hi religion un engagement fixe et immuable , les maîtres à qui* Ton confie le soin «de former ces jqines élèv^que Dieu retire du milieu, de Babylone, et qu'il rassemble auprès de lui, s'étudient pàr« dêflstia toutwà leur impriiner profondement cet esprit religieui , et ne leur recommandent rien avec plus d'instanc^que de'le nourrir dans eul^ de l'y fortiiBer, et de l'y maintenir jusqu'à la mort. Tant (m ^t persuadé que T'est le premier fondement dé l'édifice spirituel qu'ils ont à bâtir, et que tfe cette racine doivent pro<^ër tous les fruits de jusiioe que Dieu attend d'une vie r^ulière et conforme à la profossiou roligieuse.

IL Hais paroec^oe les contraire ne paroissent jamais mieux que lorsqu'on leii «HPl^Oae à UnH oonthurés, après avoir vu duels biens

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{)foduit Tesprit religieux , yoyons quels abus el qaekjlëiOTdres s'iaroduisentdbns une commanaoté dès qu'il, oommeoce & s'éteindre. II seroit à souIujÉlbr qu'on en eût des preuves moins fréquentes et moins delatantes ; niais on est c^ligé de le reconnoitre., quelque avec une extrême douleur : c'est pUr-Ià que sont tombées des mafions entièi^ où la- régularité y depuis leur établissement, s'étoit conservée dans toute sa vigueur, et qui long-^temps avoient été l'édification dei'ÉgUse. Dieu y 4toit servi fidèlement et saintement^, la bpnne 4deur de lear piété se répandoit de jour en joui^ itse perpétuoit d'aimée en année; tout le public, en étoit instruit et les regardoit comme des asilesde l'iih nocence chrétienne; et de la pnreté des mœurs la plus par&ite^On vantoit de tous cfttés la tranqulDité, l'union, la charité qui y regnoit, et qui» d'un grand nombre de sujets , ne faisoit qu'un même oœor et qi'wfb Toéme ame. Mais cpielle malheureuse révolution a trouMér cette M^ ikioni^^^enversé ce bel ordre ? comment est arrivé ce dbangément ]|>rodi(^x, et cette triste décadence qui a pjsrdu deè eommaaantésoà robservance étoit si exacte et la règle si bien émblie? C'est qu'on y a laissé enti# l'esprit du monde , et que l'espr^ du monde en a biam l'esprit religieux : je veux dire qu'il en a banni l'esprit de retraite , .fespril d'oraison , respik*it de dévotion , l'esprit de pauvreté t de pénitence , dft^umission ; l'esprit de détachement , de renowsement à soi-méme-r et qu'il y a porté avec loi un eqprjt de dissipation^ un espritde licence et d'indépendance, un esprit de tiédeur et d'étoijpiement des choses de Dieu , un esprit de propriété» dÀ cooHBodité» de ])aresse ; un esprit vain , hautain , Jaloux des pr^renbes et des dis* tinctionsy impatient, délicat, sensible, et la source enfin de milte divisions ; car voilà quel est cet esprit du monde qui prend la place db l'esprft de religian.

* Faut-il alors s'étonner que cette, ivraie , semée dans le ehamp do père de famille, y.étouflfe tout le bon grai^ ? Faul^il , diaje, être surpris qu'une* maison se dérange . et qu'elle prenne une faee tonte nouvelle ? que de maison de Dieu qu eHe étoit , eVe devienne une q^ son de confusion, où les plus anciennes pratiques s'abolissent » ou les «plus sainu règlements sont négligés, oh chacun vit selon son gré , et où lesfauies demeurent impunies ;^où il n'y a plus ni subordination à l'égard des supérieurs , nr déférence à leurs avis et à leurs réprétensions , ni. assiduité à la prière , ni zèle pour la fréqueptation des sacrements , ni amour de la solitude , ni recueillement , ni pauvreté , ^^ ni austérités? S'il y reste encore qudques âmes vraiment religîausns, dé quel œil voient-elles une défection si générale et si léplorà>le , el de quelle amertume spnt-èlles^ remplies dans le* onnr , quand allas comparent l'état présent , où la communauté se trouve réduite , avec ce premier état , cet état florissant dont elles ont été témoins , et dont dlas ne penvent presque plus ^éoopvrir le moindre vesiîge? CTest le sujet de leurs gémissements, d'antani phia ^lonkMeûx q[tt*eBan an

mfwt'KBUGwot: m

cn9teiiliaHM4ipMHe8 de remédier M malqQi leiirfttge : cv jMHivent eUe& sept ïiiéBtt ebligéea de se taire là-dessus» et n*oséiu s'ien expliquelr ni déckrer leurs seutim^asy pàroequ'eUes savent queftout oe qw'eltes diroiept seroit aud reçu , et ne serViroit qu'a irriter les esprits. JGiepw* dsDt le dé^Axire , bien loin de se corriger, croit totas les jours: k mesure que lesprit religieux a*en va, . use certaine cndnte de Dieu s*ef£ice9 une certaiue tendresse deconscience dimûme ; on s'enhardili peur aiosi dire^ à fiaûie certaios pas , i franehir.eertmnes iMurrières) • et en de telto coujonctares ^ 'à.quoi h'esc-on pas exposé , à quels égarements ^ h ctuels seaiidales? Hëfau I le souTeair du passé est sur eeU une leçon bton terrible et bien touchatite. f ^

Il est vrai , après tout , que de pareiiies chutes sont moins ordi&airea et moins 4 craindre pour toàte um maisDO religieuse » que potur quelques padienKers qui s'ori)lkDtv et qui s'écartent de jéu»s devafnl Gap quoique lecorps d'une oemmunaut^ke sootîende^ il peut y aidr des membres infirmes et mal affectés; c'esKà-dire qu'il. peut t vmlt de oiauvats sujets qui se reiàdient, et ijui dégénèrent delà salalig^é de leur Tocatipo. Qp n'y en eût-il qu'on seul \ il est cèrtirin ^e la caàse .^f de son malbeu&t , ou de a'av4>ir jamais bien pris l'esprit on de l'avoir {Srdu. Peutrétrê avec eet- esprit àvoîHI eu d> plus heureux (commencements; peut-être étdit«U entréij^ arec une ivdeur et.une résoliilio& deàt il seihbllEt qu'on pérer pour raveair. Mais ces espérances peu à peu se seaf aa milias^'de sa course «1 s'est acrèté i il s'est dérout0 , H a qifltië ëoâ ebeum ; It q«i sait quand il le ref^rendrâ? CoAbieif d^autrès, apMrf ii$fè égarés comme lui , n'en asuf plus i^vetiusî O moeujlei ^fiMHi 9is /.dUpk saint Paul aui Gâdates, eottl êM si dipaurvtk de raUoh , 9V^<mt commencé pa^ l'esprit » 9ùiu fitiiiset maintenant pat la ciuàt. VMu m»Me% bien : pourquoi ntùvet-voue ptu continué -de même ^ ti fuel obtiaùU s en oppoeé à vowe penévérmieef (Ga/ai., 5). Cet bb-* stade^ àrégarcUlb religieux dont nous parlons» et à qui nous pouvoÉf appli^er danstooteieur foreetesparoleSderApdtre, c'est qu'il n'a )mi te même esprit qui te dirigeoit et le gouvernoit. Trop de commerce^ei dedistractionsau-dehQfs, trop de meuteiiieiitsméoie et d'a{ifîtatiohs aa« dedmis , omissionis trop libres et irop fréquentes dé Kobtervàn^ réguliS^ négligences et tiédeurs dans ses exercices de piété ^ iiouveltes idées , nouvelles inclinations , tfOuvelIes préténtioiia : tbdt cela n&sensibiement a déradiié de son eœut la jirincipes de rel^ioih oh it avoK étëélevé; C

Or>»*n'ayant plus le même esprit « H n'a plus les^némeè mâiimes; if ne pense 4>Ius comme it pensort y D ne goûte plus ce qu'il goûtotl ^ il n'agit pies d«îi les mêmes vues qu'8 a^^ssoit. Son état, qu'il alUlOir, lui devient ennuyeua et insipide; ses devoirs, âuxqueh fl étbit iiiviélâblemeot attaché , tuf paroissent incommodés et gêdanfc; miDe pétUeé pvtliques<pii ontpasiéenoQliriund, et ^'4ùe dtfntè Artenr àfMIé

4BI 'ESPRIT REUdECX.

i iâ^règlet ii6 8oiiiplii8 dan^son estime quedes mmiHies^etilesëéfD* tions de noTÎoe. Il se ménage, il s'épargne « et tâche de s'âdoocfrde jobg en se décàargeant de tout ce qu'il peut. Ce qn'il obserre mêiQe par une obligation dont il n'es^ pas en son pomroir. de se dispenser, il m'f satisfait qa*à demi, qiie. de mauvaise grâce , qu'avec. une espèce de regret , que par un respect humain , que par unecraime servile, et qu'autant qu'il est éclairé de l'œil des supérieurs. Ainsi , dans une langueur mortelle, iLtratne une vie tâche, imparfaite .et sans mérita Quedis-je, une vie sans mérite?. Plût au iâel qu'elle SA seulement ' inutile , et qu'elle né fût pas. aus^i criminelle qu'dle l'est I Car dans ce Relâchement , il n'est pas^ossi^Ie qu'on ne soit opposé k Uen des pé* cbés beaucoup plus griefe qu'on ne les conçoil» et qui au jugement de Dieu seront pour la conscience «de rudes charges. PuissionsrikMis y tkin présentement tonte l'attention nécessaire, et n'attendre pas â'y chercher le remède lorisqu'U n'y en apra plus ! 11, y en a encore : et quel esf-il? ce seroit un esjprit plus religieux. S'il est mort .en nous , , travaUlons à le ranimer : c'est l'entreprise la plus digne de nos sœns.

. lU; £n iffiet , l'esprit religieux ne se retire pomt si absolniiient jjl'utt|me qu'on ne puisse le iappeler,etil ne s'amqflk point de telle ^fl^B^on ne puisse le révdUar et le! ressusciter .^rité d<mt il est împM|ft avant toutes choses de se bien convaincre, et confiance qii'on nqptft jamais |ferdre, à quelque degré d'attiédissement et d'iip» perfecUonqu'onca^oit vehu. Car 1^ démon , ennemi du progrèaepirkuei et de la sanctification du religieux, comme il est l'^ti^emi du salut de tous lesïiommes , .n'a point d'artifice plus dangereux ni ptes puissant, pour empêcher le retour d'une ame religieuse,, et pour apposer à la gtaoe qui là sollicite intérieurement et qui fM^rei^ne de la décourager, de lui persuader qu'elle ne ppArAi rentrer aans ses pcemières v.oies , ou qu'ien y rentrant elle ne pourra s y mainteAr. Elle $e représente là-dessus à elle-même des difficultés qu'elle n'ose mjjérer de vaincre. Elle se sent dans une aridité, uiia|8^dbereS8e, un d^ût et un abattement où il lui semble qu'elle restera toi^purs, quelque bonne volonté qu'elle ait d'en sortir ; mais c'est une Ulusîon. 'Tout ne dépend que d'un seul point, qui est de faire revivre dansi elle l'esprit religieux. Or pourquoi ne le pourroit-elle pas? Ué I les ^na grands péchieurs du siècle peuvent bien^ avec l'assistance divine f r^ prendre l'esprit du christianisme; pourquoi lui seroii-il plus difficile , avec le méme.secôim, de rêfirendre l'esprit de sa vocation? Il y a desinoyens poiir cela, et les plus efficaces se réduisent à trois, qui août la réflexion , l'action, la prière. > ^

Car si je veux me rétablir dans cet esprit de religion qui m'a lait

renoncer au monde ^. et dont j'ai reçu les prénûces eil recevant l'habit

religieux; ou si je veux le rétablir dans, moi, le premier mpyen que j'y

dois employer est la réflexion.. C'est>4-dire queje ^iaattendvement

onsidérer e( me remettre deyynt les .yem osa gmda objeii dont

ES^T RËUGlEUXv «S

j'ai reftenti rimpreation àcertaiiis'teibps de m vie et ea certaines rencontres , sortoui quand je me sili dévoaë à Dieu dans sa sainte maison; qné jedois me retracer vivement pes grandes vues qœ j'avois alors de l'importance de mon salut, du prix de mon ame* de la vanité du monde et de ses dangers, des avantages de la retraiie et de la profession religieuse , des desseins de Dieu sur moi et de robligatioQ d'y répondre, de mes devoirs envers ki, soit généraux comme chré» .tien f soit particuliers comme religieux ; des hommages qui lui sont dus', des grâces dont il m'a comblé ^ de la reconnoissance qu'il en attend et qu'il a droit d'en attendre, des 4>romesses qne je lui ai laites^ de la fidélité constante à quoi elles m'eioigagent. frappé de ces idéesv je dois ensuite me tourner vers moi-même et contre moi-même ; j« dois me dire : Oii en suis-je , et que fais'je de mon état » dans cet état de sainteté et de perfection? le Fai choisi ; maison le chœsissant que me suis-jë proposé, et en m'y consacrant qu'ai-je prétendu? J'ai voulu mettre en sûreté le salut de mon ame ; et jusque dans Fas^e oii ^e devroit être à couvert de tout péril » je la perds. J'ai voulu me garantir dé k contagion (du monde; et ce monde que je fuyois, je le recherche, je me rapproche de lui à toute occasion , on je tâche de le rapprocher de moi ; je ne me plais qu'avec lui , et tout sans lui m'eil un désert et m'eiinuie* J'ai voulnme sanctifier par hne vie jçnligieûse; mais^ de bonne foi, qu'est-ce que ma vie? h'est-elle pas moiiifrîligieuse |ue séculière; et combien de personnes* sécuUères vivent beaucoup plus régulièrement et plus religieusement qne je ne vis? J'ai vonin qie donner à Dieu , et m'y donner sans réserve ; j'ai Yoqlu suivre sa voix qui m'appekHt, et remplir les desseins 4® sa providence \ fzi voulu Phonorer , le servir , m'unir à lui par les nœuds les plus étroits ; je lui en ai fiiit au pied ^e son autel une protestation solennelle : mais en vérité puis-je croire qne je s6b à lui comme* je. le dois , que je marche dans ses voies et que j'accomplisse ses desseins , que je le serve selon qu'il le demande et qu'il le mérite ; que je m'acquitte à ^n égard de tout ce que jelni ai promis, et qne je lui garde la fidélité que je lui ai jurée? Hâas! comment pourrois-jè me le persuader, lorsque je tiens une conduite dont je ne puisignorer le dérèglement ? Voilà , dis-je , quels reproches je dois me bire, et voici ce qu'il y fant ajouter. Car cette conduite si peu religieuse, oj^ doît^Ue enfin aboutir? Demearera-t-elle toujours impunie? Après que mes supérieurs auront en peut-étrç assez de condescendance pour k tolérer, «Dieu en userat-il de même; et quand je parot^rai à son tribunal , aura-t-il b mêmtf * indulgence? Toutes ces pensées, bien approfondies et'dé/érieuses>i-. médiiatinîia; sont qipables de rallumer le feu daos une ame, en c'est le premier moyen d'y exdtit par la réflexion , et d'y renouveler l'es* prit religîettx. . r ^

Le second est l'acdon. Saint Augustin, an sujet de lâfdl» parlant i un homme qni dit : Si je cùmprenùi$,jc croirm^ loi répopd : Çroye%t

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