SI ESPRIT RELIGIEUX
01 wm êmprenârei. Où peut ftire la même réponse àlin religieux. Si favofe, ^tes^vçus l'esprif^i^gieûx, j'agirols ;*mais pour Tavoir , agisses : cTest en agissant que tous le formereE dans vous et que vous l'y feres renaître. Vous l'ayez perdu , cet esprit religieux , en cessant de pratiquer les exerdeesde votre état; et voUs le retrouverez en las reprenant. Mais puk-je agir sans cet esprit? vous le pouvez, aid^ de la vertu céleste ; vous pbuy^z , dis-je» indëpendarument du goût , du sèniuneBt , de lavhàcilé que donne cet esprit» vous rendre assidu à tout ce qui est de votre règle ; vous pouvez , aux heures et aux ^inpB proscrit^, vous recueilKr devant Dieu et méditer; lire de bons Irma et* vous y appliquer, reatrer eft voas-gaéaie et ftdre Texaimen de votre coMCKiice, approcher plus souvent du tribunal de la pénitence,, de la aamte table^ et y apporter plus de préparation ; assister plus firisttiaeat au divisa ofiloBSi et les réâter avec plus de révéreûce et phis de modestie ; vaquer è toutes vos fonctions, sans en rien omettre u eagriea négl^er. Il n'est pas besoin âe descendre là-dessus chns m plus kmg dâail. Yoas save2 assez qudles sont les observances INTopres de votre âtstitut ; vous en voyez la pratique dans votre com- BUBauté : 80«nettez-vous à tout cela , et n*tfi passez pas un point , quelque lénfev qu'il soit. Vous y aurez de la peine, f en conviens; vous i's^gjitez cpL'avec répugnance : mais si vous vous armez d'une généreuse réeotition, elque vous teniez ferme, marchant toujours du même pas et suivant tojouors la même route, malgré toutes les ^ineJ qui s'y rencontreront , j^osa vous assurer que ce ne sera pas en vain , et je puis vous prômeitrè que Fesprit reli]^ieùx qui.s'étoit éloîgtié, ou plutôt que vous aviez vous-même éloigné de vous , reviendra ; qu'i| ramènera avée;lui l'esprit de Dieu, ou, pour mieux dn*e, que l'esprit de Bîett le ramènera lui^ipéme , et qu'il vous secondera^ Tous serez surpris d'une si heureuse conversion ; vous en bénirez mille fois le ciel, et vous voiis vous écrierez comme le saint homme Job : Ce que mofi mêerefcêoitavee horreur est maintenant ma pbis douce nourriture (Job, 6). Votre profession et tous ses engagements, bien loin d'être encore pour vou^ un ferdeau aussi pesant qu'ils Fétoîent ou /{u'ils vous le sembloieni , tous deviendront aisés ^ et vous porterez le joug du Srtgneer avec une sainte allégresse.
Mais achevons , et disons quelque chose du troisième moyen^ qui' est la prière. H n'y a rien qu'elle ne puisse obtenir, et voilà ce que le Sauveur des hommes nous a fait entendre dans son Évangile par ces '^paroles si expresses: Demandez ^ et vous recevrez. Or si Q||u est ' toqiôurs disposé i nous écouter, lors même qu'il n'est question que d'amires humaines et d'ibtéréts temporels , que sera*cè ^Jfj^d nous voudrons attirer sur nous les dons de sol esprit , et que (hub ce dessein noiik élèverons vers lui nos cœuk*s?. Ainsi l'amc reli^rwe concevant les dommages infinis que lui a causés la perte qu'elle a fait/e de resprit religieiix , et touchée (f un vrai dfesir ds tes réparer, n^a point^
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de realiliroe' plus prompte ni plus sdide que d^reeoorîr à Dieuf Qu'elle lui représente sa misère : Hëlas ! Seigneur, elle est extrême , frT<Ais en êtes témoin ; vous-vayez la désolation de mon cœur et le triste abandonnement où il se trouve. Il est en votre présence comme une paille saiu suc et toute desséchée (Job, 15). Ab ! mon Bien, il n'y* a plas rien en moi de religieux que le nom. Qu'elle se reconnoisse coupable, et qu'elle )ui en témoigne humblement et affectueusement son repentii;. Non » Seigneur, ce n'est point à vous que je puis imputer le. désordre de mon état, mais à moi-même ;. ce n!est point à vous que je puis m'en prendre , mais je n'en dois aecnserque moi-même.* Je m'en accuse à vos pieds, et je confesse devant vous que j^ai péché : [ust» sujet de mes regrets et de mes gémissements ! S'ils ne sont point encore aussi vifis que je le voudrois, du moins ils sont sincères, et vous le savez. Qu'elle implore avec confiance sa miséricorde , et qu'elle lui redemandecetesprit de grâce qui^peut seul la relever, ou la mettre en disposition de se relever elle-même : Jusqu'à quand , ô mon Dieu ? jusqu'à Quand ? N'y a-t-il donc pas assez de temps que je langulsdans le fond oe mcft Indolence, et ne sortirai-je point de mon assoupissement? Baignél me renvoyer vot^e esprit , et l'esprit de la sainte religion bu il vous a plu de m'appeler*i avec cet esprit religieux , vous me rendrez la vie;. mais sans cet esprit religieux , je n'ai ni sentiment ni moQvemenr. Qu'elle le fasse souvenir de ses bontés passées, et des Airaclës qne sa grâce a opérés en faveur de tant d'autres. Pourquoi, seigneur, ne ferez-vous pas pour moi ce que vous avez fait pour eux? Ib s'éiolent égarés comme moi, et peut-être plus que moi; mais au premier signe qu'ils ont donné d'un retour véritable, 911 premier désir qu'ils en ont marqué, vousjleur avez tendu lea bras, vous lès avez recneiffis dans votre s'ein , vous tes avez embrasés d'un feu céleste, et revêtus d'une force divine. Leur changement a comblé de consolation toute une coni)munanté; et ^ après en avoir été le scandale, • ils en sont devenus Téxemple. Hé! mon Dieu, pnissiez-vous répandre sur moi les mêmes bénédictions! J'en ai le même besoin , je les désire avec la même ardeur ; il ne tient qu'à vous que je n'en ressente les mêmes effets. Enfin, que Famé religieuse insiste toujours, et qu'elle ne cesse point de prier, jusqu'à ce que Dieu se soit laissé fléchir, et qu'il l'ait exaucée. 11 n'éprouvera pas long-temps sa persévé-* rance; car il n'est point de prière, qu'il agrée davantage, parcequ'il m'en est point qui soit plus selon ses vues. Quoi qu'il en soit ,' pu ne peiit rechercher avec trop d'empressement, ni demander avec trop d'instance, un aussi grand don que l'esprit religieux. C'est le trésor éVangélique, trésor caché et tout intél*i€fur; mais si nécessaire et si précieux qu'il fatit tout vendre pour l'acheter. Heureux, quiconque le possède, plus heureux auiconque lé conserve, l'entretient, le fiiit croftre'jusquesàla.mortf ' • . \
456 HABU RËUGIËUX.
«, . OàBlT BEUGIBOX : CE QU'iL SIGNIFIE, ET A QUOI iLERGi^B.
Ce que l'apôtre saint Paul recomman^oit aux premiers fidâ^, il nous le r^mmaiule à tous , qui est de nous revêtir de notre SHgnewr Jésus^Chrui [Rom.^ 13). Or, dans un sens spirituel, se revêtir de Jésus-Christ, c'est se remplir fesprir et le cœur des' maximes de Jésus- Christ et de ses sentiments, c'est conformer sa vie à la vie de Jésus- Christ , et régler toute sa conduite sur ce divin mçdèle. Maus, prenant les paroles du grand ^p<^e plus à la lettre , on peut bien les appliqherà l'habit rdigieux , et dire plus proprement d'une personne âp- .
Selée.à là religion , et admise h ce saint état , que, dans la cérémonie e sa vèture, c'est 'de Jésus^Christ qu'elle se revêt. En effet, elle se rèvét de la-(yauvreté de Jésus-Christ , puisque Thabit religieux est un \f habit pauvre ; elle se revêt de l'humilité de Jésus-Chtist, puisque l'ha* * bit reUgieux isst un habit modeste et humble ; elle se revêt de la pénitence de Jésus-Christ, puisque l'habit religieux est nnliabit pénitent* ' Ainsj^u reste.
lAais entrons en quelque détail ,.et voyons plus en pifticnli^ quel est le mystère du saint haUt que nouiiportons en qualit^de reUg^eux. Voyons quels en sont les engagements, quels en sont les avantages., comment il nous in^tlruit de nos obligations, comment il condamne nos relâchements, de quelle manière il nous honore, et d^^uelle inanière nous Thonorons ou nous le déshonorons , selpn l'esprit qui nou^ ' . anime , «t la bonne ou mauvaise édification .que nous donnons a7
dehors. De tout ceci nous pourrons tirer des leçons très salutaires , et 'de pui$sants.moti& pour alluiner iouié notre ferveur dans la pisatiguede nos dévoila.
Qtt*ést-cequè l'habit reli^eux?^est, pour user de cette expression, une espèce de sacrement : je veux dire que c'est lin signe visible.des dispositions intérieures et des sentiments invisibles de l'ame religieuse. Le religieux touché de Dieu, et sentant l'efficaoe de cette •• parole évangéiique» Bienheureux tes pauvres^ ne se contente pas
d'une pauvreté en esprit , mais embrasse réellement la pauvreté de Jésus-Christ par un dépouillement absolu de toutes choses; et c'est pour en faire une profession ouverte qu'il se revêt d'un habit pauvre, afin de donner ainsi à entendre que toute la fortuae du monde ne lui p est rien , qu'il y a renoncé, et qu'il n'aspire qu'aux richesses immor-
telles qui lui sont réservées dans lé ciel. Le religieux , disciple d'un Dieu humilié, et connobsant toute la vanité du faste et de Torgueil bumain , s'attache à l'humilité de Jésus-Christ ; et c'est pour en faire I une déclaration publique qu'il se revêt d'un habit modeste et hum'ble ,
b afin de témoigner par-là combien if est ennemi de tout ce qui s'appelle
pqmpes du siècle , combien il les méprise, et qu'au lieu de chercher à parottre et à se distinguer par un feux éclat , toute son ambition e.st de tendre sans cesse vers î'hâritage étemel, et d'y briller dans la
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splendeur des Saints» Lejreligîeax mort à luî-méaie ou désirant d'y infdurir,«Bt sachant quelle- est là corruption des sens, et combien il importe de les tenir dans la sujétion , prend pour son partage, fa mortification'de Jésus-Christ; et c'est pour notifier le cholî qu'il fait, qu'il serevét d'un habit grossier et pénitent; comme s'il disoit : Qtte lés m(>ndaios, idolâtres de leur chair, la flattent et rentretiennent dans une mollesse criminelle ; pour moi, Je suivrai mon Sauveur crucifié, et chaque jour je me chargei^i de sa croix, et la por'terai sur mon corps.
A cet habit religieux, les personnes du sexe ajoutent le voile , ce sacré voile que Tertullien compare à un bouclier, qui sert de défense à l'amé contre tous les scandales oit elle pourrbit être exposée i et contre tous lé3 assauts^ de la tentation qu'elle auroit à soutenir. Mais, quoi qu'il- en soit de la pensée de ce Père , ce qui est cer tain , c'est qu'en se couvrant de ce voile , une vierge chrétienne fiiit une protes« tation authentique- et solennelle de la .résolution où elle est*de fermer désormais les yeux à tous les objets terrestres et profanés ; d'étoufFer d^s elle les deux désirs les plus pernicieux et néanmoins les plus ordinaires , qui sont le désir de voir et le désir d'être vue , de s'ensevelir toute vivante, et de se cacher dans l'obscurité de la retraite, foUT p'écre plus du monde et n'avoir plus de rapport avec le monde ; de ne s'occuper que du soin de plaire à son divin époux, et de le gagner; de se dévouer uniquement à Dieu , et de n'avoir plus de conver* jation et de commerce qu'avec Dieu.
Voilà , dis-je, de quoi l'habit religieux est un témoignage sensible; iipilà ce qu'il signifie et ce qu'il annoncé. £t de là même ce respect qu'il inspire communément aux gens du monde, qui le regardent comme un habit d^honneur : je diis comme un habit d'honneur; car s'il y a des habits pour le seul usage et la jseule commodité » il y en a aussi pour marquer la distinction et la dignité. Ainsi voyons-nous les rois poiter'dans les grandes solennités le manteau royal, comme le Symbole ^t lectractère de la majesté de leuî* personne; ainsi voiton les souverains pontifes vêtus de leur habit de cérémonie, qui les fait reoonnoltre entre tous les pr^ts de l'Ëglise; ainsi les bienheureux mêmes dans le del ont-ils , slion l'expression de l'Écriture , un vêiement de gloirCf proportionné au degré de leur béatitude et-de leur sainteté. Or tel est par comparaison Thabit rt-ligieux.; et c'est ce qui en fait l'ornement et le prix. Car le pfix et l'ornement d'un habit ne doit point précisémetat consister dans la matière qui le compose, mais dans le ministère auquel il est alfectc, mais dans la condition , dans l'élévation I dans le rang et la prééminence qu'il représente. D'eu vient donc que l'habit de la religion, avec toute sa simplicité et toute sa pauvreté ) est cependant si respectable et si honorable? ce ne peut être que parcequ'il représente des amis de Dieu , des hommes spédaleipent engagés et consacrés à Dieu» des serviteurs et des servantes de Dîeu'par état , des épouses de Jésus-Christ , des vierges de Jésus**
4SS HABIT REUGlElfX.*
Christ 9 despauvresrde J^sns-Chrîst , de fidèfesindiUiteQrsdeMsûa' Christ , dont ils ont pris les livrées , et à qui seal ils font glofre d'appartenir; ^ '. ' * * Ce sont là en effet les premières idées que le monde conçoit d'une personne religieuse » à en.juger parson-habit. Ifuis allons plus avant; et de tout cela que' doit apprendre le rdfgieux? qaedoit-il condure? quel retour doit-il foire sur Ini-méme? qu'a'-t-il à.se reprocher^ et de quoi doit-il' se egnfondre? G'étoit la pratique de saint Bernard ; il se remettoit sans cesse devant les yeux lejs devoirs de sa profession , .et il se deinandoit : Ok ites-vouivenuy et pourquoi y ites-vous venu? Solide réflexion , et utile fltf>Uvemr qui tie devroit j»nai^ i'effacer de l'esprit d'un religieux. . \ • ,
Car c'est à peu près comme saint Bernard , et même avec plus de sujet que saint Bernard , qu'il doit s'interroger souvent lui-même, et se demander : Quel est l'habit que je porte » et qu'ai-'Je prétendu 09 qu'aije dû me proposer en le recevant? C'est un habit pauvre» par où je'^professe devant le mQnde la jpauvrétéde Jésus-Christ: faë! qu'est-ce donc d'avoir sous cet habit pauvre des sentiments tout op-* posés à la pauvreté que j'ai cboi^e ; de Veiller avec tant de soin à ce que rien ne me manque; de trouver si étrange que quelque chose me soit refusé; de ne pouvoir me réduire au nécessaire ^ mais de rechercher avec un empressement extrême des superfluit^ qui m'accommodent ; de n'avoir point de repos qu'elles ne me soient accorda, . et d'imaginer mille prétextes paur m'en justifier l'usage; d'affecter même quelquefois (pitoyable foiblesse dont les sociétés religieuses m sont pas toujours exemptes), d'affecter pour ainsi dire, jusque dans le sac et le cilice, un arrangement, un air de propreté » qui ^ ressent de l'esprit mondain dont mon cœur ne s'est encore jamais bien. dégagé? C'est un habit modeste et humble, par où je professe l'humilité de Jésus^Christ : hé ! qu'est-ce donc de conserver sôqs cet habit humble etYnodeste'des sentiments tout contraires H rhumitité chrétienne , de savoir si peu m'abaisser, céder dans les rencontres, supporter lin mépris, écouter un averiisftment; de désirer avec tant d'ardeur certaines préférences, ccrtaibes places qui piquent mon brgueil, et de prendre tant de mesures pour les emporter; de nourrir au fond de mon cœur tant de jalousies secrètes contre ceux ou celles à qui l'on donne l'ascendant sur jxîoi, et qui sont ({ans une certaine estime à laquelle je n'ai pu encore parvenir; dé faire tant d'attention a tout ce qui est capable, ou de me causer le moindre désavantage ou de' me procurer le moindre éclat , parceque l'un blesse ma vanité , et qu'elle se repaît de l'autre? C'est un habit grossier et pénitent , par ou je professe devant le monde la mortification de Jésus-Christ : hé I qu'est-ce donc, dans cet habit pénitent et grossier, d'être d'une si grande délicatesse sur ce qui concerne ma personne ^ mes aises, mes commodités ; ne voulanft me g$ner en i:îen\ fuyant 1 autant que je le
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puis, la peine et le travail ;;iisàiit de toutes les faÙ8S«s raisons que mon imagffnatlon me sug^gèfti, pour m'adoocir ta rigueur de l'observance régolière et pour y 'en déchaîner; me laissant abattre à la plus libère infirmité qui m'arrive , et m'en servant pour demander dés dispenses et obtenir des soulagements dont je pourvois fort bien me pai^ ser ; enfin , vivanipu gré de mes sens » et ne leor faisant aucone violence?
Hais.qu'esH^ encore ,%)us un voile qui me consacre à la solitude et au silence d'une vie retirée » et qui mç fait disparoltre aux yeux d|i momie pour me séparer du monde; sous^un voile qui marque le détachement » le recueillement', l'esprit intérieur si propre dé ma voeation : qu'est-ce ^ àH'^e^ sous ce * voile ^^d'ai^ier toutefois le monde, c*est-à^dire d'aimer les visites du monde, les conversations du monde , les liaisons avçc le monde , d'y prendre un goût qui m'attalAe le coeur, qui me distrait et me dissipe , qui me détourne dç mes exercices et me les rend ennuyeux , qui me k*efrpidit dans l'oraisoa, dans la communion ; qui , peu à peu , éteint dans moi tQute la ferveur de la dévotion et tout le zèfe de mon avancemeAt et de ma perfection; qui , peqt-étre à certaines heures, me retrace asses "Avemeut les pensées du monde, pour me faire soupirer dans mes liens, et regretter presque la liberté que j'ai sacrifiée f , .
Qu'est-ce en effet que tout cela? Quelle contrariété outre l'habit et les sentiments ! et, dans cette contrariété, ^ qui peut-on mieux coniparér le religieux , qii'à'ces faux prophètes qui, selon l'expression de rÈvangile, se montroient. sous des vêtements do brebis., mais dui dans le fond n'étoient rien moins que ce qu'ils paroissoient? L'faault religieux n'est donc alors qu'une hypocrisie, qui peut imposer aux hçn^ijQUBS.» mais qi^' ue petit tromper Dieu. *
' C'est bien pis quand te monda oaémé vient a s'apercevoir d'une telle controd^tiou. Et comment ne s'en apereevroit-il pa^? Car , outrequ'il {8t d'imft critique et d^une pénétration extrême a l'égard des reli« gieu>, il faut convenir que comme il y a dçi séculiers qui, sous rbabit du mondei font voir des sentiments tout religieux, il n'y a que trop de religieux qui, sous l'habit de religion, font voir des sen-* timents tout séculiers. On les découvre a leurs manières libres , à leurs s|irs évaporés , à leurs paroles peu mesurées et peu discrètes , sans retenue et s^ms nulle considération. Le monde qui les voit et quii 1^ entend, en est surpris : et s'il ne leur ténipignepas la surpriseoii il est, si même devant eux il semble leur applaudir, il saft bien s'en explîqp,er d^ qu'ils se sont retirés. Sont-ce là, dit-on, des religieux? Ils pensent cpmme nous , ils parlent comme nous^ ils agissent comme nous : à^ l'habit prés , quelle différence y a-t-il entre eux et nous?
Scandale qui retombe sur l'habit même., et qui le déshonore : mais^ faisoQSrlç. cesser, ce scandale qui se répandi §i aîftipent et si vite. îl ne tient qu'à nous, et nous le pouvons par. tme conduite digne de notre
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profession, ^^soyons pas rdigirax seutemeot par F habit ; mais que notre jiabit et nois mœurs s'accordent ptrfaitement ensemble. Craignons que ce saint habit ne devienne un témdn irréprochable, quand noas paroltrpns au jugement de Dieu« .Soutenon^^ la sainteté, et honorons-le de telle sorte , par une fidélité entière et une exacte régularité, que ce soit pour nous une robe de noce, ^ec laquelle nousT puissions Ôtt6 reçus au festin de Tépoux, et atoir part au banquet céleste. # * ,