K16 SUR LE BONHEUR DO CIEL
]a violaioe, l'intrigue , la cabale. ËterneUement les élos du Seigneur, rassemblés dsos son sein , aimèrent Dieu et seront afanés de Dieu ; ec dans cet amour motiiel et invariable^ éternellement ib jon^pnt de l'abondance de la paix et des plus pures délices.
Que prétendons^nous et à quoi aspirons-nous , si ce n'est pas là que nous portons tous nos vœux ? Qui nous arrête , et qud autre bonheur nous enchante ? Oii le faisopMious consister , ce faux bonheur dont nous sommes si jaloux ? Est-ce dans 4%s biens bornés qui jamais n'éteignent notre soif ,. et nous laissent toujours un vide infini dans le cœur? Quel opulent du siècle^ dit quelquefois : C'est asseï? Quel ambitieux, comblé d'honneurs, a dit : 11 ne m'en faut pas davantage, et je ne vise pas plus haut? Quel voluptueux , nourri dans le plaisir, â dit : Je suis content , et je ne veux rien de plus? Est-ce dans ces biens passagers, que nous ne possédons jamais sans inquiétude, paroeque nous savons i combien de revers et à quelles décadences ils sont sujets ? Hommes aveugles et insensés ! jusqu'à quand le charme de hi bagatelle nous fiasdnera-t-il les yeux , et nous cachera-t*il le seul bien solide et véritable que nous devons rechercher ? Quelle comparaison de ce souverain bien , et de ses ombres sans fond et sans consistance , de ces vaines figures qui nous éblouissent et qui nous jouent ? Cependant, par le renversement le plus déplorablie et par une espèce d'ensorcellement , c'est à ces figures que nous nous attachons , et c'est après ces ombres que nous courons. Car voilà à quoi se passe la. vie de tout ce que nous voyons de mondains : lés uns tout occupés de leur agrandissement selon le monde; les autres dominés par un vil Jnlérèt, et dévorés d'une insatiable avidité qui ne demande qu'à se rempli^ d'autres plongés dans une oisive mollesse, et uniquement attentifs à contenter leurs sensuelles cupidités ; tout aussi peu touchés de l'avoiir que s'ils n'avoient rien à y prétendre , et qu'ils n'eussent aucune part aux promesses du Seigneur. Dis-je rien dont nous ne soyons témoias ; et pour peu qu'on ait de zèle , peutH>n voir un égarement si prodigieux sans en ressentir la douleur la plus amère ?
Second point. Bonheur du ciel , tfB^heur dont la seule^tcnte est, dès ce monde même, pour les élus de Dieu, une félicit*anticipée. Deux effets qu'elle produit dans une ame chrétienne : Tun est d'y retrancher les principes ordinaires ^ peines qui nous troublent en ce monde ; et Taotre est d'y répandre une onction toute divine , et d'y faire couler les plus douces consolations par un. avant-goût des biens de rélernilé. Donnons à l'un et à l'autre rèdaircissement nécessaire.
Quels sont communément les principes de tant de peines dont nous sommes sans cesse agités et troublés? Cest notre extrênae attachement aux biens de la vie , et c'est la vivacité de notre sentiment dans les maux de la vie. Nous estimons les biens de là vie , nous les âimoqs ; et de Ui, pour les acquérir ou' pour les conserver*, mille désirs qui