SUR L'AMBITION
tioD plus étroite de se conserver purs et sans tache. Quotdonc! s'^cricrit dans Fardeur de son zèle ce maître des Gentils, quai! les membres de Jésm^Chrul , je Us abandonnerai à une prosAiuie {%Cor,, 6 )? Qael scandale dans la foi que nous professons ! qod abos énorme !
3. Probnatîon particulière , et plus criÂm^e encore par rapport à certains engagements , à certaines Yoeations , à certains caractères. N'entrons point là-dessus trop avant dans un détait qui poorroit ble^ aer les âmes innocentes et diastes. Il seroit à souhaiter que ces abominations fussent ensevelies dans on éternel oubli : mais le moyen de dérober à la connoissance du public des désordres si publics? Que veux-je donc dire? Vons le savez , vous qui , liés par le sacré nœud do mariage , après vous être juré, au pied de l'autel, une fidélité mutuelle et inviolable , démentez toutes vos promesses, et profanez un sacrement si saint paires attachements si ill^'times; vous le savez, TOUS qui , sans respect pour le Dieu vivant et pour la présence de son Fils adorable , osez profaner le temple même , le sanctuaire , la table de Jésus-Christ , et y apporter toute la corruption d'un cœur sensuel et dissolu ; vons le savez , vous qui , voués spécialement au Seignenr, élevés aux plus hauts ministères, employés à la célébration des' mystères les |rfus redoutables , consacrés pour cela , et comme marqués du sceau de Dieu, vous vous dégradez vous-mêmes , etn'avezpoinf horreur de profaner dans votre caractère ce que la religion a déplus auguste et de plus divin. Après cela nous étonnerdns-nons de tant de calamités qui se répandent sur la terre ; et n'esfce pas le juste châtiment de la licence efH'énée de notre siècle et du débordement de nos mœurs? Rappelons toute notre raison , ranimons toute notre religion : l'une et rautre, avec la grâce du ciel , purifieront nos voies , et rétabliront le peuple de Dieu dans sa première sainteté.
iiOHM. <-*• Jflsn-BapftlMe oondamosnt rambitloo.
SERMON SUR l'àubition.
Toales les montagnet et toolw les coUlnes feront abaissée!. Loc , ui.
Puisque le F3s unique de Dieu descend du sein de son Père , et ipi'il vient sur la terre s'abaisser hii-même et s'anéantir » il est bien juste que les montagnes du siècle , olestrà-dire que les grandeurs hmaines s'humilient , et qu'elles déposent aux pieds de cet Hom- ■se«IKeu tout leur orgueil. Mais, par le plus déplorable renver- •enent, tandis que la majesté divine quitte le trêne de sa gloire et s'abîme en de profondes ténèbres» l'homme veut s'élevw» se distinguer» due pense qu'à flltisfaire son ambition. Esprit répandu dans tous les éMa^ la vie el même jusque dans les plus viles conditions» où cha* €itn) saloa qi^a % peiit wnveuir , est jaloux d'une^certaine supério-
Sm SUflL. L AMBITION.
rite qui le piace au-dessus de ses «igaux, et qui lui donne anr eu Tflh cendant. C'est oe désir de ThoBiieur» cet esprit d'ambilioD, que bous devoBs aojioard'hai combattre» cnmiueopf)osé dîrectemeutàresprit de Dieu : car c'est par-Ii« einon par les raisoAsd'HBesagesMTaiODdaîne» que BOUS allons l'aitaquer. AmUtion dont nous verrous tout eosenble et ledésordreet le niaUieur ; ambition criiraDf-Ue, et ambition maJbeurei»^; criminelle devant Dieu» malheureuse de la part de Dieu. Ambition criminelle devant Dieu : en quoi? dans les projets qu'elielnspire à Faoïbitieux : premier point. Ambiti«a oDalbeureuae de la part de Dieu : conoimens? par les jugements et les coups du ciel qu'elle attire sur l'ambîtieux : second point. La suite développera mieux epoore ces deux vérités.
PaxiBER »oiNT. Ambition criooiuelle devant Dieu dans les prcjels qu'elle inspire à l'ambitieux. On veut s'agraudir précisément pour a*agraadir ; ou le veut pour jouir des avantages temporels de la grandeur. On le veut à Tin fini , sans, se prescrire aucun terme ou Tambi- Uou s'arr4te ; on le veut indépendamment de Dieu; ou le veut sans égard au mérite » et sans être en peine si Ton a les dispositions requises; enfin, ou le veut l'Ur le^ voies les plus illicites» et aux dépens de la conscience. Tout cela autant de désordres par où Tambitieu deyiUAl criminelle devant Dieu. Reprenons toutes ces propositions»
1. On veut s'af;ramlir précisément pour s*agraodir : onne cberche dans la gi*an(ieur que la graniieur même* Or la grandeur, cofluie grandeur ». ne convient qu!à Dieu « qui est seul grand , et qui le doit seul être. Vouloir donc s'élever et se faire grand , c^est une espèce cTatientat sur ks droits du Seigneur » et de cet Être suprême devant qui tool; être créé n'^t que néant. 2. On veut s'agrandir pour jouir des avantages temporels de la grandeur, c'est-à-dire pour se.glQv^kXi pour recevoir des hommages et des respects , pour tenir partout le premier rang , pour vivre dans la pompe ef dans Tëclat. Or ce n'est point à cela que les grandeurs dif sîèele sont destinées, et n'y envisager que cela , c'est un abus hautement condamné dans la loi de Jésus- Christ : elles sont établies pour la gloire de Dieu, et non point pour la nôtre. 3. On veut s'agrandir à l'infini^ et San» se présure jamuo un terme où Tambition s'arrête : plus on monte , plus on veut monter ; et à peine a^Kon iaii un pas , que la pensée natt dfan faîrèruu autrew Désir insatiable , des» déréglé, coairaire à la modestie et à la moéèt^ttiun cbrétiettue. Mais désir sontoui emidamnaUe dnM des gens de rien» quand, à fèreede se pousseï^ devenus plus audaeieux, ils ne roufii' sent point d'aspirer eiifin aux degrés les phiaéniiMiils, et prétendens, comme l'ange superbe, se placer au*dessua des nues et desasnraa de la première graadeop. 4iOn ueui s'agrandir indépen^mmenSde JNeu« et sans laii-e nul fond sur Dieu. L*ambitieum oon^ùi sttP^ln»-nn<iun», eomp(« sop soo industrie^ compte sue dca amist sur de puiasaift puutecteurs; mais penae-NL à meture fiie» daus anr iiftilllsâ fiuuii^Ié-
sua L'AUBITION. «51
NicleeireifMresM défense da Saiet* Esprit, H 8*appuie sor un bras de chair. Voilà toute sa ressource. 3. Ou veut s'agrandir sans égard an mérite, et sans emminer ai Ton a ks dispositions requises : téoMirîtë iasomeMble; mi s*iiigère dans des postes, dans des ministères, dans des préiatares qu'on n'est pas en éiat de remplir » et où Ton ne doit néanmoins entrer qtie pour on accomplir Dons les devoirs. 6. On vent s'agrandir par les voies les plnsilUcites etanx dépens de la censdenoe : y a-t-M îaiqoité qtio l'ambition n'emploie pour venir à bont de ses desseins? Hais la oonscienen y répugne : M! qu'estpce q«e la consdeiee d'un andiitieui? ou a-l^ une autire conscience que son ambi^ tien? Gondttoos par les paroles de Jésas*Ghrist , et dirâiis que, de la manière dont on se comporte dans la poursuite des bonoeursdu monde* C€ ^at eàt gnmd êm» y ettjg dm Aoaimef n*atl yn'af'eiwiwario» axmffwx
S^coH 0 Foun". L'ambition malbeoreuse de la part de Dieu : com* ment? par les jugements et les coups du ciel qu'ella attire sur l'ambitieux. Mous ne lisons point dans l'Écriture de menaces plus ordinaires que ceUe$-«i , savoir : que Dieu confondra les orgueilleux de la (erre ; que tandis qu'ils s'épuiseront de travaux et de soins pour Té* tablissement de leur fortune et pour leur agrandissement, il déoon* oertera leurs nsesures» il dissipera leui*s desseins, il fera échouer leurs enlaeprises: que s'il tes laisse parvenir au point de prospérité oà ils visoient, ce sera pour tourner contre eux leur prospérité même, et qu'ils y trouveront une source de chagrins et de dépkisirs les fkm mQrteb;qtte s'il les laisse atteindre jnsques au folle de b grandeur, ce sera pour lYudre leur chute d'autant plus désastreuse et plus éclatante qu'ils tomberont de plus haut, et que, dans leur ruine, il les aban-^ donnera à eot-mfirnes et à leur dë^esjioir. Menaces qui ne regardent que la vie présente : car ne parlons point de ce que Pieu prépare à l'ambitieux dans l'éternité. Menaces confirmées par tant d'exemples dont les saints livres nous font le reeic Menaces qui se vérifient en<« oore de siècle en siècle par mille événements que nous devons attribuer à ta Justice de Diéù, et qui sotlt dé visibles, mais terribles ehétiments de Tambiiion*
\ . Combien y en a-t-il qne Dieu arrête au milieu de leur course ? Ils s'agitoienty ils se tourmentoiént, ils disposoient les choses avec toute l'adresse et toute rassiduitë imaginable ; une espérance presque certaine leur répondoit du succès; mais un fâcheux contre-temps, mais la mort d'un patron , mais le refroidissement d'un ami , mais la faveur d'un concurrent, mais quelque sujet que ce soit , atout-à-coup rendu inutiles tant de démarches et tant de mouvements. Comme cette tour de Babylone » l'ouvrage est demeuré imparfait; et de cette for. tooe qu'on vouloit bâtir, il n'est resté que la douleur d*y avoir perdu ses |>mef et vainemcvU «Pimwé «es joqrs* tl$ édifierpnt» dit le Sei-