ESSAI D'AVENT
AYERTISSEMEnT.
Du temps que le père Bourdaloue entra dam Je ministère de la prédication c^étoit m qMge fort comman parmi les prédieatears de se proposer poiir tout te cours de l'Arent un dessein générai, et d'y rapporter les setmona qu'ils avoieut cliaque jour à faire. Ainsi ToionsTnoos que Biioat , le père Gironsc le pèr* Teiier, célèbres prédiçatetira, avoient prib pour sujets dès Aveais qu'ils ont prêches, l'un la Çondamnatian du. mqièdejgiar Vavénetnent deJ^Êua- ChHst; l'autre, les faux prétexteg au Pécheur; eiVauireJImpU malheureux Suivant celle méthode , le père Bonrdaloue avdit lui-même formé le omet d!on Avcnl; et quoiqu'il ne Tait jamais exécuté, il fen avoit dressé tout te plan et arrangé toutes les matières. Par crp qu'il n'en faUoit pas frustrer te ptibllc : les prédicateurs en pourront profiter, aussi bien que les peraonnes pieuses qui cherchent à s'éditier par de bonnes lectures.
DESSEÏN GÉNÉRAL.
SA^NT4lB^ PRÉCI7RSKDR BE JÉSUS-CHIUST , BT DISPOSANT LE MONDC
h LA VENUE BU MESSlS.
Le Prophète l'avpît dît, et, selon rexi^ès témoignage du Fils même de Dieu ^cet ambassadeur^ cet aoge qui devoît précéder le Messie « lui préparer le chemin , c'étqjt Jean-Baptiate. Aussi eat-ce à lui que ft adressoit Zaoharie , quand , éclairé d'une lumière céleste , et dans le ravissement de son ame^ il s'écria : Et vous, sùnt enfant, vous serez ifppelé le prophète du Très-Haut ; car vous irez devant U Seigneur, es vous enseignerez à son peuple la science du salut pour la rémission des péchés {Lvc.,1),
Il est doflc venu , mes Frères , ce divin précurseur, et il vient encore mawtenapi, sinon en personne, du moins en esprit, s'acquitter de 1 importame fonction pour laquelle il fut prédestiné. C'est hii qui , dans tout le cours de cet Avent, vous instruira ; c'est lui qui , par ses oracles et ses'excellenies leçons , vous disposera à recevoir cet ajorable Rédempieur qui nous a été promis , et dont bientôt nous devons célébrer la naissance ; c'est de ma bouche , si je. l'ose dire , que parura cette voix qui retentissAt sur les rives du JouWain , et se faisoii
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entendre à ces nombreuses'tronpes que Jean irassenibloift autour de lui. Tontes les paroles qu'il prononça , je les recueillerai » je Ij^s développerai , je vous les appliquerai par ordre et tiec méthode ; feu tirerai tous les sujets que je me propose de traiter d^s cette chaire^ et lasse le del que vous sachiez en pfofiter !
Ainsi tout mon dessein se réduit à vous représenter Xean-fiaptbte annonçant. Jésij^Ghrist , l'envoyé de Dieu et le désiré des nations. Or, en cette qualité de précurseur, il falloit : 1. qu'il fit connoltre aux peuples Jésus-Christ ;*2. qu'il préch&t aul peuples la pénitence, comme une disposition nécessaire à Theureux avènement de Jésus- Christ ; 3. qu'il traç&t aux peuples les règles de morale qu'ils der voient suivre dans toutes les conditions , et qu'il leur tnarquât de quoi ils dévoient se préserver, pour ne pas éloigner d'eux Jcsns-Gbrist f 4. qu'il achevât enfin de perfectionner les peuples, et que, par d'utiles pratiques , il les formât aux exercices les .plus capables de lA unir à Jésus-Christ. Voilà , dis-je , ce que demandoit de lui son ministère, et voilà ce qu'il accomplit sans en rien omettre. Tellement que nous le verrons faisant tout à la fois , si. je puis parler de |à sorte, l'office de théologien , de prédicateur, de docteur, de directeur. L'oi^ $ce de th^logied , en nous découvrant le grand mystère de l'incarnation divine , et nous donnant de la sacrée personne de Jésus-Christ h plus hanté idée; l'office de prédicateur, en nous exhortant à la pénitence la plus parfaite , et nous en proposant les motifis les plus solides et les plus touchants : l'office de docteur, dans ses décisions sur les points de conscience les plus essentiels , et en établissant pour la réformation des mcèurs et le bon ordre de la vie les plus droites et les plus saintes maximes ; Foffice de directeur , en nous apprenant de plus en plus à nous avancer par l'usage des choses saintes , et conduisant les âmes à Jésus-Christ par les voies les plus pures , et par b pratique des plus sublimes vertiil. ^
Souverain auteur de nbtire salut, Verbe incarné^ Dieu iait homme pour b rédemption de tous les hoiimes , c'est vous qui inspirâtes votre zélé préôu^ùr;- c'est votre esprit qui l'éclaica , qui l'anima, qui le remplit de cette force et *de cette grâce dont tous ses discoars furent accompagnés. Répandez sur moi le même esprit , revétez-moi de hi mém^orce, donnez.à mes paroles la mime grâce, pour vous préparer les cœurs et pour vous les attacher. Et vous , glorieuse mère de mon Dieu , vierge sans tache « qui dans votre chaste sein portâtes toute la re^ource et toute l'espérance tin monde , secondez mes vœux , 'et, dans la carrière que j'ai à fournir pour la gfoire de votre Fils et la sanctification de mes auditeurs; daignez me' favoriser de vos i^gards et m'aider de votre puissante protection.