‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 138 sur 225 · JBAN-BAPTIST£ AWOKÇANT AUX PEUPLES JÉSUS-CHRIST | ET LE FAISAIT · texte numérisé non relu

JBAN-BAPTIST£ AWOKÇANT AUX PEUPLES JÉSUS-CHRIST | ET LE FAISAIT

CONMOtTiiE.

Le premier ûèioïr du prëciirsear de JëM8*Ghrist ëtoit de le Mre oonnbltre , et voilà par orii saint leân obmmence. Il ftit ooimoltre Jé^ sn^Christ : i . comnie Dien-Homme : Cetiii qm va tetnr après moi en avant fnoi,{ Joan., i ) ; 2. comme àutetir de la grâce et saDCtiflcatenr

des aines : Nota avohs totu reçu de sa plénitude Là grâce et la vi^

riié est venue par Jésus-Christ (Ibid/); 3. comirie institntetlr des sacrements , et en particulier du baptême : Cest lui qui vous donnera te 'baptême de l'Esprit saint et du feu (Luc, 3 } ; 4. comme juge de Tadivers : lia le van en main^ et il neltoierd son aire (llAiTH.', 3); h. comme rémunérateur de la vertu dans les Justes et les prédestinés : Ilaniassera son blé dans te grenier; 6. comme vengeur deà crimes dans les pécheurs et les réprouvés : Pour la pqitle, U la brûlera dam un feu qui ne s'éteint point ( Ibid. )• Tout cela fournit la matière d'autant de discours fondés sur les paroles et les enseignements da âhin précurseur.

DixANCBs. -<- Jean-Bapttafte fÉbant connottre Jéfut-Ghritt oomme Dioifr-EtoBime. .

SERMON

SUR L'DtGAlUf ATION DlVUfl.

' Qui p09i «Hé fettHinf « uU ante ma fàctu* Ut : quia prior'niè erat, CeiDl4iUvav«nirapiteiiwi,eMiT«Btmoi{car a est p&anoieD ipM BO^

Dans ces paroles il y a , ce semble , de la contradiction ; mais cette contradiaion apparente , c'est ce ^i nous lait connoltre en Jésus- Christ une double génération; l'une éternelle, l'autre temporelle : gé^ nératioaéternelle dans le sein dé I^u son Père, et génération temporelle dans le sein de Marie sa mère. Selon cette génération éternelle, qu'e&t-ce que Jésus-Christ ? le Fils unique de Dieu, et Dieu lui-même : mais selon sa génération temporelle , qii'est-ce que ce même Jésus- Christ ? le Fils de Marie, et homme semblable k nous. Voilà donc iQomment il étoit tout à la fois , et avant , et après Jean-Baptiste. Avant Jean-Baptiste, comme Dieu : Il est avant moi, etplês ancien que moi; après Jean-Baptiste , en qualité d'homme : Il va venir après moi. Mys* .tèrë d'un Dieu-Hçmme, mystère ineffable, mystère cache en Dieu de toute éteriiiié , et révélé au monde dans la suite des siècles. En trois mots , qui contiennent tout le fond de cediscours , mystère dont nous devons faire, surtout en ce saint temps , le sujet le plus ordinaire de hos méditations : c'est le premier point ^ l'objet de nos plus tendres affections : c'est le second point ; la règle universelle de nos actions : fe*est le troisième point.

PkEMtEBi pojifT. Mystère dont nous devons f^îré le sujet ^ pltfes ortiinaire de nos méditations. C'est t)àrticuliërêmetit M cette tue qdè fÉ^lise à institué TAvent. Il est vrai que dofiâ tous les atitréë temph de l'année » nous nepouvons mieux iH plus utileihem ttdiis ôctiûpét que des hicoinpréhetisibles met^veilles de n&carnation divine; aiâik i'ÉgKsê veut encore qu'il y ait des joars spédalemetit consacrés S là liiétnoîre dd Verbe incarné ; et ces Jonrs , cfe soht ceiix où noOs eàth)ns. Que n'avons-noiis point à mëdltet* dans ce profont) mystère t irjtiëls prodiges à Considérer !• quels' ablméii k creuser I JHeu descelidh Jtiéqâ'à r homme , et Phomme élevé } usqn'à Dieu ; Dieu glorifié par seft aiinëantissemënts méniês » et rUbmniè sativé ; toute la t)ttissahcè de Dieu déployée dans tè çrànd oïlvbgë ; sa sagesse, sa sainteté tài justice , sa tnisérico'fde, soii infinie libéralité , sa cfaarifé , ses pelotions conittaes et ùiànifestéés. Plus doti^ y ganserons » plus nous déoouvrirôtrs de nouveaux tiiiraclés.

MaisÀtr cela deux désordre. Lè^ utisjbnisseiit du don dé Dieu et du plus signalé bienfait ; mais , par ttn monstrueux oubli , ils y i)ût ao^si peu de réflexion que ^lls n'y avoient nul intérêt. Cependant de qtioi se remplissent-ils re&ii)rit ? de mille sujets frivoles, et des divei's événements du monde, ob souvent {(s ti'odt point de part, tandis qu'Us pmlent le souvenir de l'événeltfent le plus prodigieux , et.doijt il leur est le plus important d'être bien iustruitjl , |)uist|ue cWt lé infi* tére de leur rédemption et de leUr salut. Lès àutt-es y pensent. maM, par une curiosité présoiUptueuse , iU vOûdMent comprendre éi pén^ irfTi avec les foibles lutoîèreS de leu^ raison ; ce qui est îiu-de8su$* de la raison humaine et de ses connoissances. D oti il arrive qu'abandonnés à leur propre sens. Ils tombent dans lès plus grossières erifttrs, et qu'ils s'y attachent quelquefois avec une telle obstination qu'il n'est piresque |)lus possible de les en réilfeK L'ÉgUse , hélas ! u'ê l'a (}ue trop éproUvé et li'en a que trop gémi , puisque c'est de là que sont venues tant d'bér&les qui l'ont désolée. ^

Ne cessons point de Uiediter un mystère si digne de U)nte no'S'fe attention ; mais méditbns-le en cfarétieus , c'estÂ-dire avec tonte (a simplicité de la foi , et toute sa soumission. Car nous ne le pouvons oonnoitre que par la foi ; et plus même notre foi sera simple et soumise , pks sérons-nous en éiff:d*entrer , ^1 j'ose parler ainsi , daps ce sanctuaire, et de découvrir les" immenses trésors de grâce et de gloire qui y sont renfei*més ; je dis de grâce pour nous , et de gloire pour Dieu. Ce sont les humbles qqe Diu éclaire, ei c'est à eux qu'il com-> mariiqne ses vérités les plus sublimes et les plus secrètes : au lien 4ii'il lalsse^errer eh d'épaisses ténèbre^ ces esprits prgueilieux qui présument d'eux-mêmes, et prétendent tout voir par eux-mêmes?

SiEGOND POINT. Mystère dont nous devons faire l'objet de nos plus tendres' affections. Un Dieu-Homme, réduit i toutes les misère de

MO SDR L'INGARNàTION DIVINE.

rbomme , et cela pour rhomme : li ee m'est pas un ojbjet propre à exciter dans nos oœurs les sentiments les plos affectueux, il n'y a rien qui paisse nous affectionner et nous toucher. Sentiments d'admiration» de vénération) d*amour , de reconnoissance, de zèle : et si nousavqps eu jusques à présent le malheur de ne rien faire pour un Dieu qui a tout fait pour nous ; si même , par la plus énorme ingratitude , la passion nous a portés jusqu'à ToflEenser et à lui déplaire i sentiments de repentir, de douleur, de confusion; résolutions à l'égard de TaTenir les plus.sincères, protesutions les plus vives, désirs 1^ plus ardents. Tels ont été, dès l'ancienne toi, les sentiments des patriarches et des prophètes , dans la vue anticipée que Dieu leur donnoit de Jé^us^Christ qu'ils attendoient , et après lequel ils soupiroient. Tels ont été , depuis la venue de ce Fils étemel de Dieu , les sentiments de toute rÉgUse ; et voilà ce qui fait le plus doux entretien des âmes fidè|/Bs. De là oiB extases, ces ravissemenft, ces saints transports où elles entrait. De là et\tvi qui à'aUume dans leur méditation (Pêalm. 38) , opmme parle le prophète royal , et dont elles sont tout embrasées.

Cependant , affreux dérëglement de l'esprit d^ l'homme ! oe même mystère, capable.de produire des sentiments si justes, si purs, si relevés, ce fut pour les Juifs un scandale, ce fut pour les Gentils une folie ; et n'esr-ce pas encore Tu'u et l'antre pour tant de libertins «t de prétendus' esprits forts? Ce qui devroit leur rendre un Diea-Honuae plus adorable et plus aimable, je veux dire aes abaissements et ses humiliations, c'est ce qui les en détache, c'est ce qui choque leur fausse prudence, ce qui les révolte et qui les rebute, ce qui devieiû )a matière de leurs impiétés et de leurs blasphèmes.

Ils ne peuvent se persuader qu'un Dieu ait voulu descendre de sa gloire, et s'assujettir à toutes les infinnités d'une nature aussi foi^ que la nôtre. Cet état vil et obscur, cet état de pauvreté, de misère, de souffrance, de dépendance, leur paroît indigne de la majesté du Très- Haut : pourquoi? parcequ'ils en jugent en hommes, et qu'ils n'ont jlÂiais compris quelle est l'étendue des. divines miséricordes. Hais, par une conséquence toute contraire, plus mon Dieu s'est fait petit, dit saint Fulgence , plus il m'est cher : comment cela ? c'est que je sais qu'il ne s'est ainsi humilié, ainsi anéantlque pour moi : c'a été de sa part un excès d'amour; mais cet excès d'amour pour moi est justement ce qui demande et ce qiii excite tout mon amour pour lÉ. Que les impies raisonnent donc tant qu'il leur plaira, et comme il leur plaira ; malgré leurs raisonnements et leur% vaines difflCultés, nous conclurons ' toujours avec saint Bernard , et nous dirons : Ah ! Seigneur , que ne ifous dots-je point pour m' avoir créé? mais ^ aprigm'êlreipeifdUmpi^ même, combien vous sws-je encore plus^redevaUe de m' avoir racheié^ et racheté à ce prix!

TKOisitVfi POINT. Mystère dont nous devous feire la, règle uni*

SUR L'jrrcAimAtiON divine. soi

Yeraette ée iios'aetioDs : pourvoi? i^t qu'en se iUsaHit hondHie , le Fib de Dieu vient se proposer à nous comme notre modëe , car c'est dans ce dessein qu'il nous est donné ; de sorte ffae Dieu , selon le témoignage exprès de l'Apôtre, ne nous reconnoitra jamais pour ses enfants et pour ses élus , qu'autant qu'il nous trouvera conformes à l'ima^' de son Fils. Et voilà pourquoi ce Dieu-Homme s'est revêtu de notre chair» afin de pouvoir se montrer sensiblement à nos yeux, et que nous puissions en observer tous les traits, et les imiter. S'il étoit seulement Dieu , remarque saint Léon , il ne pourroit nous servir d'exemple, parceque nous ne pourrions le voir ; mais étant Dieu et homme tout ensemble , il a de quoi frapper nos sens, et il a droit de nous dire : Regardez-moi, et formez-vous sur moi. Il nous le dit en ettiet ; il veut qu'entre sa vie mortelle et la nôCre il y ait une ressemblance'aussi parfaite qu'elle peut l'être; car il ne prétend point tellement nous sauver par l'efiBcace de ses mérkes , qu'en même tempe B0,us ne nous sauvions pas nous-mêmes par la sainteté de nos œuvres. Or nos œuvres ne sont saintes qu'à proportion qu'elles sont foites en Jésus-Chriçt, selOn^ésus-Christ, conformément à l'esprit et aux œuvres de Jésus^Ghrist : si bien que chacun de nous, pour user de l'exp1*éssion de saint Grégoire de Nysse , deyiekine dans toutes ses intentjoy « tous ses désirs , toutes ses entreprises , dans toutes ses démarches et toute sa conduite , comme un autre J^us-Christ.

Excellente règle, règle toute divine, et qui ne nous peut tromper. CSir pour nous tromper , H fondroit , ou que Jésus-Christ se trompât lui-même, ou qu'il voulût nous tromper. Or Jésus-Ghrisr, comme Dieu, est tout à la fois et la sagesse mêm<^ et la bonté même. Puisqu'il est h souveraine sagesse^ tout lui est présent et rien n'écl^pe à sa connoissance : d'oii il faut conclure qu'il est donc incapable de se tromper ; et puisqu*il est la bonté souveraine, il nous aime, et ne cherche que not^ bien : ce qui prouve évidemment qu'il ne veut donc pas nous tromper. Ainsi nous pouvons et même nous devons» avec une confiance entière, régler sur lui tout le plan de notre vie. Mais est-ce là la règle que nous suivons? Déplorable renversement dans le christianisme! Nous sommes chrétiens , ou nous nous disons chrétiens ; maisy du reste, comment vivons-nous et par quels principes agissons^ nous? selon les maxitaies du monde , selon les jugements du mondé , selon leflf intérêts du monde, selon les coutumes et le torreiit du monde. Toutefois , prenons^y garde , et ne nous flattons point : Jésus- Christ est la voie , comme il nous l'a foit lui-même entendre , et l'unique voie. Par. conséquent, tonte autre voie nous.égare et' nous mène à la perdition. Point de milieu : ou la vie par Jésus-Ghrist, ou , hors de Inde-Christ, une mort étemelle et la damnation. Plaise à Jésus- Christ même , notre médiateur et notre rédempteur , de nous aider à le suivre, et à parvenhr au bienheureux terme dont il yieni nous enseigner lechemint ' ^ . ' ^ ^

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SERMON

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