SUR LA GRACE. SOS
^rler. Qn'ëtoit-ceqaelenr vie? Retraite, pauvreté, prières, jeûnes; veiUea, traTaax,maoiératioD8du corps , une parfaite abnégation d'euxmêmes. Tout cela leur sembloit-ii difficile? trouvoient-ils le joug trop pesaât? se plaignoient-ilsque Jésus-Christ les eût trompés, en les assurant que son fardeau est léger (Matth., ii) ? Tous les chemins s'ouvroient devant leurs pas : et non seulement ils marchoieut , «nais ils couraient 9 comme le ^ophète, dans les votes-de Dieu : pourquoi? parceque la graoe leur dilatoit le, coeur {Psabn. 1^8), parcequ'elle leur aplanissoit les sentiers les plus raboteux et les plus épineux ^ parcequ'elle les emportoit sur se^ ailes, et les enlevoit. Sa vertu est toujours la même qu'elle étoit alors; et quoique la charité se soit refroidie de nos jours , il y a néanmoins encore de ces âmes ferventes à qui la grâce fait, accomplir tous les devoirs de la justice chrétienne avec une facilité et une ardeur que rien n'arrête.
Possible, jusqu'à devenir même doux et agréable. C'est leprodigjB que les siècles passés ont admiré dans les martyrs. Quel spectacle) Des hommes livrés aux tourments les plus cruels , des hommes eifo^ tés aux Jbétes féroces, attachés à des croix, étendus sur des bra-» siers , plongés dans des huiles bouillantes , et cependant remplis de joie , s'estimadt heureux , goûtant les plus pures délices et les plus sensibles consolations ! Voilà ce qu'on voyoit,et où Ton reconnoisyit le dpigt de Dieu. Or ce doigt de Dieu , qu'étoit-œ autre cho^ *'q^e l'Esprit' de Dieu qui versoit dans leurs cœurs l'onction de sa grâce ? Car tel est le caractère de la grâce , d'unir ensemble l'onction et la force , et de conduire les œuvres de Dieu avec autant de douceur que d'efficace.
De tout ceci quelle conclusion? quelles résolutions à {frendre? quelles erreurs *à corriger? Le voici en trois mots. De ne plus' tant éeouter nos défiances et nos craintes naturelles , quand il est question d'obéir à Dieu , et de travailler à notre salut et à notre perfection. De n'en pomt juger par nos propres forces , mais pai^ la force de la grâce ; de nous abandonner à ses saints mouvements , et de compter que ce que nous aurons entrepris et con^mencé. avec elle , elle nous le fera soutenir et achever ; de nous encourager comme rÂpôtre , et de nous affermir contre les répugnances ef les révoltes delà nature par ce généreux sentiment : Je puis toutes choies en celui qui me for» iifie (PÀf/., 4). Oui, je puis tout ;*mais en qui et par qui? non pomt en moi-même ni par moi-même, puisque de moi-même je ne .suis rifin, et que n'étant rien , je ne puis rien : niais je puis tout dans le Tont- Puiasaiitet par le Tout- Puissant. Plus même je reconnottrai devant lui mon insuffisance et je mè confierai en loi dans la vue de ma foiblesse, pfus je l'engagerai II verser sur moi les richesses de sa gracè , et à déployer en ma feveur toute sa vertu. Aura-t-elle pour moi moins de pouvoir que pour tant d'autres? Le bras dg Seigneurn'est point racooQTci, etaa miséricorde, qui remplit toiite la terre, est inépuisable*
mut. — Jmm liijiUite Atant sqnoottre Jtet-C3irlfC comme inrfiliitoiir 40t jaora< '
mioUt et en particulier da baplàiie.
SERMON C'eil loi ^oi ^r^Dot tonoti If hipUme de IBiprlt saiiMt et di^ea. If Atmie, ebaj^ ifi .
Ce feu de la charité , ces dons du Saint-Esprit répandus dans les cœurs , ces opérations cfiyines et secrkes, voilà Tessentielle différence qui se rençoutre entre les sacrements , soit de .la loi de'()ature» soit de la loi de Moïse , et les sacrements de k loi' de Jésus-Christ. Il ^'appartient nu à ce Dièu-Homme de nous cônfét^er, sous des signes extérieurs et visibles » une sainteté intérieure et invisible /et c'est surtqut ce qu'il fait.daçs le sacrement du baptême. .Sacrement que nous i^arque spécialement Jean-Baptiste^ et auquel ^*ai cru devoir m'attacher dans ce discours ; sacrement dont peut-être nous n^avons jamais bien connu, ni les avantagj^, ni les obligations. Or il nous est iri^ portant de les connolti^ê. Avantages du baptême, obligations dul)aptéme. Avantages que j'appellerai la grâce du baptême : obligations que j'appellerai les engagements. du baptême. Cette grâce du l>aptêmë, c'est ce que nous avons reçu de Dîeù, et ce qui demande toute notre reconnoissance : premier ppint. Ces engagements du baptême • c'est ce que nous avons promis à Dieu , et ce oui demande toute noft'e fidélité : second pointr |j*un et Tautre mérite une attention partici|« bere, et les plus sérieuses réflexions.
Premieb point» Grâce du bapcéuie» grâce infiniment précieuse en deux manières : paçceque c*est une {;racê de salut et de sanctification , eC parceque c est une grâce de choix et (de prédilec^fon. Grâce ^e salut et ae sanctification : ooiiiment cela? parceque c^es^ en ver|o de cette grâce qUe Thômme, conçu dans le pécbé et ^é dans le péché, est toot-à coup régénéré en Jésus-Christ et revêtu de Jésus- Christ; que d'enfant (Je colère il dévient enfant (je Dieu, frère (le Jé- «Ù3-Cbristr.m^mbre de J.ésus-Christ, héritier de Dieu et cohéritier de JésnvChrist. Car voilà, par le changement te plus merveilleux» ce qu'opèrent dans nous ces eaux saintes dont nous sommes lavés sur les 8a.irés fonts. i4u(re/bt«, écrivoit 1* Apôtre aux Ephésiens, nous n'^ iions (levanî Dieu ^ s^lon notre] naisiance.y que des objets de htùne et de colère; mais ce mime Dieu ,, qui est riche etimiséricorde ^ lorsque nous étions morts , nous a vivifiés en Jésus-Christ et avec Jésus-Christ par C excès de sq, charité (Êphes,^ â). C'est donc là que tOt|( péché ^t effocé, que toute peine due au péché est remise; là que lame est enrichie des trésors célestes , que la foi » Tespérance , la charité , que les habitudes des plus excellentes vertus lui sont infuses; là , poiir ainsi
di^^que le sceau de IHeu lui e;t jmpniné, et qu'au ooQi d» Père, du Fils, du Sainl-Espnl: t elle reçoit un caractère ineffaçable, qui est le caractèrç, de cbrétieq. Caractère plus glorieux uiille fois que tous ces titres de noblesse dont le monde repaît son prgueil , et dont il tire tant de Tanité. Caractère .dont la dignité , si j*ose user du même langage que saîi{tMoj), ya\jusqu*à noi^s rendre en quelque sorte participants de la pagure dÎYÎne. Caractère que nous porterons avec nous au tribunal de Dieu , pour y éi^tre#ecopnus coipme les disciples dç son Fils bien aiipé, comme son pcAple', comme son troupeau.
Telle est/disj^., la grâce du baptême; ttls sont pour nous |es avantage inestiipables qu'elle renfernfe.. M^fs y pensons-nous? èst-çe parlai que nous mesurons i^otre bp^^heur, et quci nous nous croyons favorisés ^\i ciei^ $i Diei^, pfir proportion, nous avôit autant élevés 9eion le mpnije; s'i) no^s avoit ^délivrés des misères di| monde, et
ooipbjl^s qe sçs prospérités et dp sesbonneiirs, peuMtrealQis se« rions- - * ' *J • * *i - «^ : -
nous
Mais ^
nous ai( ^QctUies , çt cjij^e par cette sanctification du baptême' puus Soyqf)§ eqtrés dafis nos droits à rhéritage^terpet ^ ce sont des faveurs trop au-dessus des vues hnmaipe^, pour intéresser d^s mondains acoomumës à n'estimer les choses et à n'en joger que par W sens. 0 Ikoaiipç ^yç^uglç et^ tout tçrpesfre ! ne prendrez- vous jamais des sentiments conformes^ vplre véritabie grandeur? ne là feconnoîirez- TOUS |amais? Rendez grâces a la divme Prgyjdepce des autres qualités dont il lui a plu youj) bçijoref à regard de cette yîe mortelle et présente; j'y coif^ens, et vofis. ie devez. puoiq|ié cV ne soient que des qualitésj^ssugè{:^, cj| q^e toi^tês |es gràpdeurs qui y sont attachées Qoiventpénr|.çe soqt flE)u^ôurs des ^oôs *du $eigneur; mais de quel prix ces dons peuvent-ils être à vos' yeux ,'dès que Vous les niettréz «n parallèle avec ce dqn p^rf ai| , oomjpe parle I' Ap6tré« avec ce grand don quj descend spécialement du ]père des lumfëres , et qui vdus approche de votre Dieu par de si ejroits et^de si saints rapports? Avaii* çons." *' / ♦.-,»..*!..».,
IVop se|^Iemenl.|;race de saliit et de sanctiftcatioi^ , mais grâce de choix et de précli)ection# 'déchoit, cette préférence nous plaît en tout) e\ nous flatte. Or elle est entière ici, et c'est une circonstance bien remarquable. Qna foi*mé jnsques à présent et l'un forme fous lesjoiiris tant de raisonnements et* dé qnestions'sur cette multitude d'enfants mortf avant que cle naître, et hors à'élat. par cette mori prématurée, de parvenir à la grâce du baptême/ Un dehiande par quel rr^alheuil imprévu , ou quelle. conduite delà Providence, d'autres, lifiureusemeirfl nés et sur le point de recevoir la sâipte ablution, ont été enlevés àaos le .moment (^u'on s^j[ attendoitle moius^ et sans
iiOS SUR LE BAPTËMEi
poorqa&i, dans les terres ÎDJBdèles ec dans les plus imstes empire»^ Dieu permet qae des peuples entiers lAaaqneot de ce secours , et soient privés de ces sources de vie qui nous sont ouvertes. On fiiit là-dessus bien des recherches » on propose bien des .difficultés , on imagine bien des convenances : et moi , sans prétendre m'ingérer dans les conseils de la sagesse «éternelte , je mè bpntente if adorer la pro* fondeur de ses jugemçpts. Ca^ qui appartien^il de cennoître les voies du Seigneur, et qui peut ^étrer dans ses pensées? Mais« du reste» le point capital à quoi je m'attache , c'est de feire un retour salutaire sur moi-même; c'est d'appr^drede l'infortune des autres» et du triste abandonnement où ils ^mt]tlent être , quel est donc le Uen que je possède. Hé! mon Dieu, où eu serois-je , si vous m'aviez traité comme eui; et pour^iuoi , Seighenr, avez-vous jeté sur m<â un regard plus fi^vorable? Qu'a voient-ils ftût contre vous? qu'avois-je fût pour vous? Mystère de grâce dont je suis redevable à votre miséricorde-, et sur quoi je n'ai autre chose à dire que de m'écrier avec le Prophète royal , dans les mêmes sentiments d'admiration, d'amour et de gnttitude : Le Dieu d'Israël » le Dieu de l'univers it'eit a pas u$i de mente envers toutes les nations ; il ne les a pns distinguées comme moi, et ne leur a pas rhilé ses^càmmandements {Psalm. 147). Heureû si je sais lui rendre ce qu'il attend de jna fidélité ! .
SsGOND POINT. Engagements 'du baptême, (.e baptême est' une grâce , nous n'en pouvons douter ; mais c'est en même temps une dette. Nous y avons contracté des engagements inviolables; et pour concevoir une juste idée de ces engagements du baptême , considérons-en, dans'tane courte exposition, et retendue et la solennité. Engagements les plus étendus , puisqu'ils émissent toute la loi ; engagements les plus solennels , puisque nous en avons pHs Dieu même à témoin , et toute son Église.
Je dis d'abord engagements les pfus étendus : car comme TApâCre, instruisant le^ Galates ^ leur déclaroit ^ et, afin de donner plus de force i ses paroles , leur protestoit que quiconque , selon la pratique et l'esprit de Tancienne loi , se faisbit droondre , étoit dès-lors, et en conséquence de cette circondsion l^ale, étroitement obligé de garder tous les préceptes delà m judaïque , ainsi dois-je, avec la même asfsnrance , non seulement annoncer et déclarer, m^s protester, à tout homme honoré dans la loi ipuvelle du caractère de chrétien', que du moment qu'il cornraençâ deten(^tre par Ceau et. par le StûntiEspni, il commença d'être «oumis è la loi et à /toute la loi du divin législateur dbnt la grâce lui fot comrmuhiquée; p'est-à-dire que dès ce jour et dès xet instant il s'assujettit à l'indispensable *i>bUgation où nous sommes de ))rofesser cette toi^ de ne rougir jamaia de cette loi , de vivre selofl cçtté loi , dé persévéré}^ jusqu'^ la inôrt dans l'observation et cette M f d'éviter tout ce que cette loi ââfené, et de ne rièfi oinéc*
SUR LE BAPTÊME. fiBO
tre de tout ce qu'elle ordonne. £t parceqne rennemi oommon de notre salut, parceqttelejnoiide^la chair» s'opposent oonunaellement dans nous à la pratique de cette loi , et qu'ils emploient tous leurs efforts i nous eh détourner, c'est pour cela qu'en entrant dans la miice de Jësns-Ghri^ f nous avons renoncé à Satan et à tontes ses illuaïons, au n^onde et à toutes ses pompes, à la chair et à toutes ses eiipidtités. D'où vient que , selon l'exodlente morale des apôtres , et les epseignements qu'ils nous ont laissés, avoir été baptisé en Jésus- Ofariat, c'est Aire mort au péché, mort à soi-méme,'à sies passions, à ses sens , à tous les désirs du siècle , pour ne mener sur Ja terre qn'une ijîpcéleste.
Saints engagements ,. aussi solennels qu'ils sont étendus. Je dis engagements solennels, et c'est l'autRj^ article que j'ajoute. En efifet , ces eogagemems du baptême , oë sont dés promesses, mais des promesses faites à Dîett , èdtes au ntunistre de Dieu , faites dans le temple de. Dieu, à la (ace des autels, au milieu des fidèles , les uns simples spectateurs, les autres garants des paroles qu'ils ont données en nocre^uMi , et qae now-mémes, dans le conrs des temps, nous avons confirmées. Quand donc, par le dérèglement de nos mœurs, nous démentons des promesses si authentiques, et si dignes du maître auquel nous nous sommes dévoués, voilà ce que les Pères ont traité de parjure , de désertion , d'apostasie. Or n'est-ce pas le désordre presque général du christîanisnie 9 Où en sommes-nous ; et que somtbes- Dous? Sommes-nous dirétiens, sommes-nous païens? Aie bien prendre, nofis ne sommes ni l'un ni l'antre : ni païens, pn^qùe nous croyons en j(dir^eiiS;^ni chrétiens, puisque nous vivons en païens. Qm qu'il en 8oit> la sainteté de notre caraetère en qualité de chrétiens , et la corruption de notre vie en qualité de pécheurs , c'est une alliance nopsirueuse, c'est un abus sacrûége et une profanation.
fille ne demeurera pas impunie. Ce saint caractère que nous aurons profmé, nous le conierverons jusque dans l'enfer. Le réprouvé Faura toujours devant les yeux, pour 9a confusion et pourson désespoir ;ei I)ieuen aura toujours le sduvenir présent, pour allumer sa eolère et pour exciter ses vengeances. Car c'est de là en effet queles péchés d'un chrétien ont un d^é de malice tout particulier, et c'est de là même aussi qu'ils doivent être punis phis r^oureusement. Nous mesurons la grièveté des péchés selon la saintetd^des états; et, suitant cette règle très^uste et très bien fondée , nous disons qu'un prêtre qui pèche est plus*conpàble qu'un simple laïque, parceqù'il est plus obligé, comme prêtre, à honorer son sacerdoce par la pureté 'de ses mceors et par une conduite exemplaire. Nous disons delà même action qu'elle est phis crimmelle et plus condamnable dans un religielix qiie dans, un homme du monde , parceque le religieux est appelé à' une plusbaate perfection que le séculier. Or nduâ devons jnMsoBner de nnême d'un chrétien , par comparaison avec tant de peu-
ma SUR LE llicÉ^feNT* tllttVERSEL.
plës kék dans les iénèbrésl dq i'Itifidëlité et t)rHrë5 de là grâce dfita^ témb; Malhettt* à toùâ, disoîtie Sfiuveiir des bottimes, parlaiit aox liilh, et lear reprochant tttiit ce' qu'il hvbit fkit jtour eux dafas le c6M^s dé ses prédication^ Àvàngéli^ues , âialhëur à vous : car an Jugeihènt de Dieu voii& teréî traités dvéd );ilbr dq 'sévérltë (|lie ceux de t^t et dé Bidon! pourquoi? pârcecfuë cék Mdiâtres se uerôient con-» tertis , et qd% 9uroièht i^it jiéniténce sbus le sac et ^us la cendrfs^ s'ils a^6ient ëtë ^dàlrés cbmnie vous et |)i*évenus des mêmes secours. Apf)liquôni^-iiod& à 'iioiis-mémès cetd! tëH*ib1e ttienàcë , et pfenoÀ garde qu*elle lie s'accomplisse un jour dails nbus-tnéiues , quaâd Dieu nous demandera compte du précieux talent qu'il nous a mis daite#k tnaikls. Comhië il eût biëdx valu |)Our ludas dé n'étrè poifat liif ^ que d'àvbir traUl et vendu son maître ; il vàtid)*oit nlleux aloré podr nous dé n'avoir jdin^ été initiés âd Î^Hrtstîantsnie , ({de de ti'ên<îvoi^ pas rénipli lésdévollrs, ëtd^avoir Violé dés éngagemetiis aus^i iddispîeih tablés et aliséi sacrés cjufe le sdnt les (ïrobés^ès de notre baptëdè.
SERMON
Snft LÉ jcuMlERf IntitfeitsÈl.
n a le TBO en nuda» et il neUoiera son aire, maYthiîu , chap. m.
Dans oetle figure» qui ne r«ooi»ok Jétos^GbrteeBvojrri du cM; n^n plus pour sauver le monde , mais pour le jn^r ? Comme 9m temps de la moisson le laboureur prend le van dans ses mains^et neiNMe son aire , il viendra» ce juge des vivants et des inorts , armé du glaivede sa justice i pour iiaire le discernement ^s Itetea et des pécbmrs, et pour rendre à chacun oe qui Ibi appartiens Jageosent Imiveraet oik cet Homme-Dieu présidera lui-même et ei| personne ; poarqim Y pmr trois rawns : afin que ce jugement aoit plus sensible, c'^bsI' la prfr* mière; afin que ce jugement soie plus irréprochable, (^est b seconde; afin que ce jugement soit plus rigoureux , c'est la troisième : et voilà le sujet des trois points;
PaÈiiiEa pomivlégenieat -par Jésns^Ghrist , afin que ee soit im jugement phi) sensible. Développons cette première pensée. C'est uH mystère de notre religion, que ce qui éom ett déclaré en termes exprès* dans rÉvangite au sujet du jugement général , savoir : que le PèreeUestk, tout Pèr^ et tout Dieu qu'il ést^ ne juge perwnne^ nuA ^u'U A donné à ion Fdiîomie la pniiiance déjuger (Joan., 5). Et œ qui parolt enéore plus surprenant» c^BStœ querÉvangiie ajodte» que le ^è^e a donné cette puissance à sen Fils, n&n pas atÈohmSmi et.pté»' par90^'HeitiQnFih,f^fmnf^m'UeHFIlÊ4eflbmm
siîR LÉ WiGÉMEUt imtvÈR^kL. su
(iôÀif.,5). Mystèrelqni tie iltius est pas tèllélnéot téMé J)ar là fol, qu'Une se4roave en même temps fondé sûr tih'é très iinporisinte raison. Car, il est vrai , c*est à Dieu qu*il appartient de juger soiiveràinemisnt; mais, comme a ibi*t'bien remarque saint Augustin, bleu, demeurant dans la forme et dans la nature de Dieu, ëioit trop^levé audessus de nous, trop éloigné de notre viie et de nos éènâ^ pour edlrt^ prendre d'exercer lui-ihéme à notre. égard un jugemeot public et réglé. Il a fallu qii'iî s'humanisât, ei, si je l'ose dire, qu'il se proportionnât à nous ; c'est-à-dire , il a fallu qu'il se fit homme , afin qu'ayant à juger des hommes , il piit se montrer sensiblement à eux et se mire entendre. ToHà ce qu'expriînoit admirablement le saint patriarche Job , lorsque , pariant à Dieu dans Texcès* de sa douleur et dans l'amertume de son.àmo^ il lui ciisoit : Seigneur, ne me condamnez pm
fJoB, 10) : ânelque coupable que |e sois, ne me poursuivez pas dans a nîguéiir de TÔtré justice :. mais suspendez-eii les arrêts; et s'il est nécessaire, pour m*en défendre , que je me prévale de ma foiblesse i en vous opposant votre propre çràndetir et réxcetlence de voire ëfre, permeltez-inoi de vous demander s'il vous convient d'entrer en juge» mept avec moi^ Âvéz-vcms'^ comme moi, àes ^/euso Ée chàirf voyez* voué les^hf\okei comme je Jes votif vos joiirs sont-tU sçmblaklis au^ miens ^ etétes-vous libmme joaiortçl comme je le suisTSentinàént^aa rapport mérrie de l'Écriture , dont Job étoit |>r£vëBu^ danà ^ coiinois* sance anticipée qii^il avoil qu'en eïht notre pieu se feroit çhàir, et que^ dans cetfe diair etnpruntée de nous^ il sëfoit plits en état dé faire cômparoitre devant lui toutes les natfonà, et d'appeler toot l'univers à sontribunaL , ^ \ , ' '
Noua le verrons dpiâc, et nos yeiix seront frappés de l'éclat de sa gloire. *Nous le verrons, dis-je, ce Fils deFÉomme, venir sur une nuAe avec uriegrande'puissance et une'grande majesté (Luc., 24). Quél^ctacte, quel objet de terreur, quand, après les guerres^ les famines, les pestes ; apr'ès lès tf emblen^ots de terre, (es frémissements et les débordements dé la mer ; après la chute dès étoiles, les éclipses de la lune, clu soleil ; après le bouleverseinent du monde et la résurrection {[énéraledes morts, ilparoltra accompagné de toute la milice du ciel, et
u'ii s'assiéra sur son trône! Les hommes en sécheront (l^fieur (IbicL).
!t qui ne jtrelnbler&it pas, à la présence de ce ju&e redoutable, devant qui toute distinction humaine disparoitra, toute oignité sera abaissée^ toute autorité détf^ite, toute grandeur anéantie ? Car il n'y aura plus là, h proprement parler, ni grands, ni petits, ni rois, pi;sujçts, ni riches, ni pauvres : iout sera confondu; et, d'homme à homme, il ne restera plus d'autre différence que le mérite tles œuvres. Craignons dès maintenant celui qu'il ne sera pfus temps dé commencera craiqjdre» lorsqu^il se fera voir sensiblement àqôuS) lebras levé^ et prêt à lai^er la fQtldr&sinr nos; têtes. HonoronsJe et imitons-le ^ns le^ travaui^êt les humiliations de son premier avènement , .si noiîs voulons nous le
Ml SUR LE JUGEMENT ONiVERSEL.
rendre fiivorable dans soq avëoement glorieux» et ,aa gniid jour de des vengeauces éternelles.
Second POINT. Jugenv^ntpar Jésus-Christ, afin que ca soit un juge- ' ment plus irréprochable. Comme Dieu est la vérité mâme et la sainl^é» c est le caractère de tous ses jugements d'être samts et sans reprobe. Dès que ce sont les jugements du Seigneur, dit le Pirophète, ils n'ont point besoin de justification , puisqu'ils se justifient assez par eux-mêmes. Cependant i afin gue ce demiei: jugement, où tous les hommes seront cités et qui fera lajoonsommation des siècles» fût encore, atitant qu'il est possible et dans le sens que nous devons l'entendre, un jugement plus irréprochable, il fâUoit que Jésus -Christ même, rédempteur du monde, y ttnt la place de juge, et qu'il y prononçât ïa sentence. La preuve en est évidente, et la voici : carVM y a un jugement qui soit à -couvert de tput soupçon, c'est-M<re s'il y a un jugetnent qui ne puisse être suspect, ni de préveation, ni d'inimitié, in d'antipathie, ni d'envie, ni d'intérêt propre, ni de tonte antre disposition mauvaise et de toute autre passion, c'est sans doutecelai d'un ami, celui d'un biei{laiteur , d'un patron , éelui d'un frère uni à nous parles nœuds les plus étroits dçla naïuf-e etdusang.Or Jé8as;-Chri8t, en qualité de Sauvettv, est à notre égard phis que tout cela;' et quel droit, par conséquent, lé pécheur auroit-il de le récuser? Qû'aura-t-il à lui opposer? Quelle plainte aurart-il lieu déformer, on de qœll^ excuse pourra-t-il s'autoriser?
' Dira-t-il que c'est un jiige préoccupé contre lui ? mais de quel front oseroit-iliedire, lorsqu'il verra ce Dieu fait hoinme pour lui; lorsqu^il verra la croix oii jce Dieu fait bpmme fut attacha pour lui ; lorsqu'il vara sur ie sacré corps de.ce Dieu feit honune les cicatrices des p|aies qu'il fkçûi pour lui? Dira-t-il qu'il n'étok pas instruit des voies du salut, et qu'il ne les connoissoit pas?Maiscommentpourroitilledife, lorsque ce Dieu fait homiçe lui présentera là loi qu'il çst venu,, ôomme^noùveau législateur, nous enseigner autant par ses exensples que par s^parolc^t qui tant de fois, au milieu du chriptianistne(carc*estàdeschrétiensque je parle ici), lui a étéannoncée, notifiée, expliquée? Dîra-t-il que lesçraces et que les moyens lui ont manqué? Uais aùroit»il Fassurapce de lé dire à ce Dieu feit homme, qui lui produira son sang comme une source inépuisable ée secours spirituels dont il fut si abondamment pourvu, qui lui'demandera compte de tantde lumières et de vues, de tant d'inspirations et de mou vements intérieurs, de tant de retours secrets et dé remords de b conscience, de tani d'avertissements , de conseils, d'exhortations, de leçons; qui lui fera le même reproche que Dieiil faisoit à Jérusalem, et dans les mêmes termes : Répondi, ame îngraUf répond^. Qu'^avje pu faire pour toi, que je n*aie pat féi ( IsAi.,'5)? ^ie tout ce que t'a suggéré la malîée de ton coeur , que p'as-ln pas fàh.contre moi? Delà cette conviction qui^ccablera le pécliaii^,' forcé