‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 152 sur 225 · S52 SUR L'ATÏAGHËHBNT AUX RICHESSES · texte numérisé non relu

S52 SUR L'ATÏAGHËHBNT AUX RICHESSES

gnair, et de mon souffle je disperserai tout œqu'ik auront amasse de matériaux et fait de préparsitîfis. 2. Gooibien y en a-t-il qui , plus beureux en apf>arence , ont obtenu ce qu'ils souhaitoient ? Tons les chemins leur ont été ouverts, tout les a soutenus; mais» dans leur élévation , à quoi se sont*ils vus exposés? à la censure et aux mépris, aux plaintes et aux murmures, aux traverses et aux contradictions, aux alarmes continuelles, aux affaires les plus désagréables , aux embarras les plus accablants, aux dégoAts etaux déboires lesplusafAneux ; de sorte qu'ils ont été forcés de reoonnottre que dans la médiocrité de leur premier état ils étoient mille fois , et plus honorés du public, et plus contents en eux-mêmes. Ib se promettoient de marcher dans des v<»es tout aplanies , mais Dieu les a semées d'épines. S. Combien d'autres , après avoir vécu un certain nombre d'années dans la splen« deur, et y avoir eu tout l'agrément qu'ils pouvoient attendre» ont été renversés par une disgrâce? de quelles chutes avons-nous entendu parier , et avons-nous même été témoins ? Tout s'est édipsé ; des fiunilles entières sont tombées avec leur chef, et l'édat des pères n'a pu passer jusques aux enfants : car ce sont là les coups du bras tout puissant de Dieu , et c'est ainsi qu'il abat de leur trdne les potentats qui se eonfioient en leur pouvoir. 4. Encore s'il daignoit les consoler dans leur infortune ! mais parceque jamais ils ne se sont occupés de Dieu et que jamais ils n'ont su recourir à Dieu , il les livre à leurs noires mélancolies. Il les voit se ronger, se désoler, dépérir, sans verser sur eux unegoutte de son onction divine pour leur adoucir l'amertume du calice. Apprenons de Jésus - Christ à être bumUes ; c'est ce qu'il vient nous enseigner, et c'est dans notre humilité que nous trouverons tout à la fois et l'innocence et le repos de nos amas.

■ABPi. — Jesn-Baptiite oondimnant rstlaobanent au rictieMo.

SERMON SUR l'attàchbmknt aux bichksses.

J9ikU amifUus ^uàm çuod eomtUMumett «o6if, /'octatif..^. eanteMU têMe ttipeitéliê vesirU,

Me denuadei point aiHlel|i de oe qui vous est marqaé..^ oontentef •vous de votre solde« Luc» m.

Rien de plus juste que cette règle de conduite , rien de plus conforme à la droite raison. Les publicains à qui parloit Jean-BapUste, établis pour recevoir les deniers publics , ne dévoient point gro&ir leur recette , en exigeant au-delà du prix ordinaire; et les soldats, contents de leur solde , ne dévoient rien prétendre au-dessus de ce qui leur étoit assigné par Tordre du prince. Que de désordres cesseroient, si Ton se conduisoit dans tous les états selon cet esprit d'équité! mais une insatiable avarice semble Pavoir banni du monde; et si l'iniquité r^e dans toutes les conditions, on peut dire que c'est surtout par

SUR L'ArrACU£M£NT AUX RICHESSES. SSS

i'ttlaehement aux richesses. Passion qu'il noas importe infiniment de dëracÎDer de nos cœurs ; et rien ne doit plus fortement nous y exciter, que d'en considérer les diyers caractères : car c'est une passion vaine , inquiète, dangereuse : vaine dans son objet, inquiète dans ses mouvements , dangereuse dans ses effets. Passion là plus vaine dans son objet; ce sont les biens temporels qu'elle se propose : premier point. Passion la plus inquiète dans ses mouvements; ce sont les soins fiitigants et les embarras où elle jette : second point. Passion la plus dangereuse dans ses effets; ce sont les injustices qu'elle fait commettre aux dépens de la conscience et du salut : troisième point. Bienheureux les pauvres de cœur, qu'un saint détachement dégage d'une passion si frivole , si importune , si pernicieuse !

Premisr point. Passion la plus vaine dans son objet. Il ne s'agit pomt id de la vue sage et modérée qu'on peut avoir de ne pas manquer dans son état, et de s'y soutenir honnêtement. C'est une prudence, et Salomon lui-même demandoit à Dieu de ne pas tomber dans l'extrême pauvreté ; mais il ne souhaitoit pas avec moins d*ardeur que Dieu le préservât de la passion des richesses, la regardant comme une des passions les plus frivoles et les plus vaines.

En effet, à quoi aspire-t-elle , et pourquoi y aspire-t-elle? A quoi aspire- t-elle? aux biens de la vie; à les amasser, à les multiplier, à les accumuler; car c'est une de ces deux sangsues qui nous sont représentées au livre des Proverbes^ et qui, ne se trouvant jamais remplies, ne cessent point de crier : Apporte^ apporte {Prov,^ 30). Or qu'est-ce que ces biens qui allument une soif si ardente? des biens temporels, passagers, périssables; des biens qu'on acquiert aujonrd*hui et qu'on perd demain , des biens qui du moins un jour nous se« ront certainement enlevés et dont on n'emportera rien avec soi , des biens qui nous causeront d'autant plus de douleur quand , malgré nous, il les faudra quitter, que nous y aurons été plus attachés. En vérité, pour peu qu'on raisonne , peut-on ne pas voir que des l;)iens de cette nature ne doivent point faire naître des désirs si vifs, et que de s'en infotner, c'est une vanité et une foiblesse pitoyable?

3. De plus , cette passion si aveugle , pourquoi aspire-t-elle à ces biens visibles et terrestres? Est-ce pour en jouir? est-ce pour en goûter les douceurs? C'est seulement et précisément pour les posséder : car pour en jouir il iaudroit en user, et l'usage tes diminueroit. Or c'est ce qu'une ame intéressée ne veut point. On veut toufoors Mettre en réserve, et jamais ne rien êter. De là, jusqu'au milieu de l'abondance » les plus sordides épargnes. Au lieu que FApôCre, plein de l'esprit de l'Evangile, disoit, Nom idwom rien et nem pouidom tout (2. Cor.^ 6); l'avare, idolâtre de son trésor, dcii dire : J^ai tout, et je vis comme ne possédant rien. Qui donc jouira de tant de biens? des héritiers, et non point le maître qui les a actuel-

SfiR L'ATTAQIIEHEMT AUX RIGHEBSES.

lemeiit dans les mains. Yoili oe que le Saiot-Ësprit, dans fe SageiM^ appelle uûe grande misère, et ce qne nous pcNivoos appeler me ûisigne folie.

Second pomT. Passion la plus inquiète dans ses mouvements. C'est ponr cela que l'ÉTangile compare les richesses à des épines , qui de leurs pointes piquent le cœur et déchirent Famé. Inquiétude dans l'acquisition des biens après lesquels on soupire, et inquiétude dans leur possession.

i. Inquiétude dans Tacquisiiion : car ces biens ne viennent pas se présenter d'eux-mêmes; il faut les rechercher, et ce n'est pas sans peme qu*on les trouve. Mille obstacles s'opposent aux desseins qu'on forme, mille accidents les dérangent et les arrêtent. Cependant la passion d'avoir sollicite, presse, ne peut souffrir de retardemenis, tant elle est précipitée; ne peut se contenter de rien, tant eDe est avide. De là donc les troubles et tes ogitations. On se surcharge de travail, d'afF;iires, d*entreprise^. L'une termitiée, on s'engage dans tine autre , et souvent même on les e.nbrasse toutes à la fois. On y pense la nuit , on s'en occupe le jnnr ; on y sacrifie son repos, on y altère sa santé, en y expose sa vie. A force de vouloir se procurer an prétendu bonheur que l'imagination fait consister dans l'opulence, on se rend malheureux, et l'on consume ses années dans un tourment que la mort seule finit.

% Inquiétude dans la possession. Il n'en coûte pas moins pour oon* server que pour acqi érir. Ce qti'on aime, on craint de le perdre-; et plus on Faime, plus les alarmes sont fréquentes : car on les prend aisément. Une perte qui arrive chagrine, et est capable de désoler un homme à qui néanmoins 11 reste d'ailleurs beaucoup pins qu'A ne lui faut ponr être en état de porter le dommage qu'il a souffert. Parcequ'on est âpre sur Tintérét, on ne veut rien laisser inutile, mais on prétend qtie tout ce qu'on a profite, et ce sont toujours pratiques nouvelles, toujours nouvelles fatigues. On ne veut rien céder, rien relâcher de ses droits; on les exige à la rigueur, et de là les contestations, les démêlés, les procès. 11 n'y a fà-dessus qu'à interroger tant de riches du siècle , et qu'à les faire parler. Leur convoitise les dévore ; mais s'ils savoient la contenir et la régler, avec une fortune un peu moins ample, ils vivroient beaucoup plus tranquilles, et cette paix vaudroit mieux que toutes leurs richesses.

Troisièih poikt. Passion la plus dangereuse dans set effets à regard de la oonscienoe et du salut. Outre que raMcheioent mk Mm de la vie est en soi un péché , et qu'il a sa malice propie » e'ettt eseore la source de mille péchés* Vérité d'autant plus triste et plus déploim- Me* qu'elie a moins besoin de preuves , et que les eKeMlries en aasl plus oomnmns* Y a-t<-il injustice que celle passion ne fesse comiHetiit» et y fH-4i iojailioB qu'elle n'empâcke do répMnsr ?

SUft LA DOUCËUA CHUËTlElCNfi. 8BK

1* Quelles sortes d'injustices cette eriminelle passion ne finit-eUe pv oomiDettrè? Qa'a-t-on vu dans tous les siècles, et que voyons-DOW autre chose tous les jours, que des usures , que des fraudes, que des violences , que des cpucussions ? Quelles voies n'a-t-on pas imaginées pour gagner et pour s'enrichir aux dépens des particuliers , aux dépens du juste , aux dépens du pauvre , aux dépeos de la veuve» de l*orpbelin ; et cela , non point seulement dans le monde libertin et corrompu , mais dans le monde même chrétien , parmi un certain monde assez réglé d'aïUeurs^ et réputé vertueux et dévot? luiquîtés plus grossières dans les uns , iniquités pins subtiles et plus couvertes daas les autres , mais toujours iniquités qu'on ne justifiera jamais au trilMioal d'une oonscienqe droite et saine, quoiqu'on ne manque pas d'artifices et de détours pour les accorder avec une eonsoienee iautse et erronée.

2. Le comble de l'iniquité , c'est qu^ même passion qni f^it eommettre tant d'injustices empêche de Tes réparer. La nécessité de la restitution est un principe universellement reçu; nul ne l'ignore : mais la pratique de la nsiituiion eut une chose presque absolumest iucoft^ nue. Chacun sait s'en disfjenser : pourquoi? parcequeohacun neooQsuUe que son attache au bien, et qu'il n'est rien de plus ingénienk que cette damnJble avarice à inventer des prétextes et à éluder les plus étroites obligations. Mais si elle se déguii^e à nos yeux, elle ne peut se déguiser aux yeux de Dieu, qui la dévoilera dans so« jugement, et qui la réprouvera. Gardons-nous d'une si terrible eoudltmnation , et suivons l'avis que nous donne le Sauveur des hommes : Ne eberduTk point à wuu$er dts irésors sur la f^re, çù la routUe H tes ver$ comwneut tout; mais trawûUe* à amasser au trésors dam le eM, akU ritfam rouille ni ver» qtâi cqnsumenL Car oà e^l vo^re irétor^ là 0Mt votre cœur (IIatth., 6).

iinioiBm. ^ Seatt-Baf^itcreou^amnint let emportcmenls et les vfolenoei.

SERMON SUR M popcnua coaiTtERjxn*

Neminem eoneuUatU,

Ne fiites point de vloleiieet. Ijjc , ui.

Rien de plus pernicieux dans b aociétë humaine et dans le commerce de la vie, que la oelère. Elle cause des violences qui troublent test, et mMe épreuves ont tisit i^nnettre quelles en sont ti*s suites ftinestes , et i «pieUes extrémités elle est capaMe de nous emporter. C\m poqrqusi le Smireur des hommes nous a uint recommandé fo doifeser, et neus If a proposée oonvne une béatitude en ce ifioDde, parcefiqv'eUearrôieieeseesexete, es qn'eUséitMil panout le Bon ordre es là traa^tilé» fimaienr chréôtnne, dent peu de personnes cm»- ^rmÊÊm Uso tom (es esmitages » ei k laqMlleM ne demie pase^nn-

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