‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 141 sur 225 · SUR LE JUGEMENT UNIVERSEL. SIS · texte numérisé non relu

SUR LE JUGEMENT UNIVERSEL. SIS

dercooimokro la muIUtade et i'énormitë de ses iniquitéB ; de là ciftte oonfosion qui le troublera, qui l'interdira» qui Informera la bouche» Hë ! quelle pourroit être sa défense? Quoi qu'il voulût alléguer en sa faveur, FuniVers assemblé te démentiroît. Car c'est ainsi qoe te Saint- Esprit nous le fait entendre au livre de la Sagesse, et dans ks termes les plus forméh : Il tarmera toute$ les créaturei pour tirer vengeance de Me» efmemig^ et le mande eniier combattra a»ec bii contre les imenté» (Sap.^ 5). HumiiioDS-nous dès mudntenant eu sa présence. Ne cbern chons point par de vaines excuses à nous justifier ; mats confessonsnous coupables et dignes de ses cbàdments , afin que rhumilité de notre confession et la sincérité de notre repentir attirent sur nous ses miséricordes.

TEOisdaiB POiMT. Jugement par Jésus<Ihrist, afin que ce soit un jugement plus rigoureux. Il parolt étrange, et il semble d*abord que ce soit un paradoxe, de dire que nous devons être jugés avec moins d'indulgence, parceque c'est un Dieu Sauveur qui nous jugera. Nous coinprenons sans peine la parole de saint Paul : QuU est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant (Hebr., 1 ). Mais qu'il soit en quelque sorte plus terrible de tomber dans les mains d'un Dieu mé« diateur, d'un Dieu qui nous a aimés jusqu'à se foire la victime de notre salpt : voilà ce qui nous étonne et ce qui renverse tontes nos idées. Cette vérité néanmoins est une des plus constantes et des |^ solidement établies : comment? c'est qu'après avoir abusé des mérites d'un Dieu Sauveur, et profané son sang précieux, le pécheur eâ sera plus criminel, et qu'une bonté négligée, offensée, outragée, devient le sujet de l'indignation la plus vive et de lopins ardente colère. Job di* 8<^t à Dieu : Akl Seigneur ^ vous êtes changé pour moi dans un Dieu cruel (Job, 30). Funeste changenAt qu'éprouveront tant de libertins et de pécheurs , de la part de ce Dieu-Homme qu'ils auront , les uns méconnu en renonçant à la foi, les«ntres m^risé et déshonoré par la transgression de sa loi. Ce qui devoit leur donner un i^x^èsplnsfodie auprâ de fuf, et leur faire trouver grâce, je veux dire les abaissemèA'is et les travaux de son humanité, sa passion, sa mort, c'est, par un lejBfet ^' tout contraire, ce qui l'aigrira, ce qui l'irritera , ce qui lui fera lancent sur eux les plus ^vères arrêts et les anathèmes les plus foudroyants.

Juge d'autant plus inexorable qu'il aura été sauveur plus miséricordieux. Aussi est-il remarquable dans l'Écriture , qu'à ce dermer jour, qui sera son jour,* il nous est représenté comme un agneau | mais un agneau en fureur {Apoc.^ 6), qui répand de tous côtés j[a.,d^ solation et l'effroi. TeDe est l'affreuse peinture que nous en fait le disciple bien aimé saint Jean, au chapitre sixième de son Apocalypse, lousque annonçant par avance le dernier jugement de Dieu , doqt 3 adroit eu une vue anticipée, et le décrivant, il dit que les roîs^ les priDcés, les potentats de la terre, les conquérants, les riches, que tout B.5. 53

iH4 SUR LB BOmiEim BU Ol£L.

les honuA^» sok libres» soh escbYes, stÂâs (f époavnfe et eoMleniés, aUèrant se cacher daûs les cavernes et dans les rochers des nonta^j^Bes, el qu'ils s'écrièrent : Itfoiitagnes et rochers, tombez snr nous, et dër<K bez-BOus à la colàre de 1* Agoeàv : car le grand /Dur de sa colère est arrivé; el qui peut soutenir ses regards?

Il n'y aara donc point à bî remontrer, dans Fespérlnce de le flé* obir, font ce qu'il a foil el tont ce qn'it a soiiffcrl pour nous; il s'en souviendra, mais ponr régler par eesouvenhr même la mesure dç se» vengeances. Je le sais; )'ai îont fait po«r vous, tont souffert ponr vous; mais vous en ave^ perdu tont le fruit. Or il fout que fen soit dédommagé, quej'en srâs vengé; et ponr oefai : ReHirM-vou» de mot, maudits! aUez au feu éternel ( Matth., S5). Us y descendront, et c'est là qu'ils seront tourmentés, selon qu'ils auront été, dans la distribution de ses grâces , pins ou moins libéralement partagés. Gap In rigneur dece jugement, quoique exttéme dn reste, aura ses degrés. Jng^menl rigonreut pour tous, mais plus encore pour les uns qne ponr les autres. Il ne tient qu'à nous de le prévenir, de nous rendre Msus- Christ propice, en nous revêtant de son esprit et nous conformant k Ini ; d'employer utilement ses dons, et de mareher dans les voien d« salm qu'il* nous a tracées ; de pratiquer fidèlement aon ÉvangRe , de prendre tons ses sentiments, d'imiler tontes ses^ vertus. CTest aîn» que nous mériterons qu il nous mette an nombre de ses éhs, qnvfià il fera cett^ fjtale séparatioii des bons et des noéehnnis, et qu'il nous dise : Venez , vous tfui êtes bèm» de mmh Père : poêêéén lerogamM fut vau» a été préparé âh la création du monde (Matth., 94 ).

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Ce n'eàt \xis seulement pour la condamnation . des pécheurs que J&ns*Cbrist a reçu de son Père le pouvoir de juger le monde, mais pour la gloire et la récompense des Ju$tes. Commue bon grain que Te père de fbmîlle, selon Texpression figurée de saint Jean-Baptiste, Ibit recueillir et garder avec soin dans ses greniers , le Sauveur des lymiiî^ doit conduire avec lai ses élus daQS son royaume, et leur

8 iat^e goûter dans cette sainte patrie toutes les douceurs du nonheur èleâtè. Suprême bonheur, capable de nous rendre vraiment heufeuj^^ ^t dans la Vie Future, et dans la vie même présen te : dans la rie future, biinouà lé posséderons; dans la vie même présente, oh nous Tattendoli^. Nôiîs allons' donc voir en premier lieu comment te possession de ce bonheur éd (bus le ciel| pour les élus dé Dieu, une félicité consommée ; el

Sim LE BONBEIIR DU iCIEL« MS

mMi YeriDBS , «a second lieu » eoKunettttttteedtei» monde, Ut Milè tttenle^e œ bonheur eitdéja,fnar les éinsde Bîmi» «m ftKehë smtf* 6^piin.^nK viriiéa qui» pnt ia iMute astiiDn qu'ellet mm domeront de cette souveraine bëaUinde^ mus engageront à 7 peneer nniqae^ «leni, ma redoobler sans teitenûe soins pour la mériter.

PnNfiBi Miirr. Bonbenr da del , bonbeur dont la possearibn est pour les éfais de Uen une félicité oensosiaiée. Car on état où Phomme B*aplns rien à désirer de tont cé qm peut contribuer à sa béatitude, et mi état oè f hoaune n'a plus rien à «randre de tout ce qni ponrroM tronbiep sa béatitude et la teraiiner, fpilàee qnenoos powons appeler une ftBdtë complète* Or tel est Téiat des éh» de Dieu dans le ciel« Ih possèdent Dieu , et dans Dieu ils trouvent le repos le plus parfiût et rassemUago de tons les biens ? le repee le phB pa^Mt , paisqite Aien est leur fin demièro , et que chaque être pîrrtenu i sa fin s^y repose coauM dans son centre t rassembloge de tooe les biens , puisque Dieu est seul tout lenr bien » et que lui seul , par nne conséquence BÉtsrele , il leur tient lieu de toutes cboses. CTest pourquoi le SauTetir dos hommes dieoit à ses disciples : Quand vont s^rea avec moi dans me §kim, w9U9nê4emÊmderêM rien à nwn Père ( Jea^., f 6) , leur faisant entendre qne rien alors ne leur nianqueroit. Mais qu'est-ce que cette pcosession de Mon f Qu*opère-t-eHe dans Pâme bien benrense ? comment la rempKt-elie , la fOssasie-t-eHe , feiriNrre'-t-eile de ces torreots de joie dont a parlé lé Fropbètet Hystèree» nous répond le grand ▲pésro f qu'il n'est pormia à nnl homme sur la terre de pénétrer; mys* tiilpeeau-deBsas de tooice que Tcsil de Phomme a jamaii tu, de tout ce qne P oreille de rhomme a jamais entend» , de tont ce que Pesprit de Phomme a jamais compris. Et do ce que ni Pœil de Pbomme n'a ja^ mais rien w , ni PereHIe de l'homme n'a jamais rien entendu , ni l'esprit de Phomase n'a jamaio rien cqp^ de pavril , n*e8t-ce pas cehr même qni nous fril nrieuic eonndltre l'excellence de ce bonheur incompréhensible et inofihblef

Quoi qu'il en soit , il nous Mtf^i de savoir , et la foi nous l'enseigne, que (pins cette béatitude tous les désirs de notre cœur seront tellement accomplis , qu'il ne nous restera plus rien à soubsôler ; de même aussi que, dans tout l'avenir 0 dans tont le cours de cette éternelle béatitude , nous n'aurons plus rien à craindre , pareeque c'est une béatitude sans terme , et qu'elle nous mettra à couvert de toutes. les révolutions et de tous les changements. Ainsi nous a-f-elle été annoncée dans PÉvangile et promise par Jésus^Christ , comme unejme durable et permanente que personne ne peut ravir ; comme un bonheur indépendant de tout accident humain , de toute puissance ennemie ; comme une rédemption (Luc, SI), un afFranchissement, une délivrance de tous les maiux , |oit de Famé , soit des sens ; de iou tes les entreprises, et de toutes les persécutions où peuvent exposer Panimosiié ,' Penviei'

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