‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 153 sur 225 · SS6 SUR LA DOUCEUR GURÉTIEMNE · texte numérisé non relu

SS6 SUR LA DOUCEUR GURÉTIEMNE

munément » parmi les vertus, te rang qui lui est dû. Or nous en allons considérer tout ensemble et le mérite et le fruit. Le mérite , qui en fiait Texoelleûce : premier point. Le fruit, qui dès cette vie inéme en est la récompense : second point. De l'un et de l'autre nous apprendrons à nous conduire en toutes choses selon l'esprit de celle paix que le Fits de Dieu vient apporter sur la terre , et qui est an des plus beaux caractères de son Évangile.

Pbehieh point. Le mérite de la douceur chrétienne. Il consiste en ce que cette vertu demande une victoire de nous-mêmes la plus héroïque, et une victoire de nous-mêmes la plus constante.

i. Victoire de nous-mêmes la plus héroïque. Car il n'est pas ici question d'une douceur de naturel qui ne s'émeut de rien , et qui , sans effort, s'accommode i fout ce qui se présente et k tout ce qu'on souhaite. C'est un don de Dieu , mais ce n'est point précisément une vertu. 11 s'agit d'une douceur chrétienne dont les devoirs sont de réprimer dans le fond de l'ame toutes les vivacités et toutes les saillies que la colère peut exciter ; de ne donner au-dehors nuls signes ni d'impatience, ni d'aigreur, en des rencontres néanmoins où le cœur souffre iniérieurement et se sent piqué ; de mesurer toutes ses paroles, et de n'en laisser pas échapper une ou de mépris ou de plainte même à l'égard de ceux dont on a plus Heu d'être malconient ; de se comporter dans toutes ses manières avec un air toujours honnête, modeste, buinble et afbble ; d'user de condescendance dans les occasions contre son inclination propre , et de se gêner, de se contraindre en faveur de certains esprits difficiles , en laveur de certaines personnes , plus capables que les autres, par leurs imperfections et leurs faiblesses , d'inspirer de Téloignement et du d^oût. Or pour cela queDes violences n'est-on pas obligé de se faire » et que ne doit-on pas prendre sur soi ? Car la douceur ne rend ni aveugle , ni insensible : on s'aperçoit des choses , on en est touché , et si Ton saivoit les impressions de la nature , on éclateroit ; mais en vue de Dieu, et par im esprit de christianisme , on étouffe sa peine et on l'ensevelit. Est-il un plus beau sacrifice? est-il une abnégation de soi-même et une mortification plus parfaite ?

2. Victoire de nous-mêmes la plus constante. 11 y a des vertus dont la pratique est plus rare , parceque les sujets en sont moins ordinaîreB et moins fréquents. Mais la douceur dont nous parlons est une vertu de tous les états, de tous les lieux, de tontes les conjonctures» de un» les temps; une vertu de toute la vie et de tous les moments de la vie : car tonte la vie se passe à penser, k converser, à traiter avec le prochain, à agir ; et par conséquent les sujets sont oootinnels de se vniar cre, en ne se d^rtant jaoïais d'une douceur toujoara égtkf soit dans les sentiments , soit dans les paroles , soit dans les adioiift. Continuité qui donne lei>rix à toutes les vertus» etifui en e<l cobmm le

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