‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 132 sur 225 · JUGEMENT DU REUP|EUX · texte numérisé non relu

JUGEMENT DU REUP|EUX

retrttie,oii» reotraot en lui-même et repassant par ordre les vérités les plusi' touchantes, ilrevietit de ses dislipaiSoQS , it se remet de ^es hiiguifiirs, H pTenre ses infidélités et s«8 ncf>lt{îfences ,* il reprend sa pre« inî^re ardeur» et redouble le pas dans la carrière quihri est marqiil^. Temps de renouvellement, ou, pour se lier plus étrbitenfent à Dieu que jamais, et pour serrer les sacrés nœuds qui rattachent, il ratifie toutes lës'dfomesses qull a faites , il se reproche les pins légères atteintes qu'if'peut y avoir données, ils*en{yagie par de riouveiles protestations,' et $e rétablit ainsi auprès du Seiçneut*,' dont il comm^nçoit i s^Kt- 0nër. Exercices journaliers : la méditation, la prière, la visite desihitels,' Tassistance au chœnr, les louanges divines; l'approche des sacf^ ments, les fréquentes revues, les œuvres de pénitence, les entretiens spirituels, lès conférences, les exhortations , l'usage des bons livres ; vigilance dès supérieurs, exemples des égaux , concours unanime des sujets dont une communauté est composée, qui vivent sous la même règle, et qui, par une édification muinelfeet une sainte émulation, se sotatiennetit les uns les auth^s. Ajoutez les grâces du ciel', graceft întérjéures, grâces particulières, grâces pjus abondantes dans jes maisons religieuses que partout arllèurs ; lumières, sentiments, inspi* ratidns: ' ' * '.^^

*t^efaot-ildeplu8?et cequeDi^disoit à Israël n'aura-t-ilpas droit delë'direàimrefigieux: Qu'ai-jepufairepourvousquejetiaiepatfail (Kai., 5)? Je vous ai sauvé de rÉgypte, je vousai conduit dans uneterre de bénédiction, je vous ai nourri de la manne céleste ; ma miséricorde *|i0us environnoit de tontes parts, et je vous ai recueilli sous mes ailes, pour vous défendre de tous vos ennemi. Quelles bàrrièr€6 n'aviëzvdni pas à leur opposer? derquelles armes n'étiez-vous pas mtinipour Iô8 combattre? que vous demjndoîs-je au-dessus de vos f^rtc^; et, pour vous seconder,' quelle protadi^n, quels soins, quels appuis vous ont été Vefusés? Vous ne vous plaindrez pas de moi et de ma provî* dence ; mais c'est à moi maintenant d'examiner quelles plaintes j'ai i former contre vons, et combien vdui èté'i récJevable à ma justice.

IV. L'abus criminel qnll aura fait d€i grâces de sa vocation. Voici le point capital et décisif, voici letermc^fiital et le dénouement de cette dangereuse procédure. L'ÉvaV)gile ne ri'oite annonce rien sur cela ()ufe d*<effirayanr, que de sinistre. Le Fils de pieu chercflb du finiit dans'un figuier, et n'y en trouvant point, il liiihtdh. Le cep de la vi||nê qiJt neprbduit/[ue des feuilles e^t coupfé, déssëché, et mis au feti.lJè' servitéui^ qui he rend que le talent qu'an liit'à èonfié, et qui ne Ta ^a^ fait valoir, tst réprouvé du maître. Ainsi que sera-ce au moment «ie la m(/r(, ù ce moment ob le rèlî^teux cité 'au tribunal (le Dieu paroltra cfevànt cette souveraine majesté* et aux pieds de cç jugé inéxoriible qui n'a acception dé personue? qile sera-ce, dis-je, quand Di» u sV (it*'éssantà lui, il lui dira cûmme cë'^igneuf à son inteiidant : RéndeX' min voniptéde iotrc recela (Luc.', 16)? Car voilà ck^ que* Vous Siviiz

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reçu, et à queties conditions vous l'Aviez reçu. Telétoitlebîeiifoit (te votre vocation ^ tels étoieat les devoirs de votre vocation ». téflsvot étales moyens qu'on vous a fournis pour remplir votre vocation : à quoi tout cela- s'est-il terminé , et de votre part quds en ont éri les effets ?

Que sera-ce quand Dieu reprenant le fil et toute la suite de sa vie pendant les trente, les quarante années, et peut-être davantage, il lui fera voir une vie passée dans l'oisiveté, dans la paresse, dans une tiédeur mortelle et habituelle; une vie dissipée, immortifiée, quelquefois plus sensuelle par proportion et plus mondaine que la vie même du nionde ; une vie sans attention sur soi-même, sans zèle de sa perfection, sans goût pour tontes les pratiques de piété et sans dévotion ; des vœux très imparfaitement gardés, et souvent tout-àfait violés ; des règles , ou méprisées et hautement transgressées , ou observées par nécessité, par crainte, par bienséance , par respect humaiik ; des actions toutes naturelles, des intentions toutes serviles, des passions tnès vives, des conversations très libres, des paroles très médisantes et très malignes, des aniibosités nourries et invétérées dans le cœuc» dfsimpatiences au-dehors et des saillies de colère qui n'ont que trop éclaté dans les rencontres, et que tr<^ causé de trouble et de scandale?

Car nous parlonsd'un religieux de ce caractère : c'esi-à-dire (et feutil, hélas ! que nous soyons contraints de faire un tel aveu !), c'estrà-dire que nous parlons d'un grand, nombre de religieux, sans y en comprendre d'autres dont il seroit à souhaiter que les éga^rements , plus* aftîreux encore et plus déplorables, fussent ensevelis dans un étam^^ oubli. Or encore une fois , que sera-ce quand ce religieux se trouvera chargé de répondre à Dieu d'une telle vie , et d'une conduite si peu religieuse? E^t-ce là ce que Dieif attendoitde lui , et ce qu'il devoit en attendre? est-ce lace que lui-méibe ilavoit eu d'abord en vue, lorsqu'il sortit dç la maison paternelle , et qu'il se dégagea^ avec une détermination si ferme et si constante, de tous les liens du monde, pour se consacrer uniquement au service de Dieu ? ëtoit-ce là que devoit se réduire ce service de Dieu , et en cela qu'il devoit consister? Hé! s'il ne s'agissoit d'autre chose, qu'étoit-il nécessaire de feiretant d'efforts, de rompre tant d^œuds, de s'enfermer dans le cloitre, et de recevoir pendant une année de probation tant de leçons; de prendre des engagements si saints, si étroits, si irrévocables? Pourquoi tout cet appareil ? il n'y avoit qu*à rester dans le siècle , et qu'à y jouir de sa liberté. «

Mais allons plus avant : et que sera-ce encore quand, pour achever de confondre le religieux, et pour lui ôier toute excuse. Dieu formtra contre lui un jugement de comparaison ? je veux dire quand Dieu lopposera lui-mômc à lui-même ; quand Dieu le comparera avec tant de Justes qui vivoient dans le monde, et qui s'y sont sanctifiés; quand Dieu fera même servir à sa condamnation les pécheurs du monde , et

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tottte leur conduite selon le monde? Témoignages qu'il ne pourra i-éciiser ,' et dont il sera accablé. Reprenons.

1. CoDsparaison de lui-même avec lui-même. Et en effet, il n*y a point ou presque point de si mauvais religieux qui, vivant au milieu de ses frères, et les voyant assidus à leurs observances , n'ait eu quelquefois certains 3entiment8, et npsesoU trouvéen certaines dispositions ou Dieu le touchoit, où il comprenoit le bonheur de son état, oiill en considéroit la sainteté, où il s'affectionnoit à ses devoirs, où il étoit résolu de s'y rendre plus fidèle, et où il les remplissoit véritablement. Cétoit pour les supérieurs une consolation, pour la comnninauté un sujet d'édification , et pour lui-même un repos de conscience dont il goùtoit toute la doticeur et toute l'onction. C'est doue là, c'est à ces heureux jours que Dieu , pour ainsi dire, le renverra. Que pensiez* vous alors? à quoi étiez-vous disposé? que faisiez- vous? qu'y avoit<ii, daps la régie que je vous avois imposée et que vous aviez embrassée» qui vous étonnât, qui vous rebutât, qui vous arrêtât? Vous couriez dans mes voies, et vous vouliez y persévérer et y mourir : pourquoi ^ipisen êtes-vous retiré, et d'où est venu ce changement? Ce qui étoit un devoir pour vous a-t-il cessé de l'être? Ne vous étiez-vous donné à moi que pour un temps, et n'étîgz-vous pas toujours ekigagé par la même profession et les mêmes vœux? Ces grands motifs qui vous aiilyshoient à vos obligations ont-ib perdu toute leur force ; et le jou|; que vous poitiez si dh^libérément et avec tant de courage est-il devenu plus pesant et moins souienable? Soyez vous- méoie votre juge, car c'est à vous-même que j*en appelle : ce que vous avez voulu en telle conjoncture et ce que vous avez pratiqué, vous avez toujours dû le pratiquer et toujours dû le vouloir.

3. Comparaison avec les Justes du siècle. Le monde est bien' corrompu; mais c'est cela même qui relève la gloire et le mérite de tant de saintes âmes qu'où voit dans le monde, tout corrompu qu'il. est, et malgré tous ses dangers, s'adonner constamment a toutes les œuvres de la piété chrétienne, et vivre selun. toute la perfection de TÉvaogile. Quelle innocence, quelle pureté de mœurs! quelle dévotion vive et ardente dans l'oraison, dans la communion, dans toutes les pratiques de religion ! quelle fidélité aux moindres exercices que leur a prescris un ministre de Jésus-Christ, en qui elles ont mis leur confiance! quelle docilité aux leçons de ce directeur, et quelle obéissance à ses ordres comme aux ordres de Dieu même! quel esprit de pénitence, que d*austérités secrètes! que de rigueurs qu'on est plutôt obligé de modérer que d'exciter ! combien d'autres opérations de la grâce qui ne paroissent point, parceque ce sont des âmes sans ostentation, et plus soigneuses de se cacher que de se produire aux yeux du public !.il n*y a que les prêtres du Seigneur, dans le sein desquels ehes déposent leur conscience, qiii soient bien instruits de ces mystères : et je ne dissimulerai point que moi-roêaie j'm ai cenufois rougi de-

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vant Dieo, voyant daQs ie plus grapd inonde de$ saints et des saintes, et y découvraQ^'iTëminenies vertu:» qui mé réprbcTîbient mes iôTper» fecUons et mes foiblesses. ' ' '• • , .-

' Hais ce reproçiîé, cofaibîen sera-t-il encore pins pressant an jugement de Dieu, et quels prëteites le religieut ponrrà-t-it aHâtuerlàdessus pour sa dëftese? té Piis de Di^/partant des Jnifs^disdit : Lés innimtes s* élèveront an jugement côàtrt cette nation^ et la càndanùie* vont. Ûar dès qu'ilâ entendireàt ta prédication dé /otiaf, iU'fireni pérA^ tence; et {jùici pbt$ qtie fohas ( BIatth.; IS). tenâéihe Skuveur àjoutoit : PtuAeur» viendront de t orient et éé tdédàent^ et auroht place àk festin avec Alhrahdm^ Isàac et Jacob ^ dkns' ierhyaume dès ci'eiix*; mcds tes' enfants du roydume seront v^ejetét (M'atth., 8J. Tristes figures dont Te sén$ne piéut qtfe'trop s'appliquera notre sujet, et 'qtri n*eto sôr/t qu'une trop sensible démoiisfraiibn. Car vbilà ce qui doit s*acoônriplii' à l'ég^ard du felfgieb^î, et voilS comment. Dien, pour ^fnti pafc*- )er;Marconrroritera'(Ies trbtf(5es de'sécuIiVi's dont la vie et Tesexemiik» feron't sa 'Honte 'éf sa côb^fànliiattob. Dans la terre des prêcheurs, ili se sdnt'^^nctillësy et vÀûs/dânsla terre des SainisVqnet degré desai^ telë avez^vous acquis? Ils ' 4tofent àù ifeiliëu dei périls, eri1sseso4R sauvés; voiis, dans un ireu'd'*â^ile' ^t garde de tdutes parts, èn'coiflbien de fiianièrés'kvéSK-vdtis éxposé'^t hasardé vôtre saAiiif Tout conspiroit à lesdétactfer dé noloi, eVjamais ils ne se sont départis ^de ma loi et de la perfection 'de nfk loi; vdusVtoUt vous portoit ver$moi,^ combien de fois m*aveaK-Vou$ obUlié/comblen He temps? Cette pef6^tipn où ils sont* parvenue n^ëtoit pour eut qu'un conseil," et Hs n'en ont pas moins négligé ni "Volontairement omis un seul point : pour vous, c'ëtott un devoir indispensable, c'étbit nu précepte delà désirer, de la rechercher, d*y tendre sans cesse et de vous y avancer : mais qpd effort avez-vDus iâit pbnr cela, mais y avez-vous pensé , ibais Vous en étes-vous'ddajpè,^ mài^ en Arirté' rencontres e( sorttiitle siïjets avez-vous méTiïié obsérvéTeksenttël de l'Évangile <et satisfit an cofiim^ndénjèhi? *' ' .>v, . ^ . . i .....

5. Comparaison avec 1^ pécheurs du siècle. Ce sont ces mondains qtfl, possédés du inonde dont flà^e sont rendus esclaves, doiAféMt in^ affjirés du monde et'à sbtrsénice toute lêuf attehtîôn et tons lettrs Soins. QVie nfc font-fU pbînt pôilr lui plaire, et que ne leur en coûte' tit |)Qint pdm- acqfùérîrys tiens, pour obtenir ses fécompeilses,'pO!lr pai'vétijr à sn |ionneprs,^6r S'i'nsînuer daiis sa feveiir, fet 'pour 5*y inai^ténir? Oa pcjût dire qtfil'y a peu d*oHres religieux,. et qti'il n^'y én'i peut-être pdîtitj qnel'qtre dusterés tfu'ijs soient,1|ui exigent autant de vî{;ifance et'de t-éÇetions, autant de vailles et de fatigue^, amant d'exercfées pénibles et ^abdrleùx, amant de suréiionet dé dé(?éndnnoe, autant de sa<:r»fices dé ^es 'aises, de fon reposa de sa santé, ^e sa propre'*yoloniéî qu*il en fatit tlans la cour d'un princp, danrf la pj^afesstdn *" <l^ ai^ffiès; a jTfiâiirt nîilii^^fb, dans une charge, dùns un nteôce, par-

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tout où Ton cherche à ëtab|ir sa fortune et h réussir. Or toutes ces l^nes, lôbs ces mouvements, lous ces assujettissements, s6nt-ce d^s obstacles Capables d^arréter un mondain dans la poursuite de ses pferenflorts'et de ses pnjets? Autre convîciîon contré le reliVfeux,' et aiilti^ sujet déWnfiision en' la p|^sencç de 'Dieu. 'Ifé auorï lui dira b\éji^ n'ëtols^jè lias un mat(re assez grande et fé inonde devoit-il être mîéuk servi que inôi? Étbit-il (flus puissant, plus riclte que moi? ëtoîtît* plus libérïil dans ses promesses, plus magnfflque dans ses dons? Av6it-il, sùrËint de )nôifdaln^"qui Tâdortiient bu 'qui ri^ol|ilroient, des droits plus sicrés, pliis inviolables que té n'ëji avois sur v&us? Hui appartéhoîént-ilis' autant qiie TOUS ih'appartenîéz?'câr vous éiiez mon Inji'itage^ vous* étiez de ma maison, de nion peuple particiilter. Le joug qu'il fenr imposoit étôit^i moins pésénlf qn% le mien? et en le portant ce joug du monde, n*avoient-iis nul chag^rin, nulle contradiction, \m\ ennui,*' nul 'dégoût à dévorer? Toutefois, comment le pôrtoient-ils? Ils servoient le monde comme lèiît* diVinite : ni'avrz-vôfus sepi oomiqe >otre Dieu?

De là quelle décision, qt^el arrêt! C'est ce que to|ite personne r^lifieuse doit mûrement considérer : car oui sait s'il est digne de haine où dTamour? Mais du reste, il est certain qu'il y en a dans chaque cofnrounaufé à quiéëtie matière convtenfdavâh*(àg;e, et que par un $iveugtetnent bien déplorable, pèort-êtrè même par une espèce d'endiircisfument, ce sont justement ceux-là qui en paroissent moins touchés qiië les'autr^, ei bioins'en i^eine.oéqltèldué'èspërâncë qu'ils osent sèffllatter, p*arceq'u*aprè8totttoil ne leurvoirp6î6t faire de cHhtbs grossières, et qu'ils suivent, disent-ils, le train ordinaire de Ma maison, noîjslisons néanmoins dahh rÉiaitgfle une parabole qui tes regir^Se, (èi qnidevroït rabattre leur cAnfiande.' Oeil celle des dix Vierges, ll'est èonstant que totites'èioeht Wrges, et fl Vest'pibint ëci^ que dans léfùf*vîe il y eût rien de'scanfJafelfx.* CepftiHtnt de ces 'dix vler/jës, lof&qii'irf lit question d'entrêf dans la salle VlU'Kstîn,1fy *én ^ùTcînq qù^'Tépoux rejeta, ^ à aui il répondit' tJif^A» voui conhàX-^oint (MâtVh., 85). Affreuse réponse pour^ttiiè aUé fieligiéuse que ïa mort aura (ondbite aii tribùnarde Dieu! Dàti's M^Uesir âftHenréf'éire'ad.

infté à lai biéatitudé céleste, clléyécWferîf: SwjRfeur, Sitgrikurl iVlvrcsmifl mais quel coup de torinerre,'qiiël atibtnoiifie, si Dieû vient â lui dTrè: Je hé vota eormon poihl! Hél Sfei^hrfîff ,^je duis 'dé ceiVîel'ges qitë vbbs aviez appelées. H est vrlâi : m^i'V&us êtes de'ëelles qi/i* se sofll endormies.' Ce n*é(ôîi'd'àbprd'qu*Un lé(îf^^:fe^dupi$seTTle6^^toiais bientôt vous êtes tombées daàs un somfheif lolsif e( pl^h tfe ^^rdsse. Biàîheureux le'èervtleur'^ue ' le mî^lre y**in *arritfant,' trbiiverà'$ur sa fforiii et dans le Jevbir t il tut dorinéra FadmiiUiMion rie tdus**sês biens (HaVth:, \24).'Mais vous^'cifai n^^vez rien fait dk ce qliè^jlitiëndbrs de vôu«,*quepbuVei-V6W attendre de met? Je'hevoûi éomiUpdV/ii?^ Ce ne sont point là de vaines terreurs; et plaise ku ciel (|u'e)les

47(i SAINTES RÉSOLU llOWS, etc.

fas&enl sur nous une impression salaUiire! Saint Paul craignoit d*élre réprouvé; et ce que ce maître des Gentils, ce Yaissean d'élection crai* gnoit pour Ini-niéme, tout apôtre qull étoit, nous pouvons bien le craindre pour nous, tout reUgieux que nous sommes. D'avoir demeoré à Jérusalem et dans les saints lieux, écrivoit saint Jérdme, ce n'est pas un mérite ni un sujet de louange; mais le mérite, et ce qui est digne de louange, c*est d'avoir mené dans ces lieux saints une vie sainte. Disons le même de la profession religieuse;» et si nous voulons que le jugement de Dieu nous soit favorable , prévenons-le. Entrons nous* mêmes en jugement avec nous-mêmes ; mais entrons-y sérieusement, sans ménagement, sans retardement. Rappelons dans Tamertume de notre ame toutes nos années supputons toutes nos pertes, tâchons de les réparer, rachetons Je temps, et, sans faire aucun fond sur le passé, concluons comme David : Cett maintentau. Seigneur, que je vm commencer {Pêolm. 76) . '

SAINTES RÉSOLUTIONS D*ONE AME BBLlCrlBUSB QUI BECONNOtT LA PERFEC- TION DB SON ÉTAT, ET SB CONFOND DE SES INFIDÉLITÉS. ,

Je vois, Seigneur, ce que je suis et ce que je devrots ne pas être; comme aussi je ne vois que trop ce que je devrois être, et ce que je ne suis pas. Que d*infidélités dans tout le cours de ma vie I que de tiédeurs et de lâchetés! voilà, mon Dieu, ce que je ne devrois pas éir^ mais ce que je suis néanmoins, et de quoi je me confonds à vos pieds. Au contraire, quelles vues de sanciilication, quels desseins votre providence a-t-elle formés sur moi? à quelle perfection m'appelez-vous, et quexige de moi l'état religieux, ce saint état où voire grâce m'a conduit? voilà ce que je devrois être, mais ce que je ne suis pas; et de ne l'être pas, c'est mon humiliation et ma condamnation. Car je ne puis me dissimuler à moi-même combien je me trouve encore loin du terme où vous vouliez m'élever, et combien peu j'ai avancé juaques à présent dans les voies que vous m'avez tracées. Il n'a tenu qu'à mot d'y marcher; etsi je lesavois constamment et fidèlement suivies, jeserois un Saint : hélas ! mon Dieu, qnesuis-je, qu'un prévaricateur et un pécheur?

Je le reconnois : mais, après tout. Seigneur, je puis par votre miséricoi*de, non à ma gloire, mais à la vôtre, lâe rendre à moi<même, en me reprochant mes foiblesses, ce témoignage bien consolant, que, tontes foiblesses qu'elles sont, ce ne sont point de ces désordres si ordinaires dans le monde, je dis dans le monde corrompu. Je vous sers très impariaitemeat, il est vrai ; mais enfin je n'ai point, comme une multitude innombrable de mondains, quitté votre service; je n'y ai point renoncé. Je crains de vous perdre en perdant votre autour, je redoute vos jugements, j'ai horreur du vice, je tâche à me tenir exempt de certaines passions» et je ne m'y laisse point entraîner; je ne donne point entrée dans mon cœur à des objets capaijles de l'attacher crimindiement, rt de l'afFecler d'une contagion mortelle ; je ne me Kvre

SAIATES RÉSOLUTIONS, etc. Vtî

point à ces injustices, à ces violences, ù ces excès où portent une convoitise insatiable, un intérêt sordide, une ambition désordonnée, une molle sensaaifté, un libertinage de mœurs et de croyance. Ah! Sei* gneur, qu'éternellement vous soyez' béni de tout cela, puisque tout eeki vient de vous, et que ce sont les prérogatives inestimables de ma vocation à la vie religieuse ! Sans cette prédilection que vous avez eue pour moi et ce choix que vous avez fait de moi, comment n'aurois-]e point été emporté par le torrent du monde? comment aurois-je échappé à rinoendte le phis général , et n'aarois-je point été malheureusement consumé par le feu avec des m^Hions d'autres?

Car il faudroit , mon Dieu , que je fusse Thomme le plus pr^mptueux et le plus ingrat , si , me connoissant tel que je me oonnois , f osois m'attribner à moi-même un avantage dont je ne suis redevable qu'à votre bonté infinie. Je n'ignore pas la conduite du monde , et je suis assez instruit des iniquités qui s'y commettent. De quoi n'ai-je point entendu parler , et de quoi n*âi-je pas souvent été témoin? Le crime y règne dans toutes les manières, et il y règne ouvertement. Non seulement il ne cfrerche point à se cacher , mais il lève la tête , mais il se montre au grand jour, mais il devient un sujet de gloire et une espèce de triomphe. Tout mon zèle s'allume là-dessus ; et , sans être assez téméraire pour me comparer à votre Propliète , je crois pouvoir dire que je me sens touché de la même douleur que lui , et pouvoir m'écrier comme lui : Seigneur, j'ai vu les pécheurs de la terre; je les ai vus transgresser hautement votre loi , la mépriser, h profaner, et j'en ai été ému jusque dans le fond de rame;;'en al séché de regret et de tristesse {Psalm. 1 18). Je le dis en effet : mais, dans le plus Vif sentiment de mon indignation, je fais un retour sur moi-même, je m'examine moi-même, je considère les dispositions de mon cœur, et .de là j'apprends quelle doit être pour vous ma reconnoissance , et ù quoi elle m'engage. Car tout ce que j'aperçois dans ces mondains dont je déplore l'aveuglement et les prodigieux égarements, c'est, mon ^eu, ce que je pouvois devenir, et, selon les apparences, ce que j'aurôis éié comme eux, si j'avois eu à vivre parmi eux et avec eux; c'est où la passion , où l'occasion , où la coutume, où l'exemple , où mille engagements m'auroient prédpité.

Quand donc. Seigneur, je vous rends «ces de ce que je ne suis pas comme le commun des hommes', ce n est point par le même esprit que le pharisien, qui vous remercioit de n'être pas comme le reste des hommes, et qui par-là prétendoit se mettre au-dessus de tous les hommes. Loin de moi cette confiance orgueilleuse qui se prévaudroit de vos dons , et qui, par une présomption insoutenable, sans se contenter du fruit que j'en retire , vous en raviroit encore l'honneur ! C'est dans une vue tonte contraire que je reconnois , et qu*à ma confusion je JFais devant vous cet aveu, que si vous m'aviez confondu (iM|le cdmmiln des hommes^ et qu*il ne vous eût pas plu de me r/*«

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